Le cinéma Jean Eustache de Pessac et la Villa Valmont, l’association des cinémas de proximité de Gironde, ont présenté dans le cadre de leur onzième « Club des courts », deux courts métrages de Marine Levéel, réalisatrice et autrice BD, lauréate de l’appel à projets en écriture de long-métrages de fiction lancé par la Villa Valmont : L’homme à la mercedes pourpre et La traction des pôles.

Synopsis de L'homme à la Mercedes Pourpre

Dans L’homme à la mercedes pourpre, Annie, retraitée depuis peu, porte un poids lourd comme un secret, qui resurgit sous forme de visions qu’elle confie à la dune. Natacha, sa fille, la trentaine et tout juste diplômée, revient habiter chez elle le temps de trouver un poste d’agent des forêts. Au cœur de la beauté douce et violente de l’hiver, le passé d’Annie se lie étroitement à sa fille. À la surface du sable, les roseaux ont poussé et se sont mis à chanter. Le pire pour Annie serait que sa fille Natacha souffre de ce chant-là.

Synopsis de La Traction des Pôles

Dans La traction des pôles, de près, Mickaël semble évoluer dans une nébuleuse de désirs : retrouver son cochon disparu, obtenir sa certification biologique, rompre sa solitude dans un désert de colza.

La projection de ces deux courts, d’une durée totale d’environ 45 minutes, sera suivie d’une rencontre animée par Noémie Bourdiol, adjointe chargée du développement des publics lycéens et étudiants du cinéma Jean Eustache et par un membre étudiant de l’association Coupé court.

Battue : Une Bande Dessinée de Marine Levéel

À l’issue de ce temps d’échange, une séance de signature de sa BD Battue (2020, ed. Alors) est prévue. Alors qu’elle mène une nouvelle vie, loin de sa contrée natale et de ses racines, Camille reçoit la visite d’Hassan, un ami d’enfance devenu journaliste. Hassan cherche à infiltrer la « Grande Battue », chasse exclusive menée une fois l’an dans les montagnes de leur région par les Blanchistes, un groupuscule d’influence néo-païenne et réputé proche de l’extrême-droite. Il voudrait mettre au jour ce mouvement et son idéologie, persuadé depuis toujours que cette chasse cache les complots ou les exactions qui permettraient de les dissoudre. Camille, fille repentie d’un Blanchiste, pourrait l’aider dans sa mission. Très froide, la jeune femme prend rapidement congé de son vieil ami : elle ne veut plus se pencher sur cette part de son histoire. Les hasards de la vie, avec la mort de son père, figure tutélaire de ce mouvement, se chargeront de brouiller ses plans et la feront replonger dans ce passé haï qu’elle avait fui enfant, grâce à sa mère. Bercé par la douce rugosité des espaces montagneux, le lecteur est plongé au plus profond de ce rapport pur et violent que ces hommes recherchent avec la nature. De ce contraste qui envoûte tout autant qu’il glace, les auteurs tressent un récit acéré d’émotions qui résonne au diapason du présent.

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Marine Levéel : Parcours d'une Cinéaste Engagée

Marine Levéel grandit dans le Cotentin, étudie aux Beaux-Arts puis se tourne vers le cinéma en intégrant l’ENSAV de Toulouse. Elle travaille sur des tournages tout en se consacrant à l’écriture et la réalisation. Après La traction des pôles en 2018 qui peignait un monde agricole haut en couleur, elle réalise L’homme à la Mercedes pourpre en 2021, qui s’attache à la manière dont une mère et sa fille apprennent à transformer la violence. En 2020, elle signe le scénario de la bande-dessinée Battue, chez 6 pieds sous terre (avec Lilian Coquillaud à l’illustration) qui raconte l’immersion dans un groupuscule identitaire lors d’une grande chasse. Ses projets, traversés par une présence forte du paysage, mêlent humour et étrange, émotion et pudeur.

Marine Levéel est une jeune réalisatrice née à Valognes en 1989. Elle vient de tourner, des séquences de son nouveau court-métrage dans le département, du 6 au 15 mars, et notamment à Lessay, sur les terres où les chasseurs possèdent une dizaine de petits miradors. Produit par Apaches films, l’histoire de ce film intitulé L’homme à la Mercedes Pourpre se passe « dans un environnement de chasse et de nature, explique Carine Boulay, directrice de production. Annie, 60 ans, vit ici. Sa fille va revenir au pays pour passer son permis de chasse pour devenir gardienne de l’environnement. Annie va revivre un traumatisme d’enfance et les deux femmes vont se retrouver autour. »

Marine Levéel a passé un diplôme national d’arts plastiques aux Beaux-arts de Rennes avant de se tourner vers le cinéma. Elle est titulaire d’un diplôme universitaire de réalisation et création audiovisuelle de l’École supérieure de l’audiovisuel, à l’université de Toulouse (Haute-Garonne).

Interview de Marine Levéel

D’où vous est venue l’idée du personnage de Annie et que souhaitiez-vous explorer à travers son histoire et sa relation avec sa fille ? Le personnage d’Annie est né de l’observation de plusieurs personnes que je connais, qui sont de générations qui me précèdent. En les fréquentant, j’ai eu envie de parler de la complexité de ce qu’engendrent les abus sexuels tout au long d’une vie, mais aussi de comment la douleur se transmet dans une famille. En comprenant le parcours de ces femmes victimes de violences dans des environnements sourds à toute écoute, j’ai aussi été frappée par leur force de survie et les formes de défense mises en place pour échapper à la destruction. En ce sens, Annie a un mental très développé et le film épouse son point de vue de manière très intériorisée, au plus près de sa psyché. Enfin, j’ai essayé aussi de retranscrire la très grande pulsion de vie qui anime ces femmes, qui s’exprime par le rire, l’amour et les liens forts, et qui me touche profondément.

Les paysages jouent un rôle important. Connaissez-vous bien la région et le milieu de la chasse en forêt ? Tous les décors sont des lieux de mon enfance auxquels je suis attachée. Dans le film certains paysages sont le prolongement du mental du personnage. Ils permettent à la pensée de se dérouler, aux corps de s’y glisser. Mais le paysage n’est pas seulement matière à contemplation. D’autres paysages sont marqués par la domination de l’Homme, des chasseurs notamment, et apparaissent plus hostiles, lieux d’un théâtre inquiétant. La chasse dans le film est une forme de transmission de la violence que Natacha, la fille d’Annie, a absorbée et qu’elle n’a pas encore conscientisée. C’est un milieu que je connais bien, puisque mon père est chasseur et m’a appris beaucoup de choses, notamment sur les oiseaux mais c’est aussi un milieu qui m’a souvent terrifiée.

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Comment s’est déroulé le casting ? J’ai travaillé avec Judith Chalier avec qui je collabore pour la deuxième fois. J’aime beaucoup son approche, presque maïeutique. Avec Judith, on cherche avant tout à révéler un personnage et nous parlons beaucoup du rôle et de ce qu’il raconte en amont, ce qui nous amène au final à rencontrer très peu de comédien·ne·s, car nous affinons au maximum nos certitudes. Nous avons contacté Dominique Valadié, et nous avons rencontré deux actrices pour le rôle de Natacha afin de former le duo mère/fille. Les seconds rôles sont des ami·e·s. du coin que j’aime beaucoup.

Parlez-nous de votre parcours en tant que cinéaste ? Je suis arrivée là progressivement. J’ai d’abord étudié aux Beaux-Arts où je me suis peu à peu orientée vers le récit en utilisant la sculpture, la photographie et la vidéo. Comme j’ai toujours aimé écrire, je me suis tournée vers le cinéma pour affirmer ce penchant narratif et j’ai intégré l’ENSAV. J’ai ensuite travaillé sur des tournages tout en continuant à faire des projets, de façon de plus en plus professionnelle.

Y a-t-il un court métrage qui vous a particulièrement marquée ? Beaucoup. Je citerais Jus de pastèque d’Irène Moray.

La tendance des courts-métrages présentés a touché du doigt la face sombre de l’âme humaine avec dans le premier film « L’Inspection », l’inquiétude face à une hiérarchie réfractaire à tout changement dans l’interprétation de l’histoire, ou avec le deuxième, « L’Homme à la Mercedes pourpre », qui évoque les terribles secrets des violences faites aux femmes portées par des victimes silencieuses.

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