Le Mercedes-Benz Classe X a fait son entrée sur le marché des pick-ups avec l'ambition de combiner praticité, polyvalence et luxe. NDLR : L’essai du Mercedes-Benz Classe X avait initialement été publié sur notre site en novembre 2017. Toutefois, sa carrière a été écourtée après seulement deux ans, faute de ventes suffisantes.

Origines et Conception

Il n’est sans doute pas inutile de commencer cet essai en rappelant les origines de ce premier pick-up de la firme de Stuttgart. Car de fait, et Mercedes-Benz ne le cache aucunement, il ne s’agit pas d’un véhicule 100 % stuttgartois. À la base ce Classe X est donc un Nissan Navara, tout comme le Renault Alaskan. Tout d’abord pour des raisons de savoir faire, la marque japonaise étant nettement plus aguerrie sur ce point que la firme allemande. Ensuite pour des raisons techniques, les choix réalisés par Nissan ayant convaincu Mercedes.

Séduite par le châssis en échelle du Navara et, sans doute avant tout, par sa suspension arrière multi-bras accompagnée de ressorts hélicoïdaux, gage d’un excellent confort pas particulièrement fréquent dans la catégorie, l’entreprise allemande a néanmoins procédé à quelques transformations. La deuxième peut apparaitre plus subtile mais est pourtant un point essentiel puisque le Classe X a vu ses voies élargies de 7 cm par rapport au Nissan Navara. Résultat : la promesse d’une tenue de route encore améliorée mais aussi la possibilité de placer dans la benne une europalette (1200x800mm) dans les deux sens et non seulement en longueur.

Design Extérieur

Beaucoup d’observateurs un peu distraits, ou d’autres qui le sont moins d’ailleurs, auront tendance à penser que le Classe X n’est qu’un recarrossage rapide du Nissan Navara. Et pourtant, il faut bien se rendre à l’évidence, la juxtaposition des deux véhicules vient largement contredire cette affirmation. Bien sûr, on retrouvera sur les deux engins des traits généraux identiques comme le traitement latéral du vitrage ou, un pick-up étant un pick-up, l’intégration de la benne. Mais on remarquera aussi qu’il ne subsiste tout simplement aucun élément de carrosserie commun.

Il faut dire que cette étoile justement n’est pas particulièrement discrète. Elle trône fièrement au sein d’une calandre à deux barrettes à peu près aussi gigantesque et aussi démonstrative que le logo lui même et ne laisse planer aucun doute quant à la marque de notre pick-up. D’ailleurs, toute la face avant s’inscrit totalement dans l’univers des actuels SUV de Mercedes. Aussi bien en ce qui concerne les optiques full LED (en série uniquement sur la finition Power), modernes et élégantes, que la signature lumineuse ou encore le traitement du pare-chocs, sans oublier la dose nécessaire de chrome pour renforcer la qualité perçue de l’ensemble (là encore uniquement sur la finition la plus haute). On est très proche des GLC, GLE, GLS auxquels vous penserez peut-être en premier lorsque vous apercevrez ce Classe X dans votre rétroviseur.

Lire aussi: Service B Mercedes Classe A W176

De profil on remarquera que notre pick-up se dote de jantes spécifiques allant du 17 au 19 pouces, que les passages de roue sont carrés et non plus ronds ou encore que le traitement de la carrosserie, nettement plus lisse, se passe pratiquement totalement d’artifices type creusements ou lignes complexes. Un mot encore avant de monter à bord, au sens strict, au sujet des couleurs disponibles. Elles sont au nombre de 9 dont 6 métallisées (option à 697 euros) et jouent beaucoup sur la qualité perçue du véhicule. Le vert granite est ainsi un peu terne, même sous le beau soleil corse alors que le rouge danakil lui va comme un gant et que les couleurs métallisées sont joliment pailletées.

Intérieur et Confort

C’est sans aucun doute là que se trouve la meilleure surprise du véhicule car si Renault n’a pas jugé bon de retoucher l’habitacle du Navara il n’en a pas été de même chez Mercedes-Benz. Du coup au lieu de repérer les éléments de différenciation avec la base ce sont plutôt les pièces communes que l’on recherche. Qu’on se rassure (mais est-ce vraiment rassurant ?) il y en a encore quelques unes comme la platine de lève vitres électriques, les boutons de sélection des modes de transmission ou encore, et c’est un peu dommage, la clé.

On ne s’en plaindra d’ailleurs pas car, du coup, si les plus sceptiques pouvaient encore douter du fait d’être au contact d’une Mercedes ils seront bien forcé de reconnaitre que l’ambiance intérieure est typiquement celle de la marque. Presque tout y est : les aérateurs ronds, la tablette posée sur la planche de bord, le combiné pour la contrôler avec sa molette et son touch pad (et son côté pas super pratique en prime), les compteurs de vitesse dans des puits, le superbe et particulièrement agréable volant et même le côté luxueux des bandeaux en bois ou en aluminium.

Pour autant l’habitacle n’est pas exempt de critiques, la plus importante à nos yeux concernant le manque criant de rangements. Ceux des contre-portes sont très bas, peu profonds et peu larges, la boîte à gants (tapissée de moquette) bien maigrichonne compte tenu du gabarit de l’auto, la platine de gestion de l’infotainment empiète sur les espaces réservés aux portes gobelets et fait disparaitre cet ustensile bien pratique et ce n’est pas le petit rangement sous l’accoudoir (dans lequel on saluera toutefois la connectique double USB et carte SD) qui viendra compenser tout cela.

Capacité de Chargement

Parlons-en justement de cette benne, car après tout c’est là que réside tout l’intérêt d’un pick-up. Bénéficiant de l’élargissement des voies elle peut donc afficher une largeur légèrement plus importante que celle du Navara et accueillir un chargement pouvant atteindre 1,1 tonne sur ses 2,14 m² (2,48 m² au dessus des passages de roue).

Lire aussi: Guide CarPlay Mercedes CLA

Expérience de Conduite

Il y a en tout cas quelque chose de surprenant et d’épatant avec ce Classe X, c’est la facilité déconcertante avec laquelle on le prend en main. Ce pick-up n’est pas ce qu’on peut appeler un petit gabarit, 5,35 m de long pour 2,11 m de large, et n’est pas non plus un poids plume avec ses 2340 kg. On ne doit pas non plus oublier en se retournant que derrière la petite vitre, dont la partie centrale s’ouvre électriquement, il reste plus d’1,70 m de véhicule que vous ne voyez aucunement (heureusement le système de caméra 360° est idéal).

Nos versions étaient toutes des X 250d équipées du bloc 2.3 dCi de 190 ch et 450 Nm d’origine Renault-Nissan qui convient globalement bien à la philosophie du pick-up Mercedes. Très coupleux il permet de tracter jusqu’à 3,5 tonnes et de déplacer aisément l’engin sur tous les terrains, sans prétentions sportives aucune mais avec une sérénité certaine et dans une ambiance sonore tout à fait comparable à celle d’une voiture et non d’un utilitaire.

La boîte automatique qui lui est accouplée ensuite. Elle s’avère extrêmement douce mais manque tout de même vraiment de réactivité et ne transmet la puissance que de manière très (trop) progressive. Les suspensions enfin dont le travail de filtration se révèle remarquable et qui font naturellement toute la différence, à l’arrière spécialement, face à un pick-up monté sur des amortisseurs à lames.

Dès qu’on hausse un peu le rythme l’ESP se déclenche discrètement mais la trajectoire est parfaitement suivie et les voies élargies jouent ici pleinement leur rôle, offrant à notre gros bébé une stabilité et même un dynamisme (toute proportions gardées) de bon aloi. Du coup on prend même un certain plaisir à conduire le véhicule sur les petites routes tortueuses, ce qui n’était pas forcément attendu au volant d’un tel véhicule, mais on peste encore un peu plus contre la boîte auto et sa lenteur et on ne serait pas contre quelques canassons supplémentaires.

Capacités Tout-Terrain

En attendant le Classe X n’est pas uniquement une benne roulante destinée aux seuls bandeaux de macadam. Son châssis et sa conception globale l’ont largement préparé à s’aventurer un peu partout : chantiers, chemins agricoles, de montagne, dans la boue, le sable, la pampa et j’en passe.

Lire aussi: Guide d'achat Mercedes Classe A 190

Si la version X 350d sera d’office équipée de la transmission intégrale permanente, de base, les Classe X 220d (163 ch) et 250d (190 ch) sont proposés en deux roues motrices (propulsion). Mais naturellement une transmission 4RM est disponible au catalogue. Cette transmission offre plusieurs modes qu’il est possible de régler via la platine située au bas de la console centrale.

Par défaut, sur route, le véhicule est une propulsion à deux roues motrices et non un 4×4 permanent. Mais il est possible d’enclencher à tout moment le mode 4H (pour High Range) qui bascule en mode 4RM avec une répartition de 50/50 entre l’avant et l’arrière. Si le terrain devient plus délicat (boue, sable, forte pente, dévers, croisements de ponts, etc.) le mode 4L (pour Low Range) permet de passer en gamme courte et d’offrir le maximum de couple pour se sortir des situations les plus délicates.

Doté de tous ces systèmes et, de préférence, chaussé avec des pneus adaptés, le Classe X n’éprouve aucune difficulté à s’aventurer hors des sentiers battus. Ce n’est pas un franchisseur pur et dur attention, mais il vient très aisément à bout de la plupart des difficultés d’un parcours tout-terrain classique. Ses angles d’attaque sont assez généreux, sa garde au sol aussi et il est même possible de les améliorer en cochant la case « garde au sol accrue », cette dernière passant ainsi de 20 à 22 cm.

Tarification et Finitions

Inutile de tourner autour du pot, le Classe X ne porte pas une étoile juste pour faire joli et reste tout à fait fidèle aux grandes traditions de la marque de Stuttgart en termes de tarification. Cela signifie qu’il est cher et que les options sont nombreuses. Mais peut-être pouvons-nous immédiatement nuancer ce propos en précisant qu’il est certes bien plus cher que le Nissan Navara (+7 à 8000 € selon les finitions) mais déjà nettement moins que le Renault Alaskan avec lequel la différence de prix est plutôt de l’ordre de 3 à 4000 €.

Ainsi la finition Pure qui démarre à 36 780 € avec le moteur 2.3 l de 163 ch en boîte mécanique et en 4×2 propose-t-elle un véhicule très basique et très rustique pour une utilisation clairement professionnelle. Pare-chocs non peints, jantes en acier de 17 pouces, climatisation manuelle, on ne trouve que le strict nécessaire sur cette ligne. La finition Progressive qui débute à 40 830 € rend le Classe X plus « présentable » avec ses pare-chocs peints, ses jantes alliages ou ses buses de ventilation argentées à l’intérieur mais conserve une dotation générale relativement limitée.

Seulement voila, comme tout bon constructeur premium qui se respecte, Mercedes-Benz a aussi jugé bon de proposer un catalogue d’options particulièrement fourni. Il n’offre pas que des désavantages car il est possible d’en cocher beaucoup même sur la finition Pure, ce qui fait qu’un client souhaitant conserver l’aspect rustique extérieur tout en profitant d’un certain luxe à l’intérieur le peut. Mais, à force, la facture s’élève assez rapidement.

Nos véhicules d’essais culminaient ainsi pour certains à près de 60 000 € sans pour autant être absolument full options. A ce prix on a un cependant un véhicule très correctement équipé mais n’espérez pas trouver sur ce Classe X l’éventail presque infini des aides électroniques proposées par ailleurs dans la gamme Mercedes-Benz. Le classe X est d’abord pensé comme un VU même s’il a des prétentions VP.

Marché et Perspectives

Le marché des pick-up de taille moyenne connait une croissance tout à fait remarquable depuis quelques années et les prévisions pour les années à venir sont tout aussi optimistes (+ 43 % estimés d’ici 2026 au niveau mondial). En France le segment du pick-up double cabine se porte également très bien profitant tout particulièrement de son statut fiscal un peu particulier l’exonérant du système de bonus-malus écologique.

Relativisons cependant tout de suite les choses. Vous ne croiserez pas des Classe X à chaque coin de rue immédiatement, ne serait-ce que parce que la ville n’est pas spécialement son terrain de jeu favori. Le marché hexagonal se porte bien... Ce pick-up, construit avec la collaboration de Renault-Nissan, élaboré à partir de la base du Nissan Navara, tient à s’en différencier techniquement (équipement et planche de bord, voies élargies, freinage, etc.) et visuellement : la marque offre aussi à « son » pick-up double cabine une gamme d’accessoires de personnalisation (capot fermant, barres de style sur notre modèle, hard-top avec ou sans barres de toit…).

Au niveau des motorisations, trois diesels sont proposés : le 200 d (163 ch) le 250 d (190 ch) et bientôt le V6 diesel 4×4 de 258 ch. L’attelage culmine à 50 cm, il faut avoir une caravane avec des roues de 14 ou 15’’. C’est presque une surprise, le Classe X est très agréable à conduire en traction tout simplement parce que l’appui sur le train arrièreadoucit la suspension, la rendant moins sautillante que quand la benne est vide.

En roulant en solo en 4×2, il n’est pas si gourmand que cela. En solo, la consommation raisonnable (8,1 l) passe à presque 50 % de plus en traction (11,8 l), il est vrai que nous avons tracté en 4×2 mais aussi en 4×4 (répartition de la motricité avant/arrière à 50/50), ce mode permettant d’avoir des trajectoires plus précises et presque plus aucun glissement dans les virages, quand la caravane pousse. Précisons que le mode 4×4 peut aussi passer en configuration vitesses courtes « 4 L », que nous avons bien sûr essayée sur terrain gras, une utilisation envisageable dans les allées d’un camping.

Motorisations et Performances

Pour mouvoir la bête de 2,2 tonnes et 5,34 de long, il fallait un moteur à la hauteur. Au départ, le Mercedes-Benz Classe X n’était disponible qu’avec le moteur Renault quatre cylindres 2,3 litres (X220d de 163 ch et X250d de 190 ch). Un peu juste pour un pick-up qui se veut prémium, avec notamment des accélérations poussives et des chronos banals, comme le 0 à 100 km/h en 11,8 secondes.

Heureusement, le Mercedes-Benz Classe X est désormais proposé en version 350d, équipé d’un six cylindres de 3 litres Mercedes qui développe 258 ch et offre un couple de 550 Nm. Cette fois, le 0 à 100 km/h s’effectue en 7,5 secondes. C’est cette version diesel que nous vous conseillons vivement. Elle offre un agrément de conduite digne d’une Mercedes, avec sa transmission intégrale permanente et sa boîte automatique à 7 rapports.

Malgré ses 2 234 kg, le Mercedes Classe X surprend sur route. Le 2,3 L suffit amplement à mouvoir l’engin. Malgré un manque certain de caractère à bas régime, l’association avec la boite automatique à 7 rapports fonctionne parfaitement. Le Classe X peut se vanter d’être parmi les plus confortable du segment, aidé bien sûr par les sièges digne d’une berline, même si au final on reste loin du confort d’une grande berline, mais surtout grâce une suspension à ressorts hélicoïdaux à l’arrière (là où la concurrence se contente encore de ressorts à lames).

Le Classe X en Seconde Main

Le principal frein au succès du Mercedes Classe X était son prix, beaucoup trop élevé pour un pick-up, aussi luxueux soit-il. Bonne nouvelle pour les fans de la marque à l’étoile : le Classe X vit une seconde carrière sur le marché de l’occasion, où les bonnes affaires sont légion.

Le Mercedes Classe X n’est plus proposé au catalogue du constructeur allemand, mais on peut heureusement le trouver sur le marché de l’occasion. Il existe ainsi, en motorisation 4 cylindres, à partir de 36 990 euros, en finition Power, le haut de gamme, avec moins de 50 000 km au compteur. Ce Mercedes Classe X 250d est bonne affaire, mais on vous conseille le moteur plus puissant, le V6 diesel de 258 ch.

Avis d'un Utilisateur

« Ce pick-up est très polyvalent. Il convient aussi bien pour les trajets professionnels que personnels. » En clair, il allie confort, puissance et utilitaire. Contrairement à la plupart des autres modèles, celui-ci ne bénéficie pas d'une suspension arrière à lames de ressort. Le confort de l'opérateur s'en ressent aussitôt !

Sous le capot, le bolide embarque cette fois un vrai moteur six cylindres en V de 3 l de cylindrée. D'origine Mercedes bien sûr ! Le bloc développe 258 ch à 3 400 tr/min. « Autant dire que ça pousse ! », s'exclame le fan de voiture. C'est sans compter sur la boîte automatique à convertisseur 7G-Tronic Plus, associée obligatoirement à ce moteur. Elle adapte automatiquement le rapport en fonction de la puissance demandée par le conducteur.

À l'intérieur, la finition n'est pas en reste. Selon l'agriculteur, la finition est digne des berlines de renom. « On y trouve tout le nécessaire : climatisation automatique, siège en cuir à réglage électrique et chauffant, GPS, feux et essuie-glaces à allumage automatique... là encore, pas de différence avec mon 4x4 », liste le jeune homme, conquis. Les places arrière sont également confortables, notamment grâce à la double cabine, qui offre suffisamment d'espace pour les jambes. Ceux qui souhaitent l'utiliser également le week-end pourront promener toute la famille en sécurité grâce aux fixation Isofix pour les sièges enfant.

Question utilitaire, les dimensions de la caisse autorisent le chargement d'une palette (dans les deux sens) de semences ou d'un big bag d'engrais par exemple. « C'est généralement ce que je transporte », précise l'exploitant. La charge utile du pick-up est de 963 kg, ce qui l'autorise à la manœuvre. Le tout sans entacher la capacité de traction de quasiment 3 t (2 930 kg).

Tableau Récapitulatif des Motorisations

Modèle Moteur Puissance Couple Transmission
X 200d 2.3 L Diesel 163 ch Non spécifié Manuelle
X 250d 2.3 L Diesel 190 ch 450 Nm Automatique (option)
X 350d 3.0 L V6 Diesel 258 ch 550 Nm Automatique 7G-Tronic Plus

tags: #mercedes #classe #x #utilitaire #avis

Articles populaires: