Construit à l'occasion de l'Exposition Universelle de 1900 et consacré à l'origine par la République à la gloire de l'art français, le Grand Palais a accueilli de nombreuses manifestations qui sont autant de reflets de l'histoire du 20e siècle. Il fut un témoin de l'art moderne à travers les salons d'artistes, et continue à l'être grâce aux expositions des Galeries nationales.
Les Origines du Site
Depuis toujours, cette zone boueuse est réputée pour être torride ou glaciale, reflétant ainsi le micro-climat du futur Grand Palais. Son origine remonte au ruisseau de Ménilmontant coulé dans l'ancien lit de la Seine et devenu un grand égout à ciel ouvert. Il se jette dans le fleuve entre le Grand Palais et la place de l'Alma.
Plus au sec, loin des rives, l'espace compris entre la place de la Concorde et le Rond-Point s'intitule le Grand-Carré des Champs-Élysées. Il est divisé en six carrés plus petits, symétriquement placés trois par trois, à gauche et à droite de l'avenue.
L'Évolution du Grand-Carré
Le troisième carré, celui des jeux, initié par madame de Pompadour, est dépourvu d'arbres : la marquise a déboisé l'espace afin de pouvoir admirer la Seine et les Invalides depuis les balcons de l'Élysée. Le Grand-Carré demeurera végétal, havre de paix destiné aux loisirs des Parisiens. Au-delà, du Rond-Point à l'Étoile, la terra incognita de Louis XV va passer, en cinquante ans, du jardin potager à l'immeuble de rapport.
Les Ancêtres du Grand Palais
Premier ancêtre du Grand Palais, il fut construit en 1847 par la Société immobilière des Champs-Élysées, sur les plans de H. Meynadier de Flamalens. Cet édifice charpenté en fer comportait une voûte vitrée supportée par cent quarante-quatre colonnes. Il fut démoli en 1858 au moment du percement haussmannien de la rue de Marignan. La magie d'un espace intérieur totalement transparent, dont la charpente aérienne s'habillait de végétation grimpante, en fit un lieu extraordinaire de fête.
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Un dispositif de promenade était intelligemment agencé sur deux niveaux, autour d'un bassin profond, complété par deux bassins en demi-lune disposés latéralement. Toutes les végétations du monde s'épanouissaient au milieu de jets d'eau, mais faute d'accueillir des manifestations commerciales, l'équilibre financier restait précaire.
Autre précurseur du Grand-Palais, cet hippodrome présente une verrière à plusieurs pentes et à lanterneau mobile qui laisse filtrer la lumière diurne. Dix rangées de gradins disposés sur tout le périmètre, destinés à accueillir dix mille personnes, entourent la piste où se déroulent des spectacles hippiques, de cirque, de music-hall et des banquets.
Construit sur le Grand-Carré par Victor Viel et Alexis Barrault à l'occasion de la première Exposition universelle de 1855, il a été la vitrine économique de la France jusqu'à sa démolition en 1897. Son immense façade de pierre, riche de 408 fenêtres, masquait la véritable structure du bâtiment, une admirable nef vitrée soutenue par une charpente métallique et accompagnée de chaque côté par une nef latérale, sans support intermédiaire.
Écrin de la production industrielle, commerciale, agricole, horticole, française et étrangère, le Palais de l'Industrie le fut aussi pour la recherche scientifique ou les concours hippiques à partir de 1866, date de la création de la Société hippique française. Il était surtout le lieu officiel d'accueil du Salon, événement artistique et mondain très attendu.
La Genèse du Grand Palais
Le 13 juillet 1892, le président Sadi Carnot promulgue un décret instituant l'Exposition universelle de 1900. Il fallait devancer les Prussiens qui avaient la même idée. Mais où trouver l'emplacement puisque les expositions précédentes avaient légué des bâtiments que personne ne songeait à détruire. La commission préparatoire décide à l'unanimité d'annexer le Grand-Carré des jeux.
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Liberté est laissée aux concurrents au concours lancé en 1894 de conserver ou de détruire les édifices existants (Palais de l'Industrie et pavillon de la ville de Paris). Quand un arrêté ministériel ouvre le concours officiel en 1896, tous les dirigeants semblent convaincus que le succès de l'Exposition repose sur celui du Grand Palais.
Celui-ci ne sera pas l'œuvre d'un seul architecte comme l'Opéra ou le Petit Palais. Trois architectes sont finalement désignés : Henri Deglane pour la partie donnant sur l'avenue Winston-Churchill, Albert Thomas pour celle donnant sur l'avenue Franklin-Roosevelt. Albert Louvet n'obtient que la partie intermédiaire.
Le programme de l'Exposition universelle s'articule en huit sections, qui permettront au public d'assister aux transformations successives de la matière première jusqu'à l'achèvement du produit fabriqué.
Construction et Financement
Étant donné le chiffre de cent millions adopté pour le devis initial et celui de soixante-treize millions pour les travaux, la ville de Paris a accepté de prendre à sa charge un cinquième de la facture totale à condition que l'État souscrive la même somme. Pour respecter un tel budget, il faut s'assurer le concours d'établissements financiers, lancer des "bons d'exposition" permettant la recette des entrées avant même l'ouverture. Une souscription de quarante millions est lancée auprès du public. Cinquante millions de visiteurs vont dépasser les espérances : avec un budget parfaitement respecté, il restera à l'État une bonne partie de son argent.
Lorsque le chantier s'ouvre, les architectes ont pris soin d'en clôturer les abords par une haute barrière, de telle sorte que les Parisiens ne voient pas la démolition de l'ancien Palais de l'Industrie, ni les terrassements ou la construction du nouveau bâtiment. Un tunnel est percé pour relier le quai de la Conférence au site et quatre voies ferrées de petit écartement viennent alimenter les trois sites en pierres, briques, bois, ciment, métal, etc..., puis des péniches évacuent les gravats. Lors du terrassement, il faudra planter dans le sable argileux plus de trois mille quatre cents pieux de dix mètres de longueur. Une masse de béton est ensuite coulée jusqu'au niveau du sol, sur lequel reposeront les murs en meulières formant les sous-sols, surmontés eux-mêmes des premières pierres de taille du soubassement.
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Le maçon, "le Limousin" qui succède aux terrassiers belges et italiens, travaille tous les jours et sera présent tout au long du chantier pour les cloisons, plafonds voûtés, sol.
L'Architecture Métallique et la Décoration
L'architecture métallique est aussi importante que l'appareillage de pierre. Trois hectares de vitres épaisses et armées sont supportés par une immense résille métallique. Le faîtage de la charpente de la grande verrière ou des différentes parties du toit représente une ligne de couronnement de plusieurs kilomètres de faîteaux décorés en godrons, en zinc et plomb. La ferronnerie concerne surtout celle qui orne les escaliers majestueux en fer à cheval, dus à l'imagination d'Albert Louvet. Les limons de l'escalier portent sur des colonnes de porphyre vert, d'un galbe vigoureusement trapu.
Pour un palais décoré par soixante-dix sculptures de grandes dimensions, cet hymne entonné par la République glorifiant les arts relève lui aussi de l'exploit. Des artistes français vont exercer leur talent dans l'esprit de cette alchimie éclectique voulue par la commission du commissariat général de l'exposition universelle. Cette statuaire libère une certaine grandiloquence baroque, une sorte d'emphase gestuelle naturelle au concours de Rome, où les thèmes, nourris d'humanités classiques, introduisent naturellement la déclamation. Six mille tonnes de pierres à remuer avec délicatesse, dont une bonne partie réservée aux sculptures, chapiteaux, pilastres relèvent effectivement de l'exploit.
Au premier regard, le Grand Palais attire l'attention par le défilé des colonnades et la présence de ses groupes sculptés monumentaux, mais si l'œil s'attarde sur les corniches dominant les façades, il perçoit le jeu délicat de l'ornementation, six rangées de frises s'étagent en rubans parallèles autour du monument, avec godrons, denticules, perles, flots grecs ou balustres. L'art du Cambodge débute vers la Seine, suivi par celui d'Assyrie, puis de l'Egypte, la Grèce de Phidias précède la Rome de Titus. A droite de l'entrée, l'art de Pompéi, puis l'art chrétien, l'art byzantin, l'art classique et finalement l'art contemporain concluent le décor vers les Champs-Élysées. Le long de l'avenue d'Antin, le grès cérame s'épanouit sur vingt-quatre mètres de longueur avec l'art roman, le Moyen-Âge, puis la Renaissance où Michel-Ange fraternise avec les Trois Grâces de Germain Pilon. Le 17e et le 18e siècles donnent Versailles en spectacle.
Le Petit Palais et le Pont Alexandre III
En face, le Petit Palais est l'œuvre du seul Charles Girault qui a su emporter l'adhésion du jury par son plan trapézoïdal, utilisant au maximum la superficie disponible. Les groupes sculptés représentent "La ville de Paris entourée des Muses" et "Les génies de la peinture et de la sculpture". La peinture constitue également une part importante de l'ornementation. Albert Besnard, célèbre portraitiste de la Belle Époque décore la coupole d'entrée avec "La Pensée", "La musique", "La Mystique". A gauche de l'entrée, "l'Histoire de France" est relatée par Cormon.
Le troisième élément du projet architectural de l'Exposition 1900 est le pont Alexandre III. Le tablier du pont a été baissé du maximum pour ne pas compromettre la perspective des Invalides. Les éléments sculptés y sont aussi abondants qu'au Grand Palais : nymphes en cuivre repoussé, candélabres aux facettes multiples, lions, proues de galère, flore... Les piliers d'angle sont surmontés de pégases dorés qui encadrent majestueusement, en perspective, le lointain dôme des Invalides. Les grandes sculptures de la base des piliers sont dédiées à la France.
Le 14 avril 1900, le jour de l'inauguration, la nouvelle perspective est éblouissante : l'or du dôme des Invalides domine la pierre blanche du pont et des deux palais. Cet ensemble, chef-d'œuvre d'urbanisme, constitue le "clou" de l'Exposition.
Le Grand Palais, Vitrine de l'Art Moderne
L'histoire de l'art moderne se poursuit en 1900 par une exposition décennale officielle où figurent les œuvres d'artistes admis par les jurys des Salons depuis 1889. Elle offre un panorama incomplet de l'art contemporain puisqu'elle ignore la plupart des artistes novateurs.
Les Salons historiques ont eu pour vocation d'exposer les œuvres des artistes lorsqu'ils étaient jeunes, inconnus et souvent dénigrés. Ils sont dirigés par des artistes bénévoles, élus démocratiquement par leurs pairs. Pourtant l'art novateur n'a pas d'emblée reçu l'accueil qu'il méritait. Ce combat fut livré sur le territoire du Grand Palais ou dans le monument dès qu'il fut construit.
De 1667, année où Colbert crée le Salon de peinture jusqu'à sa dissolution en 1880, il n'y a pour les artistes qu'une vitrine pour présenter leurs œuvres : celle du Salon qui détient le monopole absolu. Tant que celui-ci, placé sous la tutelle de l'État et de l'Académie, s'est montré capable d'assimiler les tendances nouvelles, il a pu sauvegarder son prestige. En se sclérosant au moment où règne une grande effervescence artistique alimentée par des mouvements aussi décisifs que le romantisme, l'impressionnisme ou le pointillisme, il va le perdre.
En 1874, Monet tente avec quelques amis démunis de fonder une association coopérative, susceptible d'organiser des expositions-ventes, libres, sans jury et récompenses. En 1884, d'autres artistes créent un Salon libre, celui des Indépendants, ouvert à tous, et non plus à un groupe d'amis comme l'avaient fait les Impressionnistes dix ans plus tôt. La période 1884-1914 se déroule dans des baraquements provisoires situés entre les Tuileries et le pont de l'Alma.
A partir de 1903, un autre salon, celui d'Automne, doté d'un jury coopté, permet aussi aux novateurs de se faire connaître. Les Indépendants, salon printanier, présentent toujours la nouveauté : ainsi les peintures par Vlaminck, Derain, Braque ou Matisse, exposées en avril 1905 au Salon des Indépendants dans les deux grandes serres du Cours La Reine, sont-elles baptisées "fauves" six mois plus tard au Salon d'Automne, au Grand Palais.
Le Salon de 1907 marque les esprits à l'occasion de la rétrospective Cézanne, mort l'année précédente. Les deux Salons ont marqué l'histoire de l'art, pénétrés de deux philosophies différentes : l'excessive tolérance des Indépendants, farouchement attachés à leur soif de liberté absolue, contient en germe les risques de déviance. Le Salon d'Automne n'a pas été fondé par des peintres et accueille, dans un souci d'égalité, arts mineurs et arts majeurs.
L'Art Décoratif et l'Industrie
Le Salon des Artistes décorateurs, fondé en 1901, se veut un point de rencontre des arts utiles par opposition aux arts libéraux. Point de convergence de l'art, de l'artisanat et de l'industrie, il tente d'exprimer sa foi dans le rôle de l'artiste créateur de modèle, soucieux de la diffusion par une production industrielle. Mais comment s'éloigner du rêve élitiste pour aboutir au luxe destiné à un large public ? "Utopie et réalité", l'Exposition internationale des Arts décoratifs industriels et modernes de 1925 concentre les clivages et les malentendus engendrés par les arts décoratifs. Elle a envahi le nouvel axe historique ouvert en 1900 : avenue Winston Churchill, Grand Palais, esplanade des Invalides.
Les Concours Hippiques et la Nature du Sol
La liste des Salons d'artistes ayant animé la scène artistique à Paris ne se limite pas à ceux précédemment cités. La nef du Grand Palais est destinée, dès sa conception, aux sculptures de plein air et aux concours hippiques à cause des dimensions de la nef et de la nature du sol constitué de terre sableuse, car il était évident qu'il ne serait pas viable avec les seules recettes des Salons d'artistes.
Les premiers concours hippiques qui s'y déroulent doivent d'abord composer avec les Salons pour bénéficier de dates favorables. La Société hippique française, dont l'autorité de tutelle est le ministère de l'Agriculture, a été créée en 1865 par Napoléon III "afin de favoriser l'emploi du cheval de service" (le sauteur n'a pas encore les honneurs du public) et organise tous les ans à Paris un concours central. A partir de 1886, ces concours ont lieu au Palais de l'Industrie, jusqu'à sa destruction en 1897, et la conquête du Grand Palais en 1901.
Le Salon de l'Automobile au Grand Palais
En 1901 pour la première fois, s'ouvre pour la première fois au Grand Palais le Salon de l'automobile. De Dion-Bouton, Mercedes-Benz, Peugeot, Renault... six cents stands à l'enseigne de marques, pour beaucoup aujourd'hui disparues, sont regroupées sous la Nef.
Nostalgie ? Cent dix ans plus tard le Grand Palais célèbre l'anniversaire de cette première manifestation automobile d'importance dans l'Hexagone, en accueillant du 4 au 6 février, sous cette même nef une exposition de véhicules emblématiques de ce rendez-vous, rapidement devenu très prisé du public au point de franchir dès 1954 le cap du million de visiteurs et de ne cesser de battre des records d'affluence jusqu'en 1961, date de son transfert porte de Versailles.
Innovations et Archives
Entre 1901 et 1961, le Grand Palais vit révéler au grand public pour la première fois nombre d'innovations technologiques : le carburateur automatique en 1904, les embrayages à plateaux en 1905, l'amortisseur de suspension en 1906...
En 1954, le salon atteint le million de visiteur. Le salon se développe face à ce succès : mise en place d'une garderie pour les enfants, animations, ouverture nocturne... En 1957, le constructeur japonais Prince (rien d'exotique) expose sa Skyline (la marque deviendra plus tard Nissan). En 1962, le salon déménage Porte de Versailles, son emplacement actuel. Depuis 1976, il n'a plus lieu qu'une fois tous les deux ans, les années paires. En 1988, le Salon de l'automobile devient Salon Mondial de l'Automobile et ne cesse de battre des records de fréquentation depuis.
La Peugeot 504 : D'une Voiture Populaire à un Objet d'Exposition
Dans les années 1970, alors que les véhicules allemands ou scandinaves se distinguaient par leur chic ou leur sophistication, la France lâche un ovni sur le marché automobile : la Peugeot 504. Ce modèle sera «l’anti-paillettes» par excellence. Lancée en 1971, la 504 break détonne en particulier avec un design signé Pininfarina (entreprise italienne de stylisme spécialisée en carrosserie automobile), avec une grande calandre, aux côtés de deux phares trapézoïdaux qui rappellent - paraît-il - le regard de l’actrice franco-italienne Sophia Loren.
À l’intérieur, on ne fait pas non plus de la mécanique de précision. Essieu arrière rigide qui vous secoue comme un prunier, moteur qui privilégient le souffle à la vitesse, tableau de bord minimaliste qui ferait pleurer un pilote de Formule 1. Mais miracle : sept places ! C’est une voiture faite pour accompagner les enfants au sport le mercredi, et surtout celle, l’été venu, des grands départs en vacances. C’est là que tout se joue.
Dans cette caverne roulante naissent les plus beaux souvenirs familiaux. C’est le groupe de rap 113 qui a mis des mots dessus en premier. Avec Rim’K, dans leur morceau devenu emblématique, « Tonton du Bled », le trio du Val-de-Marne met en scène la 504 break comme la voiture du retour au pays, celle des grandes transhumances estivales vers l’Algérie, le Maroc ou la Tunisie. Le clip, sorti en 1999, montre la 504 break surchargée, traversant la France, l’Espagne, puis embarquant sur le ferry vers l’Afrique du nord. 113 et Rim’K l’ont confirmé : ce modèle transcendait sa simple fonction automobile pour devenir un véritable symbole social et culturel.
Madeleine que l’artiste et metteur en scène Mohamed El Khatib a choisi en 2023, pour incarner la mémoire collective des grandes migrations estivales. Dans sa performance intitulée « 504 », El Khatib réunissait alors habitants de Marseille et voitures mythiques sur le parvis du Fort Saint-Jean, face à la Méditerranée, pour rejouer le mythe du « retour à Ithaque », ce voyage fondateur de la culture méditerranéenne.
L’artiste explique que ces voitures, la Renault 12 et la 504 en particulier, constituent un patrimoine immatériel de la Méditerranée, longtemps ignoré des institutions culturelles. « Le retour d’Ulysse , le retour au bled...raconte la même chose à savoir, comment on arrive à rentrer au pays ?, explique Mohamed El Khatib au Figaro, les gens préfèrent passer par la mythologie pour ne pas se coltiner le réel. Au contraire, je voulais raconter des micros vies héroïques.
Et désormais, c’est au Grand Palais que cela se joue, avec l’exposition «Le Grand Palais de ma mère» et plusieurs «soirées 504» au mois de juin, (les dernières auront lieu le 27 et le 28 et il reste des places !) où sont invités des habitantes et habitants de Bobigny, Évry et Marseille à venir partager leurs souvenirs. Et les émotions ou les expériences vécues, aident toujours à transformer une chose en objet artistique. Mohamed El Khatib le mesure d’ailleurs au quotidien. «Dès que je sors cinq minutes avec la voiture, cinq ou six personnes viennent me raconter leur histoire. L’autre jour, un Argentin m’a suivi - son père avait eu la même», raconte-t-il.
Mohamed El Khatib n’a donc pas créé un objet d’art. Peut-être a-t-il contribué à iconiser une voiture, avec une œuvre qui raconte comment la voiture sait faire lien. Lui, a été particulièrement surpris de voir autant les familles maghrébines que celles de la nationale 7 : venir au musée.
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