Chez Mercedes, le confort est une valeur immuable. Bien que difficile à conjuguer avec l'essence d'un cabriolet, cette notion a tout de même motivé l'élaboration de cette nouvelle Classe E à ciel ouvert.
Pour tenir ses promesses, l'allemande se dote d'un inédit système de gestion des remous d'air, baptisé Aircap. Quant à l'élégance, la Classe E Cabriolet reste fidèle au couvre-chef en toile de sa devancière CLK, et préserve ainsi sa ligne des lourdeurs imputées par un toit rigide.
Chic et sportive
Sans surprise, le cabriolet emprunte les lignes générales de la Classe E Coupé et jouit, lui aussi, d'un fort pouvoir d'attraction. Parmi ses beaux atours, notons les feux avant en deux blocs, l'étroite calandre à lames, les anti-brouillards à LED mais aussi le spoiler au ras du sol. La Classe E Cabriolet séduit aussi par ses airs de bourgeoise dévergondée.
Un trait de caractère trahi par sa ceinture de caisse inclinée vers la proue, son pare-brise oblique ou encore sa belle carrure d'épaule.L'intégration du toit, talon d'Achille des cabriolets quatre places, est ici très heureuse. Grâce à l'utilisation d'une capote en toile, l'élégance est préservée lorsque l'allemande se découvre. La matière souple de son pavillon lui permet de s'accommoder d'un petit espace de rangement au dessus du coffre.
La Classe E se rhabille en 20 secondes, jusqu'à 40 km/h, et n'entame en rien son capital séduction une fois la capote en place.
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De la place pour quatre
L'intérieur brille également par son sérieux de fabrication, mais l'ambiance morose jure ici avec les lignes extraverties du cabriolet. D'ailleurs, rien ne distingue l'habitacle de cette Classe E découvrable de celui du coupé, hormis le filet anti-remous entre les deux sièges arrière et quelques équipements spécifiques.
Pour autant, les qualités de cette Classe E Cabriolet sont nombreuses. Louons l'espace généreux qui permet à quatre occupants d'y loger sans peine. Dommage, en revanche, que le décalage d'alignement entre les sièges arrière et avant oblige les passagers à orienter légèrement les jambes vers le milieu pour caler les genoux dans les renfoncements prévus à cet effet.
Efficience et agrément
Au registre des motorisations, le cabriolet joue également le mimétisme avec sa cousine. Le catalogue est le même que celui du coupé, et privilégie toujours le rapport consommation/puissance. A l'image de BMW, Mercedes a beaucoup travaillé sur le rendement de ses moteurs et associe d'ailleurs chaque version aux technologies BlueEFFICIENCY. Seule la redoutable E Cabriolet 500 échappe au traitement ''vert''.
Pour notre essai, c'est le 4 cylindres de la version 250 CDI qui a été retenu. Connu pour son petit appétit, il se montre également frugale sur la Classe E Cabriolet (6,2 l/100 km d'après Mercedes). S'il n'est pas paresseux pour un sous, ce moteur ne procure pas de folles sensations. Il remplit néanmoins parfaitement sa mission en offrant un très bon agrément de conduite et en se maintenant dans la zone neutre de l'éco-pastille, à condition d'opter pour la boîte mécanique à 6 rapports.
En revanche, avec la transmission automatique de notre essai, l'allemande prend un malus de 750 euros. Petit bémol également pour le bruit de ce bloc diesel, qui peine à se faire discret, surtout décapoté.
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Cheveux au vent, mais pas trop
Pour permettre aux passagers de ''cruiser'' découvert même par temps frais, Mercedes a mis au point deux systèmes, dont un totalement inédit. Il s'agit d'un déflecteur coupe-vent mobile, situé au sommet du pare-prise, actionnable par une simple pression sur un bouton. L'Aircap, c'est son nom, dirige le flux d'air hors de l'habitacle et réduit ainsi fortement les perturbations jusqu'à 130 km/h. Le résultat est impressionnant, même sur autoroute.
Il faudra en revanche s'accommoder du bruit généré par le courant d'air qui forme une sorte de coupole au dessus de l'habitacle.L'autre innovation pour éviter le rhume, c'est l'Airscarf. Ce chauffage de nuque placé en bas de l'appuie-tête des sièges avant diffuse un air chaud qui agit comme une écharpe. Déjà vue sur le SLK, et même sur la Peugeot 308 CC, cette technologie a évolué pour accueillir des buses d'aération orientables pour une plus grande efficacité.
En terme de comportement, la Classe E Cabriolet s'en sort également la tête haute. Si les folles cavalcades ne l'enchantent guère, elle prend plaisir à promener ses passagers dans un confort absolu grâce à un amortissement très bien géré, une position de conduite intuitive et des commandes souples et précises. Même à rythme élevé, elle distille un certain plaisir et fait preuve de réactions très rassurantes.
Plaisir coûteux
Séduisante, saine et appréciable aux quatre saisons, la Mercedes Classe E Cabriolet est indiscutablement réussie. Néanmoins, toutes les bonnes choses ont un coût et l'allemande se monnaye assez chère. Comptez 46 900 euros en prix d'appel, pour une version E200 CGI BE. C'est 3 000 euros de plus qu'une BMW Série 3 Cabriolet à motorisation équivalente et 2 000 euros de plus qu'une Audi A5 Cabriolet. Notre modèle d'essai 250 CDI avec boîte automatique 5 rapports s'échange contre un minimum de 50 600 euros.
La Mercedes Classe E Cabriolet permet d'en profiter davantage avec l'Airscarf et son nouveau système Aircap. Ce n'est pas tout, puisque ce cabriolet quatre places est équipé du tout nouveau système Aircap destiné à protéger les passagers des places arrière des turbulences et de la fraicheur de l'air...
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Le moteur 4 cylindres en ligne diesel de 2143cm3 développe 204 chevaux à 4200tr/min mais surtout un couple important de 500Nm dès 1600tr/min. L'allonge est réduite mais on bénéficie de bonnes reprises pour rendre le voyage certes plus dynamique que sportif, mais toujours agréable. On peut bien entendu compter sur la boîte de vitesses automatique pour gérer au mieux la disponibilité du moteur avec un savant mélange d'agrément et de tonicité.
Disposant d'un couple conséquent, de changements de rapports discrets et d'un châssis assez vif, cette Classe E250 cabriolet permet d'opter pour une conduite un peu engagée ou de se laisser bercer par le voyage dans un rythme suffisant. En l'augmentant (le rythme), la sonorité se fait plus présente mais ne se montre pas trop gênante si le son d'un diesel dans un cabriolet ne vous enthousiasme guère. C'est le cas décapoté mais aussi capoté grâce à l'excellente insonorisation de la Classe E Cabriolet.
Avec du couple mais une allonge un peu réduite, on opte rapidement pour se laisser transporter en profitant du grand air, emporté par un moteur discret lorsqu'on ne le brusque pas et pourtant très efficace. Côté style, extérieurement on retrouve toutes les caractéristiques des autres Classe E. C'est aussi le cas à l'intérieur avec un excellent confort et un équipement ultra complet qui était arrivé en même temps que la Classe E berline : Attention Assist, détecteur d'angle mort, Distronic Plus, etc.
Quelle que soit sa motorisation, le principal intérêt de cette Classe E Cabriolet, en plus de sa ligne à la fois moderne par son coup de crayon et traditionnelle avec cette jolie capote en toile, réside dans le fait de pouvoir profiter des joies d'un cabriolet à quatre adultes. Même en mesurant 1m80, on n'a pas les genoux dans le dossier du siège avant et l'ergonomie du siège est excellente. Il ne manque que le chauffage de nuque (Airscarf) ou les sièges chauffants pour être au même niveau de confort qu'à l'avant.
En plus de l'Airscarf qui maintenant s'oriente, Mercedes innove en proposant le fameux Aircap découvert en même temps que ce cabriolet. L'Aircap est un déflecteur qui se déploie tout en haut du pare-brise sur toute sa largeur, pour créer un flux d'air protecteur pour les 4 places. Ce n'est pas automatique, il faut appuyer sur un bouton à l'avant à côté des autres boutons pour manoeuvrer la capote.
A l'avant, les petits mouvements d'air qu'on pouvait sentir disparaissent. A l'arrière, c'est encore plus perceptible puisque le flux d'air gagne environ 20cm en hauteur et protège parfaitement en mesurant environ 1m65. Au-delà, les remous existent toujours un peu tout en étant fortement atténués, mais ceci dépend bien entendu de votre taille de buste!
Enfin, pour mieux se protéger ou s'exposer à l'arrière, on peut baisser ou remonter les deux appuie-têtes ainsi que le filet anti-remous. Celui-ci est lié aux appuie-têtes et masque un peu la vue dans le rétroviseur central lorsque la capote est fermée. S'il y a une climatisation séparée pour les passagers à l'arrière, il faudra toutefois demander au conducteur de manoeuvrer ces appuie-têtes, le bouton est à l'avant sur la console centrale.
Pour nettoyer ce formidable piège à insectes qu'est l'Aircap, il faut penser à le sortir avant de passer la voiture sous le jet. Deux autres boutons accompagnent celui de l'Aircap : un pour descendre (ou remonter) les quatre vitres d'un coup et un pour couvrir ou découvrir la Mercedes. La manoeuvre s'effectue en 20 secondes. Une fois couverte, la hauteur à l'arrière est un peu réduite pour les grands. Comme pour l'Aircap, ça va mieux en mesurant moins d'1m80.
Mais le plus bluffant, en dehors de l'excellente qualité de la finition de cette capote en toile, est sans aucun doute l'isolation phonique. Certains coupés cabriolets (avec un toit rigide) ne font pas mieux. Il n'y a quasiment pas de bruit d'air et tous les sons extérieurs sont nettement atténués.
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La nouvelle Mercedes Classe E berline avait apporté avec elle de nouvelles lignes, un nouvel agrément de conduite et un équipement électronique très complet. Le cabriolet disponible en 4 ou 6 cylindres en motorisations diesel (CDI BlueEfficiency), dernier né de la famille Classe E, ajoute indéniablement un complément d'élégance. Un esprit sport/chic avec la dynamique du coupé et cette très jolie capote en toile à la fois classique dans son style et très moderne techniquement par l'excellente insonorisation qu'elle procure une fois fermée.
Mercedes a travaillé avec sa Classe E cabriolet, à proposer un cabriolet pour quatre utilisable toute l'année ou presque d'après la marque, le résultat est pertinent. Voyager à l'avant, sans veste ni manteau ni même un pull par une petite dizaine de degrés, c'est effectivement possible et même agréable en combinant le siège chauffant, le chauffage, l'Airscarf pour la nuque et l'Aircap pour la tête.
A l'arrière dans les mêmes conditions, jusqu'à un taille d'1m65 c'est très correct, non pas à cause de la place disponible mais plutôt des mouvements d'air sur la tête même avec l'Aircap déployé. Quoi qu'il en soit, la protection est étonnamment efficace et permettra à toute la famille de profiter de la route en cabriolet bien plus souvent qu'avec le précédent CLK ou d'autres cabriolets (ou coupés cabriolets) concurrents.
Cette motorisation 4 cylindres de 204 chevaux apporte surtout un couple important de 500Nm dès 1600tr/min au E250 CDI. L'auto est suffisamment dynamique pour profiter d'une conduite agréable avec une consommation raisonnable. L'agrément sans le désagrément pourrait-on résumer, c'est-à-dire que l'E250 CDI apporte ce qu'on attend d'un cabriolet 4 places sans excès, juste ce qu'il faut pour le plaisir de voyager cheveux au vent.
Tableau récapitulatif des caractéristiques techniques
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Moteur | 4 cylindres en ligne diesel |
| Cylindrée | 2143 cm3 |
| Puissance | 204 chevaux à 4200 tr/min |
| Couple | 500 Nm dès 1600 tr/min |
| Consommation | 6,2 l/100 km (données constructeur) |
| Prix de base | 46 900 euros (E200 CGI BE) |
| Prix modèle testé | 50 600 euros (250 CDI BVA) |
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