L'histoire de Berliet, une automobile notable, est souvent méconnue du grand public. Joseph Berliet est issu d'une famille aux origines paysannes.

Les Débuts de Marius Berliet

Marius Berliet est né en 1866 à Lyon, dans le quartier de la Croix-Rousse. Fils d’un canut, il est l’aîné d’une famille de sept enfants. Certificat d’études en poche, à 15 ans, Marius Berliet rejoint l’atelier paternel. Parallèlement, il suit des cours du soir en mécanique et en anglais. Adorant la mécanique, il a 24 ans quand il invente une machine à enrouler les rubans.

À 17 ans, il intègre l'entreprise familiale, mais l'univers de la soierie ne l'attire que modérément. C'est la mécanique qui le fascine véritablement, cherchant constamment à améliorer le fonctionnement intrinsèque des principes. Soir, il perfectionne ses connaissances en mécanique et en dessin et à réorganiser certains services de l'entreprise familiale. L'affaire emploie une trentaine de personnes.

Dès 1894, il construit un premier moteur monocylindre puis, l’année suivante sa première voiture dans un appentis de la maison familiale. En 1899, il s’installe comme constructeur automobile au 56 rue de Sully, dans un local de 90 m² puis il loue un atelier de 450 m² rue Paul-Michel Perret.

Les premières années d’activité sont modestes : douze voitures sont vendues en 1900. Les moyens de production sont limités à Marius Berliet et un ouvrier. Mais bientôt, la clientèle bourgeoise de Lyon vient frapper à sa porte ; les automobiles Berliet sont appréciées pour leur qualité de fabrication et leur robustesse.

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La Première Voiture Berliet

Émergeant dans les nations industrialisées, Marius Berliet se lance dans le calcul et la conception de la première automobile Berliet. Situé derrière son entreprise, Berliet finalise son tout premier véhicule, avec deux sièges en tandem, positionnés l'un derrière l'autre.

La voiture est équipée d'un moteur horizontal à quatre temps, astucieusement placé à l'arrière, accouplé à une boîte de vitesses à deux rapports. Malgré le succès initial, Marius doit faire face aux moqueries des badauds, qui souhaitent se débarrasser de cette machine dangereuse et malodorante.

La détermination de Marius est inébranlable, même à solliciter l'aide financière de ses frères et sœurs. Les questions financières pèsent lourdement sur ses épaules, et il ressent rapidement la nécessité de trouver des associés ou des commanditaires.

Les Premiers Succès Commerciaux

La réputation de Marius Berliet commence à se répandre, et M. le contacte pour lui en commander une. Trouver preneur à Lyon est plus facile qu'à Paris. Le substantiel versé par M. permet à Marius de construire une deuxième voiture.

Cette voiture "numéro 2" marque un progrès significatif. Elle est équipée d'un moteur à deux cylindres, toujours accouplé à une boîte à deux rapports. Pour prouver sa fiabilité, M. effectue un aller-retour jusqu'à Villefranche et parvient même à gravir la côte de 15 % du mont Cindre. Impressionné par la performance, M. félicite chaleureusement Marius.

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Suite à ce succès, Marius Berliet dépose un brevet le 24 janvier 1898. Il espère recevoir une redevance par châssis produit, mais ses nouveaux partenaires changent d'avis et préfèrent développer des modèles de leur propre conception.

Développement et Expansion

Marius Berliet a besoin de capitaux, mais se heurte à des refus systématiques des banques. Il confie la fabrication de la plupart des pièces à des sous-traitants. Il dispose d'un moteur à gaz, d'un tour, d'une forge et d'une perceuse. Les voitures sont produites jusqu'au début de l'année 1900.

En 1899, il s’installe comme constructeur automobile au 56 rue de Sully, dans un local de 90 m² puis il loue un atelier de 450 m² rue Paul-Michel Perret.

Les premières années d’activité sont modestes : douze voitures sont vendues en 1900. Les moyens de production sont limités à Marius Berliet et un ouvrier. Mais bientôt, la clientèle bourgeoise de Lyon vient frapper à sa porte ; les automobiles Berliet sont appréciées pour leur qualité de fabrication et leur robustesse.

Le modèle est présenté au Salon de l'Automobile de Lyon en décembre 1899, avec des roues avant et arrière de diamètres différents. L'atelier de la rue Sully se révèle rapidement trop petit et mal équipé. Il déménage au Parc de la Tête d'Or, dans un local de 450 m2, et emploie soixante ouvriers. Il investit dans de nouvelles machines-outils, mais, là encore, l'espace vient à manquer.

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En 1902, Berliet reprend les activités et l’usine du constructeur lyonnais Audibert et Lavirotte ; 250 personnes travaillent chez Berliet. Il commence la construction de modèles dotés de moteur à quatre cylindres avec radiateurs à nid d'abeille basés sur des cadres en acier. En 1904, c’est le lancement de trois voitures de 22 à 60 HP. Une type 60 HP Alco de 1908 ; dernière année de production sous licence de la 60 HP Berliet.

C'est ainsi que Berliet peut parcourir environ 200 km avec un plein.

L'Usine de Monplaisir

Le chiffre d'affaires progresse à un rythme soutenu. Marius Berliet transfère toutes ses activités dans leurs vastes locaux de Monplaisir à Lyon. Le bâtiment, d'une superficie impressionnante de 1 600 m2, est la fierté de Marius Berliet. D'un simple artisan, il est devenu un industriel respecté.

Son équipe est composée de personnes occupant divers postes : patron, ouvrier, comptable, acheteur, essayeur et vendeur, ainsi que des chefs de service. Il s'entoure de collaborateurs compétents, dont Cyrille Cottin. Il confie le service commercial à Emile Lavirotte, son ancien concurrent malheureux.

Innovations et Modèles Phares

Les premiers modèles Berliet sont équipés d'une transmission par chaînes. En 1904, Berliet inclut cette particularité dans ses modèles. La pratique consistant à acheter des moteurs à d'autres constructeurs, avant de lancer leur propre production, est courante à l'époque.

L'Influence Américaine

Une visite inattendue va changer le cours de son entreprise. J., de la société ALCO de New York, souhaite le rencontrer. ALCO emploie 6 000 employés et produit quatre locomotives par jour. Ils souhaitent fabriquer sous licence un modèle ayant déjà fait ses preuves et confier la fabrication de ses voitures aux Etats-Unis.

Les équipes d'ALCO ont testé les meilleurs châssis français, allemands et anglais. ALCO propose à Berliet d'investir dans de nouvelles machines, plus avancées du secteur automobile. Cette collaboration donne une nouvelle dimension à l'entreprise, posant les bases de son offre jusqu'en 1914, allant de la 14 CV de 2,4 litres à l'impressionnante 60 CV de 9 litres, plus luxueux.

En 1905, l’ALCO (American locomotive company), une entreprise américaine qui souhaite se diversifier, choisit les automobiles Berliet afin d’acquérir la licence de fabrication de trois modèles : 20, 40 et 60 HP (horse power) en raison de leurs qualités. Pour un accord sur trois ans, l’ALCO va payer 500 000 francs or ; une manne financière qui va permettre à Marius Berliet de développer encore mieux ses activités (agrandissement de l’usine de Monplaisir et investissements en matériel).

Grèves et Compétitions

L'année 1905 est également marquée par le licenciement de trois salariés en mai, ce qui provoque une grève chez Berliet et d'autres constructeurs lyonnais. Face à cette situation, Marius Berliet ferme les ateliers et licencie son personnel, avant de le réembaucher selon les besoins.

Malgré l’opposition de Marius Berliet qui ne voit aucun intérêt à la compétition, les voitures Berliet sont fiables et efficaces ; des amateurs fortunés vont les faire participer à des compétitions où elles vont briller. Entre 1904 et 1912, les Berliet gagnent, entre autres, la coupe du Forez (1905), le Grand Prix de La Havane en 1909 et le rallye de Monte Carlo en 1912 sans compter des places d’honneur à la Targa Florio (1906), au Graphic Trophy de l’Ile de Man ou encore à la coupe Vanderbilt aux USA avec des ALCO sous licence Berliet (1909 et 1910).

Une Berliet 22 CV remporte sa catégorie lors de la Coupe des Pyrénées. L'Automobile Club de France (ACF) organise une course pour attirer les automobilistes dans cette région montagneuse. Bablot, sûr de sa voiture, relève le défi et effectue un trajet aller-retour entre Salon-de-Provence et Arles.

Pourtant, certains restent méfiants. Baudry de Saunier, dans la revue Omnia, exprime son incrédulité, mais reconnaît les efforts de l'industriel lyonnais, ainsi que le rendement exceptionnel des transmissions Berliet.

En septembre, Bablot se distingue une fois de plus. Une Berliet brille encore lors de la course de côte du Ventoux, devancée seulement par une La Buire. Les Berliet continuent de briller en compétition, notamment lors du rallye automobile de Monte-Carlo, s'emparant des trois premières places.

Diversification et Innovation

Parallèlement à la fabrication de voitures, Berliet se lance dans la fabrication de camions. Les premiers modèles se distinguent par leur maniabilité, leur robustesse et leur faible besoin d'entretien. Les industriels locaux manifestent un vif intérêt pour les camions Berliet, car ils peuvent transporter des marchandises plus rapidement et dans de meilleures conditions qu'avec des chevaux, tout en réduisant les coûts d'entretien.

Berliet confie à M. le soin de démarcher les industriels locaux. Il confie la création de ses catalogues à Draeger, le prestigieux imprimeur parisien. Les catalogues sont traduits en anglais, allemand et espagnol et se distinguent comme les plus beaux distribués par les marques françaises.

La gamme Berliet comprend des modèles à quatre cylindres, ce qui leur assure un succès commercial fulgurant, à l'exception de sa 60 HP. Cette dernière effectue son propre voyage de noces à Nice !

Une nouvelle automobile, avec un moteur de 4 litres et même fabriquée aux Etats-Unis, surprend à la Targa Florio. Porporato surpasse cette performance en remportant la Targa Bologna, marquant ainsi une victoire française dans la catégorie des grosses cylindrées en Italie.

Marius Berliet est un pionnier de la formation professionnelle. L'ampleur de cet apprentissage servira de modèle dans l'industrie. Les élèves bénéficient même d'une piste d'essai.

Berliet se lance dans la recherche de terrains plus vastes. L'autobus de 18 places, lancé avec succès en 1911, connaît un essor remarquable et participe au deuxième Rallye de Monaco.

Dès 1913, Berliet présente un camion, soulignant : "On n'a pas un camion Berliet, on en a plusieurs."

Première Guerre Mondiale et Reconversion

En 1913, Berliet fabrique 3 500 voitures. Pour Berliet, 1914-1918 rime avec effort de guerre : production d’obus et de camions. En 1919, après la démobilisation et la baisse importante des commandes d’utilitaires, la production est axée sur l’automobile.

La Première Guerre mondiale perturbe considérablement le fonctionnement de l'entreprise Berliet. L'usine de Vénissieux marque un tournant, avec une superficie de 100 hectares. La production passe de quelques unités par jour en 1913 à 40 unités quotidiennes début 1918. Berliet participe à l'effort de guerre en produisant des ambulances et des obus de 75 mm.

Face aux besoins urgents de l'Armée, la fabrication de chars est confiée à Berliet. L'État apporte un soutien financier crucial, transformant l'entreprise en Société Anonyme des Automobiles Berliet. L'usine comprend des ateliers de montage, des réseaux électriques, de gaz, d'air comprimé, d'eau et de vapeur.

Après la guerre, Berliet doit faire face à des défis inédits et reconvertir une partie de ses activités pour relancer l'économie du pays. Sa vision est claire : seuls deux modèles seront produits en masse.

En 1919, Berliet expose son programme de fabrication, visant à réduire le prix de revient grâce à des machines-outils et des pièces interchangeables. Il faut fabriquer très bon, mais en grande série.

La type VB (équipée d’un moteur de 3,3 l à soupapes latérales avec boîte 3 rapports), voiture de gamme moyenne et copiée d’un modèle Dodge apparaît trop rapidement (aciers de mauvaise qualité, mise au point imparfaite) et ne convainc pas. Les investissements réalisés et la mévente des camions et voitures mettent en difficulté Berliet qui devra être est reprise en main en 1921 par un consortium bancaire, qui conserve Marius Berliet à la tête de la partie technique.

Les surplus de guerre inondent le marché, provoquant le licenciement de 2 500 employés. La Banque apporte un soutien financier crucial.

Les Années 1920 et le Redressement

Après huit ans de lutte acharnée et obstinée, Berliet lance la VL. Elle conserve le moteur 4 cylindres de la VB, mais est améliorée significativement par rapport au modèle précédent.

Berliet participe au Salon de l'Automobile à Paris en 1920, présentant un modèle unique. Structure de la gamme 1923.

Dans les années vingt, à part quelques incursions dans le haut de gamme (type VRC), c’est avant-tout avec ses modèles plus populaires à quatre cylindres que la marque rencontrera les faveurs de la clientèle, notamment les modèles type VL « Étoile d'Argent », 16 ch en 1922, les VH de 12 ch et VI.

La substitution du pétrole est un enjeu majeur. Berliet développe un système de gazogène mis au point par l'Alsacien M. Imbert. Le véhicule relie Tunis à Marrakech, uniquement grâce au bois ramassé en chemin.

En 1925, avec le type VIG, Berliet inaugure une carrosserie réalisée en interne. Les modèles de la série VIL de 8/9 CV sont produits à plus de 10 000 exemplaires.

Pour augmenter son chiffre d'affaires et amortir ses moyens de production, Berliet se diversifie dans la fabrication de véhicules légers.

Berliet participe à la première édition des 24 Heures du Mans les 26 et 27 mai 1923. La voiture, équipée d'un moteur quatre cylindres de 2 617 cm3, abandonne après 44 tours.

En 1929, après des années d’économies et d’efforts sur les nouveaux produits, les créanciers sont tous remboursés et Marius Berliet reprend les rênes de l’entreprise.

Les Années 1930 et la Fin de l'Aventure Automobile

La 160 cm³ sort un an plus tard.

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