La Toyota Celica GT Coupé de 1982 est un modèle marquant qui mérite une analyse approfondie. Pour la quatrième génération de Célica, Toyota a totalement revu sa copie.
Design Extérieur
La conception de la Celica ST162 remonte à 1982 mais sa production ne démarre qu'en août 1985. Son design associe à la fois les rondeurs et les lignes tendues. La calandre (ajourée sur les premières versions, avec un bandeau "Celica" incrusté sur la barrette haute) marque des arêtes prononcées surlignées par des phares escamotés. Mais les arrondis des montants du toit et de l'arrière réussissent à adoucir le dessin.
La carrosserie propose un demi-volume à l'arrière qui équilibre la ligne tout en offrant la modularité d'une berline avec hayon et banquette rabattable. L'étroitesse des montants augmente la sensation d'espace à bord et la Celica donne l'impression d'une grande berline.
Équipement et Finition
La voiture est équipée selon les standards japonais : en série fermeture centralisée, vitres teintées, vitres et rétroviseurs électriques, freins à disque, direction assistée, économètre, jantes alliage, et surtout, un siège conducteur réglable électriquement suivant huit directions. La qualité des matériaux est sans reproche de même que le niveau de finition.
Motorisation
Pour l'Europe, la Celica est proposée en deux motorisations : 1600 carburateur 8 soupapes ou injection 16 soupapes (AT160) ou 2000 injection (ST161). Très vite les moteurs de l'ancienne version sont remplacés par une nouvelle génération de moteurs à admission variable. Les finitions GT et GT-S reçoivent le deux litres 16 soupapes à double arbre (3S-GE) tandis que la ST se contente d'un moteur simple arbre (3S-FE). Les puissances oscillent alors entre 87 ch pour le petit 1600 à carburateur et 150 ch pour le 2 litres double arbre à injection (notre modèle).
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En octobre 1986, Toyota introduit la version 4 roues motrices avec moteur 2 litres Turbo de 190 ch (ST165). Limitée initialement au Japon, son succès lui a valu d'êtres exportée dès 1988 et indroduite au championnat du monde des rallyes.
Avec 150 ch, le 2 litres injection, 16 soupapes, admission variable, est un moteur qui sait se montrer souple sous 4300 tr/min et montre sa fougue au-dessus. Il permet une conduite au couple en ville, limitant les changement de vitesse. En revanche, une fois l'aiguille du compte-tours en haut, la poussée devient franche et dans un bruit assez réjouissant.
Comportement Routier
Cependant, le caractère de la Celica tempère les ardeurs. Plutôt lourde (1210 kg) et avec un réglage des suspensions plutôt typé confort avec de larges débattements, la Celica n'est pas à proprement parler une sportive. Les routes dégradées lui conviennent assez peu et c'est surtout sur l'autoroute qu'elle se montre le plus à l'aise. Sa direction bien que directe est assez floue, ce qui se traduit par une forte tendance au sous-virage (encore plus en cas de pluie) et un étonnant temps de réaction de la direction.
Le freinage est efficace, assuré par quatre disques. La boite tire plutôt long avec une seconde qui frôle les 100 km/h et presque 150 km/h en troisième.
En définitive, la Celica ST160 est un mélange particulier, capable de se comporter en authentique bourgeoise et de procurer les accélérations de sportive, confortable et puissante, mais pas sportive pour autant.
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Toyota Celica Supra mk2
Avec la mythique 2000-GT qui servit de monture à James Bond, Toyota avait acquis une crédibilité dans le monde des sportives. Malheureusement, il fallut au géant nippon près d’une décennie pour concrétiser l’essai avec un modèle moins élitiste. C’est ainsi qu’en 1978 sortit la première Celica Supra. La Celica Supra mk2, ou type A60, fut présentée au salon de Francfort 1981. Ce n’est pas anodin si c’est un salon européen qui fut choisi. Le but de Toyota était clair : montrer son savoir-faire à l’Europe.
Celica Supra signifie « super Celica ». La mk3 perdit l’appellation Celica pour devenir une Supra à part entière mais nous reviendrons dessus dans un autre dossier occasion. La Toyota est une voiture carrée faite d’angles qui sent bon les années 80 avec ses phares escamotables, ses gros pare-chocs, ses extensions d’ailes et son petit spoiler arrière. Elle est aussi reconnaissable à ses jantes « Lotus ». Par rapport à la Celica, la Supra dispose d’un empattement rallongé de 115 mm. Bien que cela ne soit pas flagrant en photos, elle est très longue avec ses 4,62m ! C’est de loin la plus longue de sa catégorie.
La presse de l’époque aimait la confronter aux Alfa Romeo GTV6 et Ford Capri 2.8i. La Supra mk2 est une 2+2. L’espace à l’arrière est toutefois décevant comparé aux dimensions de la voiture. Mieux vaut ne pas être trop grand pour s’installer sur la banquette arrière. Comme sur toutes les japonaises, conçues pour le marché US, l’équipement de série est pléthorique. On trouve absolument tout de la climatisation, au régulateur de vitesse en passant par le toit ouvrant électrique.
A la découverte du siège conducteur, on se demande si on ne se serait pas installé dans une Mercedes Classe S par mégarde. Autre signe de modernité, le compteur digital, sur lequel il ne manque que la température d’huile.
Motorisation de la Celica Supra mk2
Sous son capot, un coupé sportif se devait d’avoir le minimum syndical de six cylindres, loin de toutes considérations écologiques et downsizing. C’est donc tout naturellement qu’un six cylindres en ligne de 2.8 litres trouve place sur l’essieu avant. Le 5M-GE est un bloc fonte (avec culasses en aluminium) à double arbre à came en tête entraîné par une courroie. Ce 12 soupapes dispose de chambres de combustion multisphériques et de poussoirs hydrauliques.
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Si l’alimentation se fait par une injection EFI fabriquée sous licence Bosch (L-Jetronic) somme toute basique, l’allumage électronique signé Nippondenso est très avancé pour l’époque. Du 5M-GE sont extraits 170 chevaux à 5.600 tr/min et 230 Nm à 4.400 tr/min. Ses cotes à course longue favorisent la disponibilité du couple, impression confirmée par les 180 Nm présents au régime ralenti. Très souple, le moteur ne rechigne pas à reprendre dès 1.000 tr/min, sans jamais brouter. En voilà une caractéristique idéale pour le marché américain.
Le 0 à 100 km/h était annoncé en 8,3 secondes et le mille départ-arrêté en 30 secondes. Comptez une moyenne de 10 à 12 litres aux 100 km.
Comportement Routier et Châssis
La Celica Supra est une GT dans bien des aspects mais lorgne également sur l’esprit GTI puisque la meilleure place est sans conteste celle du conducteur. C’est lui qui a eu droit à tous les égards de Toyota avec un siège aux réglages presque infinis (réglage pneumatique du support lombaire). Toyota ne voulait pas faire les choses à moitié et se heurta à un problème. Où trouver des trains roulants modernes ? Pour rappel, la Celica classique avait encore un pont rigide à l’arrière. Pour la Supra, il n’en était pas question. Toyota s’associa à Lotus pour que le constructeur artisanal retravaille la Celica.
Le résultat est probant avec des suspensions à quatre roues indépendantes. On ne sut jamais réellement à quoi donna lieu cet échange de bons procédés entre anglais et japonais, ni dans un sens ni dans l’autre. A l’avant, les suspensions sont du type McPherson. A l’arrière, on retrouve deux triangles obliques fixés sur une traverse, des ressorts hélicoïdaux, des amortisseurs télescopiques et une barre antiroulis. Lotus prit le parti de raffermir les suspensions afin d’éviter que la voiture se transforme en bateau et prenne du roulis au premier virage venu.
D’autant qu’elle était systématiquement fournie avec un excellent pont autobloquant Borg-Warner. Légèrement sous-vireuse avec son train avant chargé par le moteur (répartition des masses AV/AR de 54/46), la Celica Supra peut rapidement passer en mode survirage si vous lui demandez (volontairement ou non !). Excellente école de conduite pour la propulsion comme peut l’être aujourd’hui une autre Toyota, moderne cette fois (la GT86 ndlr), la Celica Supra n’est pas vicieuse. La motricité n’est jamais non plus prise en défaut. Le plus grand défaut vient de son poids relativement élevé.
Les quatre disques de frein sont ventilés et font le travail. Ils se montrent puissants et endurants.
Conclusion
La Toyota Celica Supra est rare sur nos routes, en plus d’être largement méconnue. Si malgré cela vous prenez la peine de rechercher la perle rare, vous récupérerez un coupé atypique dans une tranche de prix indécente (dans le bon sens du terme, pour une fois !). Voici un coupé quatre places, propulsion, en six cylindres et doté de suspensions Lotus qui n’a pas encore été rattrapé par la folie youngtimer.
Tableau Récapitulatif des Caractéristiques Techniques
| Caractéristique | Celica Supra mk2 |
|---|---|
| Moteur | 6 cylindres en ligne, 2.8 litres |
| Puissance | 170 ch à 5.600 tr/min |
| Couple | 230 Nm à 4.400 tr/min |
| Poids | 1.265 kg (théorique), 1.300 kg (réel) |
| Suspensions | 4 roues indépendantes (Lotus) |
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