Depuis les origines de l’aviation, la vitesse d’un avion a toujours été l’apport le plus fascinant. Différentes compétitions ont été organisées pour stimuler les progrès dans ce domaine.

Les origines des compétitions de vitesse

De 1909 à 1914, il y a eu plusieurs coupes Gordon-Bennett qui portèrent la vitesse de 75 à 203 km/h. Après la guerre, Henri Deutsch de la Meurthe, renoua avec la tradition en dotant une nouvelle coupe à son nom, disputée en 1921 et en 1922.

Cette course à la vitesse en formule libre a conduit à des appareils de plus en plus puissants, de plus en plus coûteux, et de plus en plus dangereux.

La Coupe Deutsch de la Meurthe

En 1932, Suzanne Deutsch de la Meurthe, reprenant la tradition familiale à la mémoire de son père, confia à l’aéro-club de France le soin d’organiser à nouveau une compétition de vitesse. Cette compétition était assortie d’un règlement imposant aux constructeurs quelques paramètres stricts encadrant la conception des avions et des conditions précises régissant la compétition.

Le point essentiel de ce règlement était la limitation de la cylindrée à 8 litres, valeur correspondant à de nombreux types de moteurs équipant alors des avions de tourisme. On prévenait ainsi tout excès de puissance et cela conduisait à la conception d’avions de dimensions modestes, réalisables sans mise de fond considérable.

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Autre point important : la vitesse était toujours l’objectif mais elle devait être tenue sur une distance de 2000 km, fractionnée en deux manches égales, séparées par un arrêt de 90 minutes. Les pilotes avaient la faculté de se ravitailler tous les 500 kms mais le temps d’arrêt était compris dans le temps de vol.

Troisième exigence enfin : pour pouvoir participer, chaque concurrent devait se qualifier 15 jours avant la compétition fixée au 28 mai, par un vol de 100 km à plus de 200Km/h.

Le renouveau de cette coupe était un défi lancé à l’ensemble des constructeurs français. Tous ne répondirent pas : Breguet, Nieuport, Morane-Saulnier furent absents.

Les compétiteurs nationaux appartenaient à deux catégories : des industriels bien installés comme Caudron-Renault, Farman ou Potez et des constructeurs marginaux comme Kellner-Béchereau, Payen ou Albert, qui voyaient là, une opportunité d’affirmer leurs capacités.

Car ce genre de compétition, largement relayées par la presse et les actualités cinématographiques, suscitaient un intérêt passionné du public.

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Le Caudron Rafale : une légende est née

Le Caudron C.430 « Rafale » est un monoplan biplace (ou monoplace en condamnant la place avant) de Grand Tourisme construit par la société Caudron-Renault. Sa construction est similaire à celles des avions de vitesse construits par Caudron à l'époque : structure en bois, fuselage entoilé.

L'avion est conçu pour permettre l'entraînement des pilotes sur une machine similaire aux avions de course et de records de l'époque, tout en étant plus sûr.

Le Caudron C.450 et C.460 sont des monoplaces de course construits par la Société des avions Caudron pour participer à la Coupe Deutsch de la Meurthe de 1934. Ils sont tous deux issus d’une transformation du C.430 Rafale.

Le Caudron C.430 Rafale était très semblable à son prédécesseur, le C.362 de 1933. Ce monoplan se présentait comme un biplace en tandem autour d’un profil d’aile biconvexe dissymétrique d’origine russe.

Il était équipé d’une hélice à pas variable automatique Ratier, elle même entraînée par un moteur à 4 cylindres en ligne, Renault Bengali de 140 CV de 6,5 l de cylindrée.

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Le fuselage, fabriqué en contreplaqué collé et les réservoirs d’essence se trouvaient dans le fuselage, l’un devant le passager et l’autre entre ce dernier et le pilote.

La verrière conférait à l’avion une ligne des plus étonnantes ; elle était réalisée avec un assemblage de rhodoïd enserrant la tête de l’équipage. Pour faciliter l’accès à bord de l’appareil, deux panneaux rabattants flanquaient le côté gauche du fuselage.

La voilure, de forme trapézoïdale, sans dièdre, comportait un longeron unique, comme sur tous les avions Caudron à train fixe dessinés par l’ingénieur Riffard.

Le C.430 était équipé de volets d’intrados, qui présentaient l’avantage, une fois sortis, de ne pas perturber l’écoulement de l’air sur l’empennage horizontal.

À l’instar de son nom, le Rafale était insaisissable, délicat à piloter, car très chargé au mètre carré.

Les victoires et records du Caudron Rafale

Le 30 mars 1934, Raymond Delmotte battit le record international de vitesse sur 100 km pour un avion de moins de 560 kg à vide, à 292,018 km/h.

Pour la Coupe Deutsch de la Meurthe de 1934, on transforma un exemplaire du C.430 en C.450 et 3 exemplaires du C.460 furent construits.

Le C.450, version à train fixe et motorisé avec un Renault 433, était piloté par Maurice Arnoux et inscrit en n°13, arriva le premier à la vitesse de 389 km/h. En août 1934, Hélène Boucher battit le record de vitesse pour monoplan de cette catégorie, en atteignant 455 km/h sur le C.450.

Elle participa également, avec ces camarades, aux 12 Heures d’Angers, où les quatre Caudron engagés ravirent les 4 premières places.

La Coupe Deutsch de la Meurthe fut à nouveau remportée en 1935 par le C.450 piloté par Raymond Delmotte. Il était motorisé avec le Renault 456 pour l’occasion. Pour cette épreuve, il était rééquipé avec de nouveaux trains rétractables Messier.

Le deuxième C.460 piloté par Yves Lacombe, termine 2ème de l’épreuve. Quand au C.450, il termine 3ème. Le C.450 R2 sera encore engagé en 1936.

Modifié en biplace pour des records (d’où le nom « R2 »), il disposait d’un poste avant très basique, apparemment sans fenêtre. Inscrit avec le n°1 et piloté par Yves Lacombe, il termine premier.

La deuxième place fut remportée par un C.461, une version modifiée du C.460 avec le poste de pilotage coulé entièrement dans le fuselage, une verrière noyée.

En 1936, l’unique appareil C.460 piloté par Michel Détroyat participa aux courses de Greve et Thompson Trophy, dans le cadre des National Air Races de Los Angeles en Californie.

L’appareil était équipé d’un train atterrissage rétractable actionné à l’air comprimé et d’une hélice Ratier à deux positions, commandée elle aussi à l’air comprimée, ce qui assurait à Michel Détroyat un avantage important sur les compétiteurs équipés de trains atterrissage fixes et d’hélice sans pas variable.

L’appareil était arrivé de France avec deux moteurs de 330 chevaux pour la course de Greve et de 380 chevaux pour la course de Thompson Trophy.

En gagnant les deux courses, Michel Détroyat devint à cette occasion le seul pilote sur avion européen ayant gagné l’une ou l’autre compétition dans l’histoire des National air Races.

Oui à une vitesse de plus de 505km/h! J'adore cet avion, il est beau et performant, c'est aussi une grande marque dans l'histoire de l'aviation française avec cette histoire là: le trophée Thompson, une course américaine avec une participation quasiment exclusivement américaine, a vu en 1934 l'arrivée de ce petit avion et de son petit moteur renault 6cylindres de 370cv, face à une concurrence affichant de gros moteurs de plus de 800cv!!!

Et pourtant, ni une ni deux, Caudron/Renault, piloté par Michel Detroyat a sifflé la coupe, et au passage a aussi raflé le trophée Greve avant de rentrer en France.

À la veille de la seconde guerre l'industrie aéronautique Française était à la pointe de la technologie. Quel dommage que les décisions politiques de l'époque n'aient pas précédé cette avance...

Les autres modèles de Caudron

Pour la Coupe Deutsch de la Meurthe 1935, le F-AMVA remotorisé avec un moteur Renault 438 de 180 ch fut engagé pour remplacer le C.560 qui n’a pas été prêt à temps. L'avion subit une panne du groupe motopropulseur et ne put finir la course.

Le Caudron C-561 est un « racer », construit à un seul exemplaire, pour participer à la coupe Deutsch de la Meurthe en 1936. C’est un dérivé du Caudron C.460. La principale particularité de cet appareil se situe au niveau du poste de pilotage qui est entièrement « noyé » dans le fuselage. Il ne participera pas à l’épreuve en raison de soucis techniques mais devait concourir pour l’édition de 1937, qui n’a jamais eu lieu.

L'héritage du Caudron Rafale

Fasciné et inspiré par la beauté du design français, Tom Wathen, un habitué de la reconstruction d’avions exceptionnels, confia en 2008 la réalisation de la fabrication d’une réplique du C.460 Rafale à la société AeroCraftsman, situe sur l’aérodrome Flabob aux Etats-Unis.

Tableau récapitulatif des Caudron Rafale et leurs performances

Modèle Motorisation Pilote Compétition Résultat
C.450 Renault 433 Maurice Arnoux Coupe Deutsch de la Meurthe 1934 1er
C.450 Renault 456 Raymond Delmotte Coupe Deutsch de la Meurthe 1935 1er
C.460 Renault (330 ch) Michel Détroyat Greve Trophy 1936 1er
C.460 Renault (380 ch) Michel Détroyat Thompson Trophy 1936 1er

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