L’histoire de la marque Dacia est assez récente puisqu’elle fut créée en Roumanie en 1966 sous la licence du groupe automobile français Renault. Le but est d’offrir, sous mandat communiste, une voiture familiale robuste à petit prix. Dacia tire son nom de la Dacie qui était le nom antique de la Roumanie.

Les Débuts de Dacia : Un Partenariat Stratégique avec Renault

Au milieu des années 60, les pays socialistes de l’Europe de l’Est veulent leur industrie automobile, et la volonté de l’ex-leader de la Roumanie, Nicolae Ceaușescu, qui voulait une voiture populaire. Mais pour arriver à ériger cette entreprise, il faudra un partenaire, et c’est Renault (alors régie nationale) qui est choisie. Et c’est en 1966 que le Général de Gaulle va en Roumanie pour ratifier le premier accord entre Dacia et Renault.

Présent dès 1966 en Roumanie, Renault est à l'origine de la création d'une industrie automobile dans ce pays. En 1967, la construction de l'usine de Pitesti (à 120 km de Bucarest) débute, usine qui reste encore aujourd'hui la seule de la marque en Roumanie.

Un appel d’offres est alors lancé auquel vont répondre des marques telles que Fiat, Alfa Romeo, Peugeot, Morris et Ford. Finalement, c'est Renault qui remporte l'appel d'offres, et un prototype de la future R12 est testé à l’aéroport de Baneasa en Roumanie, sous le nom Utranel (anagramme de Renault).

L'accord avec Renault en 1968 scelle la naissance de Dacia. L'accord signé en 1968 est une étape clé dans l'histoire de Dacia. Dès lors, différents modèles Renault sont assemblés par Dacia, sous licence jusqu'en 1976 (Dacia 1100 (R8) en 1968, Dacia 1300 Berline (R12) en 1969, Dacia 1300 Break en 1973, et d'un pick up en 1975), puis de façon autonome en 1978. Sortie dans l'urgence, il s'agit d'une R8 fabriquée sous licence, comme le contrat le prévoit.

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En l’espace de quelques années, le peuple roumain voit un nouvel élan se dessiner dans leur économie avec ce petit constructeur très dynamique. L’usine, d’une capacité de 120 000 véhicules/ans se présente en fait sous la forme d’un conglomérat intégré incluant un bureau d’étude qui développe ses propres produits tels que les utilitaires avec les pick-up simple et double cabine à trois types de propulsions.

La marque Dacia est née à 120 km de Bucarest, près de Mioveni. À l’époque, Mioveni était un petit village. L’usine, créée en 1943 pour fabriquer des moteurs et des équipements aéronautiques, était dimensionnée pour produire 40 000 véhicules par an.

L’histoire de l’usine de Colibasi commence en 1943, dans les abords du village de Colibasi, situé à 12 km nord de Pitesti (ville située elle-même à 140 km au nord-ouest de Bucarest). Les premiers bâtiments sont initialement destinés à la fabrication de moteurs et d’équipements pour les avions de chasse produits à l’époque à l’usine IAR de Brasov. Certaines de ces constructions en briques rouge sont encore reconnaissables à ce jour sur le site.

Après la guerre, ces bâtiments servent de dépôts de munitions jusqu'en 1949 puis ils sont aménagés pour la réparation de locomotives. En 1952, l’usine se spécialise dans le domaine de la fabrication de pièces pour des camions et tracteurs. En 1963, l’entreprise, connue initialement sous le nom des « Usines Vasile Tudose », devient l’Usine de Pièces Auto Colibasi (UPAC).

En 1965, les autorités roumaines décident de développer une industrie automobile nationale. Etant donné le manque d’expérience locale dans le domaine de la construction automobile, la solution retenue est celle d’une fabrication sous licence. Plusieurs constructeurs sont approchés. La RNUR (Régie nationale des usines Renault)remporte l’appel d’offre avec un véhicule au stade de prototype : la Renault 12 (R12).

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Le contrat cadre entre l’état roumain et la Régie nationale des usines Renault (RNUR) est signé le 6 septembre 1966, à Bucarest, pour une durée initiale de 10 ans. 10 jours plus tard, le 16 septembre 1966, la décision est prise de construire la future usine auto à Colibasi, près des bâtiments de l’usine existante d’UPAC.

Dans la mesure où la Renault 12 ne doit sortir en France qu’en fin d’année 1969 (elle est présentée au Salon de l’Automobile de Paris en octobre 1969), le contrat prévoit la fabrication temporaire d’un autre véhicule de même type. La R16 semble au début le modèle préféré par la partie roumaine. La décision finale sera prise en faveur de la R8 (version Major) pour des raisons de coûts.

Construction de l’usine de Pitesti (1967-1968)

Les travaux de construction de l’usine automobile de Pitesti commencent début 1967. Ils seront achevés une année plus tard, en mai 1968. L’inauguration de l’usine a lieu le 20 Août 1968, en présence du chef de l’état roumain, Nicolae Ceausescu.

Début de la production automobile (1968)

Les premières R8 Major sortent de la chaîne de production à partir du 3 août 1968, sous le nom de Dacia 1100. La Dacia 1100 sera produite jusqu’au début 1972 à un peu plus de 37 000 exemplaires.

Lancement de Dacia 1300 (1969)

L'événement majeur de l’année 1969 est le lancement commercial de la R12 roumaine à partir du mois d'octobre, sous le nom Dacia 1300. Le modèle s’avérera un véritable succès commercial tant en Roumanie, que dans d’autres pays limitrophes, où le véhicule sera exporté à partir de 1971. Autre moment marquant de l’année 1969, la fusion des deux usines existantes à Colibasi, UPAC et UAP, sous le nom UAP.

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Dacia 1300 Break (1973)

Une version Break de la Dacia 1300 est commercialisée en 1973, trois ans après le lancement du modèle équivalent de Renault. La Dacia 1300 Break devient la base de plusieurs versions particulières et utilitaires qui totaliseront plus de deux millions d’exemplaires fabriqués en 35 ans.

Les premiers Dacia utilitaires (1975)

Un dérivé utilitaire de Dacia 1300, intitulé Dacia 1302, est lancé en 1975. Dacia commence la production, en petite série, du fourgon Estafette. L’usine produit des boîtes de vitesses et des trains avant et arrière pour l’Estafette version Renault, assurant ainsi les devises nécessaires à l’achat des équipements industriels.

Fin de l'accord avec Renault (1976)

Projet d’accord-cadre avec Renault non signé (1978)

Après la fin du contrat pour 10 ans signé en septembre 1966, les autorités roumaines reprennent les négociations avec Renault. Celles-ci aboutissent, en juin 1978, à un projet d’accord-cadre ayant pour objet la fabrication et le montage de la Renault 18 en Roumanie. Cet accord ne sera finalement pas signé, malgré les prévisions très favorables pour la partie roumaine.

La fin de l'accord avec Renault laisse l’usine de Pitesti seule avec une gamme dont la production est presque à 100 % intégrée localement.

Les Années 80 : Évolution et Défis

Il va alors suivre une difficile période pendant laquelle la firme va connaitre un réel immobilisme technologique. La mythique 1300, sera ainsi produite jusqu'en 2006 en version utilitaire, et sous de nombreuses déclinaisons, comme un break (1973), un pick up (1975), une version 5 portes (1989), une version sport, un coupé, etc... Sa vétusté incontestable était compensée par un prix très attractif de 3200 euros, qui était très inférieur à toutes ses concurrentes.

Au début des années 80, l’entreprise, dont le nom a été changé en Intreprinderea de Autoturisme Pitesti (IAP), produit 300 véhicules par jour et emploie plus de 20 000 personnes. La gamme évolue avec le lancement d’une version restylée de Dacia 1300, appelée dorénavant Dacia 1310. Ce véhicule va connaître au fil des années plusieurs évolutions au niveau du design mais aussi de la mécanique. La qualité de fabrication des véhicules produits diminuera considérablement après 1980.

Dacia 1304 (1983)

Le premier vrai pick-up Dacia est lancé en 1983 est lancé. Le pick-up d’une charge utile de 1 000 kg sera décliné dans une version plateforme et, plus tard, dans une version double cabine, qui jouira d’un grand succès commercial.

Les dérivés de Dacia 1310

Durant les années 80, Dacia développe deux dérivés de la gamme 1310, avec une version sport, qui jouira d’un certain succès en Roumanie, et une version bicorps, Dacia 1320, qui, elle, aura une vie très brève de trois ans, avec seulement 2 500 exemplaires vendus.

Après 1990 : Transition et Renouveau

Comme toute l'industrie roumaine, Dacia subit de plein fouet cette crise. Les ventes s'effondrent, passant de 88 000 unités commercialisées en 1989, à 62 000 en 1990, pour afficher seulement 51 000 ventes en 1992 ! Le pays va mettre 10 ans à s'en remettre, tout comme Dacia.

Après 1990, la 1325 Liberta, une évolution de la 1320, est commercialisée en 1991. Sans grand succès, malgré son nom, emblématique de la nouvelle ère qui s'annonce pour le pays. Ce modèle ne sera produit qu’à raison de 5 200 exemplaires jusqu’en 1996.

Un nouvel utilitaire (1992)

La Dacia 1309, une version dérivée de la 1310 Break, à plateforme ouverte à l’arrière, sort en 1992. Le véhicule sera destiné surtout à l’export, majoritairement vers la Chine. Sa production permettra à l’usine de dépasser la crise du début des années 90, qui voit le marché automobile roumain s’effondrer de plus de 40% en deux ans. Le modèle, d’une charge utile de 1 000 kg, sera décliné dans une version plateforme et, plus tard, dans une version double cabine, qui jouira d’un grand succès commercial.

Dès 1994 les ventes atteignent les 71 000 unités tandis qu'en 1995, Dacia égale sa production de 1989. Cette remontée des ventes s'explique par la reprise économique locale, mais également par le lancement en 1995 de la première automobile ayant une conception 100% roumaine, la Dacia Nova.

Dacia Nova (1995)

La Dacia Nova, un modèle entièrement nouveau apparaît au catalogue de la marque en 1995. C'est un modèle bicorps muni d'un hayon arrière, de conception Dacia, et doté du moteur qui équipe les véhicules de la gamme Dacia depuis 25 ans. "La Nova était fabriquée en l’absence de plans précis. Lorsque quelque chose n’allait pas, il était impossible de savoir si cela venait de la conception, ou de la réalisation de la voiture. La plupart des presses avaient du jeu dans tous les sens, provoquant de la dispersion au sein d’une même rafale de pièces. Et les opérateurs, surtout des femmes, travaillaient sécurités débranchées afin de toucher des primes de rendements". Si elle parait plutôt moderne, la Nova, ne peut cacher une conception qui a beaucoup trainée.

Dacia Nova évolution (1996)

En 1996, la Dacia Nova 524 corrige les défauts du hayon de la première version et la remplace progressivement. Cependant, les difficultés rencontrées à cette période par le constructeur mettront fin prématurément au contrat.

Dacia devient une marque de Renault (1999)

En 1998, après avoir célébré les trois décennies de la production de la première automobile Dacia, la voiture numéro 2.000.000 sort de l'usine. À la fin des années 90, au terme d’une négociation difficile, un nouvel accord est conclu entre Dacia et Renault. Le contrat est signé le 2 Juillet 1999 et prévoit l’industrialisation, à l’horizon 2004, d’un véhicule à 6 000 dollars (la future Logan), destiné au pays émergents. Renault achète pour 50 millions de dollars 51% des actions Dacia et s’engage à des investissements à hauteur de 219 millions dollars jusqu’en 2003.

En 1999, Renault achète Dacia pour 2 milliards d'euros. Louis Schweitzer, alors PDG de Renault, lance en 2004 la Logan à 5 000 euros, un modèle low-cost conçu pour l'Europe, alors en pleine crise économique : le succès est immédiat.

Louis Schweitzer, Président Directeur Général de Renault de 1992 à 2005 explique : « Lors de deux voyages en Russie, j’ai visité des concessions de marques occidentales et un centre de distribution qui vendait annuellement plusieurs milliers de Lada bien équipées pour un prix de 6 000 dollars. Ces modèles étaient techniquement périmés mais ils répondaient à une demande locale. C’est en revenant de ces voyages qu’est né le projet de la voiture à 5 000 euros qui devait être un véhicule tricorps, de taille moyenne et destiné à un usage familial. »

Années 2000 : Modernisation et Nouveaux Modèles

La modernisation de l’usine (2000)

L’objectif de produire un véhicule à 6 000 dollars (ou 5 000 euros après 2002) va impliquer une restructuration profonde du site de Pitesti. De nombreux chantiers se déroulent en parallèle, pour moderniser l’outil industriel, introduire le système de production Renault, former les ouvriers, etc. La modernisation de l’usine se traduira par une amélioration rapide de la qualité de production.

Dacia SupeRNova (2000)

La Dacia SupeRNova, équipée d’un groupe motopropulseur Renault, est lancée en Octobre 2000. C’est le premier modèle fabriqué par Dacia après la reprise par Renault. La SupeRNova devient rapidement un succès de ventes sur le marché local. Au total, plus de 60 000 exemplaires seront produits jusqu’en 2003.

Le Pick-Up Diesel Dacia (2002)

Fin 2002, la gamme d’utilitaires Dacia est équipée du moteur Diesel F8Q. Attendue par les clients roumains, cette évolution donne un coup d’accélérateur aux ventes des véhicules utilitaires Dacia.

Dacia Solenza (2003)

La Dacia Solenza est lancée en mars 2003. Elle reprend initialement la motorisation de la Dacia SupeRNova. A partir de septembre 2003, le modèle Dacia Solenza disposera aussi d’une version Diesel, avec le moteur F8Q, qui équipe déjà les utilitaires de la marque. Le modèle Solenza inaugure un nouveau logo. Le modèle Solenza représente une répétition générale avant le lancement, l’année suivante, du véhicule à 5 000 euros, connu déjà sous le nom de code X90.

Dacia Logan (2004)

Le modèle qui va relancer la marque Dacia est présenté à la presse internationale le 2 juin 2004. Les premières livraisons ont lieu en Roumanie, à partir du 9 septembre 2004. Les objectifs de ventes seront dépassés dès la première année, grâce à la forte demande des clients. Par la suite, Renault décidera de vendre le modèle low cost également en Europe occidentale.

L’expansion internationale sous badges Dacia et Renault (2005)

En 2005, afin d’accompagner le déploiement international du projet X90 (sous badge Dacia et badge Renault) dans des pays comme la Russie, la Colombie ou l’Iran, à Mioveni est inauguré le centre d’exportation CKD, le plus grand centre logistique de Renault à l’époque.

Modernisation de l'usine de Pitesti (2005)

La capacité de production de l’usine est augmentée progressivement, pour atteindre 350 000 unités/an vers la fin de la décennie, pour répondre à la demande commerciale.

Ouverture d’une ligne de production hors de la Roumanie (2005)

Dacia ouvre une ligne de production hors de la Roumanie, à l’usine Somaca de Casablanca (Maroc) en 2005.

Dacia Logan MCV (2006)

Le premier dérivé de la gamme Logan est présenté en mars 2006 eu Salon de Genève. Disponible en 5 et en 7 places, la Dacia Logan MCV s’impose surtout en Europe occidentale.

Dacia Logan Van (2007)

Après la sortie de fabrication de la gamme d’utilitaires, basée sur la R12, Dacia réinvestit le marché des véhicules utilitaires avec une fourgonnette dérivée de Logan MCV.

Dacia Logan Pick-Up (2008)

Pour succéder à la gamme Dacia 1304/1305 commercialisée en Roumanie, Dacia lance un pick-up développé sur la base de la Logan. Le modèle sera par la suite produit en Afrique du Sud, sous badge Nissan.

Dacia Sandero (2008)

La citadine bicorps Sandero complète la gamme Dacia à partir de 2008. Le modèle va devenir numéro un des ventes à particuliers en Europe. A son lancement, Dacia inaugure une nouvelle identité visuelle et un nouveau logo de marque.

Dacia Sandero Stepway (2009)

La Dacia Sandero Stepway, une déclinaison au look baroudeur de la Sandero avec un design spécifique et une garde au sol rehaussée, s’imposera comme un vrai succès sur tous les marchés de la marque roumaine.

Dacia Duster, le off-road pour tous (2010)

Le véhicule off-road Duster répond aux nouvelles tendances sur le marché européen. Le succès sera au rendez-vous. Le tout-terrain Dacia deviendra le premier modèle de la marque à être produit à plus de 1 million d’exemplaires.

2012-2017 : Les Temps Modernes

Nouvelles Dacia Logan et Dacia Sandero et nouveaux modèles Dacia Lodgy et Dacia Dokker (2012)

La gamme développée à partir du projet X90 laisse la place, en 2012, à une nouvelle génération, connue sous le nom de code X52. En 2012, Renault inaugure l’usine de Tanger où seront produits, en exclusivité, les modèles Lodgy (le premier monospace de la marque), le combispace Dokker et sa version utilitaire, Dokker Van.

Une nouvelle version de Logan MCV (2013)

En 2013, pour compléter la famille de modèles Logan et Sandero, Dacia présente une nouvelle version de Logan MCV, un break au look traditionnel, mais avec un large espace intérieur et un volume de coffre de plus de 570 litres.

Restylage de la gamme Dacia (2016)

L’ensemble de la gamme Dacia connaît un restylage majeur en 2016. La phase 2 des modèles Logan, Logan MCV et Sandero bénéficie en plus, d’une boîte robotisée. Ouverture en 2016 d’une ligne de production destinée exclusivement aux besoins du marché algérien à Oran.

Nouveau Dacia Duster (2017)

La nouvelle génération du Dacia Duster est lancée fin 2017. Le véhicule tout-terrain de Dacia intègre des équipements inédits sur un modèle low cost Dacia et affiche une qualité perçue améliorée.

Une nouvelle génération de Dacia Logan et Dacia Sandero (2020)

La nouvelle génération des Dacia Logan et Dacia Sandero utilise une la plateforme modulaire CMF-B de Renault qui permet un bond en avant au niveau technique.

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