Rituel immuable lorsqu’un modèle arrive à mi-carrière : il faut passer par la « case restylage », pour se remettre au goût du jour. Du coup, le restylage, exercice imposé à mi-mandat pour chaque voiture, est la bonne occasion de se remettre dans la course… à condition d’y mettre le paquet et que cela se voit (comme sur les dernières A4 ou Q7).
Un Restylage Discret
Clairement, cette version gentiment restylée ne va pas métamorphoser le Q5. Ce n’est malheureusement pas le cas ici, ce Q5 « phase 2 » restant, avec cette carrosserie break très classique, très proche en apparence de la première mouture (ce qui ne sera pas le cas du dérivé Sportback en approche imminente). Mais fallait-il prendre le risque de tout modifier ?
Audi ne le fait pas, et on peut comprendre le constructeur tant la force du convaincant Q5 est de proposer une parfaite synthèse de ce que l’on attend d’un SUV de cette catégorie. À l’avant, le plus évident est l’adoption d’une nouvelle signature visuelle dans les phares, tandis que le bouclier adopte de plus imposantes entrées d’air latérales trapézoïdales, avec des ouvertures désormais verticales. La poupe revient avec bonheur à un bouclier qui laisse entrevoir les canules d’échappement.
La calandre abandonne ses contours en métal poli au profit de contours peints couleur carrosserie, tandis que l’arrière reçoit des feux OLED avec des clignotants à défilement. Enfin, notons le retour de sorties d’échappement bien visibles, celles-ci ayant bêtement disparu sur le premier opus, ceci afin de mieux nous préparer à la voiture électrique ! Et bien sûr, en fonction des finitions choisies (Base, Design, Selection et S line), la voiture peut recevoir des éléments distinctifs plus ou moins visibles.
Finition S Line et Options
C’est particulièrement le cas de notre magnifique exemplaire d’essai, un modeste 2.0 TDI mais présenté en finition sportive S line, dans un très avantageux « vert District », une nouvelle teinte introduite au nuancier qui est malheureusement disponible en option (1120 €). Pour tenter de justifier ce tarif indigeste, notre modèle d’essai reçoit en plus de nombreuses options, comprenant de sublimes jantes de 21 pouces (3500 € !), des phares HD Matrix à LED (1220 €), des sièges avant électriques (940 €) et… chauffants (470 €), sans oublier la hifi Bang&Olufsen à 1000 €.
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Ainsi, le prix de base déjà prohibitif de 60 000 € tout rond en finition S line s’envole dans le cas présent carrément à… 73 420 € ! Tout ça pour un « simple » Q5 2.0 TDI (baptisé 40 TDI). Même si le prix en finition de base est un peu plus raisonnable (55 100 €) il serait grand temps qu’Audi redescende sur terre…
Motorisation et Performances
Côté mécanique, le 2.0 TDI de 204 ch (qui remplace le 190 ch), seul diesel pour l’heure disponible, se voit ici épaulé par un inédit réseau de bord de 12 V avec un alterno-démarreur et une batterie compacte au lithium-ion. En attendant ces jours funestes, pour assurer son lancement et séduire les gros rouleurs, Audi propose donc envers et contre tout ce TDI de milieu de gamme, associé à une boîte S-tronic à 7 rapports et à la transmission intégrale quattro.
Cette hybridation compacte et légère, transparente à l’usage, permet tant d’offrir un « effet boost » à l’accélération, que de baisser les consommations, et donc les émissions polluantes (rejets de CO2 de 139 à 143 g/km tout de même selon équipement). Ah oui, j’oubliais : au prix rondelet demandé, il faudra ajouter celui, tout aussi dissuasif, du malus. Et oui : n’en déplaise à certains, mais Audi n’a pas jeté aux orties ses diesels, même s’il est probable que le constructeur réduise la voilure dans ce domaine dans les prochaines années.
Mais la place de choix reste bien derrière le volant, même si cette version de 204 ch séduit plus par sa progressivité et sa douceur que son punch. Malgré un couple confortable de 400 Nm disponible des 1750 tr/mn (comme avec l’ancien TDI de 190 ch !), le poids de 1805 kg à vide se fait cruellement sentir si on ne prend pas soin de basculer en mode Dynamic, pour obtenir une meilleure réactivité à l’accélération (0 à 100 km/h en 7,6 sec - 222 km/h). Ce même menu propose de nombreux autres modes, réservés à la route cette fois, mettant en lumière la belle palette de talents proposés par ce Q5.
Modes de Conduite et Suspension
A noter que l’Audi drive select propose ici un appréciable mode Off-road, permettant cette fois d’augmenter la garde au sol grâce à l’excellente suspension pneumatique et d’affiner la motricité, donnant à ce SUV un vrai passeport pour l’évasion. En mode « Confort », on perd un peu en réactivité, mais la voiture se montre en contrepartie très homogène.
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Intérieur et Ergonomie
En prenant place à bord, on retrouve un environnement qui nous est familier, mais on remarque aussi quelques changements notables. D’autres aspects restent très appréciables, comme ce coffre large et carré offrant 550 litres de volume de chargement (1550 litres sièges arrière rabattus), tandis qu’une astucieuse banquette arrière coulissante permet de moduler l’espace à bord aux places arrière.
Le plus marquant est l’implantation d’un grand écran de 10,1 pouces (contre 8,3’’ précédemment), désormais à commandes tactiles, ce qui implique la disparition du pavé tactile placé autrefois au bas de la console centrale, remplacé par un petit espace de rangement.
Le Diesel a-t-il encore sa place ?
Mis au banc de la société, accusé à tord d'être trop polluant, le diesel séduit désormais à peine plus de 10% des acheteurs de modèles neufs. Pourtant, dans un modèle comme le Q5, il est parfaitement adapté et légitime...à condition d'éviter la ville.Comme chaque vendredi de vacances scolaires, et bien avant de pouvoir rejoindre les autoroutes, ça bouchonne dur pour sortir de la région parisienne.
J’apprécie alors que ce Q5 soit, entre guillemets, d’ancienne génération. Entre guillemets car il n’est pas si vieux, mais né fin 2016 pour cette deuxième génération, il bénéficie d’une ergonomie à l’ancienne. Là, il reste beaucoup de commandes physiques pour les fonctions essentielles fréquemment utilisées. Je peux par exemple trouver les commandes rotatives de températures sans quitter la route des yeux, et la modifier - un demi degré par clic - sans avoir à vérifier ce que j’ai fait puisque j’ai un retour physique, le clic !
Il y a certes un grand écran central avec plusieurs menus, mais bien moins et moins complexes que sur les derniers modèles où tout ou presque passe par cette dalle tactile très complexe à utiliser en conduisant. De la même façon, avec la nuit arrivant, j’ai sous la main gauche, facile à trouver au toucher, un vrai rhéostat d’éclairage des écrans (compteurs et central) que je peux ajuster encore une fois sans quitter la route des yeux. De même, ici j’active sur l’autoroute, ou désactive ailleurs, l’aide au maintien dans la file très facilement d’un clic au bout du commodo gauche. Et puis autre chose très appréciable, votre choix pour les aides électroniques à la conduite restent mémorisées : si vous les avez coupées, elles le restent au redémarrage suivant.
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Cette technologie permettant de rester tout le temps en phares grâce à l’occultation des zones du faisceau pouvant éblouir les autres usagers de la route, roulant devant ou venant d’en face, procure un confort de conduite inégalé la nuit. De quoi profiter du très bon châssis de ce Q5, doté d’un train avant très efficace, ainsi que d’une assistance de direction électrique très bien calibrée, juste assez consistante pour bien percevoir les limites d’adhérence.
Comportement Routier et Châssis
Sur ces routes secondaires pas toujours parfaitement revêtues, la suspension pneumatique fait cette fois très bien son travail, les trépidations des grosses roues de 20 pouces ayant disparues à ces allures routières.
La montée régulière de 17 km ne pose aucun problème au 2.0 TDI, dont les 400 Nm de couple disponible dès 1 750 tr/mn effacent aisément, lors des relances, les 1 950 kg à vide que nous avons mesuré.
Avec mes pneus hiver et les 4 roues motrices du Q5 40 TDI, je ne m’inquiète pas pour la motricité. Et je découvre, dans les nombreuses épingles, un pilotage très soigné du système Quattro Ultra. Rassurant, et surtout bien joué !
Car si ce dernier ne dispose pas du différentiel central Torsen réservé aux versions 6 cylindres désormais disparues sur le Q5, remplacé ici par deux embrayages pilotés capables de désactiver complètement l’arbre de transmission entre l’avant et l’arrière afin d’optimiser la consommation, cette transmission intégrale, de fait non permanente, fonctionne tout de même très bien.
Consommation
Car au terme de nos 2 500 km, avec un retour par la fameuse et superbe N85, dite route Napoléon, via Grenoble, puis un détour par l’Auvergne, l’ordinateur de bord affiche à peine plus de 7 l/100 km de moyenne. Alors, à oublier le diesel ? Sûrement pas, notamment pour ceux qui roulent beaucoup, et fréquentent majoritairement la route et l’autoroute…où ce Q5 autorise de plus, avec son réservoir de 70 l, une autonomie de 1 000 km entre deux pleins. Chose impossible en essence, et plus encore en électrique.
Heureusement, la technologie Mild Hybrid développée ici s’adapte aux motorisations diesel. Elle permet d’avoir à la fois la consommation basse et la souplesse de reprise spécifique à ce carburant.
Capacités de Traction
Dans sa nouvelle et énième mouture datant déjà de 2020, l’Audi Q5 veut dégager une identité plus tournée vers le dynamisme et la robustesse, caractère plus appuyé encore dans notre finition S Line. En traction, nous avons testé les différentes possibilités.
Modèle phare chez Audi, la deuxième génération du Q5 a été restylée fin 2016 pour tenter de regagner sa position de leader sur ce segment très convoité des SUV premium. Avec une capacité de traction de 2400 kg, la version diesel de 190 ch apparaît comme fort bien adaptée y compris pour les plus grandes caravanes.
En condition normale, seules les deux roues avant sont sollicitées. Cette technologie utilise les informations recueillies électroniquement, dont l’angle de braquage, la vitesse des roues et le mode de conduite pour ajusterle couple transmis aux roues arrière, entre 0 et 70%. En conduite attelée, grâce à la suspension pneumatique adaptative (en option 2 350 euros) qui règle automatiquement l’amortissement, le Q5 se joue de la charge et la caravane devient pratiquement imperceptible sur la route même en virage lorsque l’on maintient l’allure. Sur autoroute, aucune sensation de roulis n’est ressentie, ce qui permet de rouler en toute sécurité.
Concurrence
L'actuel Audi Q5 est loin d'être dépassé, mais ses quatre ans d'existence et de sérieux rivaux sur le créneau des SUV premium l'ont peu à peu relégué au rang de second couteau. Pour se maintenir dans la course, le remaniement intervenu fin 2020, assez complet, ne se limite pas à une nouvelle calandre.
Face à l’Audi Q5, le Mercedes GLC ne manque pas d’arguments avec une ligne originale, un agrément de conduite remarquable, un excellent niveau de confort et des qualités routières irréprochables.
Le SUV familial premium de Volvo XC 60 a été restylé fin 2017 avec en point de mire l’Audi Q5, son concurrent le plus menaçant. Doté d’un niveau de confort particulièrement soigné, le XC 60 offre également un comportement routier sain et sécurisant sans toutefois présenter la même agilité que l’AudiQ5 eu égard au manque de réactivité de sa boîte automatique.
Conclusion
Sans jouer l’oiseau de mauvais augure, je peux dire que le Q5, pourtant pétri de qualités, a mangé son pain blanc. Autrefois un peu seul au monde, entre un BMW X3 certes très dynamique, mais mal fini et inconfortable, et un Mercedes ML franchement vieillot, le Q5 a en effet su s’imposer avec force. Mais entre-temps, BMW et Mercedes ont su corriger magistralement le tir, et en plus, on a assisté à une déferlante de SUV sur le marché. Car en plus de Lexus et d’autres généralistes aux ambitions « premium » (Alfa Romeo Stelvio, Jaguar F-Pace, Volvo XC 60 et, dans une moindre mesure, Peugeot 3008), nombreux sont les concurrents venus piétiner sans vergogne les platebandes du Q5. Résultat, cette seconde génération lancée voilà un peu plus de 3 ans, ne rencontre pas du tout le succès de la première.
Mais à quel prix ! Car la concurrence s’est depuis bien réveillée, et elle en offre parfois presque autant à des tarifs plus réalistes, à commencer par exemple par le nouveau… Q3.
Le Q5 reste l'exemple type du SUV familial chic et confortable. Pas passionnant, mais discrètement raffiné. Sans se distinguer de la concurrence, agrément et qualités routières homogènes restent ses principaux talents. Le restylage se cantonne donc à des ajustements de principe, cosmétiques et mécaniques...
Agréable sur route comme autoroute, bien construit, ergonomique, silencieux, confortable et étonnamment frugal, le Q5 40 TDI de milieu de gamme est un parfait compagnon de route. Car à notre retour à Paris, il restait encore près du quart du plein ! Un vrai chameau cette Audi, qui a une haute idée de son talent, puisqu’il faut débourser minimum 55 100 € en finition Design pour y goûter, et même davantage, en comptant un malus de plus en plus salé… et injuste. Une chose est sûre : bien que pénalisée bêtement par pur dogme par une vignette « Crit’Air 2 », cette version 40 TDI est parfaitement calibrée pour les gros rouleurs, et ce n’est pas demain qu’une électrique en offrira autant.
Points Forts et Faiblesses
- Points Forts :
- Moteur doux et plaisant
- Qualité de construction
- Comportement sûr et plaisant
- Bagage technologique « à la pointe »
- Vraie polyvalence (avec quattro et susp. pneumatique)
- Points Faibles :
- Prix élevé
- Malus écologique important
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