Mercedes pose un nouveau jalon dans la famille des SUV en renouvelant le ML. Si le précédent n'est pas vraiment démodé, le nouveau venu paraît indéniablement plus mature.
Après une phase de désaffection au début des années 2000, liées à l'image ( à tort ) incompatible avec les enjeux énergétiques et environnementaux, les SUV huppés ont connu un regain d'intérêt. Aujourd'hui, BMW X5, Porsche Cayenne et Mercedes ML sont portés par les efforts réalisés sur les motorisations, et d'une manière plus générale par la bonne santé du marché premium et haut de gamme.
Chez Mercedes, on ne s'est pas contenté de revoir ses proportions. Les derniers codes esthétiques de la marque sont adoptés, principalement au niveau de la face avant avec des optiques plus effilées et pourvues d'une rampe de Leds. Au niveau des passages de roues arrière également, avec la nervure d'inspiration « ponton » vue sur la Classe E depuis quelques temps déjà.
La face avant, adoptant une calandre plus imposante, est aussi plus verticale que sur le ML de 2005. Plus virile aussi, surtout sur notre modèle Fascination doté du pack AMG, avec bouclier avant taillé à la serpe ( et un peu trop clinquant, avec ses chromes massifs sans doute plus au goût du marché américain?
Sur route aussi, où pour se rendre à Kitzbühel, la célèbre station de sports d'hiver autrichienne, nous avons traversé Bavière et Tyrol. Mercedes ne cache pas le clin d'œil : ce haut lieu du sport en Autriche, multidisciplinaire, était le cadre idéal pour évaluer cet athlète complet. Même en descente escarpée.
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Mercedes a pris le parti de purement et simplement oublier le ML500 et son V8 pour la France, terrain trop peu fertile pour les mécaniques de ce ressort. Le sommet de la gamme sera réservé, l'an prochain, au ML 63 AMG. En attendant, l'athlète est plus marathonien que sprinteur.
On pourrait s'attendre à une suprématie du V6 diesel 350 BlueTEC de 258 ch et de son couple de 620 Nm dès 1600 trs/mn, plus approprié à un SUV et à sa philosophie de grand voyageur. Mais sur la route, le choix n'est pas si évident même si ses atouts sont réels.
À savoir une civilité et une sobriété de bon aloi : lors de l'essai, sans atteindre les 6,8 l/100 annoncés, nous sommes parvenus à un honnête 8,8 l, sans donner dans l'éco-conduite... Son souffle assène très tôt une poussée franche qui fait oublier la masse du ML, et se permet même de vous gratifier d'un discret feulement lors des montées en régime.
L'agrément des V6 Mercedes est au rendez-vous
Mais pour le frisson mécanique et l'émotion, le ML est sage. Tout est relatif bien sûr, et la palme de l'agrément revient à son homologue 350 essence Blue Efficiency. On connait déjà bien cet excellent bloc 3,5 litres de 306 ch, chantant et très vif.
Là, on pourrait craindre son manque de couple sur un engin de 2130 kg. Aïe. Pas vraiment, au final : il grimpe vaillamment dans les tours, et si les performances sont très légèrement inférieures au 350 diesel, elle restent correctes ( 7,6 contre 7,4 s pour le 0 à 100 km/h ).
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La puissance le compense, et son caractère plus pointu et musical apportent un sympathique décalage à un véhicule que le commun des européens envisage surtout en carburant au fioul... Mais le grand frisson n'est pas encore là. Même en franchissement, il s'en tire avec brio.
Pour les gros rouleurs, ou ceux qui ont bateaux ou chevaux à tracter, le couple du diesel est néanmoins préférable. Mais... Dommage. La boite, encore une fois, ternit le tableau pour qui voudrait hausser le rythme. En accélération, elle met du temps à passer le rapport supérieur même en conduite coulée.
D'autres fois, elle rechigne à rétrograder impliquant à anticiper lors de dépassements un peu limites. Au moins, la vocation du ML se rappelle à notre bon souvenir et incite à rester placide.
À ce propos, à défaut de susciter beaucoup d'excitation, le petit 4 cylindres 2,2 l diesel du 250 CDI attise la curiosité. Mercedes voulait en effet proposer le SUV haut de gamme le plus sobre du segment.
Finalement, il ne s'en tire pas trop mal mais il se contente de faire ce qu'on lui demande : ébranler les plus de 2 tonnes du SUV Mercedes avec des performances à peu près correctes et surtout une sobriété qui fait de lui le plus frugal du segment. Sur ce point, c'est réussi : nous avons relevé une moyenne de 7,8 l/100 ( 6 l annoncés ) sur notre parcours. En revanche, malgré ses 500 Nm, ses 204 ch sont juste suffisants. D'autant qu'en relance, il a tendance à s'exprimer par un grondement peu élégant.
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Sur les sinueuses routes tyroliennes, pas de chant polyphonique en culotte de cuir. C'est du sérieux : on peut soigner ses trajectoires, la motricité est imperturbable et le système anti-roulis Active Curve System ( barres stabilisatrices actives ) encaisse à merveille les transferts de masse du mastodonte.
Toujours en douceur, avec un touché de route feutré. Il vire à plat, donnant le sentiment d'avoir affaire à la pointure en dessous... jusqu'à un certain point, évidemment. Pas de miracle centrifuge et encore moins centripète, on ne change pas un pachyderme en ballerine, monsieur Coriolis vous le rappelle par l'intervention du contrôle de stabilité en enchaînements trop musclés.
Néanmoins, il y a un tour de force : optimiser dynamisme sur route tout en parvenant à de telles capacités en off-road, c'est du jamais vu. Là, le ML vient chasser sur les terres d'un certain Range, référence du genre. Sauf que le Mercedes offre un compromis exceptionnel entre prestations routières et tout-terrain.
À condition d'avoir choisi le pack On & Offroad, à recommander. Pour une majorité des clients du ML, rien ne changera : la plupart des obstacles qu'ils connaitront, ce sera les trottoirs de l'ouest parisien ou à la rigueur quelques routes des Alpes pas très bien dégagées en hiver. Dommage, car ses limites en sont à des lieues.
On se prend à encaisser des déclivités latérales de 30% sur deux roues, sans rechigner. Et on l'entend vivre, avec les transferts de pont qui claquent. Incongru, dans cet écrin? Sans aller jusqu'à exploiter au maximum ses possibilités ( descendre une pente de 60 % à vitesse stabilisée, dans la boue, tout en gardant un semblant de pouvoir directionnel...
Pas qu'en dehors des sentiers battus, puisque l'Autobahn reste son terrain de prédilection. Les grandes étapes à haute vitesse abattues en toute décontraction ( et en toute légalité lors de la partie d'essai outre-Rhin ) sont un des gros atouts du ML, qui en font une alternative aux grandes routières. Même sous une pluie battante, motricité et freinage restent de haut niveau. Pour ce dernier, on regrette néanmoins un toucher artificiel et spongieux. Perturbant, lorsqu'il y a plus de 2 tonnes à stopper net, mais au moins le ML freine fort.
À l'instar de la robe, l'habitacle a gagné en sérieux... et en angles. Le soin porté aux matériaux et à l'assemblage a encore monté d'un cran, et on se rapprocherait presque d'une... Classe S en tenue des champs. Boiseries, cuirs surpiqués et plastiques de belle facture confirment la montée en gamme du ML. Certains sont un peu légers au toucher, au niveau du combiné d'instrumentation par exemple. Personne n'est infaillible! Mais globalement, l'atmosphère est valorisante.
Enfin, l'habitabilité a légèrement progressé ( + 3,5 cm en largeur à l'arrière ), et trois adultes peuvent y prendre place. L'espace aux jambes est généreux, même à la place centrale. Accueillant ce nouveau ML, d'autant que le confort de sellerie, quoique ferme, est optimal pour des longs trajets.
C'est en terme d'équipement que les progrès sont les plus appréciables. De série, rien ne manque vraiment. Radio CD MP3 avec interface USB, sièges électriques et clim bi-zone complètent la dotation de l'habitacle. En revanche, le GPS est en option, tout comme l'aide au stationnement, indispensable sur un véhicule de ce gabarit.
Les niveaux de finition Sport ou Fascination sont à recommander, impliquant un surcoût de respectivement 5400 € et 13 200 €. Élevé certes, mais la dotation est autrement plus riche et permet de profiter des dernières avancées Mercedes en terme d'infotainment. Sur notre version Fascination, on dispose entre autres du pack AMG, du cuir intégral et de l'interface multimédia Comand avec navigateur internet et prise iPod.
Encore plus polyvalent que son prédécesseur, le ML 2012 soigne ses galons de pionnier du genre. Pour les tarifs, débutant à 54 900 €, Mercedes a eu le bon goût de les maintenir au même niveau que le précédent ML. La facture reste élevée quoi qu'il en soit, mais la progression est réelle.
Il ne lui manque plus qu'une boite un peu plus vive, quelques efforts côté équipement et un sommet de gamme doté d'un moteur réellement pétillant.
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