Si les constructeurs et bon nombre d'automobilistes n'ont plus d'yeux que pour les SUV, certains irréductibles n'ont toujours pas délaissé leurs berlines ou breaks. Il faut dire que ces derniers réussissent encore à offrir du plaisir de conduite tout en choyant la famille et satisfaisant les envies de déménagement. Prenez Skoda, par exemple. Pas question pour autant d'abandonner ses premières amours.

Quelques mois après le renouvellement de la Skoda Octavia, le constructeur tchèque a dégainé son habituelle déclinaison Scout. La philosophie reste la même : s'aventurer hors bitume, offrir un peu plus de polyvalence, tout en conservant les principales qualités de l'Octavia. Gros volumes, confort de premier plan...

Comme le reste de la gamme Octavia, la version baroudeuse Scout a droit à un petit restylage. La marque de Mlada Boleslav continue de (bien) vendre ses berlines Octavia et Superb ainsi que leurs déclinaisons break. Et pour parer à d'éventuelles infidélités, Skoda a depuis quelques années pris le parti de commercialiser une version baroudeuse de son best-seller mondial, l'Octavia.

Un Look Aventureux Assumé

Ce côté aventurier, l'Octavia Scout l'assume totalement dans le look. Sans grande surprise, le traitement Scout concerne essentiellement sa présentation. On retrouve donc les inévitables protections de passages de roues en plastique noir, boucliers spécifiques intégrant des sabots façon alu... pas seulement factice ou pour simplement épater la galerie : à l'avant, l'élément se prolonge jusqu'au compartiment moteur et rejoint le carter anti-projections. Sabots façon aluminium à l'avant et à l'arrière, pare-chocs spécifiques et protection de passages de roues font toujours partie de la dotation alors qu'un nouveau pack comprenant le revêtement en plastique du châssis et des conduites de frein et carburant fait désormais son apparition.

Finalement, la seule différence avec la version d'avant restylage concerne la face avant avec une calandre légèrement plus large et surtout de nouvelles doubles optiques avec feux de jour à LED. En Scout, le break Octavia se distingue par des protections de carrosserie, un châssis légèrement rehaussé (15 mm) et une transmission intégrale.

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La garde au sol est toujours rehaussée de 31 mm (171 mm) tout comme l'angle d'attaque (16,6 degrés) et l'angle de fuite (14,5 degrés) largement suffisants pour grimper les trottoirs ou s'aventurer sur des chemins caillouteux.

La garde au sol rehaussée (15 mm) permet bien de s'aventurer en tout chemin, mais guère plus qu'un break Octavia classique. Ses aptitudes se limiteront donc à d'honnêtes escapades sur chemin de terre ou aux montées en station, chaussée de gommes adéquates bien sûr. Comme n'importe quel SUV, finalement !

D'ailleurs, la Scout a aussi suivi l'exemple de ces derniers côté transmission : jusqu'alors uniquement proposée en 4 roues motrices, elle est désormais disponible en simple traction avec le 1.5 essence d'entrée de gamme... comme la plupart des SUV vendus chez nous. L'intérêt ? Réduire le prix d'appel, la consommation (donc le grammage) et échapper au malus CO2. Evidemment, on fera alors une croix sur les aptitudes offroad, même modestes, d'une "vraie" Scout à transmission intégrale. Il lui restera tout de même d'excellentes compétences routières (avec un confort de premier ordre)...

Habitacle et Équipements

Question habitacle, l'unique changement concerne l'adoption d'une nouvelle sellerie spécifique Scout. En revanche, "l'effet Scout" est notable concernant la présentation intérieure et l'équipement. Inserts décoratifs, sellerie et habillages sur les contre-portes et la planche de bord dégagent une ambiance plutôt cossue. Scout, certes, mais pas tout à fait dans l'esprit de construire des cabanes dans les bois !

Pour le reste, Combi Scout ou RS, c'est du pareil au même. On retrouve la nouvelle planche de bord de l'Octavia, résolument aérienne. Disons-le clairement, elle donne un sacré coup de vieux à l'ancienne génération. Pour la qualité de fabrication, c'est du très bon travail : les commandes inspirent la robustesse, et les matériaux utilisés sont au diapason.

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L'Octavia Combi conserve les excellentes dispositions pratiques des générations précédentes : l'espace aux places arrières est conséquent, et le coffre est tout bonnement géant : avec 640 litres (40 litres de plus que la berline), elle emportera sans difficulté les armes et bagages de toute la famille, et même plus ! Pour ne rien gâcher, les fameuses astuces Simply Clever sont toujours de la partie : double plancher et filets de coffre, gratte givre intégré dans la trappe à carburant, entonnoir intégré au couvercle de lave-glace : tout est fait pour rendre votre vie plus facile. Banquette rabattue, le coffre atteint 1.700 litres !

Ça n'étonnera pas grand monde : au passage de cette quatrième génération, la Skoda Octavia a fait le plein de nouvelles technologies. Les aides à la conduite sont évidemment au rendez-vous : régulateur de vitesse adaptatif et prédictif, détecteur d'angles morts très performant, et même la fonction Travel Assist incluant l'assistance de conduite en embouteillage, le maintien du véhicule au centre de la voie et le volant capacitif (il détecte vos mains sur le volant). Même son de cloche à l'intérieur : recharge par induction, Digital Cockpit (de série dès le deuxième niveau de finition !), Android Auto et Apple CarPlay sans fil : rien ne manque.

Transmission Intégrale et Motorisations

L'autre spécificité de l'Octavia Scout, c'est sa transmission intégrale Haldex agrémentée de différentiels électroniques EDL avant et arrière. Un équipement fourni de série peu importe la motorisation choisie, 1.8 essence de 180 ch ou deux Diesel 2.0 TDI de 150 et 184 chevaux. Notre version d'essai haut de gamme 2.0 TDI 184 chevaux, le même moteur que sur la RS, profite également de série d'une boîte automatique à double embrayage DSG6.

La transmission intégrale, certes pas indispensable la majeure partie du temps, aura tout de même fait preuve d'une certaine efficacité au cours de notre essai. Nous avons volontairement recherché les plus mauvaises routes tchèques, sur notre parcours de Prague à Karlovy Vary, station thermale cossue où James Bond a connu une douloureuse fin de partie de poker dans Casino Royale... Sous le capot, le Scout limite sa gamme aux plus grosses motorisations de la famille Octavia, partagées avec le reste du groupe Volkswagen : a savoir le 2 litres TDI en 150 et 184 ch.

Comportement Routier et Confort

Plus lourde et plus haute sur pattes, la Scout est donc logiquement moins dynamique que la Combi, souffrant d'une prise de roulis plus marquée et d'une légère tendance au sous-virage. Pour gommer ce défaut, les ingénieurs auraient pu raffermir l'amortissement afin d'obtenir un bon maintien de caisse. Force est de constater qu'ils ont préféré opter pour le confort de roulement plutôt que pour le dynamisme alors qu'un amortissement piloté aurait sans doute été la meilleure solution.

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La garde au sol surélevée et la fonction Off Road du Drive Select offrent cependant de bonnes capacités tout-chemin. Ce mode de conduite permet d'optimiser la transmission en envoyant le couple sur les roues qui en ont le plus besoin en cas d'adhérence précaire.

L'une des qualités majeures de l'Octavia est restée intacte, heureusement : son confort, feutré au possible, servi par une suspension bien calibrée... et un peu trop souple. On ne s'attend pas à un exemple de dynamisme, certes. Mais une meilleure tenue en changement d'appui, ou sur les grosses irrégularités, serait bienvenue. Le mal est rectifié avec la suspension pilotée. Encore un peu trop mollassonne sur les modes les plus prévenants, mais bien mieux dosée en "Sport". Le compromis est plaisant, sans pénaliser le toucher de route toujours remarquablement filtré.

Il en résulte une auto au comportement tout à fait neutre et rassurante, y compris en conditions précaires (pluie, chaussée grasse et boue auront ponctué nos quelques 500 km de parcours). Pour rappel, les 4 roues motrices de l'Octavia sont non-permanentes : on retrouve ici une transmission type Haldex, donc simple traction par défaut, comme toutes les autos dérivées de la plate-forme MQB du groupe Volkswagen.

Tarifs et Positionnement

Vendue à partir de 31.750 € (2.0 TDI 150 ch BVM6 4X4), l'Octavia Scout fait grimper ses tarifs jusqu'à 34.190 € pour le 2.0 TDI 184 ch DSG6 4X4. A ce tarif, la Scout offre toute la panoplie baroudeuse ainsi que des jantes 17 pouces, la climatisation bizone, le radar de stationnement arrière ou encore la navigation.

Nous avons donc affaire au sommet de la gamme Octavia, avec les tarifs qui vont avec. Elle débute ainsi à 35.800 € avec le 1.5 TSI essence à micro-hybridation, un prix d'appel bien placé compte tenu des prestations générales de l'auto. Le surcoût de 900 €, comparé au break en carrosserie classique à équipement comparable, est modéré. La facture grimpe ensuite rapidement avec les motorisations plus musclées. En Diesel TDI 150 4 roues motrices, certainement la configuration la plus cohérente pour un break familial appelé à avaler les kilomètres, il faut compter au moins 40.240 €.

A ce jour quasi seule représentante des breaks baroudeurs généralistes, l'Octavia Scout entretient soigneusement les piliers Skoda. On retrouve donc une familiale pragmatique, vaste et bien placée en tarifs… du moins par rapport aux concurrentes de cette niche, qui portent généralement des blasons premium. Son positionnement atypique en fait surtout une sympathique alternative au tout-SUV.

Plus accessible, en terme de tarifs, que ses principales concurrentes Audi A4 Allroad, Peugeot 508 RXH ou Volvo XC 70, la spacieuse et astucieuse Octavia Scout deboule donc avec un appetit aiguise.

Tableau Récapitulatif des Tarifs et Motorisations

Motorisation Prix de départ
2.0 TDI 150 ch BVM6 4X4 31.750 €
2.0 TDI 184 ch DSG6 4X4 34.190 €
1.5 TSI essence à micro-hybridation 35.800 €

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