Présentée en 1976, la BMW Série 7 regroupe une quinzaine de modèles, de 450 à 1000 cm3, fabriqués jusqu’en 1987. Vu le nombre de BMW « Série 7 » qui circulent encore aujourd’hui, il peut paraître surprenant de leur consacrer un dossier.

C’est qu’elles ne sont pas rares, avec plus de 200 000 unités produites, tous modèles confondus. Ensuite, elles n’ont jamais été considérées comme des motos très affriolantes.

Comparés à l’image de « rebelle » que l’on se plait à coller aux motos des années 60-70, qu’elles soient Anglaises, Italiennes ou Japonaises, les flat-twins teutons évoquent davantage un côté pépère. Pire, ce sont des motos de flics !

Elles symbolisent également l’idée selon laquelle les BMW sont toujours les mêmes. Rien n’est moins vrai et l’essai de cette R 80/7 de 1980 (remplaçante de la R 75/7 produite en 1977) et de notre R 80 G/S de 1984 le confirme : il y a plus de différences entre ces deux modèles qu’il en existe entre une Série 6 (1973-1976) et une Série 7 (1976-1987) de la première génération.

Fiche Technique de la BMW R 80/7 (1980)

Moteur

  • Type : 4T, culbuté à 2 soupapes par cylindres, bicylindre à plat de 797 cm3 (alésage X course : 84,8 mm X 70,6 mm).
  • Taux de compression : 9,2 à 1 (8,2 à 1).
  • Puissance maxi : 55 ch à 7 000 tr/mn (50 ch à 6 500 tr/mn).
  • Couple maxi : 6,4 mkg à 5 500 tr/mn (5,8 mkg à 5 000 tr/mn).
  • Allumage : batterie-bobine et rupteur (batterie-bobine et boîtier électro-magnétique).
  • Alimentation : deux carburateurs Bing à dépression Ø 32 mm.
  • Lubrification : pompe trochoïde, débit de 1 400 l/h à 6 000 tr/mn régulé a une pression de 3 à 5,5 bar.
  • Capacité du carter : 2 L.

Transmission

  • Embrayage : monodisque à sec.
  • Boîte de vitesse : type séparée, 5 rapports.

Partie-cycle

  • Cadre : tubulaire en acier à section ronde et ovale, double berceau.

Suspensions

  • AV : fourche Maïco télé-hydraulique, déb. 200 mm à ressort à pas variable (fourche Brembo télé-hydraulique déb 200 mm à ressort simple).
  • AR : bras à fourche oscillante, deux combinés amortisseurs déb. 125 mm, trois crans de réglage de précharge du ressort (monobras oscillant, mono-amortisseur déb. 170 mm, trois crans de réglage de précharge du ressort).

Freins

  • AV : simple disque, double en option, de Ø 264 mm et étrier ATE flottant mono-piston (simple disque, double en option, de Ø 264 mm et étrier Brembo fixe à 2 pistons opposés).
  • AR : tambour simple came Ø 200 mm actionné par tringle.

Roues

  • en alliage léger coulé (jantes Akront rayonnées).

Dimensions et Capacités

  • Empattement : 1 465 mm.
  • Hauteur de selle : 810 mm (830 mm).
  • Contenance du réservoir : 24 l (19,5 l), réserve de 3,5 l.
  • Autonomie : 320 km avant réserve (240 km avant réserve).

L'Expérience R 80/7

Accusant aujourd’hui plus de 120 000 km, la R 80/7 de cet essai est un peu l’archétype de la Béhême raisonnable et inusable que l’on pouvait retrouver aux quatre coins de l’Europe, chargée comme une mule et chevauchée par un barbu écumeur de concentres… Toute une époque !

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Achetée neuve en 1980, elle n’a jamais changé de propriétaire. Elle a pris la pluie en Irlande, enduré les chaleurs d’été dans les plaines de Hongrie, usé ses pneus sur les routes de d’Allemagne, de Tchécoslovaquie… et elle assure toujours depuis vingt-six ans ses trajets « boulot-dodo », quelque part au sud de Paris. C’est la moto d’une vie. D’un coup de démarreur, elle se réveille dans une sonorité ronde et discrète.

BMW R 80 G/S : L'Aventure Commence

La R80G/S est celle qui lança la gamme GS. Apparue en 1980, elle resta 7 ans au catalogue. Le moteur de 798 cm³ développait 50 chevaux.

A l'entrée des années 80, BMW voit la montée en puissance des trails équipés de Monocylindres 4T de grosse cylindrée. BMW est confronté à un problème de taille; il n'a pas de motorisation permettant de concurrencer directement les XT, XLR et autres DR-S.

Certes, le premier gros trail BMW n'aura pas l'avantage de la légèreté et du petit gabarit. Le GS utilise le Flat de 800cc largement assez puissant pour faire face à l'armada des 500cc de l'époque. Si le gabarit est trés imposant avec ses 167 kg à sec (environ 185 kg en ordre de marche) et ses 850mm de hauteur de selle, la nouvelle venue reste accessible grâce à son centre de gravité placé bas (merci le flat twin).

Sans le savoir BMW Motorrad vient d'inventer une nouvelle sous-famille: le trail routier. Car, il faut bien l'avouer, si le GS a de bonnes prédispositions pour les chemins roulants et la version Paris Dakar sortie la même année un fort potentiel pour la compétition, elle fait preuve de trés grandes qualités routières.

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La position de conduite est trés agreable sur longue distance et elle peut s'équiper pour le voyage grâce à la gamme d'accessoire BMW (valise, coffre...). Ses qualités lui valurent une des plus longues carrière de la catégorie trail, BMW la mettant à plusieurs reprises à jour.

En 1984, pour fêter la victoire au Paris-Dakar, une version appelée Paris-Dakar offrait une décoration spécifique rouge et blanche, un réservoir dont la capacité passe à 32 litres et portant l'autographe de Gaston Rahier, une selle monoplace avec un porte-bagage, et un petit supplément de couple (6 mkg à 3 750 tr/mn).

Ainsi, elle s'équipera en 1987, de l'excellente transmission paraleveler. La même année, elle fut rejointe par une version 1000cc plus puissante et une petite 650cc plus basique. La dernière évolution sortit en 1997 et fut commercialisée en France jusqu'en 1999. Date à l'aquelle elle tira sa révérence après 19 ans de bons et loyaux services.

En 1987, et après 21 864 exemplaires produits, la R 80 G/S change de nom pour s'appeler R 80 GS. La raison de la disparition du "/" pourrait provenir de la volonté de la firme de changer le "straße" en "sport".

La principale innovation se situe sur la partie cycle. La fourche est remplacée par un modèle de plus grand diamètre, le Monolever est remplacé par un nouveau système appelé Paralever, où l'amortisseur est fixé plus près de la roue. L'empattement passe à 1 514 mm, la capacité du réservoir augmente de 4,5 litres et le poids monte à 210 kg à sec.

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BMW R 80 ST : Une Déclinaison Routière

BMW nous gratifie depuis les années 80 de modèles siglés ST. Si, pour les productions récentes, ce sigle signifie Sport Tourer, la toute première ST était assez éloignée de ce concept.

En 1982, BMW, surfant sur le succés de son trail R 80 G/S, décide de décliner sa reine de l'aventure en une version plus routière/urbaine. Ainsi nait le R 80 ST (le ST signifiant très certainement STrasse). Pour ce faire, le GS est dépouillé de ses roues de trails, voit ses suspensions rabaissées et est habillé d'une robe beaucoup plus sobre (classe ?

Techniquement, le moteur est tout à fait adapté à cette utilisation plus routière. Il équipe déjà plusieurs modèles dont la R 80 T ou RT. La partie cycle du GS est également tout à fait apte à cette nouvelle orientation. Son nouveau train la rend beaucoup plus agile et facile d'utilisation.

Esthétiquement, la moto se détache beaucoup plus trail, même si elle reprend nombre de ses éléments d'habillage. Si le réservoir et la selle sont communs, la ST troque la tête de fourche en plastique contre un bien plus élégant phare chromé (celui du R 65). Les carters plastiques latéraux sont inspirés du GS mais celui de gauche est redessiné pour cacher en partie l'affreux silencieux. Ce dernier peint sur le GS est ici chromé. Le ST gagne enfin une peinture de bien meilleur goût.

Le résultat de cette transformation est plutot réussie. La moto a d'indéniables qualités et une ligne plutôt équilibrée: L'allure élancée d'un trail et la classe d'une routière. Malheureusement, elle n'aura pas le succés escompté.

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