L'histoire de Citroën est riche en innovations et en designs audacieux. Du logo emblématique aux modèles révolutionnaires, la marque française a marqué l'industrie automobile.
Les origines du logo Citroën
Sur le tout premier logo Citroën de 1919, les fameuses flèches s'inspirent du double système d'engrenages métalliques polonais du début du XXe siècle, en forme de chevrons, que le fondateur André Citroën découvre lors d'une visite à sa famille en Pologne. Il achètera le brevet puis utilisera ce système dans des usines françaises. Il doit son succès à ces engrenages plus silencieux et en fait ainsi son symbole de marque.
Le symbole des 2 chevrons nous fait aussi penser aux insignes des grades des militaires, notamment au caporal, en rouge, ou au sergent. Quoi qu'il en soit, la couleur jaune est d'abord présente sur les chevrons, accompagnée d'un bleu sombre, qui vient soit détourer les flèches soit en fond de l'ovale, jusqu'en 1936. Citroën arbore un temps en parallèle un logo avec un cygne lors de la création du moteur flottant en 1932, sur les Rosalie. En 1966 apparaît le carré bleu qui vient porter l'ovale et les chevrons.
Sur les voitures, le logo qui était jusque là sur les grilles de ventilation ou à l'avant du capot vient s'inscrire dans le prolongement des lignes ou délimite la fin du capot. Le nouveau logo Citroën avait déjà été siglé dès 2019 sur le prototype 19_19 ci-dessous, mais il fait officiellement son entrée en 2022 : il se modernise et reprend à peu de choses près... sa forme originale.
Pour marquer l'évolution de la marque, le nouveau logo Citroën a été officiellement dévoilé en parallèle avec le lancement du dernier prototype d'une électrique familiale, la Citroën Oli (à la sonorité all-e = toute électrique), même s'il sera déployé à partir de mi 2023.
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La Oli présente des caractéristiques minimalistes et très dans l'air du temps qui proposent de faire la révolution dans l'électrique en faisant mieux avec moins : moins de poids pour plus d'autonomie (dont un toit en carton alvéolé), des pièces recyclées, recyclables et réparables, un design optimisant la consommation électrique et la température à bord, un tableau de bord connecté au smartphone.
Le logo signature, comme un emblème, se veut plus léger et économe en énergie, sans chrome, pour "plus de recyclabilité". En 2010 Citroën sortait pourtant son 1er modèle électrique, juste après le lancement de son nouveau logo chromé, et la recyclabilité ne semblait pas encore être un problème d'actualité. C'est peut-être là le signe que la marque veut désormais réellement s'engager vers un changement. Elle a annoncé la création de solutions de mobilité plus responsables et durables.
Citroën : Pionnier de l'innovation automobile
Citroën est d'ailleurs précurseur dans bien des domaines, avec la première voiture industrialisée en Europe, la type A de 1919, les moteurs flottants, les tractions avant en 1934, la Toute Petite Voiture à traction avant avec la 2CV, la suspension hydropneumatique "anti tapecul" (comme l'annonce Jacques Séguéla dans la publicité de la GS en 1978), les premières traversées du Sahara en véhicule motorisé en 1922 puis du continent africain en 2CV en 1978, les jouets pour enfants (les petites voitures et les garages), la publicité spectacle ou encore une voiture électrique louable sans permis...
La Citroën DS : Une révolution esthétique et technologique
Soixante ans après sa naissance, ce modèle suscite toujours l’admiration. Cette fascination s’explique notamment par les nombreuses innovations que les « pères fondateurs » de la voiture ont souhaitées. Avec sa forme en goutte d’eau, son capot plongeant en forme de nez de squale, ses flancs lisses et, sur les premiers modèles, la séparation en deux de la plaque d’immatriculation arrière par une pièce dite en « queue de carpe », cette voiture évoque bien l’univers aquatique. La recherche de fluidité poussée à l’extrême, qui évoque aussi l’aéronautique, se retrouve dans la quasi-absence de calandre, les vitres sans entourage, l’empattement démesuré, la partie arrière tronquée ou encore la finesse des montants de carrosserie.
La DS tranche complètement avec les canons de la beauté du milieu des années 1950. Lorsqu’on la compare avec la Peugeot 403 (dessinée par un autre italien, Pininfarina) présentée, elle aussi, au salon de Paris 1955, son originalité saute aux yeux. D’autres détails ont immortalisé la grande Citroën. L’aile arrière recouvrant en partie la roue (un écrou, à son extrémité, permet de la démonter pour intervenir en cas de crevaison), les vitres recourbées, le toit en fibre de verre dont la teinte peut être différente de la carrosserie, créant des alliances audacieuses (aubergine-gris, crème-noir, gris-bleu pastel, vert clair-crème…) ou le montant de custode arrière en plastique (teinté noir sur les véhicules officiels). Cerise sur le gâteau : les clignotants arrière en forme de cornets, ou plutôt de tuyères de fusées.
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A l’intérieur, on s’installe dans un univers qui prend méthodiquement le contre-pied des coutumes automobiles en vigueur pendant les années 1950. Les sièges, d’abord. Ce sont de vrais fauteuils rembourrés de Dunlopillo - rien à voir avec les ressorts un peu raides des assises de la concurrence - dans lesquels on s’enfonce littéralement. Idem pour les accoudoirs. A contrario de l’habitacle un brin sombre des modèles d’alors, celui-là est clair, grâce à sa grande surface vitrée. Ici, le morceau de bravoure, c’est la planche de bord du premier modèle, qui est comme sculptée dans la masse. Les aérateurs, dessinés comme un grille-pain, répondent aux commandes courtes et fines en forme d’antenne dont l’extrémité est parfois une petite boule blanche. Sans oublier, bien sûr, le volant mono branche.
Pour démarrer, il faut mettre le contact puis pousser vers la droite… le levier de vitesses. Original. C’est un drôle de petit levier niché sur le haut du tableau de bord, juste à portée de la main. Pour passer les quatre rapports, il faudra successivement le pousser et le tirer vers soi puis le faire descendre vers la droite. Une gestuelle en fait très élégante qui permettait aux conducteurs de DS portant casquette à carreaux de frimer au moment de redémarrer leur voiture au feu rouge. L’opération s’accompagne de discrets et aristocratiques claquements métalliques. Ce passage des vitesses se réalise de façon d’autant plus décontractée que la DS (contrairement à la Citroën ID, version d’entrée de gamme de la DS, sortie en mai 1957) est dotée d’une transmission semi-automatique ; elle est donc dépourvue de pédale d’embrayage.
Enfin, la suspension hydropneumatique rend la DS non seulement très confortable (davantage que bien des voitures modernes) mais aussi très stable. Durant toute sa carrière, la Citroën parviendra presque à faire oublier que son moteur n’était pas son point fort.
La DS, produite à 1,4 million d’exemplaires de 1955 à 1975, marque l’apogée de Citroën. En 1966, le constructeur détient à lui seul 30,5 % du marché français. Il atteindra jusqu’à 9 % du marché européen neuf ans plus tard.
Il y eut des DS - presque - pour tous. Voiture de cadre moyen, de notaire ou de chef d’entreprise selon les versions, la DS a fondé son succès sur sa capacité d’adaptation.
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La Citroën Ami : Un "grille-pain" qui fait sensation
Vous souvenez-vous de la Citroën AMI ? Mais si, cette micro voiture en forme de grille-pain, 100 % électrique, que l’on peut conduire sans permis dès 14 ans.
Depuis le lancement de leur voiture électrique sans permis Ami, la marque a adopté une communication plus jeune et affirmée, évidemment plus présente sur le web. Sans faire de discours de greenwashing, on sait surtout que le choix du flat dans le marché automobile vient avant tout des besoins du marché qui est de plus en plus tourné vers le digital. L'identité globale de marque se veut plus adaptée et confortable sur les supports digitaux, du showroom au site web en passant par l'interface des écrans des véhicules et l'application mobile My Citroën App. Ce n'est pas pour rien que toutes les marques de voiture, ou presque, on refait leur logo en 2D.
Étonnement, le logo semble tirer dans deux directions opposées, avec la typo qui prolonge une trajectoire futuriste tandis que l’emblème fait marche arrière pour rendre hommage à celui de 1919. On se demande si le tréma du e sera lisible à la découpe sur un capot ; il disparaît d'ailleurs complètement sur la Oli, et on s'étonne aussi de voir que le o est coupé en deux, dans une typo beaucoup plus rondelette que celle du logotype.
Minimaliste et audacieuse, la microcitadine a rencontré un succès inattendu, notamment auprès des adolescents de familles aisées. Car avec ses tarifs canon, qui vont de 6.890 à 8.290 euros, bonus écologique de 900 euros déduit, l’Ami fait un tabac. Les formules de location longue durée sur 48 mois y sont pour quelque chose : après un premier versement de 3.000 euros, il est possible de conduire le pot de yaourt pour 20 euros par mois !
Citroën a donc fait le double pari de l’originalité et de l’austérité. Moins de 2,50 m de long, 482 kilos, 45 km/h de vitesse de pointe, 75 km d’autonomie, deux places : rechargeable sur une prise domestique, dépourvue de climatisation et de système audio, l’Ami prend le contrepied des lourds SUV suréquipés.
Pour faire la publicité de l’Ami, sa voiturette électrique sans permis lancée quelques mois plus tôt en juin 2020, Citroën avait choisi l’autodérision…« Oui, elle ressemble à un grille-pain. » Externalisé auprès du sous-traitant Altran (racheté depuis par Capgemini Engineering), son développement n’est pas allé sans complications mais, depuis, les 50 000 exemplaires vendus en ont fait un succès inattendu pour un modèle de ce type.
La Citroën Ami, cette petite voiture sans-permis électrique, fait beaucoup parler d'elle depuis son lancement. On retient surtout son design étrange, son absence de direction assistée ou de clim', ses portes qui s'ouvrent à l'envers… Autant de choix qui visent à pousser les prix vers le bas, mais qui contribuent à faire de cette Ami un ovni.
Une nouvelle campagne de pub pour l'Ami, organisée par l'agence Buzzman, a décidé de s'appuyer sur ces défauts étranges, pour moquer l'Ami. Le tout avec des slogans amusants : "elle ressemble à un grille-pain, c'est pour ça que vous pouvez l'acheter chez Darty", "curieusement, nos designers n'ont toujours pas été virés", ou "le pire, ce n'est pas que ses portes soient montées à l'envers, c'est qu'on l'a fait exprès". Citroën se permet même de tacler gentiment ses concurrents comme Renault : "toujours zéro victoires en Formule 1, toujours zéro émission de CO2".
L'Ami Buggy : Une version limitée très convoitée
C’est à l’occasion de la sortie d’une version très limitée,“My Ami Buggy”, que le constructeur français et l’agence font leur come-back. Vous l’aurez compris, même si l’offre est alléchante, vous ne pouvez plus vous permettre de l’acheter, rupture de stock oblige. D’ailleurs, même les plus grandes fortunes du monde ne le pourront pas - à moins de racheter Citroën bien sûr.
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