Le terme GT, issu de l’italien "Gran Turismo", est un nom de catégorie de véhicule qui répond, normalement, à des règles précises et assez simples. Un concept résolument européen, et qui comme son nom l’indique, vient d’Italie.

Définition et Caractéristiques d'une GT

La "gran turismo" ou encore "gran tourer" se doit donc de posséder un moteur puissant, un habitacle spacieux, permettant d’assurer le transport de 2 personnes, et éventuellement deux autres à l’arrière, et des bagages dans un coupé luxueux. Un bolide capable de performances de sportive, mais avec des suspensions et des sensations portées sur le contrôle et le confort. Une machine à voyager vite et loin, pour simplifier à l’extrême.

De tout temps, depuis que les moyens terrestres de transport existent, les hommes ont cherché à aller toujours plus vite et dans de meilleures conditions de confort et de sécurité. L’automobile à vocation sportive ne déroge pas à cette règle. Cela a donné lieu à différentes classes de véhicules à hautes performances. Parmi elles, certaines sont véritablement des voitures d’exception, d’autres sont des véhicules au tempérament résolument sportif et quelques-unes enfin, essaient de donner le change, avec plus ou moins de bonheur.

Contrairement à ce que l’on pense généralement, les premiers véhicules Classés GT sont aussi anciens que l’automobile. Nous en trouvons des premières traces dans l’Italie du XVIIe siècle sous l’appellation “Gran Tourismo”, rapidement remplacé auprès des passionnés de l’époque, par l’abréviation “GT”, donnée à un bolide… à vapeur ! Ce sigle devait devenir, au cours du développement de ce moyen de transport devenu mythique, non seulement un symbole, mais une véritable philosophie dans la conception, dans la manière d’appréhender l’automobile et une certaine idée du luxe.

Loin de vrombir comme nos sportives actuelles, les premiers bolides GT étaient destinés aux longs déplacements transfrontaliers. À ce titre, ils se devaient d’être rapide, performants, mais aussi de proposer un espace suffisant pour embarquer les bagages et tous les équipements nécessaires pour ces longs déplacements, dans les meilleures conditions de confort. Ces voitures se devaient, en outre, pour mieux affirmer leur caractère d’exception, d’être construites en petites séries pour un public choisi.

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La plupart de ces critères ont survécus aux extraordinaires mutations de l’automobile, devenant souvent, à l’image des engins de course pure, des précurseurs en matière d’innovations techniques, que l’on retrouve encore sur nos véhicules de série modernes.

L'Évolution et la Démocratisation du Terme GT

Mais la notion s’est démocratisée et même un peu galvaudée avec le temps. Si les vraies GT perpétuent la tradition du genre, telles que les Bentley Continental GT, Aston Martin DB9 et maintenant DB11, série SL de Mercedes-Benz, Maserati Granturismo et autres, ces deux lettres ont, dans les années 1980, commencées à être accolées à des modèles qui n’avaient rien à voir avec la philosophie de départ, d’où une certaine confusion.

Ainsi la BMW Série 5 GT est certes puissante et spacieuse, mais peut-on la considérer comme une sportive? A priori non, à la différence de la Série 6, qui répond totalement aux critères d’une "gran turismo".

Ensuite, parce que des compactes telles que les Volkswagen Golf GTI sont, certes, plus puissantes que les modèles de base, mais là encore, ni l’espace disponible, ni les performances, ni la gamme proposée ne lui permettent de rivaliser avec des Ferrari FF, par exemple.

Le terme GT est devenu synonyme de version améliorée de modèles plus modestes, exemple type avec les Renault Mégane GT et Twingo GT, deux modèles respectables de la marque au losange, mais qui détonnent. Ils ne sont d’ailleurs pas le fer de lance de la sportivité chez Renault. Pour cela il faut regarder du côté des R.S. Le nouveau 3008 GT vise le haut de gamme, mais n'est pas un "grand tourer".

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L'appellation est également utilisée à foison pour désigner les déclinaisons à forte puissance de véhicules classiques. On parle de "grand tourisme" car une GT est capable de transporter ses occupants à haute vitesse et sur de très longues distance dans le plus haut niveau de confort et de luxe. C'est pourquoi elle est souvent longue et bénéficie d'un design très travaillé. Il n'est d'ailleurs pas rare que l'on entre à bord d'une GT via une somptueuse portière papillon.

Aston Martin DB7, DB9, BMW Série 6 ou Série 8, Audi A8... toutes ces automobiles représentent la nouvelle vague de GT modernes et particulièrement agréables au regard. Elles disposent en général d'un V6 ou d'un V8 de plus de 300 chevaux et existent en configuration trois portes ou coupé-cabriolet.

Les premières GT remontent aux années 1920 et aux débuts de la grande course qui les représente chaque année : les 24 heures du Mans. Il existe aussi une GT française très connue, commercialisée entre 1970 et 1975 : la Citroën SM. Equipée d'un V6 Maserati, elle transportait ses quatre passagers à très grande vitesse.

GT et Compétition Automobile

Chaque organisation peut avoir sa propre interprétation de ce qui définit un véhicule grand tourisme. Selon la Fédération Internationale Automobile(FAI), une voiture GT, est un véhicule fermé ou découvert, comportant une ou deux portes disposées latéralement sur chaque côté et équipé d’au moins deux sièges, situés de part et d’autre de l’axe longitudinal. Il doit être homologué pour circuler sur les voies publiques, doit être confortable, mais capable de performances, en toute sécurité sur les circuits de compétition.

Cette définition sommaire, s’accompagne d’une impressionnante liste de contraintes, applicable à chaque catégorie, définissant les modifications autorisées en course, par rapport au véhicule de série dont il découle (appelé “base”). Ces restrictions imposées, porte sur tous les composants du véhicule (mécanique, transmission, échappement, éclairage, électronique, tableau de bord, aide à la conduite, aménagement intérieur, carrosserie, etc.). Notez que les voitures à transmission intégrale (4 x 4) sont exclues de la classe R-GT.

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On insiste sur le fait que l’obtention de l’homologation FAI, est réservée aux seuls véhicules de série, dont le nombre minimal d’exemplaires produits annuellement, varie en fonction de la catégorie. Certains constructeurs célèbres se sont spécialisés dans le genre (Ferrari, Porsche, Aston Martin…). D’autres plus confidentiels, ne présentent qu’un à trois modèles dans leur catalogue (Spyker, Panoz, Pescarolo…). La plupart des grands constructeurs mondiaux sont présents sur le créneau (Renault, Toyota, Volkswagen…). Plus surprenant, on y trouve des spécialistes du grand luxe (Bentley, Cadillac), ou des spécialistes du tout-terrain (Land Rover).

Aujourd’hui organisées en catégories, on assiste donc à plusieurs courses dans la course. Ces compétitions restent très prisées des aficionados et du grand public. La plupart des épreuves sont réalisées sous l’égide de la FIA. Afin de conserver l’égalité des chances à chacun des compétiteurs, professionnels ou amateurs, la FIA a édicté et contrôle systématiquement, un certain nombre de règles, destinées à mettre en lice, des bolides aux qualités approchantes. Ces dispositions, Incontournables, pour évoluer dans les compétitions nationales et internationales, s’attachent à la fois aux circuits, aux véhicules et aux pilotes, mettant un accent particulier sur la sécurité.

Jusqu’en 2012, le règlement FIA prévoyait 4 catégories de grand tourisme (GT1, GT2, GT3 et GT4). La réforme de 2012 signe la disparition des catégories GT1 (± 700 CV) et GT2 (± 600 CV), Prototypes vaguement inspirés des véhicules de série, mais jugés trop dispendieux et se démarquant désormais trop peu, en performance et en fiabilité, des véhicules de catégorie GT3, en pleine évolution.

Ces voitures sont cependant toujours présentes sur les circuits, dans des compétitions dédiées (Word GT1), non reconnues par la FAI. Elles peuvent cependant espérer un retour en grâce, par le biais de la réforme prévue en 2022. Les GTE, remplacent dès la saison 2011, la défunte catégorie GT2, dont elle tente de gommer les dérives d’équipements. Taillée sur mesure pour les 24 heures Du Mans et ses séries associées, en collaboration avec l’ACO (Automobile Club de l’Ouest), elle est connue aux États-Unis sous l’appellation GTLM (GT Le Mans) !

Les GT3, reines incontestées des épreuves sportives de grand tourisme, sont issus de bases homologuées pour la route et accessibles aux particuliers. Elles répondent à des critères très ouverts, mettant en concurrence des véhicules très différents, en taille, en conception et par leurs origines. Pour pallier les inégalités créées par cet échantillonnage disparate, le FAI devrait annoncer dès l’année 2022 un train d’évolution de la formule. Outre des règles techniques, plus restrictives, il est prévu, entre autres nouveautés, des régimes différents pour les véhicules d’usine et les véhicules d’amateurs.

Les GT4, ne sont autorisées à subir que peu de modifications par rapport aux véhicules de série, afin d’éviter l’escalade des prix connus en GT1 et GT2.

GT et GTI : Quelle Différence ?

Le terme GT ne doit pas être confondu avec le sigle GTI, qui est spécifique aux modèles sportifs de Volkswagen et Peugeot. Les deux constructeurs ont en effet choisi de nommer leurs modèles à essence légers et puissants (par exemple les emblématiques Peugeot 205 GTI ou Golf GTI...) de cette manière.

Chez Renault, les sportives de compétition ne sont pas des GT mais des RS. Si dans GTI il y a GT ce n'est pas un hasard : les voitures appelées "GTI" chez Peugeot ou chez Volkswagen sont des compactes sportives. Elles ont une plus grande puissance moteur, un aérodynamisme amélioré et un poids en diminution par rapport à la version classique.

Les plus connues, reconnaissables par leurs décorations rouges, sont la 205 et la Golf GTI. Contrairement à une GT où l'ambiance luxueuse et le confort des passagers sont également des points importants, les GTI n'ont qu'une seule ambition : offrir un maximum de sensations fortes à leur conducteur, au détriment le plus souvent du bien-être des passagers ou de l'habitabilité/praticité de l'auto.

Chez Peugeot, on a réanimé le mythe en 2013 grâce à la 208 GTI. Néanmoins, avec son électronique embarquée et son confort de conduite accru, elle peine à retransmettre la folie et les sensations d'une "vraie" GTI. Chez Volkswagen, la dernière en date est basée sur la septième génération de Golf et est propulsée par un bloc essence TSI de 220 chevaux.

La première Golf GTI, sortie en 1976, est considérée comme celle qui a inventé le concept de la "petite sportive" (110 chevaux pour 810 kilos). En Europe, il existe une véritable culture du "GTI". L'équivalent d'une GTI chez le constructeur au losange ? C'est la RS.

Voitures GT Électriques

Aucun sigle n’est mentionné dans le précédent chapitre, pour identifier la catégorie des véhicules à moteur électrique (100 % ou Hybrides). Le sigle logique devrait être GTE, mais on a vu qu’il était déjà largement utilisé sur les véhicules de course, jusque dans le championnat de formule 1. Nous nous bornerons donc à prendre acte du communiqué de la FAI, annonçant officiellement la création d’une formule GT électrique.

On ne connaît encore, ni le nom officiel de cette nouvelle catégorie, ni sa date d’entée en vigueur, mais ses performances sont déjà esquissées : batteries acceptant une puissance de régénération et de recharge de 700 KW. Capacité maximale d’accus de 87 KWh, puissance motrice de 548 CV. Ces bolides du futur, devraient même approcher et pourquoi pas dépasser en performances, les très appréciées GT3 avec 300 km/h en vitesse de pointe et moins de 2,3 s en accélération de 0 à 100 km/h. À suivre…

Le premier véhicule GT 100 % électrique commercialisé, spécialement conçu pour la course, vient d’être dévoilé. Il porte un nom bien connu des circuits de formule 1 et de l’industrie automobile de compétition. La Beltoise BT01, développée depuis 4 ans est produite par l’entreprise “Beltoise eTechnology” dirigée par Julien Beltoise, fils cadet du regretté pilote de Formule 1. Ce premier véhicule, servira à l’entraînement des pilotes sur le circuit de Haute Saintonge de la Génétouze, dirigé également par Julien Beltoise.

Sans être foudroyantes, ses performances sont honorables : 1200 kilos de poids, pour une puissance de 290 KW, soit 390 CV ; 0 à100 km/h en 4 secondes ; vitesse e pointe 210 km/h ; autonomie de 25 minutes, avec 46 kWh d’énergie embarquée.

À l’image des constructeurs généralistes, l’ensemble des spécialistes de voitures GT s’affairent sur leurs projets d’électrique. Gageons que les mois et les années qui vont suivre, apporteront leur lot de nouveauté dans ce domaine.

Conclusion

À l’analyse de ce qui est mis en évidence dans ce dossier, il est possible d’affirmer que le sigle GT incarne depuis toujours, la reconnaissance d’un art de vivre l’automobile dans ce qu’elle peut apporter de meilleur. Cette classe de voiture, inventée pour rendre un vrai service spécialisé dans les voyages au long cours, a nourri en sensations physiques et intellectuelles, des générations de passionnés.

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