Le marché du véhicule particulier est en pleine transformation. Aujourd’hui, le parc automobile français entame une phase d’électrification massive. En 2021, pas moins de 174 000 véhicules légers 100% électriques ont été vendus contre 28 300 en 2016, soit une multiplication des ventes par plus de 6 en 5 ans, représentant aujourd’hui une part de marché de près de 13,5%. Le Parlement européen a voté le 8 juin 2022, la fin des ventes de voitures neuves thermiques en 2035, une étape majeure pour atteindre la neutralité carbone en 2050.

Dans un avis rendu début octobre 2022, l’Ademe (l’Agence de la transition écologique) montre que les véhicules électriques ont un impact environnemental nettement moindre que leur équivalent thermique, mais un impact réel quand même. Dans la perspective de l’interdiction de la vente des moteurs thermiques en 2035 et de l’atteinte de la neutralité carbone en 2050, l’intérêt de ces véhicules méritait donc d’être précisé.

La "Dette" Carbone Initiale des Voitures Électriques

Pour commencer, une voiture électrique n’est jamais « zéro carbone ». Sa production, et notamment celle de ses batteries, émet des gaz à effet de serre (à l’origine du réchauffement climatique). Avant même d’avoir roulé le moindre kilomètre, une voiture électrique a donc une « dette » carbone de 5 à 15 tonnes équivalent CO2, selon les modèles. Cette empreinte est 2 à 3 fois supérieure à celle d’un équivalent thermique, indique l’Ademe. La fabrication d’une voiture électrique a un impact carbone supérieur à celui d’une voiture thermique.

Compensation à l'Usage : Réduction des Émissions de CO2

C’est donc à l’usage que l’intérêt de la voiture électrique apparaît. Logiquement, la voiture électrique émet incomparablement moins de CO2 qu’une voiture thermique qui roule en brûlant de l’essence. Ceci est particulièrement vrai si la production d’électricité est décarbonée (issue du nucléaire ou de sources renouvelables), ce qui est plutôt le cas en France, mais pas partout (si l’électricité est produite en brûlant du charbon, le gain est évidemment moindre). Au fil des kilomètres, la voiture électrique prend donc l’avantage en termes d’émission de CO2. Pour une berline compacte, le point de bascule se situe aux environs de 70 000 km.

Au final, sur l’ensemble de sa durée de vie et en considérant qu’elle va rouler 200 000 km, « une voiture électrique roulant en France a un impact carbone 2 à 3 fois inférieur à celui d’un modèle similaire thermique », conclut l’Ademe. Selon d’autres estimations, cet ordre de grandeur est même supérieur. Spécialisée dans ces questions, l’ONG Transport et Environnement, financée notamment par la Fondation européenne pour le climat, fait ainsi ses propres calculs. « Nos propres analyses sur le cycle de vie montrent un impact carbone 5 fois moindre pour les voitures électriques en France », indique son directeur France, Lucien Mathieu.

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Si on veut comparer la voiture électrique versus une thermique en termes de pollution, il faut prendre en compte l’ensemble du cycle de vie de ces véhicules. Bien que les voitures électriques émettent peu, voire pas de gaz polluants en déplacement, leur production a des impacts environnementaux importants. Selon l’ADEME, un véhicule électrique a un bilan carbone deux à trois fois moins élevé que celui d’un véhicule thermique sur l’ensemble de sa vie.

Tableau Comparatif de la Pollution : Véhicules Thermiques, Électriques et Hybrides

Critère Voiture thermique Voiture électrique Voiture hybride
Émissions de gaz à effet de serre Émissions importantes de CO2, NOx Émissions très faibles, voire nulles Émissions très faibles, voire nulles en mode électrique. Émissions restreintes de CO2 et Nox
Pollution de l’air Émissions de particules fines, NOx Aucune émission de particules fines, NOx Émissions réduites de particules fines et Nox
Dépendance aux ressources fossiles Forte Faible Dépendance diminuée
Énergie nécessaire à la production Élevée Élevée, mais en diminution Élevée
Gestion des déchets liés à la fin de vie Problème majeur Problème important, mais en diminution Problème majeur (dépollution du moteur thermique et de la batterie électrique)

Réduction de la Pollution de l'Air

Les émissions de gaz à effet de serre représentent une part prépondérante de l’impact environnemental des véhicules, mais ce n’est pas la seule. Sur ce plan-là, l’avantage va aux moteurs électriques qui n’émettent aucun polluant d’échappement, évitant notamment de libérer des oxydes d’azote. Du côté des particules, le bilan est également avantageux, mais moins clairement. Si les véhicules électriques émettent moins de particules liées à l’usure des plaquettes de frein, ils émettent quand même, et peut-être autant, des particules liées à l’abrasion des pneus en contact avec la chaussée et à la remise en suspension de celles présentes à terre.

L'Importance d'une Batterie "Raisonnable"

Pour les minimiser, la taille, et donc le poids, des véhicules électriques et des batteries doivent être remis en question. L’Ademe pose une limite à 60 kWh pour la capacité de la batterie, au-delà de laquelle « l’intérêt environnemental n’est pas garanti ». Ce type de batterie est déjà conséquent, pouvant offrir une autonomie de 450 km. « C’est sur ces gros rouleurs que le gain en émissions de carbone sur toute la durée de vie du véhicule est le plus important, souligne Lucien Mathieu. La taille doit être adaptée à l’usage. »

Se Détacher du Modèle Existant

Pour annuler les impacts environnementaux, le recours au véhicule électrique est nécessaire, mais insuffisant. Il faut travailler à la fois « sur la réduction des besoins de déplacements » et « sur un report vers d’autres moyens de mobilité moins impactants que l’automobile individuelle » : marche, vélo, transports en commun, covoiturage, autopartage, véhicules très légers, etc. Calquer les usages des voitures électriques sur leurs prédécesseurs, c’est reproduire un certain nombre d’erreurs ou en créer de nouvelles.

Si l’électrification du parc automobile est un levier incontournable, elle n’est cependant pas suffisante pour que la transition soit pleinement efficace sur les plans environnementaux, sociaux et économiques. Répliquer le modèle d’utilisation du véhicule thermique sur le véhicule électrique ne suffira donc pas. La voiture électrique ne remplacera pas le véhicule thermique sur tous ses usages.

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La Pollution Liée à l'Installation des Bornes de Recharge

Pour mesurer l’impact environnemental d’une voiture électrique, il est intéressant d’inclure les infrastructures qui permettent de la faire fonctionner. La borne de recharge utilisée pour le chargement d’une voiture électrique fait partie de ces équipements. Sa structure se compose de plastique et les constructeurs tendent à privilégier les matériaux recyclables. Elle inclut aussi des métaux comme l’aluminium et le cuivre. Ceux-ci participent à la pollution de l’environnement, puisque leur extraction et leur traitement demandent une grande quantité d’énergie et d’eau. L’installation d’une borne de recharge fait l’objet d’un chantier qui génère une pollution.

Pistes d'Amélioration pour un Impact Environnemental Réduit

L’achat d’une voiture électrique présente des avantages considérables par rapport aux voitures à combustion interne. Outre les effets directs sur l’environnement, l’entretien d’un véhicule électrique se révèle moins complexe et moins coûteux. Mais des progrès sont encore à réaliser pour améliorer leur empreinte carbone et en faire de vrais véhicules propres. Voici quelques pistes à développer :

  • L’utilisation de sources d’énergie renouvelable peut réduire les émissions de gaz à effet de serre liées à la production d’électricité.
  • Le recyclage des batteries, dont les composants peuvent être récupérés et réutilisés, est également un facteur clé. Le développement de technologies plus efficaces pour le recyclage des batteries peut atténuer les impacts environnementaux de leur utilisation.
  • La réduction de la pollution liée à la fabrication d’une voiture électrique en utilisant des matériaux plus respectueux de l’environnement.
  • Une optimisation des processus de production des matières premières des batteries de voiture électrique (lithium, cobalt). Certains constructeurs automobiles se sont d’ailleurs engagés à limiter leur utilisation de cobalt et de nickel.
  • L’allègement des véhicules (et la diminution de la taille des pneus) pourrait permettre de réduire l’émission de particules hors échappement.
  • La fabrication de pneus avec des matériaux plus respectueux de l’environnement pourrait réduire l’émission de particules.

Pour répondre aux enjeux environnementaux et favoriser le développement d'une industrie de l'automobile durable, le gouvernement encourage l’achat de véhicules électriques en accordant des aides à l'achat d'une voiture par le biais d’un bonus écologique et en appliquant une taxe carbone aux véhicules polluants.

L’étude « Le véhicule électrique dans la transition écologique » publiée par la Fondation pour la Nature et l’Homme et la European Climate Foundation met en évidence que les véhicules électriques sont déjà 2 fois moins polluants que les véhicules thermiques.

Lorsque l’on consomme un litre d’essence, seulement 35% du gazole sert à faire fonctionner le moteur, le reste ne réalise qu’une perte de chaleur. Avec les véhicules électriques, c’est 80 à 90% de l’énergie qui est utilisée afin de faire rouler le véhicule. Afin de soutenir la filière des énergies renouvelables, Zeplug a signé un partenariat avec le fournisseur d’énergie verte Planète Oui pour vous garantir une recharge de votre véhicule avec de l’électricité 100% d’origine renouvelable. Cela signifie que l’équivalent de l’électricité consommée pour la recharge de votre véhicule sera réinjecté dans le réseau sous forme d’électricité issue des énergies renouvelables.

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