Depuis le 1er mai 2021, Renault Sport Cars a officiellement changé de nom pour devenir Alpine Cars. Avec ce changement d'enseigne hautement symbolique, c'est beaucoup plus qu'un chapitre qui se tourne, c'est un livre entier qui se referme.
En d’autres termes, les véhicules sportifs badgés au Losange, c’est fini ! La Renault Mégane R.S. ainsi que la Clio R.S. ne seront pas remplacées. C’est bien là la seule consolation : le savoir-faire des mécaniciens et ingénieurs des usines des Ulis (Essonne) est préservé, sous l’étiquette Alpine.
Néanmoins, les équipes restent les mêmes sur le site des Ulis, désormais engagées avec le développement de la future gamme Alpine 100% électrique. Du jaune et noir au bleu, blanc, rouge - le savoir-faire et la passion automobile qui anime Renault Sport Cars perdure alors que l’entité devient Alpine Cars.
Un héritage riche en modèles emblématiques
Comment oublier la Renault Clio Williams de 1994 ? Ce sont les passionnés de Renault Sport qui l’ont conçue. L’histoire de Renault Sport s’arrête ainsi avec la Renault Mégane R.S. Trophy-R et ses records décrochés sur trois pistes prestigieuses (Nordschleife, Spa-Francorchamps, Suzuka).
Renault Sport, ce fut également deux modèles extravagants, devenus mythiques dans l’histoire de l’automobile tricolore. Dernier modèle siglé Renault Sport, la Mégane R.S. Ultime est l’aboutissement de 20 ans de passion et d’expertise développées au sein du bureau d’études et de l’atelier des Ulis (France).
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Il est vrai que le sigle Renault Sport est un symbole qui secoue les imaginations et incarne une vision affirmée de l’automobile. Encouragé par le succès commercial de la Clio Williams, Renault Sport développe le projet « W94 », qui prend le public par surprise lors de sa présentation au Salon de Genève 1995.
Dès l’année 2000, la Clio R.S., basée sur la Clio 2, se charge d’appliquer cette philosophie en offrant des performances supérieures à la Clio Williams dans une robe résolument discrète. Avec son moteur de 230 chevaux en position centrale arrière et ses ailes bodybuildées, elle séduit et incarne l’esprit Renault Sport de manière éclatante et spectaculaire !
L'expertise des équipes des Ulis
Les équipes de Renault Sport, basées aux Ulis dans le sud-ouest de la région parisienne, se penchent bientôt sur le cas de la Mégane avec la même passion et la même quête de performance. Chargé de développer les différentes Mégane siglées Renault Sport, Laurent Hurgon lève le voile sur quelques-uns des secrets qui ont fait la réussite de Renault Sport Cars : « Renault Sport possédait une énorme expérience dans le domaine de la compétition et nous avons adapté aux voitures de route des enseignements collectés sur les circuits ou les rallyes.
Par exemple, la butée hydraulique de compression, présente dès la Clio 2 R.S., est une solution issue de notre expérience en rallye. Un autre développement technologique a marqué notre pilote d’essais : les quatre roues directrices.
Parmi elles, la radicale R26R : « Cette auto a marqué pour nous le début d’une nouvelle ère. Le cahier des charges était simple : partir d’une Mégane 2 R.S. et la développer comme une voiture de compétition ! Nous avons donc supprimé la banquette arrière, mis des vitres en plexi, des échappements en titane, un capot en carbone, etc.
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Cette « bombe » a été en partie développée sur la mythique « Nordschleife », boucle nord du non moins fameux Nürburgring, le circuit allemand aux 73 virages. « Ce circuit est juste incroyable pour faire du développement. Il y a tous les types de virages : du lent, du moyen, du très rapide… C’est très sollicitant pour la voiture, les trains roulants, ainsi que les éléments de carrosserie.
Le premier d’entre eux, a été signé en 2008 par Vincent Bayle au volant de la R26R. Laurent Hurgon a ensuite pris le relais et s’en est adjugé trois : en 2011 avec la Mégane 3 Trophy, en 2014 avec la Mégane 3 Trophy-R et en 2019 avec la Mégane 4 Trophy-R.
Renault Sport Cars étant devenu Alpine Cars le 1er mai 2021, la Mégane R.S. Ultime est le dernier opus marqué du label R.S. Dévoilé en janvier 2023, ce modèle propose toute l’étendue du savoir-faire de Renault Sport avec notamment un train avant à pivots indépendants, le châssis Cup surbaissé, les butées hydrauliques de compression et le système 4CONTROL à 4 roues directrices.
Renault Sport R.S. 01 : Une nouvelle ère pour les World Series by Renault
Mêlant le talent des équipes de design de Renault au savoirfaire des hommes des Ulis, Renault Sport R.S. 01 incarne le nouveau visage des World Series by Renault. Dès juin, Renault Sport Technologies dévoilait la ligne de carrosserie de sa future voiture de course.
En parallèle, les hommes de Renault Sport Technologies et leurs partenaires effectuaient la première étape du programme soutenu de développement : le déverminage de Renault Sport R.S. Durant dixsept jours de roulage, Renault Sport R.S. 01 a parcouru un total de 7475 kilomètres sous toutes les conditions.
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Les résultats de ce travail sans relâche ont rapidement porté leurs fruits puisque tous les objectifs de développement ont été atteints, voire dépassés. Loin de se reposer sur leurs lauriers, les équipes des Ulis étudient encore les manières de réduire l’usure des freins avant dans le but d’offrir une durée de vie d’un jeu de disques par saison aux concurrents.
Les pilotes engagés dans le processus de développement ont salué la facilité de prise en main de Renault Sport R.S. 01. À ces points forts s’ajoutent un freinage très puissant et aisé avec l’ABS, l’ajustabilité au volant des assistances au pilotage, un moteur qui fournit beaucoup de couple ainsi qu’une très faible dégradation des pneus proposés par Michelin.
« Nous sommes pleinement satisfait de l’ensemble du travail réalisé durant le développement de Renault Sport R.S. 01 », déclare Christophe Chapelain, Responsable Technique Compétition de Renault Sport Technologies. « Grâce aux efforts fournis par nos hommes et nos partenaires, car nous avons surpassé notre cahier de charges en tous points afin que Renault Sport R.S. 01 possède un coût d’exploitation très compétitif sur le marché. »
Renault Sport devient Alpine : Une nouvelle dynamique
Renault Sport n’est plus. Dans la pratique, rien ne change véritablement. L’équipe de 300 personnes chez Renault Sport aux Ulis (à 20 km de Paris) n’est pas restructurée, et travaille maintenant sous l’écusson Alpine. Ce qui veut dire que les prochaines sportives Renault arboreront un badge Alpine et non plus Renault Sport.
La « Business Unit » Alpine, officialisée en janvier dernier, regroupe donc Alpine, Renault Sport Cars et Renault Sport Racing (l’ancienne écurie de F1, devenue Alpine Racing) sous la même entité. « Dans le cadre de la réorganisation de Renault Group par marque, il est essentiel que les différentes entités qui composent la Business Unit portent chacune le nom d’Alpine et incarnent les valeurs et les ambitions de la marque, explique le PDG d’Alpine Laurent Rossi.
Alpine a vocation à être une marque premium sport à l’avant-garde de l’innovation et de la technologie. Même si le nom change, Alpine tient à préciser que les possesseurs de véhicules R.S bénéficient toujours du support de leur véhicule dans le réseau.
Clio R.S.16 : Un concept-car technique aux performances décoiffantes
L’idée qui va donner naissance à Clio R.S.16 germe un soir d’octobre 2015, lors d’une séance de brainstorming organisée au siège de Renault Sport Cars. Au cours de la discussion, l’ingénieur Christophe Chapelain s’appuie sur son expérience du rallye pour affirmer qu’un châssis de Clio serait tout à fait en mesure d’encaisser les performances d’une mécanique de 300 ch.
« Tout en nous remémorant l’impact obtenu avec Clio V6, nous avions envie de réaliser un concept-car technique aux performances décoiffantes, mais plus réaliste en matière de coût. Il fallait donc rester proche de la réalité et recourir à des solutions simples et ingénieuses pour parvenir à un véhicule potentiellement homologable. De plus, nous voulions que ce projet soit intégralement développé au sein de Renault Sport », rappelle Patrice Ratti.
Renault étudie son retour en Formule 1 et Clio R.S.16 constituera une nouvelle démonstration du renforcement des liens entre la compétition et la série. Il est décidé que Clio R.S.16 sera révélée au public le vendredi 27 mai 2016, dans le cadre du Grand Prix de Monaco.
« Pour ce projet, les ingénieurs de la compétition ont apporté de nouvelles méthodes de travail. Avec une date immuable en contrainte principale, nos équipes ont su s’affranchir des itérations qui ont habituellement cours pour la conception d’une voiture de série, tout en conservant le même niveau de qualité et de performances.
Dès les premiers jours de janvier, une équipe d’une dizaine de personnes est constituée chez Renault Sport. « Le postulat était de concevoir un véhicule 100% Renault Sport, équipé du moteur le plus performant de la gamme », expose Laurent Doré, responsable du département prototypes. Tout en bénéficiant de son autonomie, la cellule Avant-Projet peut en effet compter sur les multiples savoir-faire réunis sur les sites des Ulis et de Viry-Châtillon (Essonne).
En premier lieu, il s’agit de positionner correctement le moteur, la boîte de vitesses et le système de refroidissement issus de Mégane R.S. Avec un couple de 360 Nm, cette mécanique impose de revoir les suspensions du groupe motopropulseur. Afin d’assurer un refroidissement optimal, un important travail de simulation est mené en collaboration avec les designers chargés de repenser la face avant du véhicule.
Présent chez Renault Sport depuis 35 ans, Pascal Auffrère est sollicité pour la conception du train avant : « On m’a confié ce projet car je connais la ‘maison’ depuis presque toujours. Après avoir travaillé sur les voitures de rallye jusqu’au milieu des années 90, je suis passé à la série au moment où nous avons lancé la conception de Clio II Renault Sport.
Le projet Clio R.S.16 était exaltant, car il fallait aller extrêmement vite pour sortir une voiture aux performances exceptionnelles. C’est bien simple, je ne pensais plus qu’à ça ! Nous sommes repartis du train avant à pivot indépendant, pour lequel nous avons dessiné un nouveau porte-fusée.
La conception du train arrière s’avère beaucoup plus simple, puisqu’il est issu de Clio R3T, la version rallye de Clio R.S. Conformément à la réglementation de la FIA, nous partons de la pièce de série, qui est renforcée par de multiples cloisons mécano-soudées.
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