La compétition moto est capable de nous faire passer par toutes les émotions, de la joie lors de la victoire de son pilote favori, à la déception, en passant par le frisson d'une attaque bien placée à l'intérieur. Malheureusement, certaines épreuves ont marqué l'histoire de la compétition moto par leur dangerosité, certaines pour marquer leur légende, d'autre pour disparaître.

Facteurs de danger dans les courses automobiles

Il est essentiel pour un pilote d’adopter une stratégie de gestion des risques. Être un pilote de course signifie avoir à la fois un courage énorme et une acceptation des risques. Mais cela signifie aussi prendre des mesures intelligentes pour minimiser ces risques. Frapper le tableau de bord à 300 km/h n’est pas la même chose que de le faire à 50 km/h. La vitesse extrême accentue les erreurs de jugement, l’inadvertance et l’absence de réflexion. Un véhicule de course n’est pas une voiture ordinaire. Son moteur, son châssis, son carburant, ses pneus - tout est conçu pour maximiser la vitesse et la performance.

Préparation et sécurité

Se préparer pour une course automobile à risques n’est pas une mince affaire. La préparation physique est un élément essentiel de la préparation. Les pilotes doivent être en excellente condition physique pour résister aux incroyables forces de G qui agissent sur leur corps pendant la course. Une grande partie du succès en course automobile repose sur la préparation mentale. Les simulations de course, grâce aux avancées de la technologie, sont de plus en plus utilisées pour aider les pilotes à s’acclimater à la dynamique de la course. Un régime alimentaire adapté et une hydratation adéquate sont cruciaux pour garantir que les pilotes peuvent fonctionner à leur meilleur niveau. Enfin, avant chaque course, les pilotes effectuent une reconnaissance du circuit afin de se familiariser avec le tracé, les caractéristiques clés, les virages et les zones potentiellement dangereuses.

Courses automobiles et moto les plus dangereuses

Tourist Trophy (Île de Man)

Parmi les différentes compétitions de moto dans le monde, la course moto la plus dangereuse pourrait bien être le Tourist Trophy. Depuis 1907, cette course prend place tous les ans en juin, sur l’île de Man. Différentes catégories de motos s’affrontent, allant des Side car, au Supersport. Le circuit du Tourist Trophy de l’île de Man est aussi fascinant que redoutable pour les pilotes. Long de 60 km, il compte au total 264 virages différents à enchaîner. Le circuit a la particularité d’être effectué sur route. Routes empruntées d’ordinaire quotidiennement par les habitants de l’île.

Le circuit du TT traverse des zones de campagne autour de la montagne de Snaefell. Il passe également par les villages typiques manxois. Les pilotes frôlent les trottoirs, rasent les murs et les buissons. Ils manient leur moto à la perfection et ont des années d’entraînement derrière eux. Tous très concentrés, ils savent qu’une seule erreur de pilotage peut être fatale. Malgré l’extrême concentration des pilotes, le Tourist Trophy de l’île de Man déplore de nombreux morts. A ce jour, en 2023, le nombre s’élève à 267.

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Les vitesses démesurées atteintes sur le circuit du TT de l’île de Man font de cette course la course à moto la plus dangereuse au monde. Les pilotes approchent en moyenne les 220 km/h sur un tour de circuit. Des vitesses affolantes quand on imagine que le circuit se déroule dans les rues étroites de l’île de Man. Chaque virage est maîtrisé à la perfection par les pilotes. Le record de vitesse sur cette course s’élève à 331 km/h dans la ligne droite de Sulby.

Les motos enchaînent les kilomètres à une telle allure qu’elles décollent du sol à certains endroit du circuit, comme à Ballaugh Bridge. La difficulté du circuit, couplé aux vitesses vertigineuses accentue le risque d’accident. Les conditions météorologiques sur l’île de Man sont si imprévisibles qu’elles participent à la dangerosité de la course à moto. Située au large de l’Angleterre, cette île dispose d’un climat tempéré et océanique. Au cours de la journée, la météo peut très facilement changer sur l’île de Man. La météo n’est pas toujours la même d’un endroit à l’autre de l’île. Elle est d’ailleurs particulièrement changeante aux alentours de la montagne. Les pilotes qui concourent au Tourist Trophy roulent donc avec une incertitude planante.

Si certaines courses se déroulent sous le soleil, d’autres voient arriver la pluie, le brouillard ou le vent. L’IOMTT, qui se charge du bon déroulent des courses ne prend pas de risques. Depuis sa création, le nombre de pilotes ayant laissé leur vie sur le circuit du TT ne cesse de croître. Ces accidents mortels surviennent aussi bien durant la semaine des essais, que pendant la semaine des courses. Après chaque pilote décédé durant la compétition, les courses sont suspendues voire annulées. L’ambiance devient tragique et solennelle sur l’île de Man.

Une enquête est réalisée pour connaître et révéler les causes de l’accident. Ils peuvent être provoqués par une défaillance technique sur la moto, une erreur humaine de pilotage ou bien même à cause de l’état de la chaussée. Ces enquêtes sont menées par des équipes professionnelles, en partenariat avec les membres de l’organisation des courses du TT.

Rallye Dakar

Inauguré en 1979, le rallye Dakar est une épreuve qui fascine par sa difficulté et son goût de l'aventure. Mais le rallye raid s'est toujours montré très dur et pas seulement avec les pilotes puisque 42 décès concernaient des journalistes, des spectateurs ou des enfants. On se souvient du crash de l'hélicoptère en 1986 qui tua le chanteur Daniel Balavoine, le pilote François-Xavier Bagnoud, l'organisateur du rallye Thierry Sabine, la journaliste du Journal du dimanche Nathalie Odent et le technicien radio de RTL Jean-Paul Le Fur.

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Probablement l’une des courses les plus exigeantes du globe, le Rallye Dakar est une véritable déclaration d’endurance et de détermination. Commencé en 1978, il se déroule désormais en Arabie saoudite, après avoir traversé l’Afrique et l’Amérique du Sud.

Le Rallye Dakar est une course de rallye-raid qui se déroule chaque année en Amérique du Sud. Le parcours de la course varie chaque année, mais il est généralement long de plusieurs milliers de kilomètres et traverse des terrains difficiles, tels que les déserts, les montagnes et les forêts. Le rallye est également connu pour ses conditions météorologiques difficiles, avec des températures extrêmes et des conditions de conduite difficiles.

Pourquoi le Dakar a-t-il la réputation d’être aussi dangereux ?« Nous parcourons jusqu’à 900 km par jour pendant deux semaines sur certaines des pistes les plus accidentées au monde. Sous des températures qui peuvent atteindre 50 °C, nous traversons des déserts, recouverts d’énormes dunes ou d’herbe à chameaux, ainsi que des zones montagneuses pleines de rochers et de cailloux.

24 Heures du Mans

Aucune liste de courses automobiles extrêmes ne serait complète sans mentionner la 24 heures du Mans. En tant que l’un des événements de course les plus anciens et les plus respectés du monde, il met à l’épreuve à la fois les limites des machines et des hommes.

Les 24 heures du Mans représentent une course automobile impressionnante. Elle se déroule sur un circuit de plus de 13,262 km. Plus de 50 équipages se rassemblent autour de cet évènement. Les 24 heures du Mans ont eu lieu la première fois en 1923. Sa particularité réside dans le nombre d’heures (24 heures) durant lequel la course se déroule.

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La plus grande tragédie qu’ai connu le monde du sport automobile français s’est déroulée sur ce circuit, en juin 1955. En effet, 3 heures après le top départ de cette endurance, la Mercedes avec le n°20, pilotée par Pierre Levegh se retrouve prise en sandwich entre deux voitures en plein duel dans la ligne droite des stands. Pour regagner son stand, le pilote Hawthorn coupe brusquement la trajectoire de l’Austin-Healy, portant le numéro 26, cette manœuvre va surprendre le pilote britannique Lance Macklin. Le choc est si puissant que la Mercedes explose, les pièces métalliques s’envolent et s’écrasent dans les tribunes.

Connu pour ses 24h du Mans, ce circuit français a fait 24 décès de pilotes depuis 1923. Mais c’est en 1955 que la plus grande catastrophe a eu lieu avec la mort de 87 spectateurs et plus de 120 blessés.

Grand Prix de Monaco

Combinant passion, glamour et précision, le Grand Prix de Monaco est connu autant pour son circuit dans les rues étroites que pour son paysage marin spectaculaire.

Tous les pilotes rêvent remporter une victoire sur le circuit du Grand prix de Monaco. Il s’agit d’une course automobile mythique qui nécessite maîtrise et stratégie. Le circuit est très passionnant même s’il s’étend seulement sur 3,34 km. Plusieurs experts désignent le GP F1 de Monaco comme le Saint Graal. Ce circuit est tracé au cœur de la Principauté. La première édition a eu lieu en 1929 et a été remportée par William Grover-Williams. Le Grand prix de Monaco comporte plusieurs virages avec quelques épingles au bout de lignes droites. À cela s’ajoute un grand nombre de tours, ce qui met le pilote en danger.

Le circuit urbain a été conçu en 1929, par Antony Noghès, fils du président de l’Automobile Club de Monaco de l’époque. Ce circuit urbain est tortueux, ponctué par un virage tous les 200 mètres. La visibilité est très faible et la piste étroite, ce qui rend les dépassements difficiles. Depuis la première course, 4 personnes ont perdu la vie sur cette piste. En 1967, sur une chicane du port de Monaco, le pilote de F1 italien Lorenzo Bandini, heurte les barrières de sécurité et sa voiture s’enflamme.

Pikes Peak International Hill Climb

Considéré comme l’un des événements les plus périlleux de la course automobile, le Pikes Peak est une montée de 20 kilomètres à travers des pentes raides et des virages serrés.

Autres courses notables

  • Circuit de Montjuïc: Le tracé a accueilli les Grand Prix auto et Moto jusqu'à ce que les pilotes se plaignent de la dangerosité de la piste et que l'accident du GP 75 ne tue 5 personnes.
  • Grand Prix de Macao: Force est de constater que les ruelles étroites et virages serrés du tracé routier de Guia (6,120 km) ne sont pas forcément adaptés à la course.
  • Ulster Grand Prix: L'épreuve recense 19 motards tués depuis sa création en 1929, dont Robert Dunlop en 2008.
  • Carrera Panamericana: Chaque cinquième de seconde d'inattention peut provoquer la catastrophe sur les routes sinueuses qui mènent les concurrents depuis les plaines au climat tropical jusqu'aux froids de la haute montagne.

Circuits particulièrement dangereux

  • Nürburgring (Allemagne): Chaque année ce circuit automobile situé en Allemagne fait 3 à 12 victimes. Il est considéré comme l’un des circuits les plus difficiles au monde.
  • Circuit de Spa-Francorchamps (Belgique): Très apprécié pour sa technicité et sa vitesse, le circuit Belge de Spa a emporté la vie de 23 pilotes depuis 1922.
  • Snaeffell Mountain Course (Île de Man): La palme revient à ce circuit sur une île qui compte à son actif près de 200 vies ôtées en cent ans.

Évolution de la sécurité en Formule 1

La Formule 1, le plus dangereux de tous les sports ? Assurément. C’est difficile à imaginer aujourd’hui, mais il faut bien comprendre qu’à l’origine de la compétition automobile, la sécurité du pilote -et même des spectateurs !- ne constituaient pas une préoccupation majeure. A la vérité, on n’y pensait même pas trop, ce qui arrangeait bien tout le monde. Non pas que les pilotes ne tenaient pas à leur vie, mais pour eux, le seul moyen de la préserver consistait à ne pas sortir de la piste. En cas d’accident, on acceptait que la mort ou la blessure grave soit la plupart du temps la sanction immédiate. Pourtant, dès cette période, certains pilotes commencent à sensibiliser le pouvoir sportif sur les améliorations pouvant être apportées aux véhicules et aux circuits.

Voilà comment étaient protégés les pilotes dans les années 50 : casque qui ne sert à rien, lunettes contre les moustiques, gros pull pour ne pas avoir trop froid, et hop, roulez. Le problème est que la course automobile est un sport. Par définition, ses acteurs ne participent donc que pour une seule raison, gagner : les pilotes, les ingénieurs, les team-managers, les constructeurs, les sponsors… Par exemple, pendant longtemps, le poids des voitures n’était pas réglementé. Il fallait donc construire le plus léger possible. Ainsi, installer un peu de mousse autour de l’habitacle ou une structure déformable devant ses pieds était considéré comme une incongruité, puisque ce poids supplémentaire occasionnait une perte de performances.

Ce n’est que lorsque ces règles deviendront obligatoires que l’on verra apparaître les premières ceintures, les réservoirs souples ou les crash-box à l’avant des monoplaces. Ce qui, dans un premier temps, ne changea d’ailleurs pas grand-chose pour deux raisons : les voitures roulaient de plus en plus vite, aggravant les conséquences des accidents, et les ingénieurs traitaient ces considérations réglementaires de façon très superficielle, préférant consacrer leur énergie et leur matière grise à la performance.

Par exemple, malgré l’obligation en 1961 de disposer d’un extincteur dans la voiture et d’installer des réservoirs protégés par des revêtements ignifugés, le feu continuera ses ravages avec les morts de Lorenzo Bandini, Roger Williamson ou Ronnie Peterson, brûlés vifs dans leur monoplace, sans oublier Niki Lauda, miraculé des flammes de sa Ferrari entièrement calcinée. A chaque choc violent, l’auto flambait comme une allumette ou se désintégrait comme un château de carte. Ces deux problèmes furent réglés dans les années 80.

L’autre source de progrès vient des circuits. Si les concepteurs de monoplaces faisaient preuve d’un inexcusable manque de zèle sur ces questions sécuritaires, que dire des propriétaires de circuit, totalement désintéressés par ce sujet ? Pensez donc, investir des fortunes dans des glissières, des rangées de pneus ou des modifications de tracé, tout ceci ne faisaient pas venir un spectateur de plus, donc pas gagner le moindre centime.

Si le feu représentait la hantise des pilotes, leur deuxième source d’inquiétude était de rencontrer un obstacle en cas de sortie piste : arbre, maison, rocher, réverbère (à Monaco !)… C’est donc très tard, à la fin des années 90, soit bien après les Formule 1, que les circuits devinrent des endroits sûrs pour les voitures de course. Souvenez-vous que Senna s’est tué en heurtant un mur placé devant un virage négocié à 300 km/h !

Pour autant, on aurait tort de croire que la Formule 1 est devenu un sport sans risque. Au départ d’une course, tous les pilotes jouent leur vie. Si aucun accident n’est venu endeuiller un Grand Prix depuis 1994, c’est bien sûr grâce à tous ces efforts consentis dans la réglementation, mais aussi grâce à l’incroyable adresse des pilotes… et à la chance. Régulièrement, certains accidents se terminent sans bobo parce que le hasard en a décidé ainsi. Autant de miracles qui forcent encore et toujours l’admiration. L’effroyable crash de Spa 2012 provoqué par Romain Grosjean. Tout le monde sans sortira sans bobo.

Les premières réflexions autour de la sécurité n’apparurent qu’au début des années 70. Jusqu’à cette période, la mort était considérée comme une donnée faisant partie intégrante de la course automobile.

Tableau des décès en Formule 1 (1950-Présent)

Sont indiqués dans ce tableau les décès en compétition des pilotes de Formule 1 depuis la création du championnat du monde en 1950.

Sont considérés comme pilotes de Formule 1 les coureurs ayant pris part à au moins un Grand Prix dans leur carrière. Nous avons également comptabilisé les décès survenus à l’occasion d’épreuves hors Formule 1 auxquelles ils participaient régulièrement jusque dans les années 80.

En revanche, nous n’avons pas intégré les 500 milles d’Indianapolis qui faisait pourtant partie du championnat du monde de Formule 1 des 1950 à 1960.

Impatient de retrouver le volant après que sa voiture soit tombée dans le port durant le Grand Prix de Monaco, Alberto Ascari trouve bêtement la mort lors de cette journée d’essais quatre jours plus tard à Monza. Le pauvre Jim Clark serait peut-être devenu le plus grand pilote de tous les temps.

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