Sortie en 2006, l'Opel Corsa D était arrivée à bout de souffle commercialement sur un segment particulièrement riche en nouveautés. Depuis le milieu de cette année, la lutte est même devenue acharnée chez les petites sportives.
Dès le premier coup d'oeil, la citadine Opel a du mal à cacher son lien étroit avec la précédente génération de Corsa. Après que le projet de partage de plateforme avec PSA (Peugeot 208 / Citroën DS3) ait capoté et devant composer avec ses difficultés financières, Opel a en effet dû faire du neuf avec du vieux.
Le résultat ressemble donc plus à un (gros) restylage mais la marque au blitz a revu de fond en comble sa Corsa pour la remettre à niveau. Officiellement, le châssis ne reprend pas un seul élément du modèle sortant, nous dit-on. Soit, mais sur un marché hautement concurrentiel, cette stratégie ressemble malgré tout à un pari risqué...
Extérieur Remodelé
Pour redevenir séduisante, cette bonne vieille Corsa a donc subi une chirurgie esthétique lourde. Aucune pièce de carrosserie n'est commune avec la génération précédente. La nouvelle version OPC arbore une face avant redessinée intégrant de nouvelles et généreuses prises d’air cerclées de moulures en aluminium sous les phares, créant un lien d'identité avec l’Astra GTC OPC.
Une petite écope est intégrée au sommet du capot pour souligner son caractère sportif, mais celle-ci est un trompe-l'oeil. Les flancs, remodelés eux aussi, se terminent sur des jupes latérales qui assoient mieux l'auto au sol, s'ajoutant à une hauteur de caisse déjà réduite de 5 mm sur l'ensemble de la gamme.
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Le spoiler monté sur le coffre est proposé en deux versions différentes : soit un discret aileron arrière monté en série, soit une version plus imposante qui crée encore plus d’appui sur l’essieu arrière. Puis il y a la double sortie d’échappement qui entoure le diffuseur.
Pack Performance
Les conducteurs à la recherche d’un caractère sportif encore plus affirmé peuvent ajouter le Pack Performance à la Corsa OPC génération E. Vendu 2.000 €, il comprend un différentiel autobloquant mécanique à glissement limité de chez Drexler et des réglages châssis encore plus sportifs pour la suspension FSD Koni.
Après la prometteuse Corsa Nürburgring Edition en guise d’adieu à la génération D, le pôle OPC d’Opel propose dès le lancement de la Corsa E un pack Performance qui en reprend la philosophie.
Intérieur et Équipement
Si l’extérieur ne manque pas de piment, l’installation à bord de l’Opel est décevante. L'Opel Corsa OPC se fait heureusement pardonner en découvrant ses tarifs qui débutent à 23.800 €, sans le Pack Performance.
Pour ce prix, vous avez même droit en série aux baquets Recaro ! Profitant d'une architecture électrique totalement revue, la dotation de base est généreuse et a été modernisée notamment pour les aides électroniques.
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L'OPC ajoute au niveau de finition inférieur "Cosmo" déjà bien garni (avec climatisation automatique, régulateur de vitesse, contrôle de pression des pneus, détecteur de pluie, allumage automatique des phares, rétroviseur intérieur électrochromatique, système multimedia avec écran tactile 6,95" IntelliLink avec tout un attirail des dernières technologies pour les geeks), une instrumentation spécifique, le pédalier sport, le volant cuir multifonctions à méplat, les projecteurs bi-xenon avec éclairage d'intersection et des jantes alliage 18'' à 10 branches.
Moteur et Performances
Faire du neuf avec du vieux, c'est également le cas sous le capot. Par conséquent, il n’y a pas grand-chose à raconter sur ce 1600 cm3 turbo, repris de l’ancienne Corsa OPC si ce n'est qu'il a été remanié pour passer les normes Euro6.
Pour le reste, on dispose de 207 chevaux à 5.800 tr/min - soit 15 de plus que sur la Corsa D OPC mais 3 de moins que sur la Nürburgring Edition - et d'un couple maximal qui varie de 245 à 280 Nm (avec l’overboost de 11 secondes) désormais disponible dès 1.900 tr/min. Ces valeurs, dans la bonne moyenne du segment, confèrent à l’allemande un côté brutal sympathique, sans qu’il soit pour autant trop marqué.
Il faut comprendre par là que l’on a l’avantage d’un vrai caractère de moteur turbo presque "à l’ancienne" sans pour autant devoir subir l’interminable temps de réponse qui allait autrefois avec. Mine de rien, ce petit 4 pattes est souple.
Un plus pour la conduite de tous les jours puisque cela réduit la nécessité de devoir constamment jouer du levier, siglé OPC. Tant mieux car son débattement, bien que réduit, est encore trop long et le pommeau pas des plus agréables à manier. Terminons le chapitre du caractère avec le rupteur situé à 6.500 tours, régime que le moteur prend avec une certaine vigueur il faut le souligner !
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La brochure commerciale inscrit fièrement que l’échappement est réalisé par le spécialiste Remus. Ah bon ? Le son est sympathique, ça ronfle un peu, mais pas de quoi tomber en pâmoison.
Les performances de la nouvelle Opel Corsa OPC sont elles aussi toujours d'actualité et pas anodines, comme en témoigne le 0 à 100 km/h abattu en 6,8 secondes. L’étagement resserré des trois premiers rapports favorise le dynamisme avec un fond de troisième atteint avant 130 km/h.
En revanche, l’absence de stop&start - artifice aussi péniple à l'usage qu'efficace pour réduire les émissions de CO2 - pénalise directement la Corsa dont les rejets de 174 g/km la situent au même niveau que les Mégane RS 275 et Focus 3 ST, déjà considérées comme des mauvais élèves dans leur catégorie. Un constat terriblement injuste pour l’Opel qui, dans la VRAIE vie, consomme en réalité moins qu’une Clio 4 RS de 200 ch.
Expérience de Conduite
En montant à bord de la Corsa E OPC Pack Performance, on a la sensation d’être dans la même voiture que la précédente. Une heure plus tôt. La rencontre a des airs d’acte manqué. Dès les premiers kilomètres, la sensation de direction apparaît artificielle et alourdie à outrance. Paradoxal sur une citadine, bien qu’un mode City existe, mais potentiellement intéressant sur une sportive.
Le planning de cet essai est simple et serré avec la gestion simultanée de la circulation et de la météo qui tombe très vite. Direction un secteur du 78 encore préservé des affres de la circulation moderne. Un lieu où nous avons d'ailleurs effectué notre comparatif entre Clio et 208 qui constitue donc le terrain de jeux idéal pour jauger l’OPC face à ses rivales. Nous y voilà enfin.
Le panneau indiquant une série de tourniquets prépare le terrain. Automne oblige, les feuilles sont éparpillées sur les bords de la route et incitent à la prudence. Un élément absent lors des autres essais évoqués et dont il faudra tenir compte à l’heure de faire le bilan.
Avant d’entrer dans le vif du sujet, précisons que notre modèle d'essai est équipé du nouveau Pack Performance qui reprend en bonne partie le contenu de la Nürburgring Edition, à savoir de grands disques de freins Brembo à l'avant (diamètre de 330 mm au lieu de 308), des ressorts et amortisseurs plus fermes mais aussi, et surtout, le différentiel à glissement limité Drexler. Ce dernier point est à saluer puisqu’il n’y a sur ce segment que la 208 GTI by Peugeot Sport et l’Abarth Biposto à proposer un tel équipement de série, mais à quel prix !
Après le premier passage rapide, le ton est à la rigolade. Mais pas de la façon d’autrefois lors d’un essai OPC. Point question de moquerie ici, juste de plaisir. Il est vrai que le département sport d’Opel nous avait déjà démontrés, avec la dernière Astra GTC OPC, qu’il fallait les prendre au sérieux.
En restant sur l’ancienne base de Corsa (commune à la Fiat Grande Punto), l’Opel Performance Center a réussi à faire d’un cheval de trait un pur sang. Une fois habitué à la légère tendance au sous-virage en inscription en virage, le maniement de la Corsa se fait bien. Très bien, même. Mes vitesses sont à peine inférieures à celles constatées deux mois auparavant, sur chaussée parfaitement sèche. Les pneumatiques sont d’ailleurs les mêmes puisqu’il s’agit des Michelin Pilot Super Sport.
Sur virages serrés, la voiture ne dévie pas de sa voie, y compris à vive allure. Le conducteur appréciera aussi une autre amélioration importante par rapport au modèle précédent : la nouvelle technologie d’amortisseurs auto-réglables FSD (voir encadré plus bas) développée par les spécialistes de Koni.
La direction est vive et on a, au début, le mauvais réflexe d’effectuer de trop grandes corrections. Petit à petit, le dosage est plus juste et la conduite n’en est que meilleure. Par bonheur, aucune remontée de couple ne vient vous parasiter pendant votre séance de tournez-manège, les Michelin Super Sport ayant leur part de responsabilité dans cette excellente motricité.
Sans être vissé, l’arrière n’est pas non du genre à vous faire une queue de poisson. Quant au freinage, son dosage est bon et il n’y a rien à redire sur son intensité.
Technologie d'Amortisseurs FSD Koni
Avec les amortisseurs classiques, l’amortissement est défini par le flux d’huile (I) passant à travers l’assemblage du piston. En combinant ceci avec le système breveté FSD (Frequency Selective Damping), KONI ajoute une valve qui contrôle un flux d’huile parallèle (II). Il permet une augmentation de la force d’amortissement presque linéaire lorsque le piston se déplace dans une direction.
Conclusion
Une fois équipée du Pack Performance, la nouvelle Opel Corsa OPC chamboule la hiérarchie des petites GTI et s’y fait une bonne place. Elle exclut définitivement la Clio 4 RS, Trophy comprise, d’une finale franco-française. Dommage qu’un important malus fiscal pénalise un tarif qui reste malgré tout attractif face aux concurrentes.
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