Le marché automobile français est en pleine mutation, confronté à de nombreux défis et évolutions. Cet article examine en détail les tendances actuelles, les préférences des consommateurs, l'essor des véhicules électriques et l'impact de ces changements sur l'ensemble du secteur.
Les préférences des consommateurs
Après avoir longtemps dominé le marché, les voitures diesel commencent à être progressivement délaissées par les automobilistes au bénéfice des voitures électriques et hybrides. Parmi les types de voitures préférées des Français, on trouve les SUV et les berlines, qui écrasent la concurrence face aux monospaces ou aux breaks qui perdent en popularité.
Au niveau des marques, les automobilistes restent fidèles aux constructeurs historiques français. Peugeot et Renault ont écoulé chacun entre 240.000 et 280.000 voitures en France en 2023, loin devant les géants mondiaux du secteur que sont Toyota et Volkswagen. Cependant, un acteur d’Europe de l’Est s’est progressivement imposé sur les routes de France : Dacia. Le nombre annuel de voitures vendues par la marque roumaine a été multiplié par deux entre 2009 et 2019.
L'essor des véhicules électriques
La France rattrape-t-elle son retard sur l’électrification de son parc automobile ? C’est du moins la tendance depuis 2019 où la part de l’électrique est passée de 2% à près de 16% en 2023, parmi les immatriculations totales. Une très forte progression, stimulée par les aides publiques à la transition et surtout par l’explosion des prix du carburant à la pompe.
La France reste néanmoins en retard sur ce secteur, par rapport à de nombreux pays européens, dont la Norvège, où la voiture électrique est désormais la norme. Bien que ses émissions de CO2 lors des déplacements soient nulles, la voiture électrique émet une quantité de CO2 plus importante que les voitures essence ou diesel lors de sa phase de construction.
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Afin de faciliter le développement de cette transition, les États de l’Union européenne se sont engagés, via la directive européenne 2014/94, à accélérer la création d’infrastructures pour véhicules à carburant alternatif sur leurs territoires, ce qui comprend notamment les points de recharge électrique.
Tableau récapitulatif des parts de marché par motorisation (S1 2025)
| Motorisation | Part de marché | Évolution par rapport à 2024 |
|---|---|---|
| Hybride | 50,8 % | +38,7 % |
| Essence | 22,3 % | -32,1 % |
| Électrique | 15 % | -0,1 % |
| Diesel | 5,7 % | -7,9 % |
| Autres (GPL, Superéthanol) | 6,2 % | Stable |
Prix des voitures et impact sur le marché
En l’espace de quatre ans, le prix moyen d’une voiture vendue en France a augmenté de 24%. Les clients ne suivent pas financièrement et le marché plonge. Montée en gamme, recherche de rentabilité maximum : les industriels de l’automobile sont les premiers responsables de la hausse des tarifs des voitures.
Entre 2019 et 2024, le prix d’achat moyen d’un modèle neuf a augmenté de 24% sur le marché français, selon l’étude étayée de l’institut « Mobilités en transition », un think tank indépendant. Un bond de près de 7 000 €, faisant passer le tarif catalogue d’un peu plus de 28 000 € à près de 35 000 €.
Les constructeurs sont responsables de ces causes dites « endogènes » par l’étude de « Mobilités en transition ». Le poids financier des contraintes réglementaires européennes imposant un surcroit d’équipements, notamment de nouvelles aides à la conduite, celui de la flambée des prix de l’énergie et des matières premières, ont une incidence limitée sur l’augmentation des tarifs des voitures neuves : 6%. Tout juste le quart de l’addition finale.
La montée en gamme est responsable des deux-tiers des 12% d’augmentation alors que l’amélioration de la profitabilité représente à elle seule 4%. Sans surprise, l’étude de l’institut « Mobilité en transition » met en évidence l’exclusion progressive du marché des classes dites populaires et des classes moyennes inférieures.
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En 2019, ils représentaient 43% des acheteurs de voitures neuves en France, En 2024, ils n’étaient plus que 31%. Un niveau comparable à celui des clients disposant de plus de 5 000 € net mensuel.
Tendances récentes du marché
Le marché automobile confirme son essoufflement. Les chiffres du premier semestre 2025 affichent une tendance nette : la demande recule, et les dynamiques observées début 2025 se confirment, voire s’aggravent. Avec 786 897 immatriculations au premier semestre 2025, le marché des voitures neuves s’effondre de -7,9 % par rapport à 2024. Par rapport à 2019, la chute atteint -27,8 %.
Le décrochage s’accélère et les immatriculations de voitures neuves sont historiquement bas sur l'ensemble des six premiers mois de 2025. Le marché automobile neuf souffre d’un effet ciseaux : hausse des prix, baisse de pouvoir d’achat. Les Français commandent moins : les commandes plongent à 862 318 unités sur les six premiers mois, soit -8,3 % par rapport à 2024. La comparaison avec 2019 est encore plus sévère : -27,3 %.
Au premier semestre 2025, l’hybride domine désormais largement, atteignant 50,8 % des immatriculations, contre 38,7 % un an plus tôt. L’essence recule également fortement, passant de 32,1 % à 22,3%. Les voitures électriques, quant à elles, stagnent à 15 % (contre 15,1 % l’an dernier).
Le marché de l'occasion
Sur l’ensemble du semestre, le marché automobile de l’occasion amortit mieux le choc. 2 739 624 immatriculations ont été enregistrées au premier semestre 2025, la progression est timide avec +0,9 % par rapport à 2024. Sur cinq ans, le marché recule de -5,5 %.
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Le ratio VN/VO continue de se creuser (1 VN pour 3,25 VO), révélateur d’un glissement massif vers la seconde main. Moins cher, plus disponible, l’occasion devient la solution par défaut. Le marché automobile s’y replie massivement.
Le marché automobile de l’occasion reste largement ancré dans le thermique, mais des signaux de transition émergent. L’hybride poursuit sa montée en puissance. Il atteint 12,2 % du marché, contre 8,3 % un an plus tôt. Les électriques gagnent du terrain aussi, avec 3 % (+0,8 point), bien que leur part reste modeste.
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