L'aventure industrielle de Renault a démarré dans un petit cabanon situé sur le terrain de la résidence secondaire de ses parents à Boulogne-Billancourt. C'est là que Louis Renault a créé sa première automobile en 1898, la Renault Type A. Quelques essais plus tard, Louis Renault prouve le bien-fondé de ses inventions, et l'activité démarre fortement. De 179 véhicules en 1900, Renault en commercialise 1.779 en 1905, puis 5.100 en 1910.

Pour soutenir cette activité, les ateliers Renault deviennent petit à petit un important complexe industriel, passant de 4.680m² en 1900 à 143.600m² avant la Première Guerre mondiale. Au cours de la Première Guerre mondiale, Renault est l’un des principaux entrepreneurs à participer à l’effort de guerre. En quatre ans, la superficie des terrains de Renault est triplée, et affiche en 1918 365.000m². A la fin du premier conflit mondial, l’ensemble des surfaces bâties représentent 339.000m².

Mais même avec plus de 300.000m² au sein du trapèze, Louis Renault se sent à l’étroit et cherche à s’agrandir. En Juin 1919, Louis Renault achète deux terrains sur l’île Seguin, loue le troisième lot avec une clause de rachat au terme du contrat de location, ce qui lui permet d’avoir le contrôle sur la quasi-totalité de l’ile. Dès 1922 est décidé de surélever l’ile de quelques mètres pour la mettre à l’abris d’éventuelles crues, et de construire par endroit des murs en béton afin d’éviter l’érosion. L’usine, ultramoderne, est inaugurée en 1934.

Pour voir de nouveaux grands mouvements dans l’enceinte Renault, il faudra attendre la fin des années 1970. La décision de la fermeture intervient en 1989.

L'Entrée Historique de l'Usine Renault

Tout cela avait commencé près d’un siècle auparavant, avec l’usine Renault Frères, dont on voit l’entrée vers 1903. Elle était située dans l’alignement de la rue du Point-du-jour, à 200 mètres de la Place Nationale (Jules-Guesde). Cette entrée, au 139 rue du Point-du-Jour, est bien difficile à localiser dans le paysage actuel car ces rues ont disparu. Il faut donc imaginer ce portail aujourd’hui pile derrière la Maison des Familles Saint-François de Salles, en plein milieu du bloc d’immeubles.

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En 1992, l’usine Renault ferme définitivement ses portes et plus personne ne franchit le portail monumental de la place Jules Guesde. Le lendemain, 1er avril 1992, seul le silence franchissait le portail monumental de la place Jules Guesde.

La photo en tête d’article date de 1903, soit quatre ans après la fondation de la société Renault Frères. On y voit la toute première usine, constituée de quelques ateliers, d’une cheminée et de ce qui semble être une maison d’habitation. La photo ci-dessous présente l’entrée, la même année. Elle est au carrefour de trois rues. Sur son enseigne horizontale on peut lire « RENAULT FRERES ateliers & bureaux ».

Un peu plus tard, vers 1905-1906, à la place de la maison, on construit un bâtiment plus important et on refait une belle enseigne. L’usine s’étend rapidement.

Si je vous dis que cette entrée était au 139 de la rue du Point-du-Jour, vous serez tenté de la chercher sur Google maps… et vous seriez bredouille car ce numéro n’existe plus, la rue actuelle s’arrête au 127. Cette portion de rue a d’ailleurs changé de nom en 1906 et l’usine s’est retrouvée au n°15 de la rue Gustave Sandoz. Là encore, ça ne vous avance guère car cette rue a disparu.

Sur ce plan de 1909, l’angle des rues Gabrielle et Gustave Sandoz (ex Point du Jour) est bien visible. L’entrée est située à environ 200 mètres de la place Jules Guesde, dans le prolongement de la rue du Point du Jour actuelle. En reportant ces mesures sur un plan actuel nous constatons que l’entrée historique des usines Renault se situerait en plein milieu d’un bloc d’immeubles, derrière la Maison des Familles Saint-François de Sales.

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Il ne reste plus aucun vestige de tout cela aujourd’hui. Juste ces vieilles photos et l’idée folle d’un jeune homme, épris de mécanique, qui deviendra l’un des plus grands industriels de son temps.

Le Pavillon d'Information Renault sur l'Île Seguin

Dans la perspective du démarrage des travaux du Trapèze Est, la nécessité de libérer l’emprise est désormais inéluctable. Il faut profiter de cette opportunité pour imaginer un nouveau concept architectural et éditorial intégrant une présentation du continuum entre le passé du site -son histoire, son vécu- et son avenir.

Parmi les cinq jeunes agences choisies par la SAEM, c’est MANH Architectures associée à Christian Nancey qui remporte la compétition. C’est un bâtiment sur deux niveaux constitué de conteneurs maritimes qui renvoient au vocabulaire industriel. Il convient enfin de noter qu’à la suite de la décision de Renault de s’associer au projet, un des conteneurs du rez-de-chaussée a été remplacé par une vitrine conçue sur mesure afin d’accueillir l’exposition de modèles qui ont marqué l’histoire du site.

Tout d’abord, pour répondre à la demande de démontage et de remontage, l’absence de pieux enfoncés dans les alluvions de la Seine jusqu'à une trentaine de mètres de profondeur qui est de règle pour toute construction dans le périmètre de la ZAC. Lors des déménagements à venir, il suffira de couler de nouvelles semelles à l’emplacement choisi. Mais l’option la plus risquée consistait à poser les 240 m² des conteneurs du niveau supérieur en porte-à-faux sur les 80 m² de ceux posés au sol, tout en ménageant au centre un patio faisant office de vaste puits de lumière.

Néanmoins, afin de s’assurer que l’ensemble était vraiment du « prêt à monter » et aussi pour commencer à rédiger l’indispensable notice de montage / démontage, un assemblage « à blanc » du niveau supérieur a été réalisé à Lille le 14 mars dernier, soit deux semaines avant la livraison des premiers conteneurs sur l’île Seguin acheminés par camions, les conteneurs étant, ne l’oublions pas, conçus dès l’origine pour s’adapter au gabarit routier.

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Avant même la mise en chantier de l’exposition, Altermuseo, le prestataire choisi par la SAEM pour la muséographie, avait déjà travaillé sur les enjeux de l’histoire et de la mémoire de Renault à Boulogne-Billancourt et la manière de les mettre en valeur. En montrant que sur l’île Seguin, il y a un avant et un après Renault.

C’est sur cette base qu’Altermuseo a élaboré un scénario en trois épisodes : « l’île vague » du XII° au XX° siècle, « l’île usine » de 1898 aux années 2000 et « l’île Seguin-rives de Seine, une nouvelle vision de la ville » 2000 - 2020. Avec plusieurs niveaux de lecture : des rappels de la grande histoire, des chapitres détaillés période par période, des zooms sur des aspects emblématiques de l’histoire du site, des images fixes et animées, et des témoignages d’acteurs impliqués aussi bien dans la fermeture de l’usine que dans le démarrage d’une nouvelle vie sur le territoire de la ZAC.

Cette tâche a été confiée à IRB (Intégral Ruedi Baur), entreprise spécialisée dans la scénographie et le design graphique qui avait déjà été retenue par la SAEM pour la réalisation de ses stands d’exposition et la signalétique du chantier. L’idée de la fresque circulaire a conduit à introduire, du sol au plafond, des courbes dans l’espace orthogonal des conteneurs, à l’image d’une immense bibliothèque, tout en conservant une présentation équivalente pour les trois séquences historiques.

Vestiges de Renault à Boulogne-Billancourt

Aujourd'hui, cette entrée existe encore, soin a été prit de la conserver lors de la démolition du trapèze. Malheureusement, le site est peu mis en valeur, ce mur entièrement blanc laisse oublier qu’il a été l’entrée de l’usine Renault.

Ici, où autrefois étaient assemblés divers produits de Renault, est aujourd’hui une zone en mutation. D’un côté, des immeubles flambants neufs formant une zone résidentielle résolument moderne, de l’autre, un immense chantier avec ses grues, ses tractopelles … le nom des rues peut parfois évoquer la présence de Renault, comme la Rue Pierre Lefaucheux, ou encore la rue Marcel Bontemps, résistant employé chez Renault.

Ce bâtiment a accueilli le siège social de Renault de 1922 à 1975, un édifice en briques dans le style très années 1920, entouré d’un terrain arboré sur lequel a été conservé l’atelier de Louis Renault, celui-là même où il a réalisé sa première voiture. Aujourd’hui, ce bâtiment appartient toujours à Renault et accueille le service financier du constructeur.

Enfin, après de longues minutes, j’arrive en bord de Seine, afin d’aller vers le « mur de l’artillerie », qui a mon avis est le plus beau vestige de Renault sur le trapèze. Le mur doit être prochainement démonté et stocké pièce par pièce, avant de trouver un lieu où il sera remonté.

Le fronton qui avait été conservé jusqu’à très récemment a été abattu, ainsi que les bords de l’usine qui formaient le terre-plein de l’ile Seguin sur lequel les bâtiments de l’usine étaient construit. On aperçoit également l’ancienne piste d’essai de l’ile Seguin, laquelle se situait sous l’usine.

Nous arrivons enfin au niveau du Pont Daydé, celui-ci fut le premier pont permettant de rejoindre l’ile Seguin, terminé en 1929. Au moment de mon passage sur Boulogne Billancourt, le pont Seiber m’était invisible car situé de l’autre côté de l’ile et inaccessible par Boulogne-Billancourt. En revanche, grosse déception pour le fronton Renault, qui était l’entrée de l’usine de l’ile Seguin, mis à terre peu de temps avant mon passage pour permettre la restauration du pont Daydé. Mais rassurons nous, ce fronton sera remonté à l’identique à la fin de cette restauration.

Une infime partie de l’Ile Seguin est ouverte au public, celle où a été réalisé un jardin public dans lequel on trouve un pavillon sur l’histoire de l’île Seguin érigé par Renault dont nous reviendrons tout à l’heure. Entre les grilles, vers les parties non accessibles de l’ile, on remarque quelques reliques de l’usine, dont une verrière qui semble être envahie par la végétation.

L’on y trouve au premier niveau, derrière une grande verrière, une voiture exposée, qui au moment de mon passage était une Renault Type AG1 Taxis de la Marne. A l’étage, on retrouve un petit musée sur l’Ile Seguin, qui détaille énormément l’époque Renault (normal, le pavillon étant financé par Renault), mais aussi sur l’avenir de l’ile et les différents projets de réhabilitation qui ont échoués.

Les Critiques de la Mutation du Quartier

Plus de 20 ans après la fermeture du complexe industriel de Renault à Boulogne Billancourt, la mutation de ce quartier n’est pas encore terminée. Il aura fallu attendre plus de 10 ans pour que les installations de Renault soient réduite à poussière, et encore quelques années de plus pour voir les premiers projets sortir de terre.

Deux critiques principales ressortent :

  • le « délire des architectes », avec une impression que cette zone a été livrée aux architectes sans aucune norme.
  • l’absence de repères historiques, avec peu de choses rappelant que c'est ici qu’ont été fabriqué des centaines de milliers de voitures, camions, trains, avions, moteurs en tout genre, chars, obus, munitions, armes …

Crise à Pont-Saint-Esprit: Une Augmentation d'impôts contestée

Par centaines, les Spiripontains sont descendus dans la rue ces dernières semaines, protestant contre une gestion municipale qui leur a valu une envolée de 56 % des impôts locaux l'an dernier. cas de la cité gardoise, en quasi-faillite, illustre les limites des procédures de contrôle budgétaire des collectivités locales.

« La Marseillaise » en fond sonore, de grands panneaux affichant « Baumet viré, impôts allégés » ou « Baumet viré, Pont-Saint-Esprit libéré », un incroyable déploiement de forces de l'ordre pour quelques centaines de manifestants... Il y avait de l'ambiance mardi 31 mars devant la mairie de cette cité gardoise de 9.500 habitants.

Le samedi précédent, 1.600 Spiripontains s'étaient rassemblés sur le pont médiéval pour effectuer un lâcher de ballons noirs et jeter une couronne mortuaire dans le Rhône « en mémoire de la ville ». Pont-Saint-Esprit, aux confins des régions Languedoc-Roussillon, Paca et Rhône-Alpes, revit depuis quelques semaines le temps des jacqueries.

Le 31 mars, l'équipe municipale s'est barricadée dans l'hôtel de ville plusieurs heures après la fin du conseil, de peur d'affronter ces contribuables décidés à forcer à la démission leur maire. Motif : sa gestion leur a valu l'an dernier rien de moins qu'une hausse de 56 % des impôts locaux. Une mesure dictée par la Chambre régionale des comptes (CRC) du Languedoc-Roussillon.

Ses finances accusent aujourd'hui un trou de 16,2 millions d'euros pour un budget de 25 millions. Que savait l'opinion locale, lors des dernières municipales, de l'avis de la CRC concluant dès novembre 2007 à un déficit de 3,5 millions d'euros au compte administratif 2006 ?

Se conformant aux préconisations de la CRC, le préfet du Gard entreprend en effet de rétablir les finances de la ville. Il arrête d'office le budget 2008, puis décrète une hausse de 79 % des impôts locaux afin de faire entrer 5 millions d'euros de recettes fiscales supplémentaires. En septembre, ce dernier n'hésitera pas à faire « corriger » le budget par une majorité aux ordres. Les 5 millions de recettes seront financées par l'emprunt.

Il y aura donc bien une hausse des impôts locaux, mais « limitée » à 56 %, au lieu des 79 % d'abord prévus. Mais la pilule passe toujours aussi mal.

D'autant que les habitants ne voient nulle part dans la ville de quoi justifier une telle débauche fiscale. En fait, la situation financière de la ville, en dehors de certaines festivités somptuaires et de frais de représentation importants, découle d'une masse salariale écrasante. En mars 2008, la mairie employait encore 450 personnes, deux fois la norme admise.

Elle illustre aussi de façon exemplaire les « limites des procédures de contrôle budgétaire des collectivités territoriales ». Entre fin 2006 et fin 2008, la municipalité aura fait l'objet de 16 saisines au titre du contrôle budgétaire et d'un examen de la gestion sur la période 1999-2005 de la part de la CRC du Languedoc-Roussillon. Ce qui ne lui a pas évité d'aller dans le mur.

La mairie de Pont-Saint-Esprit ne s'en est pas privée : la part des travaux en régie a représenté entre 2002 et 2005 de 52 % à 84 % de l'investissement.

Ce sont les créanciers, à bout de patience, qui ont décidé de saisir le préfet. A Pont-Saint-Esprit, l'Urssaf du Gard, qui réclamait plus de 300.000 euros de cotisations impayées, a été le déclencheur.

Ce dispositif commun au ministère de l'Intérieur et au ministère des Finances « blackliste » les situations financières locales difficiles. Mais « la loi ne donne aucun moyen de coercition à la juridiction », regrette Philippe Séguin, qui en appelle à « une évolution profonde du cadre juridique ».

Il n'empêche, Gilbert Baumet, franc-maçon, caméléon de la politique passé du PS à l'UMP puis au Parti radical valoisien, bénéficiant d'amitiés au plus haut niveau tissées grâce à ses mandats nationaux, ancien ministre de Pierre Bérégovoy, ex-président du conseil général, ex-sénateur et ex-député, est passé entre les gouttes.

Évolution de la production Renault
Année Véhicules produits
1900 179
1905 1 779
1910 5 100

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