Daimler et Benz, une histoire qui se confond avec celle de l'automobile, et un étrange destin. Ces travaux seront principalement le fait de deux hommes : Karl Benz et Gottlieb Daimler. Daimler, l'aîné, s'intéresse très tôt aux moteurs. Une ère nouvelle débute.
L'étoile, le logo emblématique de la marque, puiserait son origine dans une jolie histoire circulant dans la famille Daimler. Dans les années 1880, Gottlieb Daimler aurait adressé à son épouse une carte postale sur laquelle figurait une photo de leur maison surmontée d'une étoile. Il l'avait dessiné lui-même pour signifier que celle-ci affirmerait un jour le triomphe et le rayonnement de son œuvre. L'idée fut reprise en 1909 par le comité de direction de la marque Daimler, qui déposa alors deux dessins d'étoiles, l'un à quatre branches et l'autre à trois branches. Lorsque les deux marques fusionnèrent en 1926, un logo réunissant les deux précédents fut naturellement créé avec l'étoile à trois branches au centre d'un cercle bordé de lauriers et portant les noms Mercedes et Benz. En 1933, il fut remplacé par la seule étoile à trois branches inscrite dans un cercle.
Les Dates Clés de Mercedes-Benz
- 1890 : fondation de la « Daimler Motoren Gesellschaft ».
- 1900 : Décès de Gottlieb Daimler, son fils Paul lui succède.
- 1926 : fusion de Daimler et de Benz et naissance de la société Daimler-Benz.
- 1930 : Rudi Caracciola est sacré Champion d’Europe des voitures de Sport avec une SSK.
- 1944/1945 : dévolues à la production de moteurs d'avion et de véhicules militaires, les usines Daimler-Benz sont presque entièrement détruites par les bombardements alliés.
- 1952 : retour en course de Mercedes avec le coupé 300 SL qui s’impose aux 24 Heures du Mans et à la Carrera Panaméricana.
- 1954 : rentrée en Formule 1. Les monoplaces W 196 enlèvent 9 grands prix sur 12 en 1954/55 et Juan-Manuel Fangio remporte deux titres mondiaux.
- 1955 : en plus de la F1, Mercedes survole le Championnat du monde d’endurance avec la 300 SLR, qui remporte six succès dont les Mille Milles.
- 1993 : retour en Formule 1 avec l’équipe Sauber, puis association avec le Team McLaren en 1995.
L'Évolution de la Classe SL
La Mercedes Classe SL tire son nom de "Sport Leicht" (pour sport et léger en allemand), et voit son histoire débuter en mars 1952 : la première Mercedes 300 SL de course (Type W194) fut dévoilée à Stuttgart, et elle était animée d'un six cylindres de 3,0 litres, fort de 175 chevaux. Elle s'est distinguée en compétition en participant notamment aux Mille Miglia, mais également aux 24 Heures du Mans en 1952, où elle décrocha la victoire. Fort de son succès, Mercedes a rapidement réfléchi à la production d'une version civile : la Mercedes 300 SL de série (Type W198) vit le jour en février 1954 au salon de New York, sous la forme d'un coupé aux portes papillon aujourd'hui légendaires.
Au salon de Genève 1963, Mercedes dévoile la 230 SL (Type W113), au style plus contemporain : elle était proposée avec un toit rigide en option, de forme concave, ce qui lui a valu le surnom de "Pagode", en référence aux temples asiatiques. Étroitement dérivée de la berline 220 SE, elle en empruntait le moteur : un six cylindres modifié pour atteindre 2,3 litres, et délivrant 150 chevaux. Le modèle a ensuite évolué en 1967 pour devenir la 250 SL, puis 280 SL. Au total, ce sont 48.912 exemplaires de la SL "Pagode" qui ont été produits jusqu'en 1971.
L'histoire se poursuit avec une nouvelle génération de Classe SL (Type R107), au printemps 1971, avec toujours un hard-top qui caractérise les cabriolets SL : pour la première fois, le modèle reçoit un moteur huit cylindres avec la 350 SL, suivie par la 450 SL en 1973.
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La Mercedes-Benz W108-W109
La Mercedes-Benz W108-W109 marque aussi la naissance d’une nouvelle série qui ne se nomme pas encore Classe S. À partir de ce modèle, la gamme haute et la gamme basse du constructeur souabe font l’objet de deux modèles clairement distincts à la différence des séries « Pontons » et « Fintails ». Les différentes versions de la série W108-W109 font aussi apparaître une complexité alors jamais vu dans la gamme Mercedes-Benz. Ainsi les appellations 250, 280 et 300 ne correspondent pas toujours aux cylindrées des moteurs. De même, il n’est pas possible de scinder la série en supposant que les versions 300 reçoivent une suspension pneumatique puisque la version 300 SE n’en dispose pas. Enfin, les versions SEL n’indiquent pas forcément « Lang » pour longue.
À partir de la W108-W109, Mercedes-Benz inaugure aussi la tradition d’une version berline porte drapeau de la marque. Ainsi, la Mercedes-Benz 300 SEL 6,3 apparaît en mars 1968. Elle est équipée du moteur et de la transmission de la Mercedes-Benz 600. Certaines versions peuvent recevoir des doubles phares ronds verticaux qui sont montés d’origine sur les versions américaines et sur la 300 SEL 6,3.
En 1966, une version 300 SEL spéciale est réalisée pour le Pape Paul VI. La voiture est carrossée en Landaulet. Une version blindée a été proposée entre mai 1971 et août 1972.
Le Coupé Mercedes-Benz W114
Le coupé Mercedes-Benz W114 possède une carrosserie hard top. Cela signifie qu’elle ne possède pas de montant central et que les portes sont sans encadrement de vitre. Avec le coupé W114, Mercedes-Benz redescend en gamme. Le coupé W111 appartient au segment luxe alors que le coupé W114 se positionne dans le segment haut de gamme. Ce modèle, du type W114 ne reçoit que des moteurs à 6 cylindres. Le coupé W114 eut une production relativement limitée.
Les normes nord-américaines draconiennes n’ont pas aidé le coupé W114 sur ce marché. Celles-ci ont imposé des pare-chocs lourds et massifs à partir de 1973 qui détériorèrent le style élégant de l’auto. En outre, les mesures antipollution ont anesthésié les moteurs. Ainsi une 280C avec son moteur double arbre développait 160ch en Europe contre 130 aux États-Unis et même seulement 120ch en fin de carrière. Les versions US sont caractérisées par des projecteurs avant spécifiques et des feux de position latéraux. Elles reçoivent d’énormes pare-chocs à absorption d’énergie pour respecter la législation américaine en septembre 1973.
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Il y a quelques jours, Mercedes a présenté les coupés et cabriolets CLE, chargés de perpétuer, au sein d’une gamme de plus en plus phagocytée par les SUV en tous genres, l’une des plus anciennes traditions du constructeur souabe, qui a donné naissance à plusieurs grandes réussites stylistiques depuis un peu plus de cinquante ans. Cette séquence réconfortante nous a fourni un prétexte idéal pour nous intéresser à la série qui a durablement installé la firme de Stuttgart dans un segment bien particulier, celui des coupés dérivés des berlines moyennes (au sens germanique du terme). Ou comment créer des variantes récréatives et flatteuses pour l’œil sans pour autant tourner le dos à un certain classicisme…
La Disparue de Sindelfingen
À l’heure actuelle, le coupé 114 a, à peu de choses près, disparu des routes européennes. On n’en croise plus guère que dans des salons comme le Techno-Classica à Essen ou lors des Cars & Coffee régulièrement organisés entre la fin du printemps et le début de l’automne sur l’esplanade du Mercedes-benz Museum. Et pourtant, toutes proportions gardées, le modèle a connu un réel succès, avec plus de 67 000 exemplaires construits de 1968 à 1976. Où sont donc passées ces autos ? Dorénavant trop âgées pour attirer les amateurs de youngtimers, moins prestigieuses que les coupés de la série 111 ou que les SLC sorties en 1971, il est malheureusement probable que beaucoup d’entre elles aient fini en pièces détachées, la corrosion ne les ayant pas davantage épargnées que les berlines dont elles dérivaient - à quoi sont venus s’ajouter le déclassement puis la négligence dont sont toujours victimes les carrosseries marginales, que la mode abandonne aussi brutalement qu’elle les a célébrées. Moyennant quoi, cette deux portes au dépouillement subtil, bourgeoise mais atypique, fertile en détails propres à réjouir l’esthète, peine à s’extraire des trop quiètes provinces de l’oubli.
Un Nouveau Marché Pour l'Étoile
À l’automne de 1968, quelques mois après la présentation des berlines W114 et W115 (les 114 ayant l’apanage des moteurs six-cylindres), le coupé que dévoilèrent les responsables de la Daimler-Benz à la presse spécialisée apparut en effet comme une voiture absolument inédite dans son positionnement. Jusqu’alors, la marque n’avait rien à proposer aux clients désireux de se singulariser en réfutant les vertus parfois triviales que l’on associe volontiers aux berlines - praticité des quatre portes et habitabilité suffisante pour quatre à cinq adultes bien nourris - mais incapables de débourser les 24 000 deutschemarks exigés pour l’acquisition d’un coupé 280 SE contemporain.
Les Leçons du Professeur Bracq
Au total, Paul Bracq aura passé dix ans au design Mercedes et, le moins que l’on puisse écrire, c’est qu’il a mis à profit cette séquence de sa vie professionnelle pour insuffler un style et influer de façon significative sur la physionomie de plusieurs modèles marquants. De la sorte, révélée au Salon de Francfort de 1967, la berline 114/115 (couramment surnommée Strich-Acht, c’est-à-dire littéralement « /8 », en référence à l’année de sa commercialisation) reprenait le vocabulaire de la série « S » présentée en 1965, tout en le modernisant. Les phares verticaux restaient fidèles au poste mais avaient adopté un format plus rectangulaire, tandis que le dessin général gagnait en nervosité, de par sa transcription en une caisse plus compacte. Des W108 et W109 la nouvelle berline reprenait l’ensemble des préceptes, avec notamment une ligne de caisse relativement basse, favorisant une luminosité hors pair.
Poigne de Fer et Discrétion
C’est pourquoi le coupé établi sur cette même base a séduit un large public, que ce dernier ait eu ou non les moyens de se l’offrir - disponible à partir de 29 000 francs en septembre 1969, la 250 C, modèle d’accès, dépassait tout de même de 16 % le tarif de la quatre portes identiquement motorisée. Tout à fait entre nous, le supplément de prix se justifiait amplement ; entre une proue et une poupe similaire à celles des berlines intervenait désormais un très élégant pavillon surbaissé dont la forme évoquait le toit d’une pagode, à l’instar du roadster SL W113 ; de surcroît, les vitrages latéraux, veufs de tout montant central, offraient un ouverture sans entraves vers l’extérieur, une fois escamotés. La forme de la custode, se rapprochant délibérément d’un carré, laissait s’enfuir, avec une grâce tout en retenue, un montant C à l’angle idéal.
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En premier lieu, le client potentiel se vit offrir le choix entre deux variantes du même 2,5 litres à simple arbre à cames en tête, issues directement de la série « S », proposant de 130 à 150 ch selon leur système d’alimentation (carburateurs Zenith ou injection Bosch). Dans la tradition délicatement exaltée par le discours des brochures commerciales, il s’agissait de prodiguer un niveau de performances déjà élevé (la 250 CE atteignant les 190 km/h en pointe), tout en renonçant jusqu’au moindre stigmate de virulence ou d’agressivité. « Nous nous arrangeons parfaitement de nos plus puissants adversaires », clamaient alors les publicités du constructeur, avec ce mélange de compétence et de morgue qui le caractérisait.
En Coupé Mercedes, On Est Toujours Heureux
Durant ses huit années de production, le coupé 114 ne connut aucun bouleversement majeur. En juin 1972, la 250 C reçut un groupe réalésé à 2,8 litres, très proche de celui des 280 S W108. D’une puissance inchangée, il permettait un gain sensible en termes de souplesse. Parallèlement, la 250 CE fut remplacée par une 280 C dont le moteur, l’inédit M110 double arbre, offrait dix chevaux de plus ; au même moment, surgit la 280 CE, également animée par le M110 dans sa version à injection. Avec 185 ch, l’auto présentait désormais des performances de tout premier ordre, capable de 200 km/h chrono, ce qui, dans l’environnement concurrentiel de la première moitié des années 1970, la situait de façon avantageuse - dans cette catégorie, il n’y avait guère que la BMW 3.0 CSi ou la Jaguar XJC 4.2 pour pouvoir suivre son rythme.
Il n’y avait guère de raison de retoucher une telle silhouette mais le modèle eut néanmoins droit à un regrettable restylage de mi-carrière, lequel eut surtout pour résultat d’alourdir (modérément) des formes qui, à notre sens, ne nécessitaient aucune correction. Les gros feux arrière à striures constituaient, certes, un progrès technique, mais ils avaient perdu la finesse de leurs prédécesseurs ; l’intégration du nouveau et volumineux rétroviseur extérieur, difficilement compatible avec le maintien des déflecteurs (supprimés sur les berlines lors de ce face-lift) ne saurait, quant à elle, figurer parmi les réalisations les plus heureuses de la marque…
Si les phares verticaux et la pagode proviennent en droite ligne des années 1960, le traitement général de la caisse se projette déjà loin au-delà. À cette aune, ce sont probablement les voitures antérieures au restylage intervenu pour le millésime 1973 qui sont les plus désirables, à moins que vous ne donniez la priorité à la performance, auquel cas les 280 devraient pouvoir combler vos attentes.
Ce coupé des années 60 basé sur la plateforme des berlines Heckflosse allie un 6 cylindres puissant et nerveux à un confort généreux fait d’un “habitacle-salon”, d’un amortissement incroyable et d’un fonctionnement feutré. Le tout assorti d’une carrosserie élancée et charmante.
La Lettre « S » Chez Mercedes-Benz
Dans le dictionnaire de Mercedes-Benz, la lettre « S » a de tout temps indiqué la présence d’un élément spécial. Mais pas toujours le même ! Concernant la 170 S de 1949, par exemple, il s’agissait de l’abréviation de “Super” : c’était en effet une édition un peu modernisée et plus puissante de la 170 V apparue deux ans plus tôt. Mais cette remise au goût du jour d’un modèle vieillissant encore lié aux types d’avant-guerre restera un cas isolé. C’est donc à partir de la série Ponton de 1954 que l’on commence à retrouver une “S” dans la gamme, signifiant cette fois Sonderklasse, classe spéciale. La 220 S tout comme sa jumelle la 220 SE à injection, n’est autre qu’une 180 à caisse allongée dotée d’une finition plus luxueuse et mue par un 6 cylindres. Mais dans l’essentiel, aussi bien niveau style que mécanique, il s’agit de la même voiture. C’est l’époque où la marque pratique une quasi-monoculture.
En septembre 1965, lorsque débarque la W108-W109, on commence à parler ouvertement de « Série S » même si les désignations commerciales de la nouvelle-née (250 S, 250 SE, 300 SE et 300 SEL) sont semblables à celles des grandes Heckflosse qui les avaient précédées. La différence est que, désormais, les “S” ne sont plus des modèles inférieurs « améliorés » mais des hauts de gamme au style inédit et spécifique.
Les Différentes Séries de Mercedes-Benz
Voici un aperçu des différentes séries de Mercedes-Benz, illustrant l'évolution et la diversité de la marque :
- Série 200 (1967/76) : Berline avec différentes options de moteurs (4 et 6 cylindres, diesel).
- Classe S (1972/1980) : Berline 280/280 SE/280 SEL (6 cylindres).
- Série 200 b (1976/1985) : Berline et break avec différentes options de moteurs (4 et 6 cylindres, diesel).
- Classe S (1979/91) : Berline et Coupé 4 places SEC.
- Classe G (1979/89) : 4x4 avec différentes options de moteurs (4 et 6 cylindres, diesel).
- Gamme 190 (1982/1993) : Berline avec différentes options de moteurs (4 et 6 cylindres, diesel).
- Classe E (1984/1994) : Berline et break avec différentes options de moteurs (4 et 6 cylindres, diesel).
- Roadster SL (1989/2000) : Différents modèles avec moteurs 6 cylindres et V8.
- Berline et coupé (1991/95) : Différents modèles avec moteurs 6 cylindres et V12.
- Classe E (2009/...) : Berline, break et coupé avec différentes options de moteurs (4 cylindres, V6, V8).
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