Né en 1957 à Paris, Jean-Pierre Laurent est un journaliste et homme politique français dont la carrière est marquée par un engagement constant.

Engagement Politique et Journalistique

Dans sa jeunesse, il milite à l’Union des étudiants communistes (UEC) et en devient le secrétaire national entre 1982 et 1985. Il commence alors sa carrière comme journaliste à L’Humanité, puis en 1999 est nommé rédacteur en chef du quotidien communiste.

À partir de 2000, Jean-Pierre Laurent entre au Conseil national du Parti communiste français (PCF) dont il devient le secrétaire national en 2010, succédant à Marie-George Buffet. Cette même année, il s’illustre au côté de Francis Wurtz en proposant le lancement d’une initiative européenne pour la création d’un « Fonds de développement humain ».

Jean-Pierre Dirick et son Œuvre : Un Voyage dans le Temps avec Pif Gadget

Quatorze ans durant (1979-1993), Jean Pierre Dirick a travaillé pour Pif Gadget. Cette longue collaboration fut pour lui une période extraordinairement stimulante. Il devait en conserver un souvenir ému, dont témoigne son livre tout récemment publié par les éditions Arcimboldo : « Les années Pif Gadget », pour la composition duquel il s’est assuré le concours de Laurent Barraud, inconditionnel, depuis l’enfance, du fameux hebdomadaire pour la jeunesse.

Le livre dont nous parlons a le format et l’apparence extérieure d’un album de bandes dessinées : « C’est à un voyage dans le temps, auquel je vous invite à travers ce beau livre », déclare Jean-Pierre Dirick au début de sa préface. Il s’agit là d’une présentation particulièrement heureuse de l’ouvrage.

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Les pages de papier glacé sont richement illustrées de belle images : photographies, dessins, reproductions de couvertures et de planches (ou d’extraits de planches) de Pif Gadget. Les couleurs sont vives et chatoyantes, et le rouge et le jaune prédominent. Le choix de ces deux couleurs n’est pas neutre.

Particulièrement brillantes sur papier glacé, elles contribuent à une présentation luxueuse du livre, et on sait que la rutilance et la couleur de l’or évoquent irrésistiblement le faste. Un beau livre, donc, ne serait-ce que par son aspect. Mais il est beau également par ce « voyage dans le temps », auquel nous invite l’auteur. Un voyage dans le monde enchanté de Pif Gadget, ce journal qui a égayé la jeunesse de nombreux lecteurs (et pas seulement français).

À première vue, les affinités entre l’œuvre de Dirick et les productions de Pif Gadget n’apparaissent guère. Pourtant, ces affinités existent. On les trouve d’abord dans certains des gadgets proposés aux lecteurs. Mais on la découvre également dans la stimulation créative du périodique, qui a permis à beaucoup d’auteurs considérés alors comme d’avant-garde, de faire leurs débuts et de se signaler à l’attention du public, bien que Pif Gadget n’eût rien d’un journal non-conformiste ou déjanté.

Jean-Pierre Dirick retrace l’histoire de ce journal pour la jeunesse. En premier lieu, il retrace rapidement l’histoire de Vaillant, ancêtre de l’hebdomadaire dont nous parlons, depuis le premier numéro (1erjuin 1945) jusqu’au dernier (n° 1238, 24 février 1969). Puis il expose à grands traits l’aventure de Pif Gadget, qui prend la suite de Vaillantà partir du 3 mars 1969[1]. Comme l’écrit Jean-Pierre, « Dès son premier numéro, Pif Gadget va bousculer les règles établies et révolutionner la presse pour la jeunesse ».

Et il va reconquérir, puis accroître très sensiblement, le public que Vaillant avait perdu au fil des années.

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Les Exigences de l’Entreprise

Ainsi que l’explique Jean-Pierre, cette révolution dans la conception de l’hebdomadaire n’alla pas de soi au départ. Tout d’abord, la substitution d’histoires complètes aux feuilletons hebdomadaires rencontra la réticence des auteurs, en raison du surcroît de travail d’imagination et de conception que cette innovation engendrait.

Ensuite, le gadget. Ce dernier allait entraîner le journal dans une culture de l’étonnement, de la surprise, de la découverte, que ses membres n’avaient pas prévue au départ. Au début, il s’agissait d’accoler au périodique, un petit atout attractif, d’ordre commercial. Ayant, par là même, sa valeur, il n’était cependant pas conçu comme un élément important dans son choix et la conception même du journal.

Or, très vite, les difficultés liées à l’introduction de ce curieux additif apparurent. On ne pouvait pas choisir n’importe quoi. Le « gadget » (tel était le nom par lequel on le désignait) devait ne pas être encombrant. Et puis, il devait être original, capable d’étonner le lecteur, de solliciter son intérêt. Cela excluait le choix d’objets banals (comme les petits « cadeaux » des boîtes de Bonux).

Or, il est difficile d’être original ou surprenant chaque semaine. Mais cela se révéla pourtant vite indispensable, car le gadget devint une des clefs du succès du journal. Aussi, il devint bientôt évident qu’il était impossible de se tenir à l’exigence initiale de l’équipe de direction pour le choix du gadget, à savoir son caractère non encombrant et facilement insérable, ce qui impliquait une dimension réduite et l’absence de dureté matérielle.

Tel était le cas du premier gadget : les « lunettes sidérales », lunettes de soleil (constituées de deux parties à assembler) découpées dans une matière voisine de l’aluminium. La présentation de gadgets de ce type ne pouvait être qu’un début. Éveiller l’intérêt du lecteur chaque semaine exigeait des objets moins banals, donc plus difficiles à choisir et à introduire dans le numéro.

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L’équipe releva pourtant ce défi avec bonheur, et sut présenter, chaque semaine - du moins jusqu’au début des années 1990) - des gadgets réellement originaux. Jean-Pierre nous en présente beaucoup, dans le détail.

Le "Journal des Jeux"

Autre ingrédient du succès de Pif Gadget : le « Journal des Jeux ». Celui-ci s’étalait sur sept pages, et comportait une multitude de jeux, dont les plus prenants étaient sans doute les énigmes policières figurant en dernière page. Par ailleurs, ce cahier de jeux jouait un rôle important dans l’économie du journal. Il permettait d’en réduire les coûts postaux, notamment, et ce en raison du fait (une raison parmi d’autres, en vérité) qu’il donnait au journal une certaine orientation éducative et culturelle.

C’est au « Journal des Jeux » que Jean-Pierre fut affecté lorsqu’il entra à Pif Gadget à la fin de l’année 1979. Sa situation allait assez vite évoluer. En effet, en 1981, il succéda à Moallic et Crespi, qui prenaient leur retraite. Ces deux auteurs avaient créé , en 1970, « Les Enquêtes de Ludo », énigme policière illustrée, sur une planche et dont le héros, Ludo, détective, menait une enquête sur un larcin, et interrogeait divers suspects, parmi lesquels se trouvait le coupable.

Dirick s’attache également à nous faire revivre le monde de ces années durant lesquels il œuvrait à Pif Gadget( tout en préparant ses Psychanalyses et son Inspecteur Klebs).

Cependant, Jean-Pierre n’oublie les pages noires de cette période. Mais, tout de même, c’est le rose qui domine, et le lecteur retire de ces évocations successives respectueuses de l’ordre chronologique, une vision optimiste de ces années.

Le lecteur retire de toutes ces évocations la vision d’un monde jeune, moderne, extrêmement vivant et créatif. Mais cet optimisme n’est pas béat ; il a ses limites.

C’est avec beaucoup de tristesse que Jean-Pierre évoque le déclin, puis la fin de Pif Gadget, ce journal qu’il a tant aimé. Mais, avant d’arriver à cette conclusion, il nous aura retracé son parcours à Pif, les grands moments ou les moments de bonheur qu’il a connus, ses discussions avec Roger Dal, le directeur du Journal des Jeux, son activité de créateur de jeux, ses enquêtes de Tim, sa participation au stand de Pifde la fête de L’Humanité, l’ambiance conviviale du journal et les amitiés qu’il y a nouées, l’engouement des Roumains pour Pif.

Il nous aura aussi rapporté les témoignages de divers anciens lecteurs nostalgiques de cet inoubliable périodique. [1] En fait, le premier numéro de Pif Gadget date du 24 février 1969, bien que le dépôt officiel mentionne la date de mars 1969. D’autre part, les quatre premiers Pif Gadget portent des numéros qui les situent dans la continuité des numéros de Vaillant.

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