Les conditions de travail chez Renault sont un sujet complexe et en constante évolution, influencé par les transformations du secteur automobile et les enjeux sociaux. Plusieurs enquêtes et accords ont été mis en place pour évaluer et améliorer la situation des salariés.
Évolution du climat social et du stress au travail
En juin 2009, 27,7 % des ingénieurs et techniciens de Renault se sont déclarés en « situation de travail tendu », soit une baisse de 3,5 points depuis 2007. La direction souligne que ce pourcentage « se situe dans la moyenne des données de référence nationales de Technologia », le cabinet qui a réalisé les deux enquêtes. Un peu plus de 60 % des salariés ont répondu à la première enquête de Technologia, et le taux de participation est grimpé à 70 % pour la seconde.
Toutefois, dans un contexte de chômage partiel pour les cadres et de plan de départs volontaires, le taux de satisfaction de la situation professionnelle était de 56 % en juin 2009 contre 67 % en 2007. Il est important de noter que 66% des personnes ayant répondu au questionnaire se disent satisfaites de leur situation professionnelle et 78% estiment que “les tâches qui leurs sont confiées sont intéressantes et correspondent à leurs attentes“.
Cependant, le rapport souligne que 30% des salariés travaillent dans une situation de travail tendu. Il note par ailleurs que 64,7% estiment que leur temps de travail est supérieur à 9 heures par jour et 36,5% pensent ne pas bénéficier d'un soutien suffisant dans les situations difficiles.
Préoccupations soulevées par les représentants du personnel
Les élus du CSE de Renault Guyancourt ont soulevé plusieurs préoccupations concernant la politique sociale, les conditions de travail et l’emploi :
Lire aussi: CGV Automobile d'Occasion : Analyse
- Le plan de départ volontaire CAR22 a pris la suite de celui de 2021, prolongeant l’hémorragie de salariés et la désertification des sites.
- L’annonce de la scission de l’Ingénierie entre les entités Power/Horse et Ampère a créé un choc pour les salariés, ainsi qu’une inquiétude chez beaucoup concernant leur avenir professionnel.
- La signature de la nouvelle convention de la métallurgie et sa classification des emplois pleine de menaces car ne tenant plus compte des diplômes ou de l’expérience acquise pour classer les salariés. L’objectif étant sans aucun doute, le contrôle des salaires vers le bas.
En 2022, les effectifs en CDI ont baissé de 10,2%, ce qui représente 985 suppressions d’emploi. Les suppressions d’emplois sont le résultat des accords d’entreprises signés par certains syndicats.
Les représentants du personnel ont également fait part de leurs inquiétudes concernant un nouveau plan appelé « Challenge 1000 » dans l’ingénierie.
Inégalités salariales hommes-femmes
Les femmes ETAM gagnent toujours moins que leurs collègues hommes. Plus grave encore, l’écart de salaire entre les femmes ingénieures et cadres et leurs équivalents masculins est passé de 1080 € en 2021 à 1255€ en 2022. SUD demande depuis des années que Renault cotise à 100% pour les cotisations sociales des temps partiels, comme cela est fait pour les Dispenses d’Activité.
Risques psychosociaux et santé au travail
Depuis trois ans, les représentants du personnel alertent sur les risques psychosociaux exacerbés par l’atmosphère anxiogène au travail. Les médecins ont relevé en avril 2022 l’augmentation des risques psychosociaux parmi les salariés qu’ils rencontrent. L’un d’eux a déclaré dans son rapport annuel que « Les sujets de sollicitations d’accompagnement des salariés ont été particulièrement lourds et denses, dans un contexte de modifications des repères, associant transformation de l’entreprise et des compétences, mise en place de l’organisation de travail hybride, retours progressifs des activités sur les nouveaux espaces de travail partagés du re TCR. »
Amélioration des conditions de travail et dialogue social
Luca de Meo, CEO Renault Group, Eric Vidal, Secrétaire du Comité de Groupe Monde et Valter Sanches, Secrétaire Général IndustriAll ont signé, le 26 avril dernier, un addendum à l’accord cadre mondial « Construire ensemble le monde du travail au sein du Groupe Renault » concernant l’organisation entre travail sur site et à distance. Cet addendum prolonge l’accord cadre mondial signé en 2019 et permet d’accompagner la transformation de Renault Group, notamment en repensant ses manières de travailler.
Lire aussi: Exemple CGV Garage
Le compromis s’est fait sur un maximum de 2 jours fixes par semaine plus un « pocket » de 35 jours par an, qui peuvent être utilisés en 3ème jour, et la possibilité de télétravail exceptionnel, étendant le télétravail à un plus grand nombre de salariés. Un manager peut interrompre le télétravail si nécessaire, pas plus de 3 semaines et en prévenant 3 semaines avant.
L’accord améliore aussi la protection sociale des salariés, à charge de l’entreprise, en particulier la mutuelle santé et la possibilité de bilans de santé réguliers. Des mesures concernent les rémunérations. Mais également, l’accord prévoit des primes en cas de bons résultats : si le bénéfice net fiscal augmente de 10 %, une prime de 500 € est versée à tous. Si cette augmentation atteint 20 %, ce sera 700 €.
Un accord sur les conditions de travail des cadres chez Renault, mélange d’efforts demandés et de progrès, vient d’être signé. En échange, la direction va améliorer la couverture santé des salariés et proposer des mesures de retraite progressive pour aménager les fins de carrière. L’accord, qui porte sur la période 2025-2027 et vise à être « plus agile » dans un secteur en pleine mutation, prévoit aussi un dispositif permettant le maintien des rémunérations à 100 % en cas d’activité partielle contrainte.
Renault se dote aussi d’une « boîte à outils » afin de « s’adapter vite et de manière agile » dans une filière en pleine transformation.
Lire aussi: Consulter les CGV Renault Trucks
tags: #conditions #de #travail #Renault