Le Toyota ProAce City Verso est une redoutable familiale, fruit d'un badge-engineering de la fratrie Berlingo / Rifter / Combo Life. Mais est-il plus intéressant que ses cousins? Avec l’arrivée du VW Caddy et à quelques semaines des essais du nouveau Kangoo, il est grand temps de voir si le ProAce City Verso sait enchanter son monde au quotidien.

Présentation Extérieure

Faire les présentations du Toyota ProAce City Verso est un jeu d’enfant : prenez un Citroën Berlingo et un Opel/Vauhxhall Combo Life, versez quelques logos Toyota, agitez au shaker, vous obtenez la version japonaise du trio Stellantis devenu quatuor. Son châssis est rigoureusement identique à celui de ses cousins (hors Peugeot Rifter, donc, en raison notamment de sa garde au sol majorée), tandis que tous ses panneaux de carrosserie sont communs. Les feux arrière sont ceux des Citroën/Opel, les projecteurs viennent du Berlingo Van (et de l’entrée de gamme VP), son bas de pare-chocs avant est issu du Combo-Life tandis que seule la partie haute du bouclier est spécifique à Toyota.

De côté, les protecteurs de porte couleur carrosserie sont identique dans leur contour à celui des Peugeot-Citroën VU et de l’Opel, mais ils se distinguent par un jonc chromé propre à la marque nippone. Les barres de toit sont celles que l’on trouve chez Opel (et chez Peugeot hors finition GT) tandis que les jantes de 17 pouces présentent un design 100 % Toyota (tout comme les enjoliveurs des versions de base)… contrairement aux jantes en alliage de 16 pouces des versions intermédiaires, identiques à celles de Citroën à la couleur près.

En parlant de couleur, le nuancier Toyota est plus restreint que celui des cousines de Stellantis, vous ne trouvez pas la teinte cuivre, par exemple, mais le Gris Platinium de notre modèle d’essai s’accorde à merveille avec la couleur des jantes de 17 pouces, offrant une belle homogénéité à l’ensemble.

Intérieur et Modularité

Toujours au chapitre de la couleur, si le vert et l’orange du Citroën Berlingo XTR vous rebutent, vous serez ravis d’apprendre que le noir sera votre seule possibilité à bord de la Toyota. A nuancer toutefois : les décors de contreporte et de la console sont gris foncé pailleté, et la sellerie à motif gris foncé est quant à elle issue de la… Peugeot 107 phase 3 ! Pour le reste, on trouve un volant et une instrumentation commune avec Citroën (et donc pas de volant chauffant, contrairement à Opel), un couvercle de boîte à gants identique aux utilitaires, aux Peugeot et Citroën de base et à toutes les Opel, i.e. sans décor.

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On l’a compris, si la base esthétique du Toyota ProAce City Verso (vous aussi, vous le trouvez long, ce nom ?) est réussie, moderne et valorisante, sa timide différentiation esthétique avec ses cousins peut laisser sur sa faim. Mais l’essentiel est ailleurs, vous vous en doutez : c’est une voiture à vivre.

Nous sommes en présence de la version haut de gamme Design, dotée de la modularité la plus aboutie ainsi que de l’option toit panoramique, malheureusement non ouvrant, mais qui apporte son lot de rangements en plus de la lumière à bord. En effet, il combine un panneau en verre (vous l’avez perspicacement deviné), un volet occultant électrique (sans commande impulsionnelle, il faudra laisser le doigt sur le bouton), une arche translucide de rangements (rétro-éclairée la nuit) qui fait beaucoup pour l’ambiance à bord, évoquant l’univers de l’aviation, ainsi qu’un coffre de rangements (charge maxi : 10 kg) accessible via le rang 2 ou via le coffre… ou via la lunette arrière ouvrante, de série sur notre version.

Très pratique, elle vous sauvera aussi la mise lorsqu’un véhicule sera garé trop près de votre Toyota ProAce City Verso dont l’immense volet de coffre occupe une place non négligeable à l’ouverture. En effet, le rangement au pavillon ne peut pas cohabiter avec des places de troisième rangée, dommage que le toit vitré avec l’arche ne puissent être dissociés pour ces versions 7 places. Un défaut commun à tous les cousins Stellantis / Toyota. Idem pour les versions longues en 5 places, privées de toit vitré optionnel.

En parlant de places, les sièges de rang 2 sont indépendants et rabattables en un geste pour former un plancher plat. On regrette qu’il n’y ait pas de commandes depuis le coffre, pourtant promises lors du lancement du Berlingo, mais jamais commercialisées. Et puisqu’on en est à rabattre des sièges, sachez aussi que le siège passager avant s’escamote dans le plancher pour former une longueur de chargement de près de 3 mètres. De quoi faire entrer un vélo adulte à bord sans le démonter. Ou la grande armoire suédoise qui fait tant défaut à votre domicile (courage, les magasins rouvrent bientôt).

Rangements

Outre ceux du pavillon, vous profiterez donc de cette grand console disposant de deux volets occultants, d’un pulseur d’air pour le rang 2 et d’une prise USB, tandis que les deux sièges avant disposent de poches kangourou et de tablettes « aviation » avec porte-gobelets (deux autres porte-gobelets se trouvent au pied des custodes), de très vastes bacs de rangements dans les portes et la planche de bord foisonne d’espaces de rangements : au-dessus du combiné d’instrumentations, sous les commandes de clim, derrière l’écran tactile, au-dessus de vos têtes grâce à l’immense capucine et dans les deux boîtes à gants. Celle du bas dispose d’un volume correct, celle du haut est réfrigérée et très profonde. On peut même y rentrer un ordinateur.

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Merci à l’airbag passager, logé au pavillon comme sur… une Citroën C4 Cactus. Les cousins du ProAce City Verso sont désormais les seuls véhicules du marché à étrenner ce type d’airbag. Et ils sont également les seuls à disposer du « magic wash », le système d’essuyage dont les gicleurs sont intégrés aux balais d’essuie-glaces.

Et on le perçoit jusque dans le système multimédia 8 pouces, la caméra de recul, assez atroce ou le manque de prises USB : 2. Une à l’avant, une à l’arrière, c’est trop peu pour un véhicule familial. On espère vivement que le restylage permettra aux ProAce City Verso et consorts de disposer d’une vraie caméra de stationnement, du multimédia moderne vu sur la nouvelle Peugeot 308 et de plus de ports USB.

Très bon point pour la qualité du son distillé par l’installation audio, en revanche : le rendu est très appréciable et plein de relief malgré l’absence de voie centrale ou d’équipement huppé. Et on note avec plaisir que les haut-parleurs situés dans les porte-coulissantes fonctionnent toujours quand la porte est ouverte grâce à une connexion électrique qui accompagne l’ouverture de la porte. On peut aussi apprécier le fait que les 4 vitres électriques soient à impulsion.

Habitabilité et Coffre

Un mot enfin sur l’habitabilité et le volume du coffre : ce dernier permet de charger 597 l de bagages, il est équipé d’une prise 12 V mais ne dispose pas de crochets pour vos courses, c’est dommage. En revanche, sa tablette 2 positions peut se loger à mi-hauteur ou se ranger au plancher, tandis qu’elle supporte 25 kg de charge, ce qui est fort appréciable. Seul le Fiat Doblo fait mieux avec une tablette résistant à 80 kg… mais ça implique de rouler en Fiat Doblo.

Du coup, on se contentera de 25 kg et on profitera des vastes places avant et arrière, des 3 fixations Isofix en rang 2 (que les concurrents n’offrent pas) et d’une très bonne position de conduite. Il faudra en revanche composer avec des sièges avant un peu justes en termes de maintien, en net retrait par rapport aux prestations d’un monospace compact comme un C4 SpaceTourer ou un Scenic, et c’est particulièrement criant pour le siège passager manquant de relief, contrepartie de sa modularité sophistiquée.

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Sur la Route

L’accès et démarrage mains libres de série est, comme d’habitude, un équipement très agréable. On déplore simplement que seules les poignées avant (et le coffre) soient actives pour déverrouiller la voiture. Notre Toyota ProAce City Verso Design mesure 4,40 m dans cette version Medium, mais il est possible de le commander en châssis long (4,75 m) si vous le souhaitez.

Dans tous les cas, basé sur la plateforme EMP2 de Stellantis, il offre des prestations routières de haut vol, une direction douce et bien calibrée ainsi qu’un rayon de braquage très court. Les suspensions filtrent très bien les défauts de la chaussée, l’amortissement se montre prévenant à vide comme à charge, très bonne surprise s’il en est, et les prises de roulis, inévitables avec ce type d’engin, sont relativement contenues. Bref, si vous avez conduit un Citroën Berlingo ou un Opel Combo Life, c’est exactement la même chose.

Comme ses cousins, la version Toyota peut se targuer d’une très bonne insonorisation et la boîte 6 vitesses permet d’abaisser le niveau sonore à haute vitesse. Bien étagée, elle souffre simplement d’un pommeau un peu trop grand pour être vraiment ergonomique. Le stop&start, de type démarreur renforcé, agit sous les 6 km/h… quand il veut bien se mettre en route.

Motorisation Essence

Toyota vous permet d’accéder au bloc 110 ch (le « PSA » PureTech 1,2 l 3 cylindres) sur la version haut de gamme, combinaison impossible chez Stellantis en France qui vous oblige à opter pour le 130 ch automatique en essence. Vous cherchiez enfin un élément distinctif sur cette voiture ? Avec 205 Nm de couple à 1750 tr/min, et 110 canassons, donc, le moteur de notre ProAce City Verso n’est certes pas un foudre de guerre mais il est largement suffisant en usage quotidien malgré les 1 366 kg du véhicule.

Mieux encore, avec 3 passagers, 6 valises pleines et quelques sacs, il ne s’est jamais montré à la peine. Il faut toutefois garder à l’esprit que je n’ai pas affronté de route avec du relief. Néanmoins, si la version 130 ch vous semble un peu chère, contentez-vous du moteur 110 ch sans regret. La consommation moyenne, en revanche, s’établit autour de 8 litres pour un usage majoritairement urbain au cours de l’essai.

Aides à la Conduite

Enfin, les aides à la conduite ne sont pas en reste. Certes, vous vous contenterez quoi qu’il arrive de projecteurs halogènes, mais vous disposez ici du régulateur de vitesse adaptatif (sans fonction stop en raison de la boîte manuelle), du limiteur de vitesse, de l’alerte d’angle mort, de la direction active (LKA dépourvu de centrage sur la file, uniquement actif à partir de 60 km/h) et de l’alerte de collision. L’aide au stationnement avant et arrière sont de série, tout comme la caméra de recul sur laquelle j’ai déjà pesté plus haut.

Comparaison avec la Concurrence

Face à la concurrence de Stellantis, c’est assez complexe : soit vous avez un haut de gamme qui vous impose le 130 ch à boîte automatique, soit vous tenez au 110 ch BVM6 et vous vous contentez d’une entrée de gamme. Exemple avec le Berlingo : 26 250 € (+ 310 € de malus / 145 g) pour une version 110 ch Feel avec options. Mais vous vous priverez du Modutop (toit vitré), de la clim auto avec les aérateurs arrière et la seconde prise USB, de la lunette ouvrante, de l’alerte d’angles morts, du régulateur actif, des vitres arrière coulissantes et des jantes en alliage. Bref, c’est moins cher, mais c’est moins bien.

Si vous tenez au luxe d’une version Shine avec les options équivalentes à notre Toyota en finition Design, c’est 31 550 € (+ 983 € de malus / 155 g) en 130 ch EAT8. Face aux nouvelles rivales de Renault et VW, Toyota se défend bien. Ainsi, le nouveau Renault Kangoo TCe 130 ch BVM6 Intens revient à 29 350 € (+ 983 € de malus / 155 g) avec les options équivalentes mais ne peut pas disposer du toit vitré ou de la lunette ouvrante, indisponibles chez Renault.

Quant à VW, l’allemand propose le Caddy Life 1.5 TSi 114 ch BVM6 à 34 543 € (+ 360 € de malus / 147 g si Volkswagen n’a pas triché à l’homologation) avec les options équivalentes… sans disposer de vitres descendantes sur les portes coulissantes, de siège passager modulable ou de lunette ouvrante. Difficile de justifier un tel écart de prix.

Alternative Monospace Compact

Vous n’hésitez plus ? Alors je me permets de semer le doute en vous : un monospace compact comme le Citroën Grand C4 SpaceTourer s’offre à vous à 31 560 € (+ 190 € / 139 g) en version Feel 130 ch BVM avec options équivalentes. Un peu moins pratique, doté de moins de rangements, il compense avec une présentation intérieure plus raffinée et un look moins utilitaire. Et comme sa fin de carrière approche, son prix sera facilement négociable.

Tableau Comparatif des Prix et Options

Modèle Prix de Base (€) Malus CO2 (€) Options Equivalentes Avantages Inconvénients
Toyota ProAce City Verso Design 110 ch ~30 000 Variable Toit vitré, clim auto, lunette ouvrante, régulateur actif Moteur 110 ch disponible en haut de gamme, garantie 3 ans Présentation intérieure austère
Citroën Berlingo Shine 130 ch EAT8 31 550 983 Options équivalentes à Toyota Design Luxe, options complètes Impose le 130 ch et la boîte automatique
Renault Kangoo TCe 130 ch BVM6 Intens 29 350 983 Options équivalentes Prix compétitif Pas de toit vitré ni de lunette ouvrante
VW Caddy Life 1.5 TSi 114 ch BVM6 34 543 360 Options équivalentes Qualité allemande Prix élevé, moins d'options disponibles (pas de vitres descendantes sur les portes coulissantes)
Citroën Grand C4 SpaceTourer Feel 130 ch BVM 31 560 190 Options équivalentes Présentation intérieure raffinée, look moins utilitaire Moins pratique, moins de rangements

Conclusion

Le Toyota ProAce City Verso est une fantastique familiale. Bien entendu, vos goûts vous porteront peut-être sur un de ses cousins plutôt que sur la Toyota ou inversement, mais le japonais a l’intelligence de proposer l’association du moteur 110 ch avec la finition haut de gamme, contrairement aux marques de Stellantis. Ajoutez à cela la garantie 3 ans, et il deviendrait presque séduisant avec ses jantes assorties à sa teinte de carrosserie. Il lui manque juste un nom moins compliqué et une présentation intérieure moins austère.

A essayer pour s’en convaincre. Car c’est justement la force du Toyota ProAce City Verso : l’essayer, c’est clairement l’adopter.

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