Tout ne se résume pas aux deux stars habituelles, chez les compactes. Plus discrète que les Volkswagen Golf et Peugeot 308, la Skoda Scala fait partie de ces alternatives peu répandues chez nous, peut-être injustement. Quatre ans après ses débuts, le restylage (léger) fait office de piqure de rappel. Mais pourquoi est-elle si méconnue ?

Un Style Discret, un Déficit d'Image

Moyenne partout, excellente nulle part ? Pas du tout, ce serait beaucoup trop simple d'expliquer ainsi la carrière très discrète de la Skoda Scala. Il est vrai qu'elle ne sort pas du lot, en matière de style : pas vilaine, au contraire, mais c'est le calme plat comparé à une Peugeot 308 bien plus audacieuse (donc discutable), ou même sa cousine du groupe Volkswagen Golf, dont le classicisme est une marque de fabrique.

La Scala souffre probablement d'un cruel déficit d'image face aux SUV de la marque qui cartonnent (le Kamiq basé sur la même plate-forme connait un vrai succès), et peut-être du souvenir pas impérissable (euphémisme) laissé par sa devancière, la Rapid... aussi rapidement tombée dans l'oubli que l'aïeule Felicia. De face, l'évolution se remarque aux optiques redessinés plus fins, à Leds de série désormais.

C'est dommage, car en appliquant les recettes du succès des autre modèles de la gamme, la Scala n'a aucune raison de rester anonyme. Elle s'en tire très bien chez certains de nos voisins d'ailleurs : en Europe centrale (logiquement chez elle en République Tchèque, en Pologne et Hongrie également), elle est la plus vendue du créneau.

Un Lifting Subtil

Le look, assez banal, profite tout de même d'un coup de jeune avec ce lifting. Un peu plus affirmé au niveau de la face avant (calandre et optiques redessinés, un peu plus fins, à Leds de série), à peine retouché au niveau du bouclier arrière. L'habitacle est légèrement modernisé au passage.

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Là encore, pas de quoi pousser des cris d'enthousiasme : à l'avant, le mobilier est austère mais sérieux. Sauf sur la finition supérieure Monte Carlo ici illustrée, d'esprit sportif, qui reçoit des sièges typés baquets et des motifs rouges qui égaient un peu l'ambiance. Les autres niveaux d'équipement profitent aussi de nouveaux tissus de sellerie, et c'est à peu près tout.

Intérieur Classique et Spacieux

A bord de la Scala, on fait difficilement plus classique. Ni superflu, ni luxe particulier, mais la finition est sérieuse. En revanche, l'équipement progresse. De série, l'écran central de l'interface média passe à 8,2" (9" en option), et l'instrumentation digitale est présente d'office.

Pas de surenchère numérique ni gadget techno dernier cri, mais de l'espace. Beaucoup d'espace, l'un des gros atouts de la Scala : à l'arrière, l'habitabilité équivaut à une berline du segment supérieur (pour deux, vu que la place du milieu est encombrée par le tunnel central). On passera sur la finition un peu légère des moquettes dans certains recoins, et on retiendra surtout quelques astuces typiquement Skoda.

Déjà connues pour certaines (protections de portes qui s'escamotent à l'ouverture, parapluie dans la porte comme chez Rolls - Royce !), nouvelles pour d'autres (le petit bac de rangement sur le tunnel central à l'arrière). Aucun problème pour voyager à quatre, une Scala présente quasiment les mêmes qualités d'accueil qu'une familiale... ou qu'un SUV. Les places arrière sont immenses, un record pour une compacte ! La garde au toit est correcte, sans plus, mais deux adultes y sont largement à l'aise.

Motorisations Simples et Efficaces

Là encore, la Scala la joue modeste. Les motorisations restent inchangées, tout juste optimisées (à l'instar du Kamiq, voir notre essai) de manière à grappiller un ou deux grammes de CO2. Pas d'hybridation donc (c'est devenu rare !), mais des mécaniques éprouvées et simplement mises à jour (renommées Evo2 pour l'occasion) : le trois cylindres 1.0 TSI de 95 ou 116 ch (disponible en boite manuelle ou DSG7 pour le plus puissant), et l'unique 4 cylindres de la gamme, le 1.5 TSI de 150 ch à désactivation de cylindres (il tourne sur "deux pattes" à vitesse stabilisée, gaz sollicités au minimum).

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Ce dernier, bien connu, est le plus séduisant de la gamme : l'agrément est celui d'un 4 cylindres turbo classique, pas spécialement démonstratif mais souple et coupleux (250 Nm). Avec la disparition du Diesel de la gamme (dommage, le TDI 116 à l'appétit de chameau lui allait comme un gant), on se rabat sur le plus modeste le trois-cylindres 1.0 TSI pour disposer d'un moteur plus modeste.

De préférence en 116 ch avec boite DSG : intéressante configuration, en phase avec cette compacte placide. En boite manuelle, le tempérament nonchalant à bas régime est plus sensible (couple maxi de 200 Nm à 2.000 trs/mn, il ne se passe pas grand-chose en dessous). Les performances restent toutefois convenables, la consommation modérée (sans signer de record : 6,5 l / 100 km relevés)... mais la sonorité métallique, typique des 3 cylindres, est parfois trop présente.

En accélération, la Scala peine à cacher les grondements rugueux du petit bloc essence. Le 1.0 TSI 116 ch est déjà suffisant, mais le 4 cylindres 1.5 150 ch offre un bien meilleur agrément et ne consomme pas beaucoup plus. Rien de catastrophique heureusement, le TSI sait se tenir à allure stabilisée et la Scala reste une auto tout à fait agréable à vivre.

Comportement Routier et Confort

Le confort de suspension est très correct, le comportement rassure à défaut de faire preuve d'un quelconque mordant. Neutre, pas spécialement agile (la suspension souple privilégie la douceur)... Pile ce que l'on attend d'une compacte familiale sans prétention dynamique particulière. Notons toutefois que la Monte Carlo dispose d'un châssis abaissé de 15 mm et légèrement plus ferme, sans excès.

Equipements et Tarifs

La Scala dispose en entrée de gamme (Active) d'une dotation déjà correcte : radar de recul, instrumentation digitale, reconnaissance des panneaux, maintien de voie, interface média (la connexion smartphone se limite au Bluetooth, pas de Carplay ou Android Auto sur la version de base 8"). Cette finition de base demande à 24.530 € et assure un simple prix d'appel, uniquement proposé avec le TSI 95 ch.

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Le niveau intermédiaire Selection, mieux doté (clim bi-zone, démarrage sans clef, présentation plus soignée) démarre à 27.200 €. Moyennant 1.000 € supplémentaires, on dispose du TSI 116 ch : la version à privilégier, au vu de son rapport prix/prestations. La Scala émarge à 4,36 m de long, l'équivalent de ses rivales directes... Toutes moins vastes ! Le rapport encombrement / habitabilité de la Skoda est imbattable.

Malgré une légère hausse de ses tarifs, la Scala reste une compacte sensiblement plus abordable que ses (nombreuses) rivales : 308 et Golf émargent au moins à 5.000 € plus cher à version comparable. Vaste, confortable et financièrement raisonnable, la compacte tchèque avance toujours les mêmes atouts très pragmatiques.

Le lifting sera donc l'occasion de rappeler l'existence de la Scala à un public allergique à la surenchère qui règne souvent chez les généralistes depuis un moment.

Tableau des motorisations et finitions

Finition Motorisation Prix de départ
Active 1.0 TSI 95 ch 24.530 €
Selection 1.0 TSI 95 ch 27.200 €
Selection 1.0 TSI 116 ch 28.200 €

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