Le 29 mars, les chaînes de montage de l’usine Renault-Flins ont vibré une dernière fois avant que la lumière ne s’éteigne après une ultime Renault Zoé. 72 ans, un âge bien tardif pour partir à la retraite, sauf quand on parle d’un site de production. Maintenant, « il faut ranger sa chambre correctement » comme l’avait déclaré Stéphane Radut, le directeur du site. Toutefois, l’usine, un peu plus grande que la principauté de Monaco, va rester un des endroits symboliques du Mantois, contrairement aux tours EDF de Porcheville dont la destruction est prévue pour 2026.

Pour cela, elle va devoir changer du tout au tout afin de perdurer dans le panorama des Yvelinois, notamment grâce aux activités liées à la Refactory. Et ce n’est pas la première fois que cela arrive.

De Flins à Re-Factory : Une Transformation Nécessaire

La grande usine des Yvelines, qui produira la Zoé jusqu’en 2024, sera renommée « Re-Factory » et cessera de produire des véhicules neufs. Renault n’a pas d’autre choix que de transformer l’usine de Flins, a déclaré le président du groupe au losange. « On a eu l’occasion de regarder la réalité en face, sachant que la lucidité est la première des sagesses et que nous savons tous que le statu quo n’est plus possible aujourd’hui pour Flins », a dit Jean-Dominique Senard au cours d’une téléconférence. « Il faut donc réinventer Flins, on est là pour sauver Flins. »

« Avec la Re-factory, Flins va devenir une référence européenne en matière d’économie circulaire », a souligné Luca de Meo, le directeur général de Renault. « Cette usine, avec un objectif de bilan CO2 négatif à 2030, s’inscrit pleinement dans la stratégie globale du groupe en alliant économie circulaire, réduction des émissions, développement des compétences et création de nouvelles activités générant de la valeur. »

La mise en œuvre de cet « écosystème industriel et commercial » interviendra progressivement « entre 2021 et 2024, en remplacement de l’activité de production de véhicules neufs », a précisé Renault.

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Un Peu d'Histoire

L’usine de Flins-sur-Seine est une conception d’un architecte majeur du XXème siècle : Bernard Zehrfuss. Sortie de terre en 1952, elle aura vu plus de 20 millions de voitures sortir de ces lignes de montage avec comme modèles iconiques : la Juvaquatre, la 4CV, la Renault 5, les différents modèles de Clio, la Twingo.

De la Frégate à la dernière Zoé, Renault aura produit près de 19 millions de voitures à l'usine de Flins-sur-Seine (Yvelines) en 72 ans. Fin de l'histoire ce vendredi 29 mars 2024. Près de 1,4 million de Dauphine ont été produites à l'usine de Flins (Yvelines) entre 1955 et 1965.

Les Enjeux de la Reconversion

La fermeture de la dernière ligne de production n’est donc pas une surprise. Pour Force ouvrière, « l’économie circulaire, c’est l’avenir ». « Aujourd’hui, les jeunes achètent des téléphones et des ordinateurs reconditionnés, et même des vêtements… L’économie circulaire, c’est forcément l’avenir et tant mieux pour la planète, même si c’est plus compliqué pour les plus anciens, observe Eric Contoux. Il en reste une poignée qui a du mal à envisager de ne plus fabriquer de voitures neuves, mais 97 % des salariés à reclasser le sont déjà. Pour tous ceux qui étaient vissés à la chaîne de production, le reconditionnement, c’est une autre vision du travail, plus confortable. »

« Ils ont eu droit à des formations qualifiantes, de 6 à 9 mois, reconnues par l’État », ajoute Mickaël Lhuissier. Les délégués FO se veulent donc résolument optimistes : « On veut un avenir pour le site de Flins et on ne lâchera rien. Tout emploi est bon à prendre. La direction nous annonce de nouveaux projets et un objectif de 3 000 emplois d’ici 2030. On veut y croire et se battre pour que ça se fasse. »

La direction de l’usine refuse de confirmer ce chiffre de 3 000 emplois en 2030, qui circule pourtant depuis plusieurs mois. « 87 % des 2 000 salariés se consacrent déjà aux nouvelles activités de reconditionnement des véhicules d’occasion et des pièces détachées. Les salariés qui sont encore sur la chaîne de montage de la Zoé, pour la plupart, connaissent leur poste d’atterrissage après le 30 mars 2024. La Zoé est un véhicule en fin de vie qui restera un produit emblématique de Renault-Flins, la première voiture électrique produite en France. Le groupe a fait le choix, depuis un an et demi, de regrouper l’activité électrique dans le Nord.

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Inquiétudes Syndicales

Cependant, la colère d’Ali Kaya n’a pas l’air d’arriver jusqu’aux oreilles du directeur de l’usine, lui qui assurait avoir de bonnes relations avec les partenaires sociaux. « Au début il y a eu de la méfiance, car un changement de cap rime souvent avec plan social, expliquait-t-il à l’intérieur de notre numéro 365. Mais au fur et à mesure, nous nous sommes fait confiance. Dans tous les cas, dirigeants comme syndicats ne voulaient pas d’un événement en grande pompe. Pour les uns, ils symbolisent tout de même la fin d’une ère chérie tandis que pour les autres, cela reste « un désastre qui a laissé des personnes sur le carreau, avec des conséquences sociales dramatiques ».

Chiffres Clés et Perspectives d'Avenir

La grande usine des Yvelines, qui doit produire la Zoé jusqu’en 2024, sera renommée « Re-Factory » et cessera de produire des véhicules neufs. Elle devrait employer 3 000 personnes d’ici à 2030, affirme le groupe.

Le site, qui produira la Zoé électrique jusqu’en 2024, se transformera pour reconditionner jusqu’à 130 000 véhicules d’occasion par an d’ici à 2030. La direction espère en reconditionner 45 000 par an dès 2025. De nombreuses autres activités centrées sur l’économie circulaire (fabrication de piles à combustible, rénovation de batteries…) devraient permettre à l’usine d’embaucher de nouveaux salariés dans les années à venir.

Cette transformation s’inscrit dans le plan de restructuration drastique engagé par le nouveau directeur général, Luca de Meo. Renault a engagé un plan de 2 milliards d’euros d’économies sur trois ans. Le groupe avait annoncé à la fin de mai ce plan qui prévoit la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France.

Des dispositifs d’accompagnement et de formation des salariés de Flins et Choisy-le-Roi sont prévus pour « développer les compétences », a précisé Renault. Flins va également héberger un incubateur ainsi qu’un pôle universitaire et de formation.

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Tableau Récapitulatif : Transformation de Renault Flins

Aspect Avant (Flins) Après (Re-Factory)
Activité principale Production de véhicules neufs (ex: Zoé) Reconditionnement de véhicules d'occasion, recyclage, réparation de batteries
Objectif de production - 130 000 véhicules reconditionnés par an (d'ici 2030)
Effectifs prévus 2 400 (CDI) + 1 400 (intérimaires) 3 000 (d'ici 2030)
Stratégie Production linéaire Économie circulaire

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