Maureen O'Hara, John Ford et John Wayne ont formé un trio emblématique dans l'histoire du cinéma, créant des œuvres mémorables qui continuent de captiver le public aujourd'hui. Leur collaboration a donné naissance à des films classiques, notamment dans le genre western, où leurs talents respectifs se sont magnifiquement complétés.
Leur première collaboration : Rio Grande (1950)
Neuf ans plus tard, John Ford inscrit Maureen O’Hara dans la légende du Far West, aidé d’un certain John Wayne avec qui l’actrice formera l’un des couples célèbres de l’écran. Dans "Rio Grande" que nous traversons admirablement, le rèalisateur rend une fois de plus hommage au courage de l'U.S Cavalry!
Rio Grande (1950), toujours en noir et blanc, est un film d’amour autant que de bravoure, et l’alchimie des deux acteurs fonctionne parfaitement. Ils interprètent un officier et sa femme, qui se sont séparés mais vont être paradoxalement rapprochés par une dispute sur l’avenir militaire de leur fils, après son échec à l’école des cadets de West Point.
Alors âgée de 30 ans, jouant une femme qui en a au moins 35, Maureen O’Hara est désormais plus mûre mais toujours magnifique. Son jeu retenu est une réussite. Le colonel de la cavalerie américaine, Kirby York, accueille dans son régiment son propre fils, le jeune Jeff, recalé à West Point.
Séparée de York depuis un épisode tragique de la Guerre de Sécession, Kathleen, la mère de Jeff, intervient auprès de son époux pour qu’il n’accepte pas le jeune homme dans sa garnison. La guerre contre les Indiens fait rage, et la mère craint pour la vie de son fils.
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Cet excellent western s'inspire en fait d'un èpisode mineur de l'histoire des Etats-Unis! John Wayne incarne cette fois le rôle du colonel York qui reçoit l'ordre de franchir la frontière mexicaine pour poursuivre les Apaches et les ... Sans doute le plus émouvant des 15 westerns parlants de Ford.
Par mille petits détails les larmes montent constamment aux yeux grâce aux sujets traités et aux acteurs dont aucun n’est sacrifié au profit d’un autre. Nous sommes dans les émotions et de ce point de vue Rio Grande frôle la perfection d’autant que l’humour est toujours présent. Nul metteur en scène ne surpasse Ford dans ce passage du sourire aux larmes, les deux ... Ce classique de John Ford est autant à prendre comme un pur western où la cavalerie américaine défie les attaques indiennes que comme un film sur la réconciliation d'une famille, éclatée pendant douze ans.
Les retrouvailles sont doubles puisqu'elles concernent un homme et sa femme mais aussi un père et son fils, et les discussions porteront sur le retrait de ce dernier au sein du commandement du colonel York. Ford passe donc habilement du ... Du beau western classique, avec John Wayne dans un rôle habituel, mais qu'il tient toujours impeccablement.
La mise en scène de John Ford, toujours très classique, n'en demeure pas moins particulièrement appliquée, notamment au service de personnages intéressants et d'une réelle épaisseur. De plus, les dialogues sont d'assez bonne qualité, souvent justes, et on se plaira à voir une galerie de très bons seconds rôles défiler durant ...
L'intrigue
Synopsis : le colonel Kirby Yorke commande un régiment de cavalerie dans un fort du Texas, non loin du Rio Grande qui sert de frontière entre les États-Unis et le Mexique. Un jour, parmi les nouvelles recrues, il découvre son fils.
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Rio Grande est la troisième partie de la trilogie de la cavalerie que John Ford réalisa à la fin des années 40. Elle succède au Massacre de Fort Apache et à La Charge Héroïque. De nos jours, ces trois films sont synonymes de westerns classiques par excellence, mais en y regardant de plus près on peut y voir non seulement des films très marqués par la personnalité de leur réalisateur, mais également des visions de la cavalerie qui sont loin d’être aussi héroïques et manichéennes qu’il n’y paraît.
De prime abord, Rio Grande paraît être un western parfaitement classique. Dès le générique, on y voit les glorieux cavaliers qui chevauchent à travers le désert ou font boire leurs chevaux le long de la rivière. Mais, très vite, le spectateur déchante. Lors de la scène d’ouverture, les cavaliers rentrent au fort sous le regard inquiet des épouses. Comme elles, la caméra scrute les soldats un par un, et on perçoit vite les grimaces et les blessures.
Finalement, une grande partie du film est déjà présente ici, dans ce constat de faiblesse. La cavalerie n’est pas constituée de surhommes pouvant battre les sauvages Apaches. C’est cette humanité qui constitue, de très loin, le point fort du film. Le cinéaste va nous présenter toute une galerie de personnages, que ce soient parmi les jeunes recrues ou parmi les vieux briscards. Des personnages qui vont être montrés dans toute leur individualité, conflictuelle parfois, pour mieux pouvoir être réunis en un groupe homogène lorsque le danger se présente. Car Ford n’a pas son pareil pour générer l’empathie du spectateur avec ses personnages.
Pour cela, il sait s’entourer de seconds rôles qui, bien souvent, volent la vedette aux grandes stars. En tête de ceux-ci, dans Rio Grande, il faut bien entendu citer Victor McLaglen, acteur fordien par excellence (il a décroché un Oscar du meilleur acteur en 1936 pour Le Mouchard). McLaglen tient ici le rôle d’un sergent instructeur qui aura fort à faire avec les petits bleus, mais aussi avec l’épouse du colonel. Le jeu de l’acteur apporte au film des notes d’humour particulièrement bienvenues.
Des émotions qui sont parfois contenues. Bien souvent, les deux personnages principaux, le colonel (l’indispensable John Wayne) et son épouse (Maureen O’Hara) ne veulent ou ne peuvent pas exprimer leurs sentiments, mais la caméra de Ford est suffisamment affûtée pour scruter les petits gestes, les regards, tous les signes qui montrent les émotions sans avoir à les dire expressément, comme lors de cette scène magnifique où une chorale improvisée de soldats chantent I’ll take you home again, Kathleen.
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Bien entendu, Rio Grande est aussi un film d’action. C’est un western, c’est un film de cavalerie, et il y a des Indiens contre des soldats. Cela nous donne une scène admirable de poursuite en plein désert, et deux ou trois fusillades plutôt sympathiques. Mais, sur ce plan-là, Rio Grande assure juste le service minimum, sans plus.
L’intrigue ne fouille pas trop de ce côté, et en plus la mise en scène de l’action a quand même terriblement vieilli (ah ! Comparer les scènes d’ouverture et de clôture est assez significatif. Nous avons, finalement, exactement la même scène au début et à la fin du film. Plus qu’un procédé habituel pour clore le film, il s’agit ici de montrer que le problème avec les Indiens n’a, finalement, pas avancé d’un pouce. La cavalerie, abandonnée aux confins du pays par une bureaucratie fédérale qui ne connaît rien, ne parvient pas à trouver une solution aux attaques des Indiens. En tout cas, elle ne constitue pas la solution elle-même.
Débarrassé de ses scènes d’actions qui semblent plus être des excuses que de vrais ressorts scénaristiques, Rio Grande apparaît alors vraiment pour ce qu’il est, un film centré sur ses personnages, un film d’hommes, d’amitiés viriles (au mépris des lois, s’il le faut), et un film sur la paternité également.
Eté 1879. Le lieutenant-colonel Kirby Yorke a été affecté à la frontière du Texas avec le 2nd Régiment de cavalerie pour défendre les colons contre les attaques des Apaches. Une patrouille rentre au fort, mal en point après avoir livré combat contre des Indiens et ramené son chef prisonnier. Le lieutenant-colonel York qui la mène, enrage de n’avoir pu poursuivre l’ennemi qui s’est réfugié au Mexique, de l’autre côté du Rio Grande.
Le colonel Yorke subit une pression considérable en raison d'une grave pénurie de troupes sous son commandement. La tension monte lorsque le fils de Yorke, qu'il n'a pas vu depuis 15 ans, le cavalier Jefferson Yorke, est l'une des 18 recrues envoyées au régiment. Il avait échoué à West Point, mais s'était immédiatement enrôlé comme soldat dans l'armée. Lors d'une réunion privée "père-fils" dans la tente du commandant, le Cavalier Yorke informe son père qu'il n'attend ni ne veut de traitement spécial parce qu'il est son fils. Il demande à être traité comme n'importe quel autre soldat, ce que le colonel accepte.
Avec l'arrivée de l'épouse de Yorke dont il est séparé, Kathleen, qui souhaite ramener Yorke, encore mineur, à la maison en rachetant son enrôlement, une tension supplémentaire s'ajoute. Pendant la guerre civile, 15 ans auparavant, Yorke avait été contraint par les circonstances de brûler Bridesdale, la maison de plantation de sa femme dans la vallée de Shenandoah, lieu d'une célèbre bataille. Le sergent-major Quincannon, qui a aussi mis le feu à Bridesdale, est toujours avec Yorke et rappelle constamment à Kathleen l'épisode. Lors d'une confrontation avec sa mère, Jeff refuse sa tentative de rompre son contrat avec l'armée en lui rappelant que non seulement la signature du commandant est requise pour le renvoyer, mais que la sienne est également nécessaire, et il choisit de rester dans l'armée.
Une nuit, Les Apaches attaquent le fort. Deux marshalls du Texas arrivent au fort avec un mandat d'arrêt contre le soldat Tyree pour homicide involontaire. Yorke reçoit la visite de son ancien commandant de la guerre civile, Philip Sheridan qui commandait l'attaque de la Shenandoah, maintenant commandant général de la division militaire du Missouri, le quartier général chargé de pacifier les Grandes Plaines. Si Yorke échoue dans sa mission de détruire la menace Apache, il devra faire face à une cour martiale. Sheridan, reconnaissant tranquillement ce qu'il demande à Yorke de risquer, promet que si cela arrive, "les membres de la cour seront les hommes qui ont descendu la Shenandoah avec nous" pendant la guerre civile.
Yorke conduit ses hommes vers le Mexique, mais apprend que le chariot des enfants du fort, emmenés à Fort Bliss pour plus de sécurité a été capturé par les Apaches. Tyree suit les Apaches jusqu'à leur cachette au Mexique, puis rejoint son régiment avec les informations et un plan pour sauver les enfants. Après avoir permis à trois soldats - Tyree, Boone et Jeff - de s'infiltrer dans l'église en ruine du village mexicain où les Apaches ont emmené les enfants, Yorke mène son régiment dans une attaque totale. Les cavaliers sauvent tous les enfants.
Le colonel Yorke est blessé par une flèche qu'il ordonne à Jeff d'enlever. Après que le colonel Yorke ait récupéré de sa blessure, Tyree, Boone, Jeff, le Navajo "Fils de plusiurs mules" et le caporal Bell sont décorés. Lors de la cérémonie, lorsque l'un des marshalls du Texas réapparaît, le soldat Tyree reçoit un congé pour échapper à la loi, volant le cheval du général Sheridan à cette fin. Alors que les troupes sont passées en revue, la fanfare militaire joue Dixie à la demande du général pour plaire à Mme Yorke.
Avec son lot de blessés et de morts. qui fait la grandeur du soldat est odieux pour moi". La fin du film voit le couple réconcilié et réuni. défilent. braves tourné la même année, Ford ne voulait pas faire un autre western mais comédie dramatique romantique en Irlande L'homme tranquille avec Wayne et Maureen O'Hara, mais Herbert Yates, le président du studio de Republic Pictures, a insisté pour que Ford fasse d'abord Rio Grande avec le même couple Wayne et O'Hara parce qu'il pensait que le scénario de L'homme tranquille était faible et que l'histoire en général avait peu d'intérêt général.
Le scénario de Rio Grande est écrit par le scénariste d'origine irlandaise James Kevin McGuinness. Il est basé sur une nouvelle "Mission With No Record"de James Warner Bellah parue dans The Saturday Evening Post le 27 septembre 1947 .Certaines parties de l'histoire ressemblent vaguement à l'expédition du 4e régiment de cavalerie sous le commandement du colonel Ranald S. Mackenzie lors d'une campagne militaire au Mexique en 1873.
Le film a été entièrement tourné sur place à Moab, dans l'Utah, sur les rives du fleuve Colorado, donc très loin de là où il est censé se passer, au Texas sur le rives du Rio Grande. Moab se situe au nord du Monument valley. Le film a été tourné pendant l'été extrêmement chaud de 1950. Les acteurs et l'équipe ont lutté contre la chaleur. Les décors et les scènes ont dû être construits dans des conditions difficiles, tandis que les acteurs devaient jouer leurs scènes dans de lourds costumes d'époque. Le tournage en extérieur était un excellent exemple de l'efficacité légendaire de Ford.
Sean Thornton, ancien boxeur américain, est de retour dans son Irlande natale. Désireux de racheter la chaumière et le lopin de terre que ses parents possédaient, il entre en conflit avec Red Will Danaher, qui lorgne également sur le bout de terrain. Chaque magazine ou journal ayant son propre système de notation, toutes les notes attribuées sont remises au barême de AlloCiné, de 1 à 5 étoiles.
L'Homme tranquille (1952) : Un hommage à l'Irlande
Avec L’Homme tranquille, John Ford, Maureen O’Hara et John Wayne se retrouvent en 1952 pour tourner ensemble une histoire d’amour en Technicolor qui est aussi un hommage à leurs communes racines irlandaises, même si Maureen O’Hara est la seule des trois à être née en pays gaélique.
L’actrice incarne une femme nettement plus jeune que la mère de famille de Rio Grande: une fille de la campagne taciturne et explosive, austère et sensuelle, terre à terre mais dominée par ses élans du cœur. La belle rousse est remarquée par un ancien boxeur américain (John Wayne), venu en Irlande pour renouer avec ses racines et oublier un combat tragique qui a vu la mort de son adversaire.
Dotée d’un caractère bien trempé, elle ne s’incline que devant une chose, la tradition. Sensible au charme du bel Américain, elle lui fait néanmoins comprendre qu’il n’est question de brûler aucune des étapes des rites ancestraux avant de s’unir. D’abord attiré par sa beauté sauvage et rayonnante, le boxeur fatigué ne mesure pas immédiatement à quel point elle représente profondément ce qu’il est venu chercher en Irlande.
Personne ne croyait à ce projet si important pour John Ford, et le film fut produit par Republic Pictures, l’un des studios fauchés de la «Poverty Row» (littéralement rue de la pauvreté) d'Hollywood. C’était déjà le cas de Rio Grande: les dirigeants de Republic avaient signé avec Ford un accord pour les deux films et lui imposèrent de réaliser le western en premier, espérant que ses recettes compenseraient les pertes de sa fantaisie celtique. En fait, L'homme tranquille fut le plus grand succès de toute l’histoire du studio!
Tous les extérieurs furent tournés sur place, en Irlande, sur des lieux méticuleusement choisis par John Ford. Sean Thornton, un ancien boxeur américain revient à Inisfree, son village natal d’Irlande, avec l’objectif de racheter l’ancien « cottage » de sa famille pour s’y installer définitivement. Il fait la connaissance de Mary Kate Danaher, la sœur du colérique Red Will Danaher qui convoitait la maison des Thornton avant que Sean ne la rachète.
Une merveille! Depuis que le cinèma parle, il s'est souvent penchè sur les particuliaritès "locales", et le film qui symbolise ce genre, mèlange de comèdie, drame et de sentimentalisme, est sans conteste "The Quiet Man". Un oscar ici du meilleur rèalisateur pour John Ford qui marque son grand retour en Irlande! Hommage de l'auteur à ses origines irlandaises, ce n'est tout de même pas un reportage, mais une tendre caricature de ses ...
Le rythme et le ton ravageur du film emporte ces personnages dans un vent mêlant,la romance au drame le tout pimenté par une pointe d'humour rendant le film irrésistible. Ford savait rendre ses personnages incroyablement vivants,il faut dire que les dialogues les aident grandement. Ceux ci sont ponctués de petites phrases qui font mouches. Le final drôle à souhait vient finir d'emporter le morceau de la sympathie que possède ce film,le gag ...
Sans conteste, un des plus grands films de John Ford. Cette fois-ci, ragaillardi par son retour aux sources, son Irlande natale, Ford réalise un film qui ne s'essouffle jamais, chef-d'œuvre de comédie, tourbillon naturel et comique qui emporte tout sur son passage. Certes, le couple John Wayne-Maureen O'Hara est tout simplement exceptionnel, mais la grâce et la grandeur de ce film vaut surtout pour la pléiade de seconds rôles, tous plus ...
Une relation à la fois intense et chaotique
La relation entre John Ford et Maureen O’Hara fut chaotique mais intense. Après la mort du cinéaste en 1973, elle se dit bouleversée: «Comment décrire quelqu’un que vous admirez et que vous aimez et qui pourtant a des défauts rédhibitoires?». Selon le réalisateur George Sherman, «John Ford considérait Maureen comme étant sa merveilleuse actrice, aussi proche de lui que ses propres enfants. Chaque fois que j’ai travaillé avec elle, Ford lui téléphonait plusieurs fois par semaine. Il m’a raconté qu’elle l’avait aidé quand il préparait L'homme tranquille. En fait, c’est elle qui a tapé à la machine le script définitif».
Pourtant, à la fin de sa vie, Ford déclara à Bertrand Tavernier: «L’une des actrices que je déteste le plus est Maureen O’Hara. Tout le monde a cru que j’étais son amant. En fait, je la haïssais et elle me haïssait, mais elle convenait très bien aux rôles». Des propos sans doute excessifs, même s’il est certain que leur relation fut rythmée de nombreux accrochages!
Pendant le tournage de Qu'elle était verte ma vallée, Ford fait disposer de puissants ventilateurs pour figurer le vent qui soulève son voile de mariée à sortie de l’église. Ce dispositif envoie les cheveux de Maureen O’Hara dans ses yeux, ce qui n’empêche pas John Ford de recommencer la prise indéfiniment. Furieuse, l’actrice lui lance: «Je voudrais vous y voir, espèce de vieux déplumé ! Sur le tournage de L'homme Tranquille, l'ambiance est perturbée par le fait que John Ford, qui n'est pas exactement un sex-symbol, fait des avances de plus en plus pressantes -et sans retour- à Maureen O’Hara.
L’actrice se défend dans ses mémoires d’avoir eu la moindre romance avec le réalisateur, mais elle reconnait qu’il lui a envoyé des lettres très amoureuses. «Il pouvait être impossible parfois, surtout après avoir bu», commentait-elle sobrement. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'en ces temps où Hollywood est dominé par un insondable machisme, Ford ne se conduit pas en gentleman. Sur le tournage de L'homme tranquille, il donne à Maureen O'Hara une chambre particulièrement inconfortable pour qu’elle vienne lui en réclamer une autre, ce qu’elle s’abstiendra prudemment de faire.
Ce n'est qu'un au revoir (1955)
Pourtant, après Rio Grande et L'homme tranquille, Maureen O’Hara est encore dirigée par Ford dans Ce n’est qu’un au revoir (1955), un émouvant biopic consacré à un coach sportif de l’Académie de West Point, incarné par Tyrone Power. Maureen O’Hara y joue un rôle dont elle a déjà exploré les facettes dans des films précédents, celui d'une vertueuse épouse irlandaise telle que l'imaginait le réalisateur dans sa vision idéalisée de la terre de ses ancêtres.
Le couple héros du film a reconstitué à West Point un petit îlot celtique où l’on retrouve l’univers de L'homme tranquille, fait d’interpellations vigoureuses, de piété fervente, de fierté inflexible et de tendresse pudique. Au début, lorsque Tyrone Power fait la cour à celle qui deviendra sa femme, il recueille une forme de sympathie, mais impossible de lui extorquer le moindre mot… jusqu’au moment où il lui fait une demande en mariage ampoulée, à laquelle elle répond abruptement: «Yes.» Elle devient comme une mère pour les cadets qui partent pour la guerre en 1917, et bien souvent n’en reviennent pas: elle se signe discrètement en apprenant leur mort.
Tyrone Power célèbre les vertus domestiques de son épouse: «Bénie soit cette femme que j’ai épousée, avec son art de faire le ménage, son esprit d’économie et sa façon de mettre de l’argent de côté!». Lorsque les années auront passé, la belle irlandaise s’endormira pour toujours dans son fauteuil, un crucifix à la main.
L'Aigle vole au soleil (1957)
Le trio Ford-Wayne-O’Hara se reformera une fois dans L’Aigle vole au soleil (1957), un autre biopic, consacré à «Spig» Wead, un pilote de l’aéronavale qui devint dramaturge et scénariste pour Hollywood après un grave accident domestique. Robert Parrish disait que chez John Ford, les personnages de femmes se divisent en deux catégories: «celles qui agitent des mouchoirs blancs quand leur mari va à la guerre et les prostituées au grand cœur.» Maureen O’Hara incarne ici une femme un peu plus complexe, affirmant son caractère face à un homme intenable, mais continuant à lui rester fidèle en pensées même lorsque la vie les sépare.
Cependant, l’alchimie entre les deux acteurs fonctionne moins bien dans L'aigle vole au soleil que dans Rio Grande et L'homme tranquille. Maureen O’Hara subit les épreuves de la vie et les frasques de son mari avec une exaspération théâtrale, qui se marie mal avec la nonchalance de John Wayne. L'actrice tournera encore avec ce dernier, mais c'est sur ce rôle que s'achève sa tumultueuse aventure de cinéma avec John Ford.
Autres films notables de Maureen O'Hara
Maureen O’Hara a également brillé dans d'autres films mémorables, notamment :
- Qu'elle était verte ma vallée (1941)
- Quasimodo (1939)
- Le Miracle de la 34e Rue (1947)
- Le Cygne noir (1942)
Tableau récapitulatif des films avec Maureen O'Hara, John Ford et John Wayne
| Titre du film | Année de sortie | Réalisateur | Acteurs principaux |
|---|---|---|---|
| Rio Grande | 1950 | John Ford | John Wayne, Maureen O'Hara |
| L'Homme tranquille | 1952 | John Ford | John Wayne, Maureen O'Hara |
| L'Aigle vole au soleil | 1957 | John Ford | John Wayne, Maureen O'Hara |
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