Si les exploits des pilotes de Formule 1 font rêver les amateurs de course automobile, l’histoire des grands prix est malheureusement entachée de moments plus sombres comme des accidents mortels. Pour les professionnels comme les aficionados de vitesse, la course sur circuit exige que le pilote acquière une maîtrise technique et sportive et que l’équipement d’un pilote de F1 soit conforme.
Les Accidents Mortels en Formule 1
Voici la triste liste des pilotes morts en pleine compétition (essais, qualifications ou course). Alors que le 1er mai marque le triste anniversaire de la mort d’Ayrton Senna, intervenue lors du Grand Prix de San Marin en 1994, la Formule 1 a enregistré 34 autres accidents mortels. Le dernier en date était Jules Bianchi, en 2014. A noter que huit pilotes sont morts pendant les 500 miles d’Indianapolis, entre 1953 et 1959.
Sont indiqués dans ce tableau les décès en compétition des pilotes de Formule 1 depuis la création du championnat du monde en 1950. Sont considérés comme pilotes de Formule 1 les coureurs ayant pris part à au moins un Grand Prix dans leur carrière. Nous avons également comptabilisé les décès survenus à l’occasion d’épreuves hors Formule 1 auxquelles ils participaient régulièrement jusque dans les années 80.
Les exemples les plus marquants étant Jim Clark, disparu à l’occasion d’une course de Formule 2, ou Bruce McLaren dans une Can-Am, alors qu’ils étaient tous deux au sommet de leur art en Formule 1. En revanche, nous n’avons pas intégré les 500 milles d’Indianapolis qui faisait pourtant partie du championnat du monde de Formule 1 des 1950 à 1960.
Quelques Exemples Tragiques
- Onofre Marimón : Surnommé Pinocho, il avait déjà, en 1954, une carrière incroyable. L’Argentin a disputé onze Grands Prix de Formule 1, entre 1951 et 1954, signé un meilleur tour en course, inscrit huit points et s’est classé 11e du championnat du monde 1953. Devenu leader de l’équipe officielle Maserati en 1954, il connaît une fin tragique lors des essais du Grand Prix d’Allemagne. Alors qu’il rate la terrible boucle nord du Nürburgring, Onofre Marimón passe par-dessus une haie et s’écrase au bas d’un talus.
- Gilles Villeneuve : Le pilote canadien compte six victoires en Grand Prix à son palmarès lorsqu’il participe au Grand Prix de Belgique, qui lui sera fatal. Pendant les essais qualificatifs, sur le circuit de Zolder, alors qu’il tente d’arracher la pole position au volant de sa Ferrari, Gilles Villeneuve ne peut éviter la voiture de Jochen Mass qui roule au ralenti. Le choc lui est fatal. Il décède à l’âge de 32 ans.
- Ayrton Senna : Le triple champion du monde reste l’un des meilleurs pilotes de F1. En seulement dix ans de carrière, le Brésilien affiche un palmarès impressionnant : 161 Grand Prix, 41 victoires, 65 pole positions, 80 podiums, et trois titres de champion du monde. Senna détient toujours le record du nombre de victoires consécutives lors d’un même Grand Prix, avec 5 victoires au Grand Prix de Monaco de 1989 et 1993. Sa fulgurante carrière s’est brutalement arrêtée lors du terrible accident du Grand Prix de Saint-Marin, à Imola, qui a coûté la vie au jeune talent brésilien, le 1er mai 1994.
- Roland Ratzenberger : Le GP d’Italie pour la saison 1994 restera tristement marqué dans l’histoire. L’accident mortel d’Ayrton Senna succède au décès tragique de Roland Ratzenberger, enregistré la veille. Lors des essais qualificatifs, le pilote autrichien est victime d’une défaillance mécanique. Roland Ratzenberger perd alors le contrôle de sa Simtek S941 à 314 km/h et percute le mur de béton dans le virage du circuit d’Imola.
- Jules Bianchi : Jules Bianchi débute en monoplace en 2007. Dès sa première année, le jeune pilote obtient le titre de champion de France de Formule Renault. A 20 ans, il réalise ses premiers essais en F1 et signe un contrat avec la Scuderia Ferrari. Sa carrière est brusquement interrompue après un accident causé par une collision, sous une pluie battante, entre sa monoplace et une dépanneuse, sur le circuit Suzuka au Grand Prix du Japon, le 5 octobre 2014.
Les 24 Heures du Mans : Une Histoire Marquée par des Tragédies
En 100 ans, les 24 Heures du Mans (Sarthe) ont parfois été le théâtre de drames et de crashs. Retour sur quelques événements marquants de la course. Depuis leur lancement en 1923, les 24 Heures du Mans (Sarthe) ont aussi été le théâtre de drames et d'accidents mortels. L’histoire des 24 Heures du Mans auto a été marquée par des tragédies et des crashs mortels au fil de ses éditions.
Lire aussi: Style et Performance : Combinaison Pilote Vintage
Événements Tragiques aux 24 Heures du Mans
- 1955 : L’édition 1955 est une année noire pour les 24 Heures du Mans : elle marque la plus grande catastrophe de l’histoire du sport automobile. Le 11 juin 1955, au volant de sa Mercedes, le pilote français Pierre Levegh percute une autre voiture. La Mercedes s’envole après avoir heurté l’Austin de Macklin et se désintègre en projetant des débris dans le public. Le bilan est lourd avec 82 morts dont Pierre Levegh et plus d’une centaine de blessés.
- Les années 50 et 60 : Nombre de pilotes meurent dans les années 1950 et 1960 pendant la course, les essais ou les entraînements.
- 1968-1969 : En 1968, Mauro Bianchi est victime d’une violente sortie de piste. Le pilote en réchappe mais est grièvement brûlé. L’année suivante, nouvelle tragédie avec la disparition de Lucien Bianchi alors qu’il participait aux essais préliminaires des 24 Heures du Mans. Il décède après avoir percuté un poteau télégraphique avec son Alfa Romeo.
- 2013 : L’édition 2013 a été endeuillée : quelques minutes après le début de la course, le pilote danois Allan Simonsen avait heurté un rail de sécurité au volant de son Aston Martin, au virage du Tertre Rouge. Transféré dans un état grave au centre médical du circuit, il succombe des suites de ses blessures. Il s’agit du dernier accident mortel sur les 24 Heures du Mans auto.
La Sécurité en Formule 1 : Une Évolution Constante
La Formule 1, le plus dangereux de tous les sports ? Assurément. C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais il faut bien comprendre qu’à l’origine de la compétition automobile, la sécurité du pilote -et même des spectateurs !- ne constituaient pas une préoccupation majeure. Non pas que les pilotes ne tenaient pas à leur vie, mais pour eux, le seul moyen de la préserver consistait à ne pas sortir de la piste. En cas d’accident, on acceptait que la mort ou la blessure grave soit la plupart du temps la sanction immédiate.
Pourtant, dès cette période, certains pilotes commencent à sensibiliser le pouvoir sportif sur les améliorations pouvant être apportées aux véhicules et aux circuits. Voilà comment étaient protégés les pilotes dans les années 50 : casque qui ne sert à rien, lunettes contre les moustiques, gros pull pour ne pas avoir trop froid, et hop, roulez.
Ce n’est que lorsque ces règles deviendront obligatoires que l’on verra apparaître les premières ceintures, les réservoirs souples ou les crash-box à l’avant des monoplaces. Ce qui, dans un premier temps, ne changea d’ailleurs pas grand-chose pour deux raisons : les voitures roulaient de plus en plus vite, aggravant les conséquences des accidents, et les ingénieurs traitaient ces considérations réglementaires de façon très superficielle, préférant consacrer leur énergie et leur matière grise à la performance.
L’autre source de progrès vient des circuits. Si les concepteurs de monoplaces faisaient preuve d’un inexcusable manque de zèle sur ces questions sécuritaires, que dire des propriétaires de circuit, totalement désintéressés par ce sujet ? C’est donc très tard, à la fin des années 90, soit bien après les Formule 1, que les circuits devinrent des endroits sûrs pour les voitures de course. Souvenez-vous que Senna s’est tué en heurtant un mur placé devant un virage négocié à 300 km/h !
Pour autant, on aurait tort de croire que la Formule 1 est devenu un sport sans risque. Au départ d’une course, tous les pilotes jouent leur vie. Si aucun accident n’est venu endeuiller un Grand Prix depuis 1994, c’est bien sûr grâce à tous ces efforts consentis dans la réglementation, mais aussi grâce à l’incroyable adresse des pilotes… et à la chance.
Lire aussi: Exploration Cinématographique des Pilotes
Lire aussi: Ces jeunes pilotes qui font vibrer la France
tags: #pilotes #automobiles #morts #en #course #liste