L'Opel Kadett B, présentée en 1965 au salon de Francfort après l'arrêt de la Kadett A, a marqué une étape importante dans l'histoire d'Opel. Elle est disponible au cours de sa carrière avec une très grande variété de carrosseries : berline trois volumes à deux ou quatre portes (notre modèle), berline à deux volumes à deux ou quatre portes (fastback), break 3 ou 5 portes, coupé, soit sept carrosseries elles-mêmes déclinables en plusieurs niveaux de finitions, standard et L.

Un Succès Populaire

Avec les Kadett A et B, Opel a établi des décennies de succès dans la catégorie des compactes dans les années 1960. Entre 1965 et 1973, Opel vend un peu moins de 2 700 000 voitures, ce qui en fait le plus gros succès d'Opel à l'époque. Elle est exportée pour moitié de sa production et sa diffusion ne concerne pas moins de 120 pays !

Evolution et Caractéristiques

La Kadett B est lancée trois ans après la Kadett A. En 1962, Opel pose les bases de ses modèles compacts avec la première Kadett d'après-guerre, la Kadett A. Avec son grand coffre, son habitacle pouvant accueillir quatre personnes, son moteur à haut régime et ses faibles coûts d'entretien, la Kadett A séduit rapidement les acheteurs. La direction d'Opel est déjà tournée vers l'avenir et la nouvelle génération de Kadett suit trois ans plus tard.

Par rapport à la génération précédente, la nouvelle Kadett gagne 18 cm de long, ce qui lui permet de devenir une 5 places et non plus 4. Dès son lancement, le successeur est disponible en quatre versions de carrosserie : berline deux ou quatre portes, break trois portes et coupé. Le point fort : alors que le modèle précédent pouvait accueillir jusqu'à quatre personnes, la Kadett est homologuée, pour la première fois en 1965, comme véhicule cinq places avec ses versions berline. De plus, la Kadett a gagné 18 centimètres en longueur, dépassant la barre des quatre mètres. L'empattement et la largeur du véhicule ont été augmentés. Cela a profité à l'habitacle. Le coffre a gagné 12 % pour atteindre 337 litres selon les normes VDA. Et le break offrait un espace de chargement de 1,57 mètre de long avec les sièges arrière rabattus.

La Kadett B offrait davantage de variantes de carrosserie qu'auparavant, elle était également plus confortable, plus spacieuse, plus sûre et plus puissante, le tout pour un supplément de prix de 100 marks allemands.

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Design et Style

La version coupé s'inspirait des modèles fastback américains. L'arrière légèrement incliné conférait au coupé une ligne dynamique. Les trois prises d'air dans le montant central sont entrées dans l'histoire de l'automobile : elles ont valu à cette voiture deux portes le surnom de « Gill Coupé ».

Rallye-Kadett : Une Voiture de Sport Abordable

La Rallye-Kadett occupait le créneau des voitures de sport compactes abordables. Le coupé, qui se distinguait visuellement par son capot noir mat et ses bandes décoratives, était initialement disponible avec une version à deux carburateurs de 44 kW (60 ch) du moteur 1.1 litre proposé pour toutes les variantes, puis à partir de 1967 avec un moteur 1.9 litre. Le moteur de 66 kW (90 ch) propulsait le coupé à 170 km/h, tandis qu'un châssis sportif offrait une sécurité supplémentaire.

Avec son équipement sportif et ses performances de conduite, la Rallye-Kadett constituait une base adaptée pour le sport automobile populaire. Le capot noir mat empêchait le conducteur d'être ébloui par la lumière du soleil, une expérience qui trouvait son origine dans le rallye de l'époque. La peinture spéciale est devenue la marque de fabrique de la Rallye-Kadett.

Succès en Compétition

En Allemagne comme à l'étranger, la Rallye-Kadett fit la une des journaux grâce à ses succès sur les pistes. La voiture de sport Opel remporta des succès au rallye Stuttgart-Lyon-Charbonnières, au rallye de Hesse, au rallye Trifels et au Tour de Luxembourg. Le préparateur Opel Günther Irmscher remporta le Tour d'Europe en 1967. La même année, la Kadett a célébré son plus grand succès à ce jour : l'équipe Lambart/Vogt a remporté sa catégorie au Rallye de Monte-Carlo. Les statistiques de 1968 prouvent la popularité et le succès de la Rallye-Kadett : sur un total de 238 épreuves, le modèle a remporté 222 victoires de catégorie ainsi que 345 médailles d'or et 287 médailles d'argent.

Motorisations et Innovations

En 1965, seul un nouveau moteur 1100 cm3 est au catalogue, mais il affiche deux puissances différentes selon la version N ou S. Ces deux moteurs différèrent par leur taux de compression, le S étant la version la plus sportive (45 et 55 ch). En 1967, les premières retouches de la Kadett B ont lieu. A l'arrière, les deux feux s'épaississent pour disposer les clignotants et les feux de position sur deux lignes et laisser la place à un feu de recul de façon verticale à l'intérieur. L'esthétique y gagne notablement, les lignes semblant plus douces, plus avenantes.

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La même année, trois motorisations surviennent : la 1500, la 1700 et même un 1900 de 105 ch emprunté à la Rekord C. Ces moteurs parviennent à hausser la Kadett en gamme en offrant des performances qui sont très loin de celles de la Coccinelle qui s'avère techniquement dépassée. La Kadett rivalise plutôt avec la Ford Escort.

En septembre 1967, l'Olympia A devient la version haut de gamme basée sur la Kadett B, avec laquelle Opel comble son retard sur la Rekord. L'Olympia était disponible en trois versions à hayon, tandis que son modèle jumeau, la Kadett, proposait huit carrosseries à la fin de sa production : une berline à deux et quatre portes, un coupé « Gill » à deux portes, un break à trois et cinq portes, une berline à hayon « LS » à deux et quatre portes et un coupé « LS » à deux portes. La série Kadett B était équipée de moteurs quatre cylindres en ligne, montés longitudinalement, disponibles en quatre cylindrées (1.1 litre, 1.2 litre, 1.7 litre et 1.9 litre).

La Kadett B était une pionnière en matière d'électricité. Les premiers véhicules Opel à propulsion électrique - le prototype hybride « Stir-Lec I » (1969) et la Kadett XEP entièrement électrique (1970) étaient t basés sur le modèle Kadett B.

Opel Kadett B Rallye 1100 SR

C’est au salon de Paris de septembre 1966 qu’Opel a dévoilé son intention de se frotter aux petites sportives qui commencent à fleurir chez les autres constructeurs automobiles. Après tout, Ford, BMC et Renault ont démontré qu’une variante sportive permet de valoriser l’image de marque de toute leur gamme et surtout de s’engager en compétition et notamment sur circuit ou en rallyes avec un certain succès (Renault 8 Gordini, Mini Cooper S et Ford Cortina Lotus). « Rallye », justement, c’est ainsi que la marque au Blitz a dénommé sa Kadett B. Une Opel Kadett B Rallye 1100 SR qui est basée sur la carrosserie coupé deux portes de type fastback. Ainsi paré, la ligne du coupé se démarque plus nettement de la berline populaire dont il dérive.

Histoire de ne pas tromper son monde, l’Opel Kadett B Rallye 1100 SR adopte une présentation sportive avec capot bicolore noir mat et ton caisse, lisérés latéraux noirs également, échappement à double sortie et feux additionnels longue portée à iode fixés sur le pare-chocs avant chromé devant la calandre. Côté coloris, Opel a pris peu de risques avec du rouge ou du gris métal. A vous de choisir… Les jantes tôles larges sont de la partie et sont de petit diamètre en 13 pouces, confirmant ainsi la tendance actuelle à réduire le diamètre des roues (à comparer avec les roues de 15 pouces de la R8 Gordini).

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Opel vient jouer les trublions dans une catégorie où des gros bras boxent déjà en haut de l’affiche. C’est le quatre cylindres de 1 078 cm3 qui a été conservé sous le capot de la Kadett B Rallye 1100 SR. Connu et classique dans sa conception (bloc et culasse en fonte), avec ses huit soupapes animées par culbuteurs et un arbre à cames latéral, il a été néanmoins (légèrement) été modifié pour offrir plus de performances. Le taux de compression est porté de 8,8 à 9,2 et deux carburateurs Solex viennent apporter un regain de pep’s. La puissance s’établit désormais à 67 ch SAE à 6 000 tr/mn tandis que le couple est fixé à 84 Nm à 4 600 tr/mn. C’est toujours mieux que la version standard et apporte un réel gain en performances puisque la Kadett B Rallye s’autorise le kilomètre départ arrêté en 37’’5 et sa vitesse maxi portée à 148 km/h (respectivement 41’’2 et 128 km/h pour la version standard).

C’est indéniablement mieux… mais si l’on s’attarde aux performances de la Renault 8 Gordini 1100, c’est près de 170 km/h en vitesse maxi et une borne kilométrique avalée après 35’’0. Vous l’avez compris, Opel fait ses premiers tours de roues dans une catégorie relevée, et manque par trop peu d’ambition de faire une entrée remarquée. Placé longitudinalement, le bloc moteur est accouplé à une boite de vitesses manuelle à 4 rapports (dont le maniement et la synchronisation des rapports est à louer) qui renvoie la puissance aux roues arrière. A noter que le rapport de pont est passé de 3,89 à 4,1 par rapport à la version standard.

Si les performances sont modestes, les reprises à bas régime sont également laborieuses et nécessite de tomber le(s) rapport(s). Corollaire de cette mécanique, la consommation reste mesurée. Enfin pour clore le chapitre mécanique, la sonorité est plaisante avec les bruits d’aspiration des deux carburateurs Solex suffisamment évocateurs sans pour autant être assourdissants.

C’est une coque autoporteuse qui fait office de châssis et sur laquelle sont greffés les suspensions et groupe motopropulseur. Le train avant est à roues indépendantes avec des doubles bras triangulés complétés de ressorts transversal à lames et d’amortisseurs à double effet. L’essieu arrière est rigide avec des ressorts semi-elliptiques et des amortisseurs à double effet. Voilà qui confirme la frilosité d’Opel en matière d’innovation technique sur les trains roulants, ce qui se confirmera dans la tenue de route. Et comme l’arrière train de l’Opel Kadett B Rallye 1100 SR a tendance à sautiller sur les irrégularités de la route, il est difficile des lors de compenser les ruades du postérieur avec une telle direction. Le freinage est très satisfaisant et endurant avec ses disques pleins avant et ses tambours arrière. On appréciera le double circuit de freinage. Les roues en tôles sont montées de pneumatiques en 115 x 13.

L’habitacle réserver une belle surprise avec un agencement et un équipement soigné. Alors certes, on peut s’étonner que le dossier des sièges soit fixes, mais leur confort est correct et l’accès aux places arrière pas trop difficile. La planche de bord est recouverte de teinte noire mate antireflet, faisant plus sport et étant plus pratique à l’usage. L’instrumentation est complétée sur la console centrale avec manomètre de pression d’huile, une montre et un ampèremètre. Si l’équipement de série est complet, on pointera quelques oublis (pas de compteur journalier) ainsi que certaines dispositions incongrues comme les commandes par claviers de phares et essuie-glaces qui sont côtes à côtes ne vous laissant pas à l’abri de vous tromper.

L’Opel Kadett B Rallye 1100 SR est une première réponse du constructeur allemand pour prendre le train en marche des voitures de sport populaires. De ce point de vue, la mission est remplie avec une belle présentation évocatrice, une polyvalence d’usage qui caractérise cette catégorie de voitures de sport et un prix abordable pour le plus grand nombre. En revanche, sa mécanique, aussi vaillante soit-elle reste trop timorée par rapport aux reines de la catégorie avec du coup des performances modestes. Et surtout, la tenue de route n’est pas en rapport avec les attentes : trop approximative ce qui vient finalement gâcher le plaisir et la précision de conduite, tout comme le confort des occupants.

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