L'Audi Quattro a changé la donne. En débarquant sur les routes et les pistes au début des années 80, l’Audi Quattro n’a pas simplement gagné des rallyes : elle a réinventé la performance automobile. Grâce à sa transmission intégrale, elle a dominé les spéciales du Groupe B et semé les bases d’un style Audi qui perdure aujourd’hui jusqu’à la RS6.

L'histoire d'une révolution

L’histoire de l’Audi Quattro commence… sur la neige. Jörg Bensinger, ingénieur Audi, soumet alors une idée simple mais révolutionnaire : pourquoi ne pas appliquer ce principe à une voiture de sport ? Avec l’appui de Ferdinand Piëch, le projet prend forme rapidement. Présentée au Salon de Genève 1980, l’Audi Quattro fait sensation. Ses performances étonnent : 0 à 100 km/h en 7 secondes, une tenue de route exceptionnelle sur sol humide ou enneigé, et un moteur 5 cylindres turbo au caractère bien trempé. Pourtant, à ses débuts, la Quattro divise : trop technique, trop chère, trop allemande ?

Avec l’apparition de l’Audi quattro en 1980, Audi a marqué le monde automobile en lançant la technologie des 4 roues motrices dans des voitures de production du type coupé et berline et non plus seulement pour les 4×4. Le constructeur Audi est entré dans le monde des rallyes avec une équipe officielle à partir de 1978, avec - à l’époque - des voitures à traction avant. Le règlement interdisait l’utilisation de la transmission intégrale dans le Championnat du monde des rallyes, et aucun constructeur n’a même remis en question son utilisation lorsque la Fédération allemande, à la demande d’Audi, a demandé à la Fédération internationale des sports mécaniques l’autorisation de permettre la participation de véhicules avec quatre roues motrices. La marque qui avait fait la demande à l’époque n’avait même pas de véhicule avec ces caractéristiques dans son catalogue. Puis est apparue au salon automobile de Genève 1980 l’Audi quattro.

Domination en rallye

C’est en rallye que la Quattro va écrire la légende. Dès 1981, elle intègre le championnat du monde WRC. Résultat immédiat : elle domine les spéciales grâce à sa motricité imbattable.

Sur la neige du Rallye de Monte-Carlo 1981, le pilote finlandais Hannu Mikkola a remporté les six premières spéciales avec une supériorité absolue : la victoire a été perdue en raison d’un problème avec l’alternateur, alors qu’il avait un avantage de près de six minutes. En 1981, l’Audi quattro fait jouer ses atouts dès sa première saison : le Finlandais Hannu Mikkola remporte deux étapes et se classe troisième du championnat des pilotes et ce, en dépit des défauts de jeunesse dont souffre encore la voiture. En 1982, toute l’équipe d’Ingolstadt se lance dans la mêlée pour concrétiser le slogan Audi « Vorsprung durch Technik » (L’avancée par la technologie) en dominant le championnat grâce à la transmission intégrale. Une évolution de la quattro de course fait son apparition avec plus de puissance et une petite évolution stylistique : l’Audi quattro A2 développant 360 ch (265 kW). En 1984, l’équipe Audi Sport termine sur un double titre des constructeurs et pilotes grâce aux cinq victoires de Stig Blomqvist, devenant le premier pilote à remporter 5 victoires lors d’une même saison. Fin 1984, l’Audi quattro A2 est remplacée par l’Audi Sport quattro une version raccourcie (empattement plus court de 32 centimètres) offrant plus de légèreté et de maniabilité.

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La Sport Quattro S1 : L'apogée

La version ultime arrive avec la Sport Quattro S1 : empattement raccourci, 600 chevaux, kit aéro délirant. En dépit de quelques victoires spectaculaires, l’Audi Sport quattro puis l’Audi Sport quattro S1 qui en était dérivée n’ont pas vraiment fait carrière. Par contre, leur technique a marqué l’histoire des courses de rallye du fait de son caractère extrême.

Officiellement, le moteur cinq cylindres en aluminium délivrait une puissance de 476 ch (350 kW) mais il était doté d’une recirculation d’air qui améliorait le rendement du turbo et autour des 8 000 tr/mn, sa vraie puissance avoisinait plutôt les 500 ch. Certains exemplaires étaient déjà équipés d’une boîte à double embrayage permettant de passer les rapports sous couple, autrement dit l’ancêtre de l’actuelle boîte robotisée DSG / S tronic installée sur les modèles de série. La structure de caisse est faite d’un cadre-treillis habillé de tôles acier et de matériaux composites. Les radiateurs, le ventilateur et l’alternateur sont placés à l’arrière pour équilibrer les masses.

Fin du Groupe B et héritage

Au printemps 1986, le groupe B commence à susciter de réelles inquiétudes car les voitures se rapprochent techniquement parlant de la démesure, ayant occasionné des accidents graves (décès). C’est la fin du Groupe B et Audi décide de se retirer des rallyes. Au fil des ans, l’Audi quattro eut affaire à forte partie en dépit de sa domination - face à la Peugeot 205 Turbo 16 par exemple, la première voiture vraiment typée compétition à être équipée d’un moteur central. Il fut question d’adopter un concept analogue et un prototype a été construit pour la tester en 1985 pour le Groupe B.

En prévision du remplacement des Audi Sport quattro dont les fameuses S1 et afin de respecter le règlement du Groupe S, Audi Motorsport a conçu en 1986 le prototype Sport quattro RS 002 développant 500 ch via ses quatre roues motrices. Suite à de graves accidents, la FISA interdit les voitures du Groupe B en rallye et passe au règlement du Groupe A, plus proche de la série. Audi a souhaité rendre hommage à sa dernière évolution de voiture de rallye en engageant en 1987 un modèle créé spécifiquement et pilotée par Walter Röhrl. L’Audi Sport quattro S1 Pikes Peak est animée par un moteur de 600 ch (441 kW). Le duo voiture/pilote devenu légendaire s’est adjugé un succès spectaculaire au Colorado dans la course de côte de Pikes Peak 1987, comportant 156 virages et un sommet à 4 301 mètres. Cette performance de Walter Röhrl fait suite à celles de Michèle Mouton (1985) et Bobby Unser (1986), permettant ainsi à Audi de fêter trois victoires d’affilée dans cette grande course américaine qu’est la « Race to the Clouds » (La course aux nuages).

Un impact durable

L’Audi Quattro n’est pas restée confinée aux spéciales. Malgré sa rareté, elle séduit les amateurs exigeants : ligne brutale, moteur expressif, technologie embarquée. La Quattro a marqué l’histoire non seulement par ses victoires, mais par son influence sur toute la gamme Audi. Berlines, breaks, coupés, SUV… tous peuvent recevoir ce système, gage de sécurité, de performance, mais aussi de différenciation face à la concurrence.

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Quarante ans plus tard, l’Audi Quattro reste un objet de désir. Sa cote grimpe, notamment pour les versions Sport Quattro. Elle incarne une époque où l’audace technique avait encore sa place dans les départements R&D, où les constructeurs osaient réécrire les règles du jeu. L’Audi Quattro, c’est plus qu’une voiture de rallye ou un collector : c’est une idée devenue réalité, celle que la technologie peut faire gagner, que la neige n’arrête pas un pilote, et qu’un break peut battre des Ferrari. Son ADN, on le retrouve encore dans chaque Audi RS. Le futur est électrique ? Peut-être. La Quattro, c’est un virage en épingle pris en glisse sur une route verglacée… sans jamais perdre le contrôle.

L’Audi quattro, apparue il y a 40 ans en 1980, a permis à la marque Audi de se démarquer et se faire une solide réputation. Les Audi quattro de course ont profondément marqué le monde du rallye et l’influence qu’elles ont exercée sur la compétition continue de se faire sentir de nos jours. L'automobile suscite aujourd'hui plus de passion que jamais. Elle est devenue une pièce de collection dont la valeur atteint les mêmes sommets que les plus prestigieux objets d'art.

Caractéristiques Techniques

Un encadré reprend les caractéristiques techniques de la voiture : puissance du moteur, mode de transmission, dimensions et performances, Vous pourrez ainsi comparer les différents modèles entre eux.

Modèle Année Puissance Transmission
Audi Quattro 1980 200 ch Intégrale
Audi Quattro A2 1984 360 ch Intégrale
Audi Sport Quattro 1984 476 ch (officiel, ~500 ch réel) Intégrale
Audi Sport Quattro S1 Pikes Peak 1987 600 ch Intégrale

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