La question de savoir si les personnes sourdes ont le droit de conduire est fréquemment posée. La réponse est affirmative : la surdité ne constitue pas un obstacle à la conduite. En effet, la conduite repose principalement sur la coordination visuo-motrice.

Législation française et surdité

Dans la plupart des pays, dont la France, il n'y a pas de restriction légale spécifique interdisant aux personnes sourdes de conduire. Depuis 1959, la législation française autorise les personnes sourdes à obtenir un permis de conduire pour les véhicules des catégories A et B, c’est-à-dire les motos et les voitures légères. Ces véhicules sont donc accessibles sans aucune restriction particulière aux personnes sourdes, qui peuvent les utiliser en toute sécurité.

Pour les permis de conduire des catégories poids lourds (C, D, E), la réglementation est plus nuancée et dépend de l'importance de la déficience auditive. En effet, la sécurité routière impose des critères stricts pour la conduite de véhicules lourds, qui nécessitent une vigilance accrue en raison de leur taille et de leur complexité.

Par ailleurs, en 2010, une avancée significative a été réalisée pour les personnes sourdes en France. L'État a précisé le droit à la présence d'interprètes en Langue des Signes Française (LSF) ou de codeurs en Langue française Parlée Complétée (LfPC) durant les épreuves théoriques et pratiques du permis de conduire. Une bonne nouvelle pour les sourds, qui peuvent donc conduire comme tout le monde !

Évaluation médicale et aptitude à la conduite

Toutefois, comme pour tout candidat au permis de conduire, une évaluation médicale peut être nécessaire pour s'assurer que le conducteur potentiel est médicalement apte à conduire en toute sécurité. Il faut aller voir un médecin certifié qui vous donnera un certificat médical attestant que vous êtes apte à conduire, en fonction de la cause de votre surdité, et du médecin. Selon le résultat et votre surdité, vous pouvez avoir besoin de produire un certificat au bout de 5 ans par exemple ou sans limite de durée.

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Une personne en situation de handicap peut débuter ou reprendre une activité de conduite. Toutefois, tout conducteur de véhicule doit se tenir constamment en état et en position d’exécuter commodément et sans délai toutes les manœuvres qui lui incombent. Vous devez être reconnu apte médicalement à conduire par un médecin agréé lors d'un contrôle médical.

Une brochure indique les affections médicales qui sont compatibles avec la conduite, et celles qui sont incompatibles, de manière temporaire ou définitive, avec la conduite. Par ailleurs vous devez remplir les conditions requises pour la catégorie de permis que vous souhaitez passer. Par exemple, pour le permis B, vous pouvez vous inscrire à l'examen à partir de l'âge de 16 ans (ou 15 ans si vous choisissez l'apprentissage anticipé de la conduite). Vous devez avoir 17 ans pour obtenir le permis B.

Avant de préparer et passer le permis de conduire, vous pouvez contacter le correspondant handicap du bureau de l’éducation routière (BER) de votre département. Selon les départements, le bureau de l’éducation routière (BER) est rattaché à la préfecture ou à la Direction départementale du territoire (DDT). Un rendez-vous sera fixé pour organiser les épreuves théorique (code) et pratique (conduite) en fonction de votre handicap.

Le BER vous communiquera notamment les informations suivantes :

  • Si vous pouvez vous inscrire au permis de conduire avec ou sans contrôle médical par un médecin agréé
  • La liste des écoles de conduite qui pourraient être adaptées en fonction de votre handicap
  • Les démarches à prévoir pour passer l'épreuve théorique (code) et l'épreuve pratique (conduite).

À savoir L’évaluation des aptitudes à conduire est la même pour tous les candidats. Les aménagements des épreuves de l'examen du permis de conduire ne sont que matériels (modalités de communication, véhicule aménagé…). L'aménagement des épreuves théorique (code) et pratique (conduite) du permis dépend de la situation de handicap.

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Adaptations pour l'examen du permis de conduire

Des sessions spécialisées sont prévues chaque année pour passer l'épreuve théorique générale (code) du permis de conduire. Un interprète en langue des signes peut vous assister. Vous pouvez aussi bénéficier d'un dispositif de communication adapté de votre choix. L'épreuve théorique (code) dure 1h30.

L'épreuve pratique peut être adaptée en fonction de vos besoins, par exemple avec un dispositif de communication spécifique. Si vous passez le permis pour conduire un véhicule spécialement aménagé tenant compte de votre handicap physique, l'expert vérifie que les aménagements du véhicule sont adaptés. Au cours de l'épreuve, l'expert vérifie que les aménagements du véhicule sont utilisés de façon efficace.

L'inspecteur peut vous proposer de commencer l'examen par les questions et les vérifications techniques portant sur l'extérieur du véhicule. Vous pouvez être assisté par un expert ou un accompagnateur. L'école de conduite fournit le véhicule de catégorie B à double commande adapté à votre handicap (vous pouvez aussi le fournir si vous le souhaitez). Ce véhicule doit remplir les conditions suivantes :

  • Avoir été mis en circulation depuis 16 ans maximum, sauf exception
  • Avoir des équipements spécifiques en fonction de votre handicap : double-commande de freinage, rétroviseurs supplémentaires à l'extérieur et à l'intérieur si le véhicule le permet, double-commande de direction (volant).

Si le handicap n'est pas stabilisé, la durée de validité du permis est limitée. Vous devez de nouveau passer un contrôle médical à la fin de cette durée. Si le handicap est stabilisé, la durée de validité du permis dépend de la catégorie du permis.

Auto-écoles adaptées et ressources

Oui, il existe des auto-écoles qui proposent des services adaptés aux personnes sourdes ou malentendantes. Les auto école avec cours LSF ne sont pas nombreuses, Voici quelques auto écoles trouvés sur internet ou des forum.

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Les personnes sourdes ne peuvent pas s’inscrire dans n’importe quelle auto-école, il est nécessaire de s’inscrire dans une auto-école adaptée où les moniteurs connaissent la langue des signes française (LSF) et où toutes les questions des apprenants sont traduites en LSF.

Un service en ligne permet de trouver une école de conduite adaptée à l’apprentissage de la conduite en situation de handicap : Personne en situation de handicap : trouver une auto-école adaptée

Sécurité routière et surdité

On le sait, conduire demande une attention de tous les instants afin de garantir une sécurité optimale. Ainsi, il est important de s’assurer d’être toujours en pleine possession de tous ses moyens, quoi qu’il arrive. C’est d’ailleurs pour cela que certains handicaps empêchent tout simplement certaines personnes de pouvoir conduire. Mais qu’en est-il lorsque l’on est sourd ?

En effet, les conducteurs atteints de surdité font souvent face à des idées préconçues concernant leur capacité à pouvoir prendre le volant. En effet, de nombreuses questions se posent, par exemple s’ils peuvent entendre les klaxons, qui ont aussi une grande importance en cas d’urgence. Mais dans la réalité, être sourd n’est en fait pas vraiment un problème pour conduire. Et pour cause, l’actualité visuelle de ces personnes est souvent très développée, ce qui compense largement leur déficit auditif.

Pour conduire, l'ouïe n'est pas indispensable, et les sourds peuvent se concentrer davantage sur les indices visuels et les mouvements environnants. Ainsi, ces automobilistes ont tout à fait le droit d’être au volant d’une voiture.

L’ouïe, qui fait partie des 5 sens humains fondamentaux, n’est pas indispensable à la conduite automobile. Cependant, elle reste un facteur important en cas de situation urgente. En effet, certains comportements liés à l’audition lors de la conduite sont considérés comme risqués. Par exemple l’écoute trop forte de musique ou le port des écouteurs au volant peuvent être dangereux pour vous et pour les passagers. Par conséquent, ils peuvent diminuer considérablement les capacités d’attention et le temps de réaction à certains faits extérieurs.

L’environnement est l’un des facteurs les plus importants pour une bonne conduite. Alors, l’automobiliste se doit de s’y adapter et pour être en toute sécurité, il est nécessaire de percevoir clairement son environnement. En effet, l’audition apporte à votre trajet des informations utiles. Par exemple si vous utilisez un navigateur GPS, si vous rencontrez un avertisseur sonore extérieur ou intérieur, ou encore si vous êtes interpelé soudainement. Et on considère qu’aujourd’hui l’audition est fortement utile lors des situations d’urgence.

L’arrêté du 18 décembre 2015 qui fixe la liste des affections médicales incompatibles avec le maintient du permis de conduire soulève que la surdité n’en fait pas partie. Cependant, cette liste est valable pour les véhicules légers. Dans ce cas, le véhicule doit être équipé de rétroviseurs bilatéraux indispensables à la sécurité du conducteur. En ce qui concerne les véhicules lourds, les personnes dont la surdité est profonde et ne peut pas être solutionnée par un système d’appareillage ne peuvent pas les conduire.

Tableau des affections médicales (Groupe Léger)

Le tableau ci-dessous récapitule les affections médicales du groupe léger (permis A1, A2, A, B, B1, BE) et leur compatibilité avec la conduite :

Affection médicale Compatibilité Conditions
Surdité Définitive Évaluation médicale et adaptations si nécessaire
Autres affections Variable Selon l'évaluation médicale

Il est important de noter que l'aptitude au permis de conduire dépend de la plus restrictive des affections médicales en présence.

En conclusion, être sourd n'empêche absolument pas de conduire. Avec la formation adéquate et en développant des compétences compensatoires, de nombreux sourds sont d'excellents conducteurs.

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