Avec sa ligne DS, Citroën a véritablement redoré son blason, jusqu’à même percer le marché Chinois il y a bientôt deux ans. La dernière du nom, la DS5 offre un design exceptionnel. Son style, peu conventionnel, ne laisse pas indifférent et semble s’apparenter à un break de chasse ou à un coupé quatre portes.
Design Extérieur : Élégance et Audace
Conçue sur la plateforme du Peugeot 3008, elle mesure 4.53 mètres de long et se place à mi-chemin entre une C4 et une C5. Different Spirit ? A l’avant, la calandre typique des DS, les phares bixénon directionnels sophistiqués, et les crosses abritant prises d’air et clignotants structurent la face avant avec force et élégance. Autre élément fort avec la calandre DS, les « sabres », ces longues pièces chromées qui partent de l’extrémité des phares pour surplomber les rétroviseurs, peuvent paraître de trop. Ils ont néanmoins été conçus pour une bonne raison : donner l’illusion d’un long capot horizontal de coupé. Une fois l’explication donnée, on les accepte sans problème !
Le profil est plus fluide, avec une faible hauteur, une ligne de toit plongeante vers l’arrière et une carrosserie sculptée : ne vexez pas les designers de Citroën en disant que ça ressemble à un monospace ! L’arrière réunira sans doute tous les suffrages : ces phares en boomerang sont presque sculptés dans la carrosserie, formant une surface très douce et lisse au dessus et une surface concave en dessous. Magnifique.
Notre modèle d’essai est dotée du récent Pack Faubourg Addict qui habille le toit et les coques de rétroviseurs d’une trame spécifique. Il ajoute aussi des jantes diamantées de 19 pouces. Notez sur notre version Faubourg Addict le toit en verre sur-imprimé du motif DS : chic ou too much, à chacun son opinion ! La teinte de carrosserie est également inédite, il s’agit du Whisper, un noir profond aux nuances subtiles de violet.
Intérieur : Un Cockpit d'Inspiration Aéronautique
Original à l’extérieur, l’intérieur n’en est pas moins avec un thème principal : l’aviation. Même si le 3008 employait également quelques éléments de cet univers, la DS5 en fait un peu plus ! Au programme, deux toits panoramiques de chaque côté, des boutons types « toogle switches » sur le plafonnier et sur la console centrale qui permettent de commander les vitres, les stores et l’affichage tête haute. Ce dernier est en couleur et regroupe les informations suivantes : vitesse, régulateur/limitateur et navigation. Les compte-tours numériques sont très visible et font leur petit effet.
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Un cockpit d’avion, c’est « chic » ! Si l’extérieur constituait une excellente mise en bouche, l’habitacle est la cerise sur le gâteau, encore plus, of course, quand il est garni du sublime cuir bracelet de montre de la maison ! Un traitement très exclusif d’une qualité rare, que même quelques constructeurs premium doivent jalouser ! Mais résumer l’intérieur de notre DS 5 à son cuir serait réducteur : ici aussi, rien n’a été laissé au hasard et il faut toujours en mettre plein la vue ! Mention spéciale au beau volant à méplat (certes pas très pratique en manœuvre) et à tous les toggle switchs placés sur le plafonnier (commandes d’affichage tête haute et des rideaux du toit vitré) ou la console centrale (vitres, condamnation centralisée…).
Partageant la plate-forme des Peugeot 3008 et 5008, et conçue à leurs côtés à l’usine de Sochaux, la DS 5 reprend la large console centrale du crossover qui a tout de même été largement remaquillée et garnie d’un bel aluminium. Elle accueille le combiné multimédia de la 508 (avant restylage). L’habitacle au final ne laisse pas indifférent par son abondance de formes travaillées, de plastiques moussés (hélas d’aspect moyen), de cuir et d’aluminium, même sur les portes ! Nous regretterons toutefois que la DS 5 n’ait pas encore adopté l’écran tactile du groupe, l’écran non tactile actuel étant un peu daté !
La finition et les assemblages sont très sérieux, on s ‘étonne juste de voir une partie audio pas du tout en accord avec le reste et plutôt ancien que futuriste. C’est un détail car l’ensemble est très plaisant, et on se sent bien à bord ! Côté rangements, en revanche, c’est plutôt pauvre à l’instar d’une boîte à gant minuscule et du levier de vitesse qui arrive juste au niveau de la console centrale, bien placé au passage. Utilisateur de smartphone, pensez au support ! Le plafonnier, quant à lui, intègre deux compartiments individuels pour les lunettes, par exemple.
A l’arrière, les passagers disposent eux aussi d’un toit panoramique, l’espace aux jambes est tout à fait raisonnable mais la garde au toit un peu juste pour les grand gabarits. Comme à l’avant, les commandes de vitres se situent entre les deux sièges et non sur les portes. A l’arrière, ne vous attendez pas à trouver l’espace aux jambes d’une Skoda Superb ou d’une Mercedes Classe S ! Enfin, notre modèle était dotée de la sellerie cuir semi-aniline Criollo en forme de bracelet de montre du plus bel effet et surtout très confortable ! Mais en option à 1.710€.
Equipements et Technologies
Au chapitre des équipements, la DS5 embarque tout le nécessaire d’une berline haut de gamme ou presque. Affichage tête haute, caméra de recul, alerte de franchissement de ligne, feux de route automatiques, prise 230 volt, Wifi On Board (via une connexion 3G), GPS avec vision 3D, sono HiFi Denon, siège conducteur massant. Mais il manque par exemple la détection des angles morts, la lecture des panneaux, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore un système anti-collision pour être au top !
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Motorisations et Performances
Au catalogue la Citroën DS5 offre sept moteurs au choix. Deux essences, les 1.6 THP 155 et THP 200, quatre Diesel e-HDi 115, BlueHdi 120, HDi 160 et le dernier BlueHDi 180 que nous ne manquerons pas d’essayer. Enfin une version Hybrid4 est également de la partie, le même système que l’on retrouve sur la Peugeot 508. Nous avons choisis de prendre le volant du moteur le plus puissant, le THP 200. Il s’agit du bloc quatre cylindres turbo 1.6l bien connu chez PSA pour son très bon agrément. Qu’en est-il sur notre DS5 ? Après presque 1.000 km d’essai nous avons été conquis encore une fois par ce moteur.
A la fois souple et discret quand il faut avec ses 275 Nm de couple dès 1.700 tr/mn et sur une large plage, il se réveil rapidement lorsqu’on sollicite la pédale accélérateur. Le 0 à 100 km/h s’abat par ailleurs en 8.2 secondes ! On apprécie aussi la sonorité travaillée de l’échappement. Plutôt considérée comme une routière, la DS5 peut changer de facette en se montrant dynamique avec cette mécanique. D’autant plus que son châssis est très rigoureux ! Elle s’inscrit parfaitement en courbe avec une direction précise, les prises de roulis sont bien maîtrisées et le freinage est très efficace. Cette voiture peut supporter sans problème encore plus de puissance, peut-être verra t-on un jour au catalogue la version de 270 ch comme sur la Peugeot RCZ R ?
Pour le confort ne vous attendez pas à une suspension très souple à l’image de Citroën mais plutôt ferme surtout avec la monte pneumatique de 19 pouces, mais malgré cet aspect dynamique, la DS5 reste confortable. Le constructeur annonce une consommation moyenne de 6.7 l/100 km en cycle mixte, durant notre essai la moyenne s’est plutôt établie aux alentours des 8l avec différents parcours.
Avouons-le, nous attendions beaucoup de ce nouvel ensemble moteur-boite de pointe dans le groupe PSA, qui devrait apporter une certaine noblesse mécanique au porte-drapeau de la gamme Citroën actuelle. Ce moteur diesel de pointe s’associe à une nouvelle boite automatique à 6 rapports fournie par Aisin, en attendant l’arlésienne boite à double embrayage qui devait être développée avec GM, avant que le divorce soit proclamé.
Clairement, la ville ne semble pas être le terrain de jeu favori de la DS 5. Outre une direction un peu lourde et collante, un diamètre de braquage camionesque (peut-être pas autant que la Volvo V60 D6…), une largeur importante (attention aux entrées et sorties de parkings souterrains !) et une boite générant quelques à-coups, ce n’est pas vraiment sa tasse de thé ! Vite, quittons la ville !
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Une fois sur autoroute, la voiture est souveraine et silencieuse, sa direction précise ne souffrant pas de zone morte au point milieu. Là encore, le moteur n’a pas à forcer son talent, ses 180 ch et 400 Nm de couple travaillent correctement et facilitent les reprises. Nous ne pouvons aussi qu’apprécier l’Alerte de Franchissement Involontaire de Ligne (AFIL), système fétiche de Citroën qui fera vibrer votre fesse gauche ou droite selon la ligne que vous vous apprêtez à franchir - au mieux - par inattention ou - au pire - par somnolence.
Sur route imparfaite, la direction précise et bien assistée cède trop à la facilité sur les irrégularités ou pour peu que la route soit inclinée, un trait de caractère de sa petite sœur DS 4 que j’avais pu prendre en main : vous serez alors forcés de bien tenir le volant notamment sur les pavés parisiens ! Un peu rageant.
La boite, bien que moderne, nous a aussi un peu déçu. Alors que les anciennes boites auto se permettaient de francs glissements pour plus de confort, la recherche de baisse de consommation a poussé les constructeurs à les réduire au maximum et à fermer le convertisseur tôt. Seulement, ici, la boite hésite trop entre ces deux éléments ; un « patinage » systématique de plus d’une seconde se fait ressentir sur le 2e et parfois le 3e rapport tandis qu’à d’autres moments la boite confond réactivité et brutalité (notamment en fournissant un à-coup en rétrogradant de 3 en 2 en ralentissant). La boite est sinon assez rapide lors des passages de rapports, et intelligente en s’adaptant bien aux injonctions du conducteur. De même, elle n’hésite pas à rétrograder rapidement plusieurs rapports notamment pour dépasser (mieux qu’une DSG sur ce point). Idem, en mode Sport sur petites routes, la voiture rétrograde assez promptement en virage pour être sur le bon rapport en sortie, pas mal !
En haussant le rythme, la boite se sent obligée d’aller chercher les hauts-régimes en kickdown (demande de reprise) ou en accélération. Hélas, là, à 4 500 tr/min, le moteur - même moderne là-aussi ! - s’essouffle complètement, - et le fait un peu entendre - ; la boite devient alors brutale au changement de rapport comme pour rattraper le temps perdu en haut-régime. La parade en conduite dynamique ? Un ensemble moteur/boite alors plus orienté vers la polyvalence, le confort et la baisse de consommation que la performance pure (0 - 100 km/h en 9,2 s). Le 2.0d 184 BVA8 de BMW et le 2.0 TDi 184 DSG du groupe VW peuvent encore dormir tranquille sur le rapport performances/agrément… Un positionnement qui n’étonnera pas trop sur la DS 5, mais qui décevra certains amateurs de conduite dynamique impromptue.
Mais cette DS 5, bien qu’un peu lourde (1 540 kg) ne refuse pas non plus ce type de conduite ! Aussi, la suspension - bien qu’améliorée mais toujours ferme, à l’Allemande, quoique nos jantes 19’ ne doivent pas aider - permet un excellent comportement routier préservé du roulis tandis que le freinage se révèle agréable et performant. Même si la direction n’inspire pas autant confiance que ses cousines sochaliennes, on sent que Citroën a bien fait d’aller chercher la plateforme technique chez Peugeot ! Peut-être que les frustrés de cet ensemble moteur/boite pourront se rabattre sur la version essence THP 200 boite mécanique, en rajoutant aussi le Pack Sport incluant le Sound System du Peugeot RCZ et une suspension rabaissée de 7 mm !
A défaut d’être explosif, le BlueHDi a avant tout été commercialisé pour prouver, en plein scandale « diesel » qu’un moteur de ce type pouvait réellement être propre. Il utilise en plus du filtre à particules (apparu sur la Peugeot 607 2.2 HDI en 2003 souvenez-vous) un système SCR (Selective Catalytic Reduction) qui transforme par l’ajout d’Adblue, un mélange d’urée et d’eau, les oxydes d’azote (Nox) en eau et azote, inoffensifs. Propre et respectant les normes Euro 6, il limite ses émissions de CO2 à un excellent 114 g/km (contre 158 pour l’ancien 163 BVA6 ! ) et sa consommation moyenne lors de l’essai à 7,8 l (8,1 l en ville, 7 l sur route, 6,4 l sur autoroute), soit globalement 1 l de moins.
J’émettrais juste une critique (un blâme ?) au groupe PSA… Cette DS 5, aussi noble soit-elle, ne semblait pas équipée de l’excellent Stop&Start des versions e-HDi. Coupant le moteur dès 20 km/h (sur boite mécanique, 8 km/h sur BMP6) en phase de ralentissement avec une infinie douceur, il redémarrait « au quart de tour » sans aucune vibration. Renseignements pris auprès de la marque, la boîte auto EAT6 ne permet de couper le moteur qu’une fois que la voiture est à l’arrêt.
Prix et Positionnement
Notre DS 5 était affichée à 46 710 €, cet ensemble moteur-boite démarrant à 37 250 €. En comparaison, une V60 D4 est affichée à 38 710 €, une 320dA Touring à 40 401 €, et sa sœur de gamme C5 Tourer en HDi 160 Auto à 38 450 (+ 2 200 € de malus).
La Citroën DS5 est véritablement l’une des meilleures créations française et tend à s’approcher du segment des premiums. En donnant vie à la gamme DS, Citroën avait deux missions à remplir : « piquer » quelques clients à Mini, Audi et autres contructeurs premium en Europe, et faire rayonner le luxe et l’élégance parisiens très prisés en Chine et incarnés auparavant par Hermès et Louis Vuitton parmi d’autres. Ainsi, la sombre période où Citroën était le parent pauvre et « vieillot » de Peugeot est bien loin !
Il est vrai qu’après le buzz qu’a provoqué la naissance de la gamme DS, les têtes pensantes de Citroen se tournent plutôt vers la Chine pour cette gamme (DS 5LS, DS 6WR) et la gamme C (C4 Picasso, C4 Cactus) en Europe. L’avenir européen de DS est alors un peu flou : cela va certes devenir une marque à part entière, Carlos Tavares l’a confirmé, mais quid des modèles à venir ? A priori, la DS 3 va encore vivre longtemps et voir apparaitre sur la prochaine génération une variante 5 portes pour mieux concurrencer les Mini et Audi A1 ; la DS 4 va en effet adopter une carrosserie tricorps comme nous vous en avons parlé sur le blog et deux moyenne et grande berlines (DS 6 et DS 9) iront chasser des Audi A4 et A6 entre autres. L’arrivée du SUV DS 6WR est encore incertaine pour l’Europe. Quel est alors le sort de la DS 5 ? Mystère… Espérons quand même que la merveilleuse audace des concepteurs DS ne soit pas désormais réservée à la Chine !
Finalement, autant la DS 3 se vend très bien, autant les DS 4 et DS 5 ont eu des carrières plus timides. Profitant de l’arrivée du nouveau moteur 2.0 BlueHDi 180 dans la gamme, la DS 5 a vu sa suspension retravaillée !
Volume du Coffre
Pour ce qui concerne le coffre, le seuil assez haut perché. Cependant, le volume se situe dans la moyenne avec 468 l (sans roue de secours).
Tableau Récapitulatif
| Caractéristique | Valeur |
|---|---|
| Longueur | 4.53 mètres |
| Volume du coffre | 468 litres |
| Puissance moteur testé | 200 ch (THP 200) |
| 0 à 100 km/h (THP 200) | 8.2 secondes |
| Consommation moyenne (essai) | 8 l/100 km |
| Émissions de CO2 (BlueHDi 180) | 114 g/km |
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