L'histoire de Citroën est celle d'une aventure industrielle française des plus marquantes, portée par un homme visionnaire : André Citroën.

Les débuts d'un industriel

En 1900, lors d'un voyage en Pologne, André Citroën découvre un procédé d'engrenages aux dents taillées en V. Il y voit l'opportunité de lancer sa carrière et propose d'acheter la licence de fabrication, alors détenue par les Russes. Ces engrenages, fabriqués à partir de modèles en bois et moulés dans le sable, étaient utilisés à moindre coût pour des minoteries et des usines de filature.

La même année, après son expérience chez Mors, il s’associa à André Boas et Paul Hinstin pour fonder la société « Citroën, Hinstin et Cie », entreprise de fabrication d'engrenages dans laquelle il engloutit une grande partie de son héritage.

L'ère de l'innovation et de la production de masse

Travaillant pour la société automobile Mors, dont il devint le directeur général, en 1912, lors de son premier voyage aux Etats-Unis, il découvrit ce qui allait bouleverser sa carrière : la taylorisation (ou taylorisme) appliquée dans les usines Ford.

Bientôt il déménagea quai de Javel, emblématique de son usine (rebaptisé quai André Citroën en 1958) où durant la Première Guerre mondiale il fabriqua des munitions réputées pour leur qualité. Modèle d’organisation, d'efficacité et de responsabilité sociale, dès la fin de la guerre son usine se tourna vers la fabrication d’automobiles, marché en plein essor. Appliquant les méthodes de Ford, sortie en grande série il put sortir la voiture la moins chère du marché.

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Citroën était un découvreur de talents et un organisateur de génie. Ni inventeur, ni technicien, il sut s'entourer des bonnes personnes pour concrétiser ses idées.

Un maître de la communication et du marketing

Roi de la communication, il innova en matière de publicité et de marketing de masse. C'est ainsi qu’il organisa et assura la couverture médiatique, de décembre 1922 à février 1923, de la traversée du Sahara en autochenilles démontables Citroën-Kégresse tout-terrain, puis celles des Croisière noire en Afrique (1924), Croisière jaune en Asie (1931) et Croisière blanche en Alaska (1934).

Ces coups médiatiques et son succès commercial laissaient fou de rage son principal concurrent Louis Renault. La course industrielle et commerciale entre les deux hommes fut sans doute l’une des plus acharnées du 20ème siècle : un duel de géants. Louis Renault, la fourmi, qui réinvestissait dans son entreprise, ce que n’eut pas la sagesse de faire André Citroën, la cigale. Plus expansionniste que comptable, grand amateur de jeux d’argent, les difficultés financières s’accumulèrent.

La Traction Avant : Un symbole de révolution et de difficultés

C'est au mois d'avril 1934, au palais des Expositions Citroën à Paris, que la société CITROËN présente pour la première fois la traction 7. Construite pour se substituer à la Rosalie, elle rencontrera un vif succès dû à son unicité, ses innovations techniques, la finesse de ses lignes et son tempérament. L’histoire la surnommera « Traction Avant » qui sera fabriquée durant 23 ans.

La Traction Avant se différencie dès son lancement grâce aux nombreuses nouveautés telles que ses quatre roues indépendantes, son moteur flottant à soupapes en tête, les cardans, les freins hydrauliques, l'absence de châssis, la traction avant (en grande série), et même à partir de 1954 un système de suspension hydropneumatique sur les roues arrière.

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Disponible en Berline, Cabriolet, Coupé et Limousine, elle proposera également de multiples motorisations en 7, 9, 11 et 16 CV (15-Six) ainsi que la vingtaine de rarissimes 22 chevaux.

La fabrication de la révolutionnaire et légendaire « Traction avant » sortie en 1934, ne sauva pas la marque. Bien que déployant une énergie, physique et morale, pour repousser les dates de ses créances, les banques l’abandonnèrent entraînant faillite et liquidation judiciaire. Abandon concerté ?

La reprise par Michelin et la disparition d'André Citroën

Michelin, son principal créancier, sur proposition du gouvernement, reprit la marque sauvant des milliers d’emplois et calmant autant les créanciers que les milliers de petits porteurs. Après lui avoir cédé ses actions, il se retira. Epuisé, atteint d’un cancer de l’estomac, malgré une opération, André Citroën mourut quelques mois plus tard.

Le 5 juillet sa dépouille fut exposée dans le hall de Javel avant les funérailles durant lesquelles Louis Renault, prit d’une émotion contenue, déclara : "André Citroën a galvanisé l'industrie française et nous a rendu service à tous. Il m'a obligé à lutter, cela m'a stimulé et m'a fait travailler. Il m'a empêché de m'endormir. D'ailleurs, la lutte est une nécessité de la vie, c'est elle qui permet de progresser."

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