Ce livre vous fait découvrir les modèles sportifs de Fiat, le constructeur italien qui a su allier popularité et élégance. Ces voitures, dessinées et produites principalement en Italie, sont issues des modèles de grande production, mais elles se distinguent par leur design, leur performance et leur luxe.
Dans ce livre, vous trouverez les plus beaux coupés et cabriolets de Fiat, des années 1960 à 1990, inspirés des berlines de tourisme, comme la 850, la 128, la 1500, la 2300 ou la 124. Vous découvrirez aussi les modèles les plus prestigieux, comme la Dino 2,4 l, le coupé 130, mais aussi le plus modeste, la 500 dans sa version Luxe.
Ce livre vous fera apprécier les sonorités du six cylindres de la Dino, de la Fiat 2300 S ou du cinq cylindres du coupé 20 V. Vous ressentirez le plaisir de conduire les dynamiques X1/9, Barchetta et coupé 850.
Ce livre est illustré par les photos de Nicolas Delpierre, un photographe freelance spécialisé dans l’automobile. Il a hérité de la passion de la photographie de son père, qui était photographe amateur.
Genèse étonnante du Coupé Fiat
Étonnante genèse du Coupé Fiat ! C’est en effet sous l’impulsion d’un Pininfarina en mauvaise posture avec le retrait de General Motors suite à l’échec commercial de la Cadillac Allante, que Fiat va lancer la conception et le développement d’un nouveau coupé sportif.
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Pininfarina qui a désormais une usine sur les bras sans activité propose en effet à Fiat de renouer avec les coupés de caractère comme dans les années 70 (Fiat 124 Coupé, Fiat 128 coupé sport…) et se fait fort d’assurer le design et la fabrication.
Mais Roberto Testore alors patron de Fiat veut de la compétition pour le style et met Pininfarina et le Centro de Style Fiat en concurrence. C’est finalement la proposition osée et pour le moins tranchée et clivante du jeune Chris Bangle du Centro de Style Fiat qui va remporter les suffrages pour le design extérieur, Pininfarina devant se contenter de l’habitacle et de la fabrication dans son usine de San Giorgio Cavanese (Turin).
La plateforme est celle de la Fiat Tipo (qui sera mise à toutes les sauces !), faisant ainsi du coupé Fiat une traction avant, avec moteur avant. Chris Bangle a opté pour un style frappant, s’inspirant du passé pour différents détails (petits feux arrière ronds, bouchon d’essence type aviation comme sur une Ferrari 250 GTO), et lacérant les flancs pour dynamiser la ligne.
Les lobes des phares avant épousent les lentilles en formant une vague, tandis que le Coupé Fiat adopte un long museau au porte-à-faux prononcé. Le résultat n’est ni laid ni beau, il est avant tout clivant et divise l’opinion. On adore ou on déteste, selon ses goûts.
L’essentiel semble atteint, puisque Roberto Testore veut justement bousculer l’image de Fiat avec ce type de véhicules passion.
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Motorisations : 4 & 5 cylindres
C’est le quatre cylindres Lampredi de 1 995 cm3 qui a déjà fait les beaux jours de nombreux modèles (Lancia Delta HF Intégrale notamment) dans le groupe Fiat. L’accessit du coupé Fiat est ainsi une variante atmosphérique (comprenez normalement « aspirée » sans artifice particulier) qui développe 139 ch à 6 000 tr/mn et un couple de 180 Nm à 4 500 tr/mn.
Voilà déjà une entrée de gamme qui autorise de belles performances (208 km/h et 9″2 au 0 à 100 km/h) d’autant que le poids général est (presque) assez contenu, et la tenue de route efficace. Et surtout, la force première du coupé Fiat est évidemment son rapport prix/prestations imbattable !
Une fois le moteur de la Delta HF Intégrale retenu, le coupé Fiat profite des 190 ch à 5 500 tr/mn mais surtout de son couple copieux (290 Nm à 3 400 tr/mn). Et voilà la Fiat une des plus rapides de série de l’histoire de la firme avec près de 230 km/h en vitesse maxi ! Les accélérations ne sont pas en reste avec un km DA en 28″. Et voilà le coupé Fiat qui change de catégorie et vient bousculer des coupé sportifs plus établis.
D’ailleurs, les journalistes ne s’y trompent pas et nos confrères du magazine Echappement élisent la Fiat Coupé 16V Turbo Sportive de l’Année 1994. Une sacrée reconnaissance.
Il faut reconnaître, qu’une fois digéré la plastique clivante de la Fiat Coupé, les dessous ne manquent pas d’intérêt entre des trains rouants soignés (voies élargies), et surtout un viscocoupleur (Viscodrive chez Fiat) dans le train avant pour passer la puissance au sol en toute sérénité, et permettre de réaccélérer plus tôt roues braquées.
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Dans les griefs, notons une consommation importante, un poids conséquent et des sièges avant qui ne maintiennent pas assez dans les virages.
Fiat revoie sa copie pour sa gamme Coupé à l’occasion de l’année 1996. La grosse nouveauté concerne la reprise et l’installation sous le capot avant du 5 cylindres en ligne type Pratola Serra inauguré par la Lancia Kappa. La cylindrée est toujours de 2 litres (1 998 cm3 plus exactement), mais avec 5 cylindres les performances sont améliorées, tandis que la sonorité moteur est plus marquée et singulière. Voilà le coupé Fiat qui donne de la voix !
En entrée de gamme 5 cylindres 20 soupapes, le coupé Fiat développe 147 ch à 6 100 tr/mn et un couple de 186 Nm à 4 500 tr/mn. Voilà qui permet une amélioration notable des performances avec moins de 9 secondes au 0 à 100 km/h tandis que la vitesse maxi gagne +4 km/h (212 km/h). Mais c’est surtout la version de pointe qui progresse le plus nettement !
Le 5 cylindres est sérieusement retravaillé (soupapes refroidies au sodium, pièces mobiles renforcées…) et gavé par un turbo Garrett qui donne la mesure : 220 ch à 5 750 tr/mn et un couple de 310 Nm dès 2 500 tr/mn. Cette fois-ci, le titre de Fiat de série la plus rapide de l’histoire est décroché avec 250 km/h (!) et un 0 à 100 km/h en moins de 7 secondes.
Le viscocoupleur est soumis à forte contrainte et peine à éviter certains débordements du train avant. Heureusement que les roues de 16 pouces sont montées en 205 de large.
Les qualités de la 16V Turbo sont reconduites, avec un niveau de performance nettement supérieur. Et le prix reste toujours aussi bon marché.
Fiat utilise une méthode bien connue pour relancer les ventes d’un modèle : abaisser l’entrée de gamme avec un prix plus attractif, quitte à dégrader les performances. C’est le moteur quatre cylindres 1,8 litres de la Fiat Barchetta qui est ainsi repris avec ses 130 ch à 6 300 tr/mn et 164 Nm à 4 300 r/mn.
Avec son poids conséquent, la Fiat Coupé 1L8 16V conserve des performances suffisantes à défaut d’affoler les compteurs (205 km/h et 9″2 au 0 à 100 km/h). L’équipement est simplifié autorisant un prix d’entrée encore plus doux.
Malgré des ventes au rythme insuffisant, Fiat poursuit le développement de son Coupé Fiat, bien que nous soyons dans du détail. Ainsi le moteur 5 cylindres atmosphérique passe de 147 à 154 ch permettant un regain de forme côté chronomètre : 215 km/h et 8″4 au 0 à 100 km/h. Le couple est disponible légèrement plus bas (186 Nm à 3 750 tr/mn au lieu de 4 500 tr/mn).
Séries spéciales et fin de carrière
Fiat commercialise deux séries spéciales pour la fin de carrière de la Fiat Coupé. Basées sur la 20V Turbo, la première est commercialisée en 1998 à 2 500 exemplaires et baptisée Limited Edition en Europe et EL en France (pour Edition Limitée). L’équipement est enrichi, et la présentation plus sportive : kit carrosserie, jantes à voile gris anthracite, sièges Recaro… A noter les gros freins Brembo aux étriers peints en rouge.
L’année suivante, Fiat renouvelle l’expérience, mais sans limite de fabrication avec la Fiat Coupe 20V Turbo Plus.
Au cours de l’année 2000, Fiat interrompt la fabrication des Coupé Fiat. Malgré un rapport prix/prestations imbattable, un design intéressant (mais clivant) et de belles qualités dynamiques et sportives, la Fiat Coupé ne va pas rencontrer le succès espéré avec 72 712 exemplaires produits. A mettre en relief avec les près de 240 000 Opel Calibra vendues sur une période certes un peu plus longue.
Malgré son style décalé, le Coupé Fiat trouve rapidement son public, particulièrement sur son marché domestique, l’Italie. Résultat, pour le millésime 97, Fiat décide de passer à la vitesse supérieure en offrant de nouvelles motorisations.
L’entrée de gamme s’ouvre désormais avec le 4 cylindres de la Barchetta, un 1.8 litre de 130 chevaux permettant un prix canon de 129 000 francs.
Au milieu, on trouve un fabuleux 5 cylindres atmosphérique provenant de la Bravo GT, 2 litres, 20 soupapes et 147 chevaux (puis 154 chevaux) vendu 148 000 francs.
La production du Coupé durera jusqu’en 2000 (aux côtés du fabuleux Coupé 406 de chez Peugeot, de la Bentley Azure ou de la Lancia Kappa SW). Au total, 72 762 exemplaires sortiront des chaînes de San Giorgio Canavese, une réussite pour un véhicule de niche aussi décalé, ce qui permet aujourd’hui d’en trouver de nombreux exemplaires en circulation.
C’est assurément un collector tant il est original tout en reflétant parfaitement son époque : les années 90. Les versions Turbo et 5 cylindres sont évidemment à privilégier (de toute façon, les motorisations d’entrée de gamme se sont moins vendues), et notamment le Graal du performant et enthousiasmant 5 cylindres turbo, malheureusement plutôt rare.
Quoi qu’il en soit, cet adorable Coupé fera de vous un homme distingué et original dans votre quartier, surtout dans sa répandue couleur jaune.
Tableau récapitulatif des motorisations
| Moteur | Cylindrée | Puissance | Couple | Vitesse maximale | Années |
|---|---|---|---|---|---|
| 4 cylindres Lampredi | 1 995 cm3 | 139 ch | 180 Nm | 208 km/h | 1993-1996 |
| 4 cylindres Lampredi Turbo | 1 995 cm3 | 190 ch | 290 Nm | 230 km/h | 1993-1996 |
| 4 cylindres 1,8 | 1 747 cm3 | 130 ch | 164 Nm | 205 km/h | 1997-2000 |
| 5 cylindres 20 soupapes | 1 998 cm3 | 147 ch (puis 154 ch) | 186 Nm | 212 km/h (puis 215 km/h) | 1997-2000 |
| 5 cylindres Turbo | 1 998 cm3 | 220 ch | 310 Nm | 250 km/h | 1997-2000 |
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