Bien loin des saisons d'aujourd'hui, l'hiver 1972-1973 n'avait livré ses assauts que tardivement sur la Haute-Loire, sans pour autant manquer de virulence. Au mois de mars 1973, les sommets de la Haute-Loire sont encore englués sous un épais manteau blanc. La faute aux chutes de neige qui se sont multipliées tout au long du mois de février et à plusieurs jours de burle qui ont entraîné la formation de congères en altitude. À cela s'ajoute une vague de froid tardive : au matin du jeudi 1er mars 1973, on relève -14°C dans les rues du Puy-en-Velay et -19°C dans la ville de Saugues.
La Chenillette des Neiges : Un Sauveur Hivernal
Sur les contreforts du Mézenc, bien que les populations soient habituées aux affres de l'hiver, la solidarité s'organise pour désenclaver certains écarts. Les services de la Protection civile apportent leur concours en mettant à disposition une « chenillette des neiges », un appareil permettant de s'affranchir des murs de neige et d'accéder jusqu'aux secteurs les plus isolés. Le jeudi 1er mars 1973, une démonstration des capacités de la chenillette des neiges est organisée devant le préfet. Le jeudi 1er mars 1973, cette chenillette est présentée à la presse par le préfet Roger David. Sur le plateau de Vachères, dans la commune de Présailles, l'engin remorqué par le Dodge des sapeurs-pompiers du Monastier-sur-Gazeille démontre toute sa maniabilité. Aux commandes se relaient l'adjudant-chef Gaston Machabert et le sergent Jean Bonny.
Missions Variées de la Chenillette
La chenillette est mobilisée sur ses premières interventions. Du côté de Présailles, la machine est sollicitée pour une mission de « taxi » : il faut rapatrier un jeune couple jusqu'à son domicile. Le vendredi 23 février 1973, ces éleveurs, installés dans une ferme au lieu-dit Lasteyres, s'étaient absentés pour rendre visite à des proches dans un autre hameau de la commune, à La Cistrouze. Mais la burle devait leur empêcher tout retour à leur domicile : des congères impressionnantes s'étaient formées sur les 2 kilomètres du trajet, dont une de 10 mètres à l'arrière de la ferme de Lasteyres ! Si l'exploitant agricole a pu parcourir quotidiennement la campagne enneigée avec ses skis pour s'occuper de ses bêtes, seule la chenillette a permis de raccompagner son épouse et leur bébé (ainsi que des victuailles), au terme de plusieurs jours d'exil forcé. Toujours le jeudi 1er mars 1973, c'est cette fois pour assurer les fonctions de « corbillard » que la chenillette est appelée à intervenir au village de Vazeilles, un écart de la commune du Brignon situé en rive droite de la Loire. Une habitante du village venait de décéder et son domicile était inaccessible par les moyens terrestres. C'est donc à Onzilhon que l'engin a pris en charge le menuisier et le cercueil qu'il avait fabriqué, avant de revenir, deux heures plus tard, avec la dépouille de la défunte.
Le Ramassage Scolaire et les Défis de l'Hiver
Du côté de Chaudeyrolles, c'est l'association communale qui a fait l'acquisition d'une autre chenillette. Et là aussi, elle rend de fiers services, assurant même les ramassages scolaires. Le dimanche 4 mars 1973, « M. Vidal, aux commandes de la chenillette, assisté de M. Roméas, se rendait dans un hameau de la commune de La Rochette en Ardèche et ramenait sans encombre, après une heure de route, trois élèves pensionnaires au couvent Saint-François et fréquentant l'école de Chaudeyrolles », rapporte La Tribune-Le Progrès dans son édition du samedi 10 mars 1973. Mi-mars, alors qu'on pensait que l'hiver - déjà bien généreux - avait déversé ses derniers flocons, un nouvel assaut était donné sur les sommets de la Haute-Loire. Parmi eux, le village de Costechaude près de Vachères, sur les hauteurs de Présailles. Quatre familles d'agriculteurs ont dû y être ravitaillées par la chenillette. L'engin a aussi pu « y prendre livraison de quelque neuf cents litres de lait qui n'avaient pu être collectés par les moyens habituels ». « À Vachères, les conducteurs de la chenillette ont pris, au passage, le cadavre d'un bovin, qu'un cultivateur ne pouvait enfouir en raison de l'épaisseur de neige glacée qui recouvre le sol ».
Modernisation des Équipements
En février 1973, la commune de Estables a fait l'acquisition de moyens de déneigement modernes : cette fraiseuse rendra de fiers services aux habitants de la commune, notamment dans les hameaux isolés. Toujours au cours de cet hiver 1972/1973, la commune des Estables décide elle aussi de s'équiper pour mieux faire face à la neige. Régis Leydier, le maire des Estables, prend livraison du camion Unimog acquis par la commune et équipé d'une fraiseuse. Là, c'est un camion Unimog 4x4 développant 160 chevaux qui est livré au maire, Régis Leydier. Il est équipé d'une étrave et d'une lame biaise, mais aussi d'une fraiseuse qui « grignote les congères sur une largeur de 2,40 mètres et, par ses cheminées, évacue cette neige sur les bords ». Dans la commune la plus haute du département de la Haute-Loire, on mise beaucoup sur ce matériel, subventionné à hauteur de 50% par le Département et le ministère de l'Agriculture. « Aucun passage ne peut lui résister », affirme La Tribune-Le Progrès dans son édition du mercredi 14 février 1973. « Nous ne pourrons pas intervenir chaque fois qu'il burlera, mais, avec cela, nous comptons bien apporter une sérieuse amélioration aux conditions de vie des populations de la commune », s'enthousiasmait le maire dans les colonnes du journal.
Lire aussi: Fiabilité de la Citroën C1
Accidents et Interventions
Les assauts de l'hiver se multiplient au cours des mois de février et mars 1973. Y compris sur le plateau du Devès, comme en témoigne cette image du Tub Citroën du boulanger de Cayres, embourbé dans une congère, l'obligeant à être remorqué par un tracteur. Le samedi 24 février 1973, un habitant de Saint-Jeures pensant rentrer nuitamment à son domicile du Fromental s'égare dans la tourmente. Après de multiples chutes, il trouve refuge dans une grange. C'est là qu'il est découvert le dimanche matin, frigorifié et présentant un grave traumatisme crânien. Il est alors hospitalisé dans un état désespéré. Le dimanche 25 février 1973, un autre accident se produit sur les pistes de ski des Estables : une Lyonnaise de 29 ans devait faire une lourde chute au cours de laquelle elle se fracturait une jambe. Ce n'est que trois quarts d'heure plus tard que le mari de la victime la découvrait, allongée dans la neige. Et ce n'était que le début du calvaire puisque l'ambulance, appelée du Puy-en-Velay, devait se bloquer dans les congères près des Estables : l'ambulancier a mis plus de trois heures pour couvrir les 65 kilomètres (aller-retour) entre l'hôpital et les pistes du Mézenc ! Mais « dans le brouillard et la tempête, le skieur stéphanois, qui venait aux Estables pour la première fois, s'était trompé de piste, s'aventurant sur le versant ouest dans la direction de Saint-Front ». Après une longue et pénible marche durant laquelle il perdait ses lunettes et son bonnet (!), le naufragé devait, par chance, trouver refuge dans la ferme du Pouchou où un scooter des neiges le ramenait jusqu'aux Estables.
SOS Loire Vivante : Un Combat pour la Préservation
Comité SOS Loire Vivante : premier rassemblement des opposants au barrage de Serre de la Fare, en Haute Loire. Créé par Jacques Adam, éducateur, membre des Amis de la Terre, au Puy en Velay en 1988. C’est le comité qui lance les premiers recours juridiques, organise les premières réunions publiques, décide des premières pétitions lors de l’enquête d’utilité publique, met sur orbite la première manifestation dans les rues du Puy en Velay en Octobre 1988. Où se décide et se lance l’occupation du site de Champ Bourray, près de Serre de la Fare ainsi que la décision de présenter une liste aux municipales de Mars 1989. Peu nombreux mais hyperactifs : un noyau dur d’une trentaine de personnes déterminées. Qui peuvent compter sur les expériences de Michel Soupet et Jacques Adam, ancien des luttes contre le barrage de Naussac ou sur le supergénérateur de Creys-Malville. Et puis très vite, Jacqueline et Martin Arnould, Régine Linossier, François Fabre et Edouard Bor portant les premières estocades.
Les Acteurs Clés de la Lutte
D’autres encore : Michel Barlet, Philippe Lhort, Jérome Leyre, Jacques Grimault décident de planter une tente sur le site un beau matin de février 1989, changeant la nature de la lutte en marquant une détermination sans retour. Ce sont eux qui seront le coeur battant de la lutte en train de prendre de l’ampleur au niveau local. Organisé actuellement en cinq comités tout au long de la Loire : Loire Vivante Nièvre Allier Cher, Loire Vivante Touraine, Loire Vivante angevine, Loire vivante Estuaire, coordination assurée par SOS Loire Vivante au Puy en Velay. De 1987 à 1999, la coordinatrice du réseau est Christine Jean, biologiste de formation. SOS Loire Vivante : association créée à l’automne 1989 au Puy en Velay au sein du comité du même nom et à l’initiative notamment de Roberto Epple. Jean François Arnould est le premier président. Suivi de Jean Claude Arnulf, André Pellissier et Roberto Epple lui même. Elle deviendra SOS Loire Vivante - ERN France en 2007. Son siège, depuis 1989, est au 8 de la rue Crozatier au Puy en Velay. Elle est actuellement présidée par R. Epple, dirigée par Simon Burner et emploie une dizaine de personnes tout au long du bassin de la Loire. Elle dispose d’un budget annuel d’environ un demi million d’euros ( chiffres 2018).
ERN France et les Initiatives Européennes
ERN France : Européan Rivers Network. Association créée à l’initiative de Roberto EPPLE en 1994 qui en devient le président. Le secrétariat est assurée par SOS Loire Vivante. Cette dernière s’occupe de la France et ERN en est le volet international. Membre du réseau mondial IRN, il en assure la partie européenne. A l’initiative du Big Jump ( journée de baignade dans une eau de qualité), de la mise en place du label Rivières Sauvages et du RIFM ( rivières d’images Fleuve de mots) à destination des plus jeunes. Il œuvre aussi à la promotion du réseau « Rivières sauvages » à la fois label et instrument de gestion des eaux vives, associés à un fonds de conservation, sur le modèle économique hérité des modes d’action et coutumes du WWF, co-fondateur du projet.
Autres Organisations Engagées
FNE : France Nature Environnement. Ex FFSPN (fédération française des sociétés de protection de la nature) représente prés de trois milles associations, est reconnue d’utilité publique et membre du Bureau Européen de l’Environnement (BEE), sorte de lobby européen des associations et de ceux qui se préoccupent des relations durables entre les hommes et ce qui le entourent. Revendique des milliers d’adhérents répartis entre 15 associations nationales, 44 délégations de territoire et 11 associations partenaires. Ses missions : » fédérer, informer, défendre, influencer, sensibiliser… » assurées par une cinquantaine de salariés et des centaines de bénévoles. Le budget est d’environ 4 millions d’euros pour 2019 dont la moitié de subventions publiques (sources : site internet FNE). Frapna : fédération Rhône-Alpes des associations de protection de la nature. Monique Coulet (directrice d’un laboratoire d’hydrologie à l’université Lyon II) en assure la présidence en 1989. C’est elle qui, lors du rassemblement européen de 1989, lance « un fleuve, c’est un écosystème, un tout, qu’on ne peut pas saucissonner sans atteindre son équilibre ». Idée fondamentale chez les opposants au barrage. Elle la précise encore dans une interview donnée à l’Expresse en 2010 : «Les cours d’eau, il s’agit de véritables systèmes vivants qui fonctionnent grâce aux relations entre l’amont et l’aval, entre fleuve et affluents, entre chenal principal, bras secondaires et bras morts, entre cours d’eau, forêt alluviale et nappe phréatique. L’agent de liaison de tous ces éléments, c’est l’eau, comme le sang dans le corps humain». Nature Centre : Ex FRAPEC. fédération orléanaise regroupant 18 associations et agréée pour représenter la défense de l’environnement dans la région Centre. Elle est dirigée par Bernard Rousseau, physicien du CNRS, dans les années quatre-vingt. Membre du FNE. SEPNB : Société pour l’étude et la protection de la nature en Bretagne. Dirigée par Jean Claude Demaurs, zoologue, dans les années « folles ». Association agréée pour la défense de l’environnement et membre du FNE. Jean Claude Demaurs deviendra adjoint au maire de Nantes dans les années 1989 - 2001 et conseiller régional élus sur une liste Génération Ecologie / AREV. Pour lui : « L’eau et les milieux aquatiques sont ma seconde nature, la Loire appartient désormais à ma culture ». Il aura un rôle d’interface précieux lors de la bataille de Donges/est. Il est décédé en 2016.
Lire aussi: Chaîne de montage Citroën : l'histoire
Les Institutions et Leur Rôle
EPALA : Etablissement public d’aménagement de la Loire et de ses affluents. Fondé par Jean Royer en 1984 dans l’objectif d’aménager le cours de la Loire afin d’assurer un soutien d’étiages et d’en écrêter les crues, il regroupe et représente six régions, 19 départements, une vingtaine de métropoles. C’est un modèle unique à l’époque de gouvernance à l’échelle d’un bassin hydrologique. Il signe en 1986 un protocole avec l’Etat et l’Agence de l’eau pour aménager le cours de la Loire, c’est à dire y construire quatre barrages : Serre de la Fare sur la Loire, Chambonchard sur le Cher, et Naussac II et le Veurdre sur l’Allier ainsi que la construction de kilomètres de digues. Le budget prévu s’élève à près de trois milliards de francs de l’époque. Il devient l’Etablissement Public Loire en 2007 et le garant de la mise en place des plans Loire qui se succèdent depuis 1994. Il est présidé par Jean Royer, député-Maire de Tours, jusqu’en 1995. Puis par Eric Doligé, sénateur UMP et président du conseil général du Loiret de 1995 à 2005. Agence(s) de l’eau : au nombre de six à l’échelle de la France, elles sont des établissements publics représentant sur les bassins hydrologiques le ministère de l’environnement. Au nombre de sept sur le territoire national, elles mettent en œuvre les objectifs et les dispositions des schémas directeurs d’aménagement et de gestion des eaux (SDAGE, plans de gestion français de la politique française sur les bassins et leur déclinaison locale, les SAGE) ainsi que l’application de la directive cadre européenne sur l’eau . WWF : World Wildlife Fund. Fondation née en 1961 de la rencontre de volontés de gens fortunés à gros entregent qui entendent créer des réserves naturelles partout autour du monde ( pour pouvoir y chasser à leur aise notamment). La fondation au panda regroupe actuellement six millions d’adhérents et soutient des milliers de projets de défense de l’environnement à travers le monde. Sa politique générale a donc considérablement évolué au cours de son histoire et notamment durant les années quatre-vingt. Ainsi, de naturaliste stricto sensu - se consacrant à la défense du panda et la création de zones vierges, les fameux parcs naturels - elle est devenue le fer de lance d’une vision plus environnementaliste et met en avant davantage la place de l’homme dans la nature. Sa campagne internationale pour la protection des eaux douces, initiée au milieu des années quatre-vingt, s’inscrit dans ce cadre et se concrétise d’abord par la création de l’institut des plaines alluviales, à Rastatt, dirigé par Edith Wenger, sorte de société d’études spécialisée dans les questions hydrologiques. Son expertise sera précieuse dans les batailles scientifiques autour du bien fondé des positions des uns et des autres. La version française, le WWF France a été créé en 1973. La structure française est présidée actuellement par la navigatrice Isabelle Autissier et dirigée par Pascal Canfin. WWF France revendique 220000 adhérents. Et peut compter en 2018 sur des ressources s’élevant à près de 14 millions d’euros dont 80 % provenant des dons de particuliers ou d’entreprises (source : site internet WWF France). Il est dés le début associé à la création de Loire Vivante et finance notamment le poste de Christine Jean, coordinatrice du réseau. Ainsi que celui de Roberto Epplé sur la période 1989-1994. Robin des Bois : Association fondée en France en 1985 par des pionniers de la défense de l’environnement. Déclinaison là encore de l’association internationale « Robin Hood ». C’est Martin Arnoudt qui contacte Pascal Bonnemaison, le président de l’époque, pour lui demander son aide. Parce que ses militants sont spécialisés dans les initiatives spectaculaires et habitués à ce genre de confrontation. Elle intervient à Serre de la Fare dés les débuts de l’occupation afin d’arrêter les premiers engins. Son expérience est précieuse dans les premiers moments de confrontation directe. La banderole « Loire Vivante » sur la Vierge qui domine la ville du Puy, c’est aussi eux. Robin des Bois a pour objectif la protection de l’Homme et de l’environnement par toutes formes de réflexion et d’actions non violentes.
Le Rôle de Roberto Epple
Campain Officer pour le compte du WWF international au moment où l’Epala dévoile ses projets pour la Loire, ce suisse né au lendemain de la seconde guerre mondiale est hydrobiologiste de formation, et, à ce titre, travaille d’abord notamment au sein de firmes des secteurs du textile ou la chimie, autant dire à peu près l’antéchrist dans les milieux environnementaux. Un travail de sape tout d’abord, appuyé sur la logistique et l’entregent du WWF international et de la pensée scientifique accumulée autour de notre utilisation de l’eau et de ses ravages, d’une certaine doxa décisionnaire héritée d’une longue histoire de domestication de la nature liée notamment à la construction des barrages. Il faut avoir conscience de ceci pour bien prendre la mesure de la puissance et en quelque part, de la légitimité dont se parent les lobbies intéressés au domaine depuis les centrales nucléaires qu’il faut bien refroidir une fois qu’elles sont construites jusqu’aux grands céréaliers des plaines dont il faut bien arroser les champs une fois qu’ils sont plantés, en passant par de nombreux élus locaux avides d’espaces gagnés sur le cours des rivières et fleuves pour leurs projets d’aménagement urbain. Et bien sûr que ça finit par faire du monde. Avec de la force de frappe. Et non sans une certaine logique, il faut bien dire aussi. Où la technique se présente naturellement comme étant au service sui generis du développement économique et du confort moderne. Cette logique, c’est celle de la mise au service de la nature au profit des hommes (ou de leur mégalomanie ?) et du système de production économique, base de la prospérité des sociétés contemporaines dites développées.
Une Vision Alternative de l'Aménagement
Mais Roberto n’a pas seulement, loin de là, mené un travail de destruction des arguments et des réalisations des adversaires qu’il avait et qu’il a toujours devant lui. Il a également largement fait œuvre de bâtisseur tant il est vrai que, sur la Loire au moins, à l’occasion de ces trente années de lutte tout azimuts, une autre vision de la façon d’aménager un fleuve, portée par une autre philosophie du vivant, une vision alternative des relations entre l’homme et son environnement, a commencé à pointer d’abord un bout de narine et puis a fini par prendre toute la place disponible à grands coups d’épaule quand il a fallu. Cette vision qu’il porte depuis tant d’années a maintenant acquis de solides fondements intellectuels, elle a ses défenseurs acharnés, ses réseaux dédiés au niveau international qui n’en finissent pas d’essaimer. Comme un rhizome. Roberto se trouve donc à l’épicentre de ce séisme que le combat pour la Loire vivante a initié au niveau international. S’en doutait-il en débarquant un beau jour de l’Automne 1988 dans la bonne ville du Puy en Velay accueilli par un François Fabre et Edouard Bor qui lui offrent tout de go, dés sa descente de train, un verre de liqueur de verveine, la spécialité locale ? S’en doutait-il encore quand il est revenu sans tarder avec son désormais légendaire mini bus rouge Volkswagen, parti depuis longtemps au paradis des camions, qui lui sert tout à la fois de bureau, chambre et moyen de transport et qui restera près de cinq années stationné au champ Bourray ou qu’on verra sur tous les points chauds initiés par la lutte ? Lui, il nous dit trente ans après, en nous recevant chez lui, une petite maison, une ancienne ferme, un corps de bâtiment sise à une grange, construite toutes deux avec les pierres noires d’ici, qui lui permet de veiller encore et toujours sur la Loire, qui passe en contrebas, parce qu’on y revient toujours : « Oui, j’ai senti assez vite la possibilité de gagner ici. Ce n’était pas une priorité du WWF au départ, on pensait plutôt au Veurdre, ou Chambonchard, mais ici, il se passait quelque chose à l’évidence ». Il est dés lors évidemment dans les premiers à occuper le site au début du mois de février 1989.
André Citroën : Un Visionnaire Industriel
Si l'histoire de l'automobile en France est connue, on s'est peu penché sur les constructeurs. Polytechnicien, André Citroën n'est pas homme de mécanique ni de courses comme Louis Renault, mais plutôt d'idées et de risques. Organisateur, vendeur, publicitaire de génie (la tour Eiffel illuminée, les Croisières noire et jaune...), il est aussi un joueur à qui il n'importe guère d'amasser: cet habitué des tapis verts se lance sans répit dans une série de bancos industriels. Brillant esprit, surdoué du défi industriel, véritable homme public (contrairement aux autres fabricants), il se multiplie aussi bien dans son usine que sur les plages à la mode ou dans les milieux radicaux-socialistes. Auprès de ses proches, de ses collaborateurs, de ses ouvriers, de ses concessionnaires, des auditeurs de ses innombrables conférences, des bailleurs de fonds ou de l'Etat, il jouit d'un incontestable charisme. Maître de conférences à l'université Lumière-Lyon II, Sylvie Schweitzer est aussi membre de l'équipe du Centre Pierre Léon (CNRS) qui s'intéresse à l'histoire des sociétés industrialisées. Elle a publié, entre autres travaux, un ouvrage sur l'entreprise Citroën, Des Engrenages à la chaîne. Les Usines Citroën, 1915-1935 (1982) et André Citroën.
| Organisation | Rôle et Budget |
|---|---|
| SOS Loire Vivante | Coordination des comités, budget annuel d'environ 500 000 € (2018). |
| ERN France | Volet international de SOS Loire Vivante, initiatives comme Big Jump et Rivières Sauvages. |
| FNE | Fédération de milliers d'associations, budget d'environ 4 millions € (2019). |
| WWF France | Financement de postes clés, ressources d'environ 14 millions € (2018). |
Lire aussi: Réparation du tirant de porte Citroën
tags: #citroen #le #monastier #sur #gazeille #histoire