Face à la réalité d'un marché de l'électrique en difficulté, les constructeurs réajustent leur stratégie, parfois même en revoyant leurs ambitions malgré la pression des indicateurs CAFE. Après Ford et Mercedes-Benz, Volkswagen a choisi de réorienter une partie de ses investissements de l'électrique vers le thermique.
La transition énergétique représente un défi de taille pour les industriels automobiles. Entre les technologies instables liées à la chimie des batteries, qui ont conduit Stellantis à faire marche arrière avec sa gigafactory ACC, et les fluctuations d'un marché en attente de subventions, les constructeurs évoluent dans un climat d'incertitude totale. Le marché allemand illustre parfaitement les difficultés actuelles.
Les constructeurs prennent progressivement conscience de cette réalité et ajustent leur cap en conséquence. Ford a récemment admis que la transition vers l'électrique prenait plus de temps que prévu. On observe une tendance similaire du côté de Mercedes-Benz, qui a suspendu le développement de sa plateforme dédiée aux modèles électriques haut de gamme, tels que la Mercedes-Benz Classe S et la Mercedes-Benz Classe G.
Les entreprises prennent du recul et n'hésitent plus à réallouer des ressources vers le thermique. Dans le sillage de ces groupes, Volkswagen a récemment annoncé la réaffectation d'un tiers de ses investissements initialement prévus dans le domaine de l'électrique vers le secteur thermique, représentant une enveloppe de 60 milliards d'euros. Ce budget sera confié à Skoda, qui supervisera le programme des moteurs à combustion interne pour l'ensemble du groupe.
Dans ce contexte, Volkswagen, l’un des plus grands constructeurs automobiles au monde, a récemment pris une décision surprenante : réorienter une partie de ses investissements de l’électrique vers le développement de nouveaux moteurs thermiques.
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Le PDG de Volkswagen, Thomas Schäfer, a récemment déclaré que le marché des véhicules électriques connaît un ralentissement. Alors que l’électrification semblait être la voie incontournable pour l’industrie automobile, la réalité économique a forcé les constructeurs à reconsidérer leurs plans.
Les consommateurs, après un premier engouement pour les voitures électriques, semblent aujourd’hui plus hésitants. En Allemagne, par exemple, les ventes de véhicules électriques ont chuté de 30,6 % en mai 2024, réduisant leur part de marché à seulement 12,6 %.
Le ralentissement des ventes de voitures électriques n’est pas seulement dû à la réticence des consommateurs. Les technologies sous-jacentes, notamment celles liées aux batteries, posent encore des défis significatifs. Par ailleurs, l’industrie automobile évolue dans un environnement économique incertain. Les subventions gouvernementales, essentielles pour stimuler les ventes de véhicules électriques, sont sujettes à des changements qui peuvent influencer les décisions d’achat des consommateurs.
Volkswagen a annoncé qu’un tiers des 180 milliards d’euros initialement alloués à l’électrification serait désormais réinvesti dans le développement de moteurs thermiques. Cette décision n’est pas un retour complet en arrière. Volkswagen continue de développer sa gamme de véhicules électriques, mais le groupe reconnaît que le marché du thermique reste pertinent, notamment en termes de rentabilité à court et moyen terme.
Dans le cadre de ces nouveaux investissements, Volkswagen met également l'accent sur l'amélioration des phares et feux de ses véhicules thermiques. La technologie d'éclairage, qu'il s'agisse des ampoules de voiture ou des systèmes de phares LED, joue un rôle crucial dans la sécurité et l'efficacité des véhicules. Avec les nouvelles réglementations en matière de sécurité routière, la puissance des systèmes d'éclairage devient un facteur de différenciation pour les constructeurs.
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Volkswagen n’est pas le seul à revoir ses priorités. De nombreux constructeurs, face aux défis techniques et économiques du marché des véhicules électriques, optent pour une approche hybride, combinant thermique et électrique. Mercedes-Benz, par exemple, a récemment annoncé qu’elle ne serait pas en mesure de réaliser son objectif de 50 % de ventes électriques d’ici 2025.
L’Union Européenne, en se positionnant comme leader de la transition écologique, a mis une pression énorme sur les constructeurs pour qu’ils accélèrent leur transition vers l’électrique. Cependant, cette course à l’électrification a révélé des fissures dans les plans initiaux, notamment en ce qui concerne la viabilité économique et technologique des véhicules électriques.
Alors que Volkswagen continue de développer ses modèles thermiques, le groupe n’abandonne pas pour autant ses ambitions électriques. L’objectif est de maintenir un équilibre entre les deux technologies, en capitalisant sur les points forts de chaque type de motorisation. De plus, Volkswagen explore activement les carburants synthétiques, notamment avec Porsche, qui travaille depuis plusieurs années sur les e-fuels.
L’objectif est de maintenir un équilibre entre les deux technologies, en capitalisant sur les points forts de chaque type de motorisation. Délaissées par Volkswagen, les motorisations hybrides classiques, que l'on retrouve notamment chez Toyota et Renault, devraient faire leur retour au sein du groupe allemand.
Même les plus grands constructeurs doivent faire des choix et peinent à jouer sur tous les fronts à la fois. Malgré sa position de deuxième groupe automobile au niveau mondial, Volkswagen a ainsi délaissé les voitures hybrides "classiques" dites full-hybrid (HEV), celles dont le moteur électrique peut entraîner les roues à lui seul, mais qui ne peuvent pas être branchées pour recharger leur batterie.
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Toutefois, alors que les modèles thermiques restent cruciaux sur la quasi-totalité des marchés, les constructeurs n'ont pas d'autre choix que de travailler sur leur efficience afin de se mettre en conformité avec les différentes réglementations en vigueur. Le groupe Volkswagen a ainsi notamment développé des systèmes d'hybridation légère (mHEV). La dernière itération de cette hybridation 48 V, que l'on retrouve chez Audi, permet même quelques phases de conduite en mode électrique, comme une hybride classique.
Un nouveau moteur étrenné par le futur T-Roc
Désormais, Volkswagen travaillerait sur le retour d'une véritable motorisation HEV dans sa gamme. Le groupe en avait déjà proposé auparavant, comme la Jetta Hybrid, ou encore les premiers modèles électrifiés de Porsche. C'est sous le capot de la deuxième génération de Volkswagen T-Roc que cette technologie fera son retour dans le groupe, d'après les informations d'Autocar.
Cette nouvelle motorisation pourrait être constituée d'un moteur essence quatre cylindres 1.5 turbo et fonctionner en mode série-parallèle. Le moteur à combustion interne pourrait ainsi entraîner les roues durant certaines phases de conduite, mais aussi servir de générateur pour la partie électrique. Plusieurs niveaux de puissance sont prévus, d'après une source citée par Autocar, avec entre 204 et 272 ch et entre 350 et 400 Nm de couple.
Bien que le nouveau T-Roc, dont la présentation est attendue cette année, devrait être le dernier modèle thermique lancé par Volkswagen en Europe, cette motorisation devrait être adoptée par de nombreuses autres voitures du groupe déjà en production, avec la Volkswagen Golf et la Škoda Octavia en première ligne. Les autres modèles basés sur la plateforme MQB Evo, comme les Volkswagen Tiguan, Passat et Tayron, ainsi que l'Audi A3, la Seat Leon, les Cupra Leon et Formentor, ou encore les Škoda Scala, Kodiaq et Superb, pourraient aussi bénéficier de ce nouveau moteur.
Le Volkswagen T-Roc de deuxième génération proposera aussi des moteurs thermiques plus classiques. Envie de faire encore plus d'économies ? Le groupe Volkswagen a décidé de rediriger une partie de ses investissements sur de nouveaux moteurs thermiques, alors que l'accent était mis sur le tout électrique pour les années à venir.
Si Mercedes et Audi sont à quelques années d'un passage annoncé au tout électrique, les deux marques sont encore loin d'atteindre des mix de ventes électriques suffisants pour suivre une courbe atteignant les 100 % d'ici le début de la prochaine décennie. Chez Volkswagen Group, on se rend compte également que le tout électrique dès aujourd'hui est inenvisageable.
Pire : l'arrêt du bonus en décembre dernier en Allemagne a fait s'écrouler la part de marché et les ventes de ces véhicules sur les terres de Volkswagen, qui a pris la décision de remettre quelques œufs dans le panier du moteur à combustion. Après un premier boom, de nombreux clients hésitent désormais à acheter des voitures purement électriques”. Une hésitation qui représente un véritable casse-tête pour les constructeurs automobiles en 2024.
Thomas Schäfer parle de “situation favorable” pour proposer de nouveaux moteurs à combustion. Cette déclaration intervient alors que les Japonais (Toyota, Mazda, Subaru, Suzuki) ont décidé de faire cause commune pour développer une nouvelle génération de moteurs à combustion.
Le thermique de trop ?
Le Japon n'a pas acté de sortie du thermique mais, chez nous, la fin du moteur thermique en 2035, si elle venait à être confirmée en 2026, pourrait bousculer ceux qui auront été trop timides sur les investissements en électrique. Ou ceux qui auront tenté de jouer sur les deux tableaux trop longtemps et auront une longueur de retard à l'horizon 2035, notamment lorsque l'on sait que certains projets d'usines de batteries sont mis en pause en Europe et que l'approvisionnement pourrait être compliqué.
Et puis, rappelons aussi que la Chine achète massivement du véhicule électrique. Les constructeurs européens qui sont présents sur place, Volkswagen en tête, ont donc tout intérêt à développer l'offre de véhicules à batterie. En Chine, les électriques sont même en train de devenir moins chères que les thermiques, en tenant compte du prix moyen des offres en la matière. Il va donc probablement falloir, pour les constructeurs comme Volkswagen, accélérer la sortie de modèles moins chers. L'ID.2, elle, ne verra pas le jour avant fin 2025.
En l’occurrence, c’est Arno Antlitz, directeur financier et opérationnel du Groupe Volskwagen, qui a confirmé à Reuters que son entreprise avait copieusement revu sa stratégie d’électrification, à la lumière de la situation actuelle.
Ainsi, il était prévu de consacrer quelque 180 milliards d’euros à cette stratégie. Finalement, le groupe a décidé de réorienter un tiers de cette somme, soit 60 milliards tout de même, pour garder à niveau ses moteurs essence et diesel. Ces investissements iront donc vers Skoda, qui est officiellement en charge des moteurs thermiques pour toutes les marques de la famille Volskwagen.
Des précédents
Volkswagen n’est pas le premier groupe à annoncer une modification de trajectoire. Récemment, Mercedes a aussi fait savoir que l’objectif 100 % électrique en 2030 n’était pas gravé dans le marbre. Volkswagen peine sur la voiture électrique. Malgré une gamme de cinq véhicules, bientôt six avec l’ID.2, les ventes ne décollent pas.
Les constructeurs y vont tous de leur planning pour avoir une gamme 100 % électrique en Europe autour de 2030. Pour Volkswagen, le choix a été fait d’annoncer 2033. Encore des voitures thermiques après 2033 ? L’Union européenne souhaite interdire la vente de véhicules neufs utilisant un moteur thermique après 2035, bien que cette décision politique soit aujourd’hui parfois remise en question au sein de l’Europe. Volkswagen songe aussi à revoir son engagement, qui était un peu plus ambitieux que la contrainte de l’Union européenne.
Pour le constructeur allemand, le dessein était de vendre en Europe uniquement des voitures électriques dès 2033. Bien que l’offre s’étoffe de jour en jour sur le marché des véhicules électriques, les volumes de vente peinent à décoller. Parmi les véhicules qui pourraient continuer d’être vendus après 2033 en version thermique, on retrouve la Golf, le T-Roc, le Tiguan et l’A3. Des modèles importants pour la santé du groupe et disposant d’une hybridation intéressante.
La Golf, le Tiguan et l’A3 ont récemment été restylés, profitant de l’événement pour introduire une motorisation PHEV (hybride rechargeable) avec une grande batterie de 19,7 kWh. Et Volkswagen semble avoir de bonnes raisons de ne pas croire au tout électrique. Bien que sa gamme s’étoffe et s’améliore avec des versions plus autonomes et des prix plus intéressants, les ventes de voitures électriques de la marque ont reculé en 2024 par rapport à 2023 (394 000 en 2023 contre 383 100 en 2024). La Volkswagen ID.
Sur les 180 milliards d’euros alloués par le groupe Volkswagen au développement de la voiture électrique, 60 milliards seront finalement versés dans une enveloppe pour le prolongement des moteurs hybrides, essence et diesel. Skoda doit se charger de ce budget, mais le développement doit profiter à l’ensemble du groupe.
Après Ford et Mercedes-Benz, au tour du groupe Volkswagen de revoir sa stratégie autour de la voiture électrique et du retrait des moteurs thermiques. Sans chercher à repousser une date ou tirer un trait sur un objectif, le groupe détenteurs des marques Skoda, Audi, Seat, Cupra ou encore Porsche, Bentley et Lamborghini a dit qu’il allait investir à hauteur de 60 milliards d’euros dans le développement de nouveaux moteurs thermiques.
Pour trouver ces fonds, Volkswagen est allé symboliquement puiser dans l’enveloppe de 180 milliards d’euros allouée au développement de la voiture électrique. Un tiers du budget est donc réorienté, et ce sera chez Skoda qu’il sera utilisé. Cette enveloppe de 60 milliards d’euros est suffisamment élevée pour s’imaginer voir Volkswagen rejoindre le cercle des constructeurs qui doutent sur le retrait complet des moteurs thermiques en 2035.
Au mois de février, Mercedes tirait un trait sur l’objectif du retrait du thermique d’ici la fin de la décennie, et le justifiait par le fait que « les clients et les conditions de marché détermineront le rythme de la transition ».
Reprise de l’essence et du diesel sur des modèles du segment B
La somme n’est pas la seule preuve d’un réel investissement sur le long terme pour contrer la faible demande dans l’électrique. En parallèle, le développement du moteur thermique avait ralenti, et il s’agit aujourd’hui de le relancer, ce qui prend du temps, d’autant plus pour un groupe aussi traditionnel et gigantesque que Volkswagen moins réactif par définition. Les moteurs qui devront sortir de ces programmes seront surtout tournés en direction du segment B, à cheval entre les modèles à l’aise en ville et les petites routières familiales.
Pour le reste, Volkswagen n’entend pas lancer de nouvelles générations de modèles thermiques mais simplement repousser leur sortie du marché. Avec le budget alloué, l’idée serait donc surtout de lancer des restylages. À l’heure actuelle, nous avons déjà vu les T-Roc et les Tiguan profiter de petites mises à jour, tout en conservant des versions essence et diesel dans leur gamme respective.
| Domaine | Investissement initial | Réorientation | Entité responsable |
|---|---|---|---|
| Électrification | 180 milliards d'euros | -60 milliards d'euros | Volkswagen Group |
| Moteurs thermiques | N/A | 60 milliards d'euros | Skoda |
tags: #volkswagen #retour #moteur #thermique