La Mercedes Classe S Cabriolet représente le summum du luxe et du confort à ciel ouvert. Deux ans après la variante Coupé, Mercedes enlève le haut de la Classe S et prétend avoir conçu le cabriolet le plus confortable du monde. Proposer un cabriolet à son catalogue est un luxe. De nombreux constructeurs n'en n'ont pas, ou plus les moyens. Chez Mercedes en revanche, on n'a que l'embarras du choix.

Avec deux roadsters (SL et SLC) et désormais trois berlines (C, E et S), Mercedes s'impose comme le spécialiste du genre. La marque à l'étoile est le constructeur qui dispose du plus grand nombre de cabriolets à son catalogue. Qui aurait imaginé un jour que Mercedes ose décliner sa luxueuse berline de plus de 5 mètres en ce fantastique engin à ciel ouvert ? Peut-être certains en ont rêvé en découvrant le sublime Coupé lancé en 2014. C'est en effet bien celui-ci qui a servi de base de développement. Et ça se voit : la capote souple respecte assez fidèlement l'élégance de la ligne. Tandis qu'à l'arrière, le style du Coupé se retrouve notamment au niveau des optiques.

Mais en fait, cette Classe S cabriolet représente avant tout un retour aux sources pour Mercedes. Elle incarne 50 ans plus tard la relève de son ancêtre, l'élégante 220 SE. C'est certain, le coup de crayon s'est "aiguisé". La sagesse d'antan a fait place à un style agressif. Faire de cette Classe S "le cabriolet le plus confortable au monde" est ouvertement l'ambition de la marque. Et pour y parvenir l'habitacle reste un véritable écrin mêlant luxe et technologie : on retrouve à l'identique l'environnement du Coupé avec ses deux énormes écran de 30 cm trônant fièrement sur un mobilier entièrement gainé de cuir.

Un Intérieur Luxueux et Technologique

Le soin apporté au choix des matériaux et aux finitions de cette version AMG ne souffre d'absolument aucune critique. On a un peu l'impression de voyager à bord d'un yacht de luxe. Du moins tant que l'on reste aux places avant. Car à l'arrière le traitement n'est pas le même : la place aux jambes manque cruellement. Ceux qui ont l'habitude de rouler en cabriolet le savent bien : ce n'est pas vraiment lorsque les températures sont les plus élevées que rouler décapoté est le plus appréciable. Heureusement notre Classe S cabriolet était dotée de série d'un épais double vitrage et d'une capote acoustique triple épaisseur. Mercedes annonce d'ailleurs que l'isolation thermique et sonore est identique à celle du Coupé. Ce n'est pas non plus tout à fait le cas.

Pour prétendre au titre de cabriolet le plus confortable du monde, Mercedes s'est servi de toute son expérience dans le domaine, en concentrant l'ensemble des équipements dont profitent les autres modèles de la gamme. A l'instar du Coupé, les sièges sont chauffants et ventilés. Mais sur le cabriolet, raffinement absolu : le volant et les accoudoirs chauffent aussi pour compléter l'ensemble. D'ailleurs, la climatisation à elle seule, recourt à pas moins de 12 capteurs et 18 moteurs pour adapter automatiquement la diffusion du flux d'air et garantir une température optimale, quelles que soient les conditions, capoté ou non.

Lire aussi: Service B Mercedes Classe A W176

Capote et Confort Thermique

La capote justement, se déploie assez rapidement : en 17 secondes et jusqu'à une vitesse de 60 km/h. S'il fait un peu frais comme aujourd'hui, on peut déclencher comme sur le SLC, un chauffage de nuque, qui va créer une véritable écharpe d'air chaud. Et pour anéantir les turbulences, il est possible comme sur le Cabriolet Classe E, de déployer simultanément avec le filet anti-remous, un petit déflecteur situé au sommet de la baie de pare-brise. Le résultat est assez bluffant d'efficacité.

Rouler à ciel ouvert est une sensation incomparable, mêlant sentiments de liberté et de plénitude. Cela se paie cependant par quelques désagréments : fraîcheur et courants d'air notamment. Mercedes s'est évertué à les réduire au maximum avec l'ambition de proposer le cabriolet le plus confortable du monde. Du Coupé Classe S, apparu il y a un peu plus d'un an en remplacement du fameux CL, le Cabriolet conserve tout, ou presque. À commencer par la ligne majestueuse que lui autorisent ses cinq mètres de long. Très réussi, le dessin de la capote préserve le dynamisme et l'élégance du profil. Le châssis a, lui, été renforcé comme il se doit afin d'offrir une rigidité torsionnelle que Mercedes situe au niveau de celle du coupé.

Motorisations et Performances

Une multitude d'équipements, qui comme vous vous en doutez pèsent lourd. D'autant que cette Classe S n'est proposée qu'en version intégrale. Avec un poids de 2,185 kg sur la balance (oui vous avez bien lu) le Cabriolet prend 90 kg face au Coupé. Il faut donc des moteurs particulièrement "efficaces". En l'occurrence, Mercedes ne propose que des moteurs essence sur cette Classe S cabriolet : deux V8 et un V12, tous bi-turbo. Nous avons donc opté pour la Sportive 63 AMG. Tenez-vous bien : avec 585 ch, nous ne sommes à bord que de la version intermédiaire.

Mais en pratique, le V8 bi-turbo de cette version 63 AMG a beau se montrer moins puissant que le V12 de 65 AMG (de 630 ch), c'est pourtant bien lui qui se montre le plus performant : le 0 à 100 km/h est atomisé en 3,9 secondes ! Soit 2 dixièmes plus rapidement que le V12. Mais la philosophie de cette S cabriolet n'est pas vraiment de brusquer ses occupants. La sonorité de ses échappements est certes bestiale, le châssis se montre néanmoins étonnamment confortable. Oui le poids est clairement sensible : pied au plancher, on ressent bien l'impression d'une énorme masse qui se retrouve propulsée par les 4 roues motrices jusqu'à 6.500 tr/min (on est d'ailleurs un peu surpris au premier freinage céramique).

Mais le châssis se révèle aussi rigide que celui du Coupé. Et la suspension pneumatique assure une bonne gestion des mouvements de caisse, sans pénaliser le moelleux de l'amortissement. Un parfait compromis. Cette Classe S est-elle le cabriolet le plus confortable du monde ? Si l'on ne considère que les constructeurs généralistes et premium, la réponse est oui. D'ailleurs Audi n'a rien à sa hauteur, et chez BMW la Série 6 appartient au segment inférieur. En revanche, au tarif de 202.600 euros pour notre version 63 AMG (soit 15.300 euros de plus que le Coupé), on peut commencer à regarder du côté de la Continental GT chez Bentley. Ou pourquoi pas vers une future Aston DB11 volante, qui devrait d'ailleurs disposer du même V12 signé AMG.

Lire aussi: Guide CarPlay Mercedes CLA

Confort et Agrément

La motorisation S 400 V6 de 367 chevaux n'étant pas retenue pour le Cabriolet, la gamme ne comprend que trois versions, contre six au Coupé. Objet de cet essai et constituant à nos yeux la version la plus homogène, de par sa ligne sobre, ses prestations déjà très relevées et son prix pas trop exubérant, le S 500 est animé par un V8 biturbo 4,7 litres de 455 chevaux. Plus axée sur la performance et plus extravertie, la déclinaison AMG S 63 4Matic recourt également à un V8 suralimenté, mais de 5,5 litres de cylindrée. Il délivre 585 chevaux, assortis d'un couple titanesque de 900 Nm, et est associé à une boîte automatique à sept rapports, au lieu de neuf, ainsi qu'à une transmission aux quatre roues. Enfin, affirmant le caractère exceptionnel de cette splendide découvrable quatre places, la version AMG S 65 fait rimer luxe et démesure avec, sous le capot, un V12 biturbo 6 litres de 630 ch.

Repris du Coupé, l'univers intérieur est celui, cossu et chaleureux, d'une limousine. Pas une faute de goût et une présentation léchée qui dégage une impression de qualité hors du commun. L'équipement, qu'il soit de confort ou de sécurité, est à l'avenant, avec, comme aspect le plus visible, un écran numérique d'une bonne soixantaine de centimètres de large qui intègre l'instrumentation et les systèmes multimedia. Fermée, l'épaisse capote a toutes les qualités d'un toit rigide. Elle s'ouvre en moins de vingt secondes d'une simple pression sur un bouton ou, à distance, avec la clef de contact. Manœuvre qui peut s'effectuer en roulant jusqu'à 60 km/h.

Malgré les dimensions généreuses de la belle, les places arrière ne sont, de toute façon, pas très spacieuses et restent exposées à des courants d'air fatigants à la longue. Les effets protecteurs de l'Aircap ne se font en effet pleinement sentir qu'aux places avant. Proposé en option (1 200 €), ce qui à ce niveau est mesquin, ce système permet en effet de déployer simultanément un déflecteur au-dessus du pare-brise et un filet anti-remous derrière les sièges arrière.

Le bonheur tient à peu de choses : du soleil, une belle route et… un Cabriolet S 500. Il ne roule pas. Il glisse, il vole. Ses suspensions pneumatiques à amortissement adaptatif avalent toutes les inégalités en douceur, jusqu'aux ralentisseurs les plus redoutables. Et, à 90 km/h, le gros V8 ronronne pratiquement au régime du ralenti sur le neuvième rapport. Mais le luxe, c'est aussi, quand l'envie et l'occasion se présentent, de lâcher la bride. Sous ses airs de paquebot, le S 500 révèle alors un dynamisme de voiture de sport. Bien aidé par une boîte automatique aussi douce que réactive, surtout si l'on opte pour le mode manuel avec les palettes au volant, le V8 fait parler la poudre.

Tout aussi impressionnant est le comportement de ce mastodonte sur une route sinueuse. Bien protégé, au chaud et en communion avec l'environnement, on laisse ainsi défiler les kilomètres sans la moindre appréhension, sans la moindre fatigue. Donc, dans un pur esprit Grand Tourisme. Le Cabriolet S 500 n'a d'ailleurs qu'un seul vrai rival : le Bentley Continental GTC (507 ch, 188 640 €).

Lire aussi: Guide d'achat Mercedes Classe A 190

Tarifs et Concurrence

La Classe S Cabriolet débute sa carrière avec une version S 500 dotée d’un bloc V8 de 455 ch. Il est associé à une boîte auto 9 rapports. Mais pour ceux qui en veulent plus, Mercedes propose déjà une version AMG, la 63, avec V8 5.5 biturbo de 585 ch. La vitesse maxi est limitée à 250 km/h et le 0 à 100 km/h est réalisé en 3,9 secondes. La boîte a ici 7 rapports et la puissance est envoyée aux quatre roues.

Dernière chose, le prix : on l'a dit, ce modèle n'est disponible qu'à partir de la S500, et il faudra sortir de son portefeuille 153900 au bas mot, auxquels il faudra rajouter 6500 € de malus. Quand on aime, on ne compte pas : c'est le sommet de la gamme cabriolet Mercedes, pour ceux qui ne sauraient se satisfaire des deux places un peu égoïstes d'une SL, cette S cabriolet est une réponse et un formidable outil pour voyager en profitant de l'air, de la nature, des odeurs et des paysages.

Mais les alternatives face à cette S cab’ sont rares avec, un ton en dessous en habitabilité comme en halo, les BMW 650i (450 ch) et Maserati GranCabrio (450 ch) et, dans d’autres sphères de prestige, la Bentley Continental GTC (507 ch). Il y a pire comme dilemme.

Tableau Récapitulatif des Motorisations

Modèle Moteur Puissance 0-100 km/h
S 500 V8 biturbo 4.7L 455 ch N/A
AMG S 63 4Matic V8 suralimenté 5.5L 585 ch 3.9 s
AMG S 65 V12 biturbo 6.0L 630 ch N/A

tags: #mercedes #s #coupe #cabrio #avis

Articles populaires: