Spacieuse, bien équipée et proposant des tarifs séduisants, la berline compacte de la marque tchèque affiche un déficit de notoriété. Le débat reste ouvert. Les avis savamment partagés. La Scala est-elle un faux break ou une vraie berline ? La réponse officielle, c’est berline compacte, mais chaque fois que l’on revient vers elle avant de reprendre la route, qu’elle s’offre à notre regard, la question se pose de nouveau.
Très discrète sur le segment concurrentiel des voitures compactes, la Skoda Scala ne parvient à percer en France alors même qu’elle fait aussi bien voire mieux en termes de prestations que bien d’autres alternatives sur le marché. Proposition sans intérêt ou véritable coup de maître ?
Design et Apparence
Le style divise malgré un capot et des flancs travaillés, des nervures et une calandre agressive escortée par de jolis blocs optiques. Pour nous, pas de fausse note même si le blanc de notre véhicule d’essai n’est pas celui qui flatte le mieux notre Tchèque produite sur la plate-forme de la Polo Volkswagen et plus grande (10 centimètres quand même…) qu’une Golf !
Le profil de la Scala est sans doute l’angle de vue le plus “compliqué”. On a un peu de mal à savoir à quel type de carrosserie l’on a affaire. Les jantes pleines et foncées de notre finition Monte Carlo n’aident pas l’équilibre bien au contraire. À l’arrière, on retrouve la lunette arrière noir caractéristique du modèle. Dommage que le lettrage “S K O D A” disposé entre les deux feux et proposé en noir sur la finition Monte Carlo en devienne complètement invisible.
Comme tout bon restylage, le premier élément retouché est la calandre, qui reprend la traditionnelle enfilade de lamelles verticales. Son contour peut être chromé ou noir brillant selon la finition. Les ouïes latérales (non factices) dirigent le flux d’air vers les roues avant et intègrent les anti-brouillard à LED livrés de série dès la finition Sélection. Les phares Matrix LED font également leur apparition sur la Scala et sont disponibles en option ou bien en série sur la finition Monte Carlo.
Lire aussi: Škoda : Qualité et flexibilité à Salon-de-Provence
Quelques mots sur les éléments spécifiques à la finition Monte Carlo à commencer par de nombreux détails peints en noir : contour de calandre, coques de rétroviseur, jupes latérales et lettrage sur la lunette arrière. Des badges spécifiques sont disposés sur les ailes avant. La Scala peut être équipée de jantes 16, 17 ou 18 pouces selon les finitions et options sélectionnées. Neuf coloris (dont 6 métallisés) sont proposés.
Intérieur et Confort
À l’intérieur, les aiguilles ont disparu du combiné situé derrière le volant, la tablette tactile de bonne taille (9’’2) est agréable à utiliser, compatible AndroidAuto et Apple CarPlay dommage qu’il faille passer par elle pour régler la clim.
Dans l’habitacle, le vent de renouveau ne se fait pas particulièrement ressentir. Six variantes d’ambiances intérieur sont disponibles dans les trois niveaux de finition. Les revêtements des sièges, contreportes et des appliques sur la planche de bord ont été redessinés. Ils font appel également à des tissus recyclés et matériaux naturels. Notre finition Monte Carlo arbore des sièges sport en tissu aux notes rouges et grises avec les appuie-têtes intégrés : de toute beauté. Leur réglage reste malheureusement manuel, un peu pingre quand l’on constate le prix de notre configuration (environ 37 000 € !). La planche de bord est recouverte d’un insert à effet carbone, assorti aux mousses d’accoudoirs des contreportes. Le volant sport 3 branches spécifique dispose d’un badge Monte Carlo sur la branche inférieure tandis que la jantes est recouverte de cuir grainé.
Habitabilité et Coffre
Les bagages ne sont pas les seuls à bénéficier de la générosité de la Scala, les passagers sont prêts à se battre pour monter à l’arrière ! On ne sera pas surpris d’apprendre qu’aucune concurrente du segment propose mieux. Bravo pour le record.
Les places arrières sont l’un des arguments phares de la Scala qui dispose sans aucun doute d’une habitabilité record pour le segment. Quatre adultes de bonne taille et forte corpulence peuvent prendre place à bord sans la moindre hésitation, il leur restera même de la place au genoux. Les deux places arrières aux extrémités disposent dans le dossier des sièges de devant d’une pochette pour ordinateur portable/magazine et d’une seconde poche pour accueillir un smartphone. Deux prises USB-C ainsi que des buses de ventilation individuelles sont présentes sous l’accoudoir de devant.
Lire aussi: Coffre idéal pour aventures (Skoda Octavia)
Le volume de coffre est lui aussi particulièrement avantageux. 467 litres, et une possibilité de disposer d’un double-fond en option. Mine de rien, c’est 67 L de plus que le volume offert par un Kamiq (12 cm plus court qu’une Scala) et 86 L de plus qu’une Volkswagen Golf 8.
Connectivité
D’un point de vue connectivité, la Scala n’inaugure aucune nouveauté particulière sur le segment. On retrouve un tableau de bord à affichage numérique 8 pouces de série tandis que le Digital Cockpit 10,25 pouces personnalisable est proposé en option (notre modèle d’essai en est équipé). De même que sur l’Octavia à titre d’exemple, le Lane Assist et l’alerte survitesse (ainsi que l’ensemble des ADAS) qui sont activés par défaut à chaque démarrage peuvent s’enlever en deux clics via une pression sur le bouton dédié sur la branche droite du volant. L’écran principal d’infotainment est livré de série en 8,25 pouces ou 9,2 pouces si vous optez pour l’option Navigation. Le nombre de menus particulièrement réduit est appréciable tandis que la fluidité dans les changements d’affichage est de mise. L’ensemble est bien évidemment compatible Apple CarPlay / Android Auto sans fil ou via une connectique USB-C.
Performances et Conduite
Ni le châssis, ni le moteur un peu moins puissant, ni la direction ne peuvent vous promettre des sommets de plaisir au poste de pilotage, mais ensemble, ils ont le mérite de faire le job demandé par le plus grand nombre, et promettent des trajets tranquilles et donc parfaits pour la vie de famille et ses déplacements. On apprécie la souplesse en ville, on regrette le manque de tempérament en montagne, et le confort de roulement sur les mauvaises routes. La Scala est capable de hausser le ton mais toujours dans des proportions raisonnables.
La Scala est à mon sens un bel exemple du parfait compromis entre un niveau d’équipements complet et une liberté de conduite encore laissée au conducteur. Autant annoncer la couleur tout de suite : la Skoda Scala brille par une versatilité à toute épreuve. Lors de mon installation à bord, je note un réglage suffisamment libre de la hauteur de l’assise et inclinaison du dossier, bien que j’aurais aimé une assise légèrement plus longue au niveau des cuisses. Mes premiers kilomètres sont effectués comme à mon habitude en ville, en sortant du parc presse du groupe Volkswagen situé dans Paris. Pas de caméra 360 au menu pour les manoeuvres mais toutefois la présence de radars avant/arrière et d’une caméra de recul. L’assistance au parking est quant à elle disponible en option.
La Scala offre une sélection du profil de conduite selon 4 modes : Eco, Normal, Sport & Individual agissant sur la réponse à l’accélération, l’assistance de direction et l’amortissement. Le mode Normal est celui réglé par défaut, que j’utiliserai la majeure partie du temps. En milieu urbain, le 1.0 TSI 116 associé à la boite DSG7 montre quelques faiblesses en souplesse. Le start and stop est peu discret et le turbo se déclenche un peu trop brutalement à basse vitesse rendant la gestion de la pédale de droite surprenante sur les premiers kilomètres. Sur voie rapide en revanche, c’est royal. À vitesse stabilisée, l’insonorisation est d’un excellent niveau, seulement perturbée à la reprise des gaz après un péage, où le 1.0 TSI se fait assez sonore. La sensation de puissance est pour autant bien présente et entre 110 et 130 km/h (voire au delà), le manque de reprise que je craignais s’avère totalement infondé. La Scala transporte alors 3 personnes et leurs bagages et, en plus de ne craindre aucun dépassement, stabilise sa consommation à 5,6 litres sur un trajet Paris -> Metz.
Lire aussi: Fiabilité et Performances de l'Octavia IV
C’est malheureusement sur parcours sinueux que la Scala, malgré notre finition Monte Carlo, montre ses faiblesses. Si la Scala Monte Carlo dispose de série d’un châssis abaissé de 15 mm, le mode Sport raffermit la suspension, alourdit l’assistance de direction et autorise des passages de rapport à plus haut régime. La DSG7 autorise facilement en mode automatique (sans gestion via les palettes au volant) des montées en régime à plus de 6000 tr/min. Si le 3 cylindres se montre vaillant et rageur, le comportement dynamique souffre lui de quelques critiques, non aidé par les pneumatiques Nexen montées en série. Le comportement est sain, plutôt rigoureux mais peu pointu et le manque de remontée d’information dans la direction est palpable par rapport à une nouvelle Volkswagen Golf ou Audi A3. Dès lors que la route se rétrécie et tournicote, je ne saurais que trop vous conseiller d’enclencher automatiquement le mode Sport sans quoi en cas de changements de reliefs répétés, la Scala vous gratifiera de quelques rebonds intempestifs. Cet exercice trahit sans peu d’effort la typologie de la plateforme sur laquelle repose la Scala.
Un mot sur la consommation moyenne au terme de ces 2000 km d’essai qui affichait environ 5.8 L / 100 km. Un score que vous pourrez égaler sans mal avec le 1.5 TSI 150 en adoptant une conduite coulée.
Motorisations
Ainsi, seuls 3 moteurs sont proposés, tous essence et sans micro-hybridation. On retrouve le 3 cylindres 1.0 TSI décliné en deux niveaux de puissance : 95 ch (en BVM5 uniquement) ou 116 ch (en BVM6 & DSG7). Il est accompagné du 4 cylindres 1.5 TSI 150 maison (BVM6 & DSG7), proposant une fonction de désactivation des cylindres lui permettant ainsi d’afficher une consommation moyenne et un rejet de CO2 moyen équivalent au 1.0 TSI 116.
Sécurité et Aides à la Conduite
La panoplie est complète avec l’alerte d’angles morts, le positionnement dans la voie et le régulateur de vitesse adaptatif.
Prix et Finitions
3 finitions sont proposées : Active, Sélection et Monte Carlo. Une quatrième dénommée “Limited Edition” et surtout éphémère, accompagne le lancement.
Malgré une configuration au tarif salé, la Scala dans cette finition Monte Carlo dispose d’un rapport tarif/prestations avantageux au regard de la concurrence (on ne saurait toutefois que trop vous conseiller le 1.5 L TSI 150 à l’agrément supérieur).
Fiabilité et Avis des Propriétaires
La marque automobile Skoda créée en 1919 en République tchèque (le groupe industriel existait depuis un demi-siècle) a été intégré au groupe Volkswagen en 1991.
Voici quelques avis de propriétaires de Skoda Scala:
- FAMI22321345: "Les Skoda actuelles sont des Volkswagen, donc assez fiables. Ma Scala a 140 000km et j'en suis très content."
- RIGA15214214: "Je possède une Scala essence de 150 ch automatique. Moteur très agréable et particulièrement peu gourmand. La tenue de route est assez médiocre mais le confort est bon. Voûture très vaste au niveau du coffre. Gros point noir, la qualité de fabrication, bruits parasites sur tableau de bord, électronique qui bugge parfois. Sav très mauvais du moins à Montauban."
- SYLV63346331: "Concernant ma Scala TSI 150cv BVA, 4 ans ½, 31000Kms : Les + : motorisation performante et consommation raisonnable, habitabilité et volume du coffre. Sans option châssis sport le véhicule est très confortable et la tenue de route est OK. Les - : mauvaise isolation acoustique (bruits d'air et de roulements très perceptibles à partir de 110km/h), défaut système d'appel d'urgence (qui a été laborieusement corrigé par le S.A.V Skoda)."
- FRED34263162: "Nous avons acheté une Skoda Scala 1,5TSI DSG7 style avec pas mal d'options. C'est une superbe voiture, fiable, très confortable et spacieux. Mon beau-fils a une une superbe, une octavia et un Enyaq et c'est vraiment identique à Wolkswagen mais moins cher. Si vous aimez le style, alors foncez !"
- NICO46222616: "C'est ma 2ème Skoda et c'est fiable en plus d'avoir une belle ligne. Consommation très basse si on respecte les vitesses. En automatique c'est un régal. Par contre le châssis est un peu ferme et çà se ressent aux places AR mais c'est WW donc allemand. Le GPS n'est pas terrible, peu réactif par contre les MàJ sont gratuites. Un autre défaut (enfin pour moi) il y a trop de manipulations à faire par la tablette ,par exemple pour la ventilation ou même pour la désactivation du maintient dans la voie mais sinon bon véhicule"
- CEDR43334555: "J'ai acheté une skoda essence neuve il y a 2 ans et demi et aucun problème rencontré pour le moment. J'ai 2 enfants, la place à l'intérieur du véhicule est suffisantes. Je consomme en moyenne 5,9l au 100 km. Je ne regrette pas mon achat pour le moment."
- JEAN51146222: "C'est ma 4eme skodaFiabilité au dessus de à moyenne400000km en skoda aucun probleme"
- SBAL23356112: "Excellente voiture. Consommation plus que raisonnable et habitabilité record. quelques bruits de plastique sur ma version en raison suspension sport (finition monte Carlo)."
- JIMM15153164: "Je possède une Skoda Scala depuis septembre 2019, c'est une voiture tes agréable à conduire avec beaucoup d'équipements et d'espace pour les enfants ou le coffre. Elle est puissante (150cv) et n'a jamais eu aucun problème, toujours suivi chez Skoda."
Conclusion
L’héritière de la Rapid Spaceback, une des rares Skoda qui n’ait jamais vraiment trouvé son public, peine elle aussi à réaliser ses rêves commerciaux. En rendant les clés, nous avions quand même un peu de mal à comprendre cette confidentialité.
Son atout principal reste sans aucun doute sa vocation familiale, inégalée pour une compacte voir pour un SUV urbain. Attention toutefois aux quelques lacunes sur le plan dynamique et technologique, qui pourraient vous amener à dépenser quelques milliers d’euros supplémentaires ailleurs.
Vaste, confortable et financièrement raisonnable, la compacte tchèque avance toujours les mêmes atouts très pragmatiques. Le lifting sera donc l’occasion de rappeler l’existence de la Scala à un public allergique à la surenchère qui règne souvent chez les généralistes depuis un moment.
tags: #Skoda #Scala #essai #avis