Le monde de l'automobile a été témoin d'un rassemblement historique d'Aston Martin Valkyries lors du Salon Privé de Londres de cette année. L'impressionnante exposition de Valkyrie a été complétée par d'autres modèles emblématiques de la marque britannique, dont deux One-77, une Vulcan et un V12 Speedster.

"Cet énorme rassemblement d'Aston Martin Valkyrie a été une étonnante première mondiale pour le Salon Privé de Londres", a déclaré David Bagley, directeur de l'exposition.

Après Madrid en 2023, Vienne (Autriche) et Toronto (Canada) cette année, la grande exposition consacrée à la Formule 1 s’installe à Londres à Toronto jusqu’à la fin de l’année. Les visiteurs pourront découvrir les coulisses du monde de la F1 grâce à de nombreuses technologies innovantes.

Organisée avec le support d’experts, d’historiens et de journalistes, l’Exposition Formula 1 offre un aperçu unique du monde extraordinaire de la Formule 1. Les visiteurs commencent leur voyage en passant par « Once Upon A Time In Formula 1 », où des films, photos, interviews inédites transportent les fans à travers l’histoire de ce sport.

Le « Design Lab » fait pénétrer les visiteurs dans une usine de Formule 1, et permet de découvrir les composants typiques d’une F1, notamment l’unité de puissance hybride de 2022. « Fallen Heroes » est consacrée aux nombreux pilotes qui ont malheureusement sacrifié leurs vies en course, tandis qu’au contraire « Survival » rend hommage aux innovations en matière de sécurité avec les restes de la voiture de course HAAS brûlée dont Romain Grosjean est sorti vivant lors de son dramatique accident de 2020 à Bahreïn.

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Plusieurs F1 de différentes époques seront exposées, notamment l’iconique Ferrari 156 « Sharknose » de 1961reconstruite à l’identique, la légendaire Lotus 72 de 1970, la Williams FW07-C de 1981, et plusieurs championnes du monde, la McLaren MP4/4 en 1988 avec Ayrton Senna, la McLaren MP4/14 1999 avec Mika Häkkinen, la Mercedes AMG F1 W09 de Lewis Hamilton (2018) et la Red BullB16b de Max Verstappen (2021).

La Renaissance de l'Industrie Automobile Britannique

L'industrie automobile britannique ne connait pas la crise, et ambitionne de détrôner la France de la deuxième place européenne. Le Jaguar F-Pace sera commercialisé en 2016. Des usines flambantes neuves, des investissements massifs, des embauches, des nouveaux modèles... L'industrie automobile britannique a marqué ces dernières années une étonnante renaissance, à contre-courant d'une Europe stagnante ou en partie sinistrée.

Aujourd'hui, signe de son retour sur la scène internationale, le pays veut ouvrir un salon international souvent vu comme une véritable vitrine industrielle. Certes, il existait un salon au pays d'Albion jusqu'en 2008. Ou, du moins, ce qu'il en restait. Pour les constructeurs, le royaume n'offrait plus l'attrait d'antan. Ses marques les plus emblématiques avaient perdu de leur superbe... La production n'était plus ni efficiente ni qualitative... Bref. Il y a peu encore, l'industrie automobile britannique semblait condamnée à une inéluctable paupérisation...

Le Diktat du Haut-de-Gamme Allemand

Contre toute attente, c'est la crise des subprimes qui va assurer le salut des dernières marques les plus symboliques de l'automobile britannique. Aux États-Unis, General Motors et Ford, aux abois, sont contraints de fermer des marques et des dizaines d'usines. Le second va décider de se séparer de ses deux marques anglaises Land Rover et Jaguar. Deux marques en panne d'inspiration stylistique, errant sans certitudes entre les codes haut-de-gamme imposés et trustés par le triptyque allemand (BMW, Audi, Mercedes).

Mais ces deux marques ont surtout souffert d'un manque d'investissement. C'est un groupe indien qui redonnera sa chance à ces deux marques. Le groupe Tata va ainsi racheter Land Rover et Jaguar en 2008 pour 2,3 milliards de dollars, accompagné de milliards de dollars d'investissements pour moderniser les usines, et lancer de nouveaux modèles. Entre 2011 et 2016, la seule marque Jaguar a lancé un programme de 5,5 milliards d'euros d'investissement. Et le succès est au rendez-vous.

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Les deux marques ont complètement renouvelé leurs gammes. Ils ont réussi à retrouver leur place dans le concert des marques haut-de-gamme sans rien céder aux codes stylistiques austères des marques allemandes. Les chiffres de vente se sont envolés... Ce n'est pas terminé. Jaguar vient de présenter son premier SUV, un segment en pleine explosion en Europe. Une usine de moteurs vient d'ouvrir en Angleterre, et un site est en cours de production au Brésil.

Un Marché Domestique en Pleine Forme

Cette renaissance a sans nul doute redoré le blason de l'industrie automobile britannique, mais cela ne suffit pas à expliquer les impressionnants volumes de production d'un pays où on continue à rouler à gauche... Il y a d'abord le marché domestique britannique particulièrement en forme. En 2014, les ventes ont bondi de 9,3% dans l'archipel avec 2,4 millions de véhicules, soit 700.000 immatriculations de plus qu'en France. Jamais le marché britannique n'avait fait aussi bien en 10 ans.

Les constructeurs profitent également d'une main d'œuvre bon marché et de subventions gouvernementales généreuses. Les planètes sont alors alignées pour inciter les constructeurs à investir sur place. Mini, filiale de BMW, a annoncé un milliard d'euros pour augmenter ses capacités. Nissan qui possède la plus grande usine du pays près de New Castle n'a cessé d'investir pour porter la production de cette usine qui produit le Qashqaï. Il a encore récemment investi 250 millions d'euros pour accueillir sa filiale de luxe Infiniti.

Toyota a repris les embauches après avoir gelé en 2009 la production en pleine crise. En 2012, General Motors avait surpris tout le monde en annonçant que c'est son usine de Ellesmere Port, près de Liverpool, qui produirait la nouvelle Astra moyennant 155 millions d'euros d'investissement et 700 créations de postes. Le groupe américain l'avait alors préféré à son site allemand. Une nouvelle d'autant plus surprenante que cette usine était condamnée à la fermeture en 2014...

La France Bientôt Distancée?

L'industrie automobile britannique autrefois moribonde ne cesse donc de reprendre de la force, au point de menacer la place de l'industrie française. La production automobile est passée de 1,1 million d'unités en 2009 à 1,6 en 2013 et devrait atteindre les 2 millions en 2017 d'après les chiffres de l'OICA (Organisation internationale des constructeurs). La production tricolore, elle, devrait se faire distancer, plafonnant à 1,7 millions d'unités.

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Le British International Motor Show (BIMS) : Un Retour à Londres

Trente ans que l'on avait pas vu cela ! Du 20 au 30 juillet et après plusieurs décennies d'exil à Birmingham, où il n'attirait plus guère les foules, le British International Motor Show (BIMS) fait son grand retour à Londres. Objectif : reconquérir dès cette année un public d'au moins 500.000 visiteurs avant de se hisser à terme au rang des grands salons automobiles européens, Paris, Francfort et Genève.

Défilé de véhicules célébrant les plus belles automobiles de l'histoire dans les plus prestigieuses artères de la ville, concerts de rock , depuis dimanche déjà tout est ainsi fait pour que ce BIMS, qui ouvre ses portes au public ce mercredi, sur une trentaine de nouveaux modèles dont une douzaine de premières mondiales, soit une fête.Et cela d'autant plus qu'au terme de ce premier semestre, l'automobile britannique a bien peu de motifs de se réjouir.

En recul de 4,2% à fin juin, les immatriculations de voitures neuves ont conclu leur 9e trimestre consécutif de baisse. Et selon, les dernières prévisions, c'est sur un nouveau recul des ventes de 3,7%, à 2,35 millions d'unités que devrait s'achever 2006 malgré l'arrivée de nouveaux modèles présentés au Salon de Londres comme la Vauxhall Corsa, très attendue sur un segment des compactes qui pourrait reprendre un peu de vigueur, ou le Freelander 2, l'an dernier encore leader sur un marché des 4x4 seul à vraiment continuer à progresser.

Coté production, la situation n'est guère plus brillante. Suppressions de postes chez Vauxhall, fermeture annoncée de l'unité d'assemblage de Peugeot à Ryton Depuis le début de l'année, et malgré les promesses réitérées à la veille du Salon, du chinois Nanjing de relancer MG Rover, les mauvaises nouvelles s'enchaînent. Au point que les syndicats du secteur s'alarmaient récemment d'une industrie «sur une pente glissante».

Les Défis et les Opportunités de l'Industrie Automobile Britannique

Car, il y a quarante ans encore presque toutes les voitures vendues au Royaume-Uni étaient conçues et construites dans le pays. Mais Peugeot parti, il n'y restera plus que cinq véritables constructeurs de masse. Tous détenus par des groupes étrangers. Parmi les nombreux petits constructeurs subsistant encore, et qui font l'une des originalités du pays, Bentley (Groupe VW), Lotus (propriété du malaisien Proton) TVR (détenu par le Russe Nikokai Smolensky) sont également désormais entre des mains étrangères.

Et dans la vingtaine d'unités d'assemblage restantes (utilitaires compris) comme à leur périphérie où est installé un tissu d'équipementiers lui aussi de plus en plus concurrencé par les pays à moindres coûts, les emplois ne cessent de fondre. Pourtant, si les pays d'Europe centrale et d'Asie attirent désormais l'essentiel des nouveaux investissements et des emplois, le Royaume Uni est encore loin d'être une zone sinistrée, rétorque-t-on dans le camp des optimistes où se range la fédération des constructeurs SMMT.

Avec 2,5 millions de voitures neuves vendues l'an dernier, il demeure le deuxième marché européen derrière l'Allemagne. Et, avec 1,6 million de voitures assemblées par Nissan, Toyota , Honda, BMW, propriétaire de Mini, General Motors et Peugeot ainsi que quelque 200.000 utilitaires, sa production s'inscrit au même niveau qu'au plus fort des années 70. De plus, malgré leurs récriminations régulières contre l'obstination de la Grande-Bretagne à refuser d'adopter l'euro, les japonais, qui par leur arrivée à la fin des années 80 ont contribué à la renaissance d'une production automobile britannique tombée sous la barre des 900.000 unités en 1982, continuent à y investir.

L'usine Nissan de Sunderland qui s'apprête à assembler son 10eme modèle en 20 ans (1), reste ainsi la plus productive d'Europe. Même si ce sont des chaînes de l'usine Mini d'Oxford, qu'est sorti l'an dernier le véhicule le plus produit au Royaume-Uni.Quant à Ford, s'il a cessé d'assembler ses Fiesta dans le pays, fermé l'unité de Brown Lanes de sa marque Jaguar, il tire aussi une production nationale de moteurs qui dépasse les 3 millions d'unités annuelles et place le Royaume-Uni en pôle position des producteurs européens de groupe motopropulseurs.

Et semble déterminé à poursuivre dans cette direction, à en juger par le nouvel investissement d'un milliard de livres (1,5 milliard d'euros) dans des projets de recherche destinés à diminuer la consommation de ses moteurs annoncé par l'américain à la veille de l'ouverture du Salon.Ce dernier contribue ainsi à gonfler les revenus d'un secteur représentant un chiffre d'affaires annuel de plus de 47 milliards de livres (68,3 milliards d'euros), des exportations d'un montant de 20 milliards par an (29 milliards d'euros). Soit, pour l'économie britannique, quelque 14,2 milliards d'euros de valeur ajoutée dans le domaine de la fabrication et de 32 milliards dans celui de l'après-vente et de la réparation. Pas si mal.

Pourtant l'avenir du secteur reste teinté d'incertitudes. Sur le marché de l'après-vente, un amollissement de la croissance des dépenses est attendu sur les deux prochaines années (2) reflétant le ralentissement du marché du neuf.

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