La Volkswagen Golf est une voiture de légende depuis plus d'un quart de siècle. Fort du succès interplanétaire de la Coccinelle, le constructeur de Wolfsburg est parvenu à transformer un de ses modèles en véritable voiture de légende. De fait, les générations passent et la Golf jouit toujours d'une réputation sans faille.
Genèse d'une Réflexion Indispensable
Le début des années 70 coïncide avec un moment d'introspection du côté de Volkswagen. Si la Coccinelle a réussi le tour de force de s'imposer aux quatre coins de la planète, ce modèle phare a pris un sérieux coup de vieux. La notoriété de Volkswagen, qui devait énormément à la petite berline à moteur arrière, se trouve menacée.
La mode est désormais aux compactes à traction que les manufacturiers allemands n'ont pas encore visité. La K70, berline élancée et première traction avant estampillée "VW" proposée en 1970, est un échec commercial malgré des qualités indéniables. Trois ans plus tard, la Passat tarde à trouver son public (comme le coupé Scirocco). Autrement dit, la firme de Wolfsburg peut craindre un véritable coup de froid au moment de présenter une Golf.
La réussite ne se fait pas attendre. Public et experts plébiscitent une automobile à la ligne résolument moderne, aux finitions classieuses et à la mécanique rodée. Propulsée par des moteurs de 1.1 l et 1.5 l délivrant 50 et 70 chevaux respectivement pour une boite à quatre vitesses, Volkswagen ne tarde guère à tirer avantage de cette popularité naissante. Loin de se contenter de ce succès, le manufacturier allemand tient à capitaliser.
La Golf GTI : Une Version Sportive Innovante
Septembre 1975 voit donc éclore la première version sportive de la Golf. Sportive, elle en a l'allure avec son écartement de roues élargi, ses sièges baquets ou ses suspensions abaissées. Mais, sportive, elle l'est également sous le capot. Volkswagen propose un moteur à injection essence -signé Audi- de quatre cylindres et 110 chevaux. Une telle motorisation sur une compacte de tout juste 810 kg transforme la Golf GTI en petite bombe capable d'atteindre les 180 km/h.
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Simple et légère la Golf 1 proposait une belle alternative à la 205. La GTI s'imposa comme l'une des petites sportives les plus convaincantes. Sa cote reste correcte aujourd'hui en raison de cette très bonne notoriété. La version cabriolet s'arrache désormais en occasion plus de trente ans après.
L'Évolution vers la Golf II
L'automne 1983 voit Volkswagen présenter sa Golf II. Redessinée, elle accroit l'habitabilité en agrandissant considérablement son habitacle qui gagne près de 20 cm en longueur. Des modifications sont de fait apportées au niveau de l'empattement, de la direction et des suspensions. Mais plus que ces changements techniques, les adeptes de la Golf retiendront avant tout l'apparition de la Golf GTD, équipée d'un turbo-diesel, le pendant de la désormais mythique GTI.
Dès le deuxième numéro la Golf sort du créneau des citadines pour s'établir comme une compacte faite pour accueillir confortablement 4 personnes. Elle monte ainsi en gamme et peut enfin se vendre aux petites familles dont la Golf 1 était trop juste en habitabilité.
Les Générations Suivantes : Golf III et Golf IV
La version III de la Golf envahit pour sa part les routes à partir de 1991. En droite ligne de la Golf II, celle-ci voit son style légèrement rafraichi pour coller au goût du moment en arrondissant les angles et en gagnant un peu de hauteur. Dès lors, c'est du côté de la tenue de route et de la motorisation qu'il faut chercher les principales évolutions.
Pourtant, la Golf jouit déjà en ce domaine d'une réputation de "voiture increvable" auprès du grand public. Fiabilité et longévité caractérisent clairement la Golf. De fait, la Golf III conservera bonne cote sur le marché de l'occasion durant de nombreuses années. La Golf 3 s'impose tout simplement comme la meilleure compacte du marché. Qui peut proposer un style aussi abouti, une finition aussi travaillée et des moteurs aussi avancés sur leur époque ?
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Après la GTi voici la VR6. Et là ça ne rigole plus du tout ... On passe à un 6 cylindre de presque 3 litres qui développe entre 175 et 200 chevaux. La sonorité est exceptionnelle et aucune compacte ne lui arrivait à la cheville.
La présentation de la Golf IV se déroule à Francfort en septembre 1997. Pour résumer, celle-ci est plus longue (4 150 mm contre 4 020 mm à la Golf III), plus large (1 735 mm contre 1 700) et plus lourde que ses devancières. Évidemment, les ingénieurs de "VW" s'escrimeront pour proposer de constantes évolutions moteurs (on pense notamment aux V5 et V6).
Assez étrangement, le modèle Cabriolet -sorti à l'été 1998- trouve ses fondements sur la... Golf III. Si celui-ci diffère principalement par ses optiques plus en rondeurs, le niveau d'équipement proposé est toutefois à la hauteur des modèles nouvelle génération. Au moment de faire le bilan de cette Golf IV, le succès est colossal. Fin 2003, la barre des 4 300 000 unités produites a été franchie. En effet, avec 21 517 415 sorties d'usine, la Golf avait supplanté la mythique Coccinelle en termes de vente.
Golf V et Golf VI : Innovations et Évolutions
La Golf V débarque en concession au cours du second semestre 2003. Se démarquant peu de sa devancière, que ce soit par son aspect intérieur qu'extérieur, elle s'embourgeoise tout juste de par sa nouvelle calandre. Toutefois, le véritable événement a lieu en février 2005 avec le grand retour d'une Golf GTI résolument sportive : 200 chevaux sous le capot, volant en cuir et sièges baquets, jantes alu et becquet arrière... Mais climatisation, ordinateur de bord, airbags et ESP ne sont pas oubliés en série...
Il faudra en revanche attendre jusqu'à mai 2006 pour voir débarquer l'EOS. Elle succède à la Variant dans le rôle de break. Particularité, l'EOS sera déclinée en un coupé-cabriolet très réussi sur la base de... la Passat.
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La sixième génération, lancée dès 2008, était donc attendue. Si les traits ne varient que peu, les experts noteront une touche de Scirocco dans la proue et une pincée de Touareg concernant les feux arrières. Toujours aussi soucieux du moindre détail, Volkswagen a apporté sur cette Golf VI un soin tout particulier à l'insonorisation (film anti-bruit, joints portières). Autre innovation, les moteurs Diesel font peau neuve avec le TDI à rampe commune décliné de 90 à 170 chevaux. Côté essence, deux nouveaux blocs de 122 et 160 chevaux viennent compléter la gamme. Enfin, la modification technique la plus importante réside dans une nouvelle boite à double embrayage (DSG).
Golf VII et Golf VIII : Modernité et Technologie
La Golf 7 repart sur un nouveau châssis qui exploite la plateforme MQB du groupe Volkswagen. L'intérieur est digne d'une Passat. On arrive enfin à quelque chose de correct. Si la recette de la Golf a fonctionné longtemps, force est de constater que le business model commence un peu à s'étioler.
La huitième et dernière génération en date de la gamme compacte de Volkswagen est à l’image de ce que la clientèle actuelle demande. Entièrement connectée et pensée pour simplifier la vie de son conducteur. Sur l’aspect extérieur, la firme allemande a su agrémenter sa petite dernière de technologies de pointe. Notamment en matière d’éclairage avec à l’extérieur les phares IQ.Light - Matrix LED et à l’intérieur, la technologie d’éclairage ambient ID.Light : impossible de la rater.
La Golf 2 GTI en Détail
Après tout avec son quatre cylindres 16 soupapes, ses 139ch, et son rupteur haut placé, il n’y a pas de raisons que la fête soit moins folle. Pas simple de reprendre le flambeau d’un best seller, surtout quand des concurrents très talentueux sont apparus entre temps (205 GTI, Ritmo Abarth 130TC, Ford XR3i etc…). C’est dans cette conjoncture délicate que la Golf 2 GTI fut lancée en 1984.
Les ingénieurs devaient être tellement tétanisés qu’ils n’avaient pris aucune forme de risques. La Golf 2 ne se démarquait pas vraiment de son aînée. La prise de risques était tellement minime, que la nouvelle GTI reprenait le même moteur que sa devancière. Un 4 cylindres de 1781 cm³, doté d’une culasse 8 soupapes et développant 112ch. Non pas que cette mécanique soit mauvaise ! Mais parce que la Golf 2 avait grossi, et qu’elle entrait dans une ère de compromission, où les autos se devaient d’être plus spacieuses, plus confortables, et plus sécurisantes.
D’ailleurs ces erreurs ne furent pas pardonnées à Volkswagen. Exit le 8 soupapes peu rageur, et bienvenue au 16 soupapes. En fait ces deux moteurs sont quasiment identiques, les seules choses variantes étant la culasse, le système de distribution, et d’allumage. Mais cela fit toute la différence car ce bloc monté d’une culasse 16 soupapes était désormais rageur, et offrait le gain de performances tant attendu. A cela il fallut ajouter des suspensions encore abaissées plus quelques babioles ci et là, pour qu’enfin, la Golf 2 GTI puisse tenter de reprendre la place qui lui était due !
Dans l’ensemble la Golf 2 GTI fera une bonne carrière, avec près de 600.000 unités vendues. Tout au long de celle-ci Volkswagen apportera des modifications, mais aussi des séries limitées de façon régulière. Histoire de maintenir l’intérêt. Je parle des GTI Cup, Golf Match 16s etc. Mais malgré tout, il était difficile de suivre la concurrence qui proposait toujours plus. C’est dans cette optique que vont apparaître en fin de carrière, deux versions vraiment musclées. Vous l’aurez deviné, la Golf Rallye en 1989, puis la fameuse G60 en 1990. Toutes deux équipées du 4 cylindres de la GTI mais gavés par un compresseur volumétrique.
Design Extérieur
Au premier abord cette seconde génération de Golf n’a clairement, ni la finesse, ni l’élégance de son aînée. Il faut avouer que dans ce domaine, il est difficile de faire mieux que les italiens, et les designers maison ne sont malheureusement pas parvenus à égaler Giugiaro. Il faut dire que vu le succès du premier opus, ceux-ci ne pouvaient pas se permettre trop de fantaisies. On se retrouve donc avec une Golf 1 plus carrée, plus grosse et plus grossière.
Avec sa ligne bicorps caractéristique, ses 4 phares ronds, son pare choc avant musclé, et ses passages de roues élargis, je lui trouve un petit air de Lancia Delta. Ce que cette auto a perdu en élégance, elle l’a gagné en agressivité. Mais les designers de l’époque n’ont pas été stupides contrairement à aujourd’hui. Ici l’agressivité s’obtient en finesse avec quelques notes discrètes ci et là. Je fais allusion au gros pare choc avant joliment dessiné (à partir de 1989), à cette calandre noire bordée de rouge, au becquet, ou encore aux deux sorties biseautées.
Intérieur et Équipement
En ouvrant la porte de cette Golf 2 GTI ne vous attendez pas à exploser de joie. Au contraire, si vous venez de vous faire plaquer, ou d’apprendre que vous avez perdu en bourse, je vous la déconseille. L’intérieur de notre belle est aussi sombre qu’un jour de deuil. Il y a bien quelques pointes de couleurs sur le volant et les sièges mais ce n’est pas suffisant pour vraiment donner envie de s’installer à bord. En revanche, l’habitacle de notre Golf est au cordeau. Les matériaux sont de bonne factures, bien assemblés et ont superbement vieilli. A bord on a un réel sentiment de qualité et de robustesse, qui compense largement la tristesse de l’ensemble.
Côté équipement la GTI n’est pas en reste, on retrouve des sièges (plutôt réussis), un volant, et un levier de vitesse. Je tiens à préciser que sur une allemande ce n’est pas forcément un acquis de série… Trêve de plaisanteries, la dotation n’est plutôt pas mal. Vous aurez l’instrumentation nécessaire mais peu lisible, pour surveiller votre permis, et la santé de l’auto. Tachymètre généreusement gradué, compte tour, températures d’eau et d’huile, tout y est. En plus de cela on retrouve un ordinateur de bord complet et très malin, ainsi que des vitres avant électriques.
Motorisation et Performances
Vous le savez maintenant la Golf 2 GTI est initialement sortie avec le 1.8l 8 soupapes de 112ch. Ce n’était clairement pas suffisant, alors Volkswagen a revu sa copie. La GTI 16S conserve le bloc de 1781 cm³ commun avec la 8S, mais celui-ci se voit greffer une culasse à 16 soupapes. Ce passage de 8 à 16 soupapes transforme littéralement le comportement mécanique de ce moulin. En chiffres cela donne 139ch à 6100 tours/min et 168nm à 4600 trs/min. Des valeurs obtenues bien plus haut dans les tours qu’avec le 8 soupapes.
En changeant de culasse, la GTI est devenue creuse en bas mais très rageuses dans les hauts régimes. A l’instar de toutes les bombinettes multisoupapes de l’époque. Certains y verront une perte de polyvalence, d’autres l’incarnation même du 4 cylindres sportif.
Expérience de Conduite
Bien installé dans les excellents sièges sport, la position de conduite se trouve assez aisément, en revanche, gare aux gabarits intermédiaires. Pour ma part impossible de trouver la distance parfaite avec le pédalier. Cela-dit, hormis ce détail, on est loin des fantaisies italiennes. L’Allemand des années 80 était un être humain normal, et la conséquence directe est que toutes les commandes tombent là où il faut. Voilà qui rassure et met aussitôt en confiance !
Le temps de mettre la clef dans le contact, d’effectuer un quart de tour, et le 4 cylindres se réveille avec une sonorité virile et évocatrice. 1ère, let’s go ! En fait non je dois manœuvrer pour reprendre la route. Ici pas de direction assistée, il faut donc jouer des biceps. En parlant de ça ne vous attendez pas à grand chose en enclenchant les rapports. Le guidage est précis, mais les verrouillages sont mous comme du foie gras laissé trop longtemps sur une table.
Côté moteur, pas grand chose à reprocher, celui-ci se révèle creux mais souple en bas. Cela permet de manœuvrer à l’embrayage, et de circuler à faible régime sans se faire secouer comme un pommier. En agglomération, le 4 pattes se contente d’émettre un doux son qui fera sans doute tourner les têtes, mais ne vous fera pas passer pour le « Kevin » du village. La direction se montre quant à elle, plutôt légère et assez précise.
Sortie d’agglomération, le temps de claquer la 2eme et le 1800 s’emballe. Me voilà surpris par une remontée de couple aussi violente que la montée du tachymètre. Arrivé à 4000trs il joue le rôle d’un booster de sensations en explosant, c’est assez jouissif. La bande son quant à elle est une invitation à aller titiller les 7000trs min. Jusqu’au rupteur cette machine tire de plus en plus fort sans s’essouffler !
Joueuse la Golf 2 GTI ? Tout simplement cool en fait ! Avec moins d’une tonne la Golf virevolte et se place là où on veut. La direction est nerveuse, et bombarde d’informations. Ici on ne suit pas les bandes blanches, on est carrément dans la route. Le train avant accroche, l’arrière se contente de suivre. Pas de fourberies, c’est clair, net, rassurant, et on a la sensation d’être sur des rails. Le 1800 haut dans les tours se charge de nous extraire avec vigueur de chaque virage, et il n’y a plus qu’à enchaîner les rapports pour raccourcir les lignes droites.
Calée à 80 elle vous permettra de voyager sans finir dans le même état qu’à la fin d’une rave party. Le 16 soupapes, utilisé à des régimes normaux se montre assez silencieux tout en offrant un doux ronronnement. Même si il est un peu creux, il autorise sans soucis une conduite souple, et de bonnes relances sans avoir à tomber 3 rapports. Globalement je reconnais que cette Golf 2 GTI 16 offre ce qu’il manquait à son aînée : de la polyvalence.
Conclusion
Est-elle meilleure que son aînée ? Non, car il faut bien admettre que sur le plan mécanique la Golf 2 GTI 16 est moins impressionnante. Vous voulez du sport ? Elle va vous en offrir bien assez. Vous voulez vous en servir tous les jours ou pour partir en vacances ? Elle le peut en offrant un confort et un sentiment de sécurité bien supérieur à son aînée. Rien que pour cela elle mérite d’être utilisée sans modération.
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