Il fallait bien que cela arrive un jour. Comme pour toutes les icones de l’automobile, le cap du 21e siècle est difficile à franchir. Né en 1948, le Land Rover devenu Defender à partir de 1990 n’est plus fabriqué depuis février 2016. Mais, si l’icône de la marque Britannique avait la réputation d’être un dur à cuire, aujourd’hui c’est son mythe qui prend la relève.
L'Héritage du Defender
Le concept du Defender sous sa forme actuelle est né en 1983 lorsqu’il reprend à son compte les suspensions à ressorts hélicoïdaux et la transmission intégrale du Range Rover apparu en 1970. Outre ce progrès au niveau des performances off road et du confort (adieu les lames de ressorts), par rapport à ses aïeules que furent Serie I, II et III, c’est le volume qui change (châssis 90, 110 et 130), très peu la forme et encore moins le fond. En effet, les mensurations sont revues à la hausse, mais la philosophie et la bouille de ce puzzle inimitable tout aluminium ne se sont pas métamorphosées. C’est lorsque en 1990 on attribue au Land Rover le nom de Defender pour des raisons commerciales (Séparation avec les gammes Range Rover, Discovery et plus tard Freelander), que côté motorisation il entre dans l’ère moderne avec les fameux bloc diesel 200 Tdi, puis 300 Tdi passant la barre des 100 ch (enfin).
Alors que Defender a terminé officiellement sa carrière le vendredi 29 janvier 2016. Fin 2015, le 2 millionième Defender sortit de la célèbre chaine de montage de l’usine de Solihull fut vendu aux enchères par la maison Bonhams à Londres pour l’équivalent de 550.000 € ! Un "énorme" chèque, (près de 15 fois le prix de l'engin) signé par un Qatari et qui ira à différentes œuvres caritatives. Mais, avec ces derniers Defender vendus neufs jusqu’à 64 000 €, c’est l’envolée des prix généralisée sur l’occasion à tel point que quelques propriétaires se sont cru assis non plus sur un cube d’aluminium, mais sur un lingot d’or. 4 ans après, il était temps de faire le point.
Partant du principe que selon la légende Land Rover qui veut que ...80 % des Land vendus depuis 1948 roulent encore... Il ne risque pas d’y avoir pénurie de Defender sur la planète. La question est de savoir dans quel état ils roulent encore et de quel modèle on parle... Si l’histoire de l’automobile Britannique n’est pas un long fleuve tranquille, celle de Land Rover n’y déroge pas. Voici l’histoire de son « Def ».
Ces modèles sont aujourd’hui considérés par les puristes et les baroudeurs comme les plus aboutis philosophiquement parlant. Car, plus puissants que par le passé, ils persistent en tant qu’arme favorite sur les pistes excluant encore l’utilisation de l’électronique embarqué. Mais, face aux normes environnementales qui évoluent, 1999 marque l’entrée du Defender dans le monde du pilotage moteur via un boîtier ECU agissant au cœur du moteur turbo diesel 5 cylindres dénommé Td5.
Lire aussi: Solutions problèmes faisceau injecteurs Defender
Si le Defender fait son entrée dans le 21e siècle en devenant plus confortable (une vraie climatisation par exemple), une boîte 6 rapports (plus économe, à partir du Td4), déjà plane sur lui les contraintes des normes imposées aux constructeurs. Alors que côté moteur (pollution), on cède au downsizing avec une cylindrée qui abonne le traditionnel 2,5L, pour passer à 2,4L (moteur Td4 Ford) puis à 2,2L pour une même puissance de 122 ch, c’est bien le concept du Defender taillé pour être robuste qui le perdra.
Fait complètement fous qui illustre bien la ferveur pour ce 4x4 si attachant malgré ses défauts tout aussi légendaires ; Les ventes ont connu un sacré coup de boost dès l’annonce de sa fin définitive prévue début 2016.
Les Différentes Versions : 90, 110, 130
Dans la généalogie Land Rover, les premiers 4x4 présentés au salon d’Amsterdam en 1948 disposaient d’un empattement de 80 pouces. Au fur et à mesure des évolutions on passera à 86 et 107, puis 88 et 109 pouces sur les premières séries (dénommées Serie 1). En 1958 apparaissent les Serie II qui ne conserveront que ces châssis courts 88 et châssis Long 109 pouces. C’est sur cette base immuable de 3 longueurs que le Land Rover se vendra jusqu’en 2016. Il prendra simplement le nom de “Defender“ en 1990 comme évoqué plus haut. Alors que le 130 ne se décline qu’en double cabine Pick up, le choix des carrosseries concernant les 90 et 110 reste l’un des arguments du Defender.
Vous le voulez bâché, Pick-up, hard top (avec ou sans vitres), Crew Cab, Station Wagon (Le fameux SW qui en option “luxe“ se nommera longtemps County) ? Il n’y a (avait) qu’à demander. Si durant plusieurs années les Land Rover (puis Defender) ne feront pas dans l’esbroufe, les séries limitées apparaissent peu à peu pour faire face à la concurrence et offrir un coup de jeune extérieur au concept de base qui ne change toujours pas.
- En 1996, est lancée la série “Eastnor”, de couleur jaune avec hard top noir en résine.
- Land Rover France, en partenariat avec Challenge Concept commercialise la série “X Trem”. C’est en fait un cabriolet plus pratique qu’une version bâchée.
- Le “Highlander” est basé sur une version Hard Top vert foncé (Epsom Green). Il dispose d’un toit entrebâillant amovible.
- La série “Ultimate“, reconnaissable à sa peinture métallisée vert Charleston est lancé en 1997.
- “50e Anniversaire“. C’est la série limitée la plus désirable aux yeux des connaisseurs. Commercialisée en 1998, elle commémore dignement cet anniversaire avec le moteur V8 version 4,0L injection de 185 ch avec boîte automatique s’il vous plait !
- Cette série “50e anniversaire” sera déclinée aussi avec le Td5 à 300 exemplaires de couleur sable ou vert atlantique.
- En mars 2001 c’est la série “Hawaï” qui est lancé.
- 2001 c’est aussi l’année du concours “Gagner un Defender“.
- Quelques mois plus tard ce fut la fameuse série “Tomb Raider” dérivée du modèle utilisé dans le film. Sa teinte est le gris Bonatti et on dispose des nombreuses protections en tôle d’aluminium du film.
- L’année suivante retour à l’élégance avec la série “Black Silver” où l’on retrouve les couleurs noir Java ou gris Zambesi.
- Héritier du Camel Trophy (en plus light et sans clopes) le “G4 Challenge” eut sa série (très) limitée proposée en 2006 en orange Tangiers, couleur officielle de l’évènement. Elle le sera uniquement en Station Wagon, au nombre de 38 pour le 90 et 19 pour le 110.
- En 2008 on commémore le 60e anniversaire de la marque en lançant la série “SVX” qui se distingue par sa calandre proéminente. Une seule teinte est disponible, le noir Santorini, mais les deux empattements sont proposés.
- En 2010 avec la série “Classic”, version bâchée du 90 est censée rappeler les vénérables Serie1. Pour cela elle adopte un look rétro grâce à sa couleur vert Keswick, sa calandre grillagée arborant le logo ovale en métal des débuts et ses jantes blanches en tôle. Une série réservée aux amateurs et aux nostalgiques aisés car vendue près de 40 000 €, soit 14 000 € de plus que le modèle standard !
- Déclinés en 90 et en 110 la série “Cap Horn” est lancée en 2010. La caisse est uniformément peinte en noir Santorini ou gris Stornoway.
- Reprenant la calandre du SVX, la série “Edition Limitée X Tech” lancée en 2011 sur les deux principaux empattements.
- Baptisée “Eden Park”, en 2012 elle se présente sous la forme d’un 90 cabriolet proposé en gris Orkney ou en noir.
Land Rover tirera sur la corde sensible jusqu’au bout en proposant en 2018, après l’arrêt officiel de la fabrication du Defender une série limitée à 150 exemplaires dénommée “70e Edition“ équipée d’un 5,0l V8 développant 405 ch ... 168 000 € ! On rêve, le Defender est devenu un placement ? Si l’histoire de Land Rover s’est fondée sur le célèbre adage « The most versatile vehicle in the world » ce n’est pas une légende.
Lire aussi: Defender TD5 : Optimisation des Injecteurs
Land Rover et Defender furent déclinés dans d'infinies versions militaires et les adaptations civiles divers sont innombrables. Mais, la perle rare la plus recherchée est certainement le “NAS” (North America Specifications) destinée au marché US.
Conseils pour l'Achat d'un Defender d'Occasion
Concernant le choix d’un futur Defender...Il faut commencer par bien cibler dans quel but on achète ce Land Rover, un 90 est plus agile qu’un 130, c’est l’évidence, mais l’utilité n’est pas la même. 3e voiture de la famille, déplacements en montagne, 4x4 de balade, collection ? De votre budget dépendra bien évidemment aussi ce choix. Les prix sont souvent justifiés, mais parfois aussi déraisonnables.
Lors de la première rencontre avec la belle occasion qui vous fait de l’œil...Dans tous les cas, passer en dessous, c’est la première règle. Ne pas avoir peur des fuites, les Land sont coutumiers du fait, mais un châssis rouillé, surtout dans sa partie arrière, impliquera de gros frais de restauration tôt ou tard. N’hésitez pas à vous munir d’un tournevis et à piquer les endroits les plus atteins. Si vous passer à travers, passez votre chemin.
Sous le capot comment s’y retrouver ? Un Land Rover avec son carnet d’entretien, c’est toujours un atout. La plupart du temps, ils sont absents. Les vieux blocs 2,5 diesel des débuts ont en général fait leur temps, mais robustes ils sont faciles à restaurer. Les moteur Tdi commencent à avoir vraiment de la bouteille, choisir plutôt le 300 Tdi dont certaines les pièces se font moins rares que sur le 200 Tdi. Les blocs 2,5L Td5 tournent encore comme des horloges s’ils ont été correctement entretenus. Dans ces catégories (Jusqu’en 2006), difficile de dénicher à bon prix un Defender avec moins de 120 - 150 000 km au compteur. Après, le Defender fut équipé du bloc Duratorq Ford (Alias Td4) en 2,4L puis 2,2L jusqu’en 2016. Un bon moteur qui tient le coup. Quelques défauts récurent qu’on sait maitriser aujourd’hui.
Le Defender est un 4x4 permanent et un super franchisseur. C’est sa force et aussi sa faiblesse. Boîtes de vitesses et de transfert furent en général aussi “rugueuses“ que solides. Cette soi-disant faiblesse incombe bien souvent aux utilisateurs qui ont pu croire parfois que Land Rover signifiait tracteur. Bien utilisés, le Defender ne doit pas casser, cela s’applique aussi aux deux ponts.
Lire aussi: Tout savoir sur l'Injecteur-Pompe TD5
On ne parle pas ici de l’usure normale après des centaines de milliers de kilomètres, mais bien d’erreur et souvent de brutalité envers la mécanique (attention au Defender préparés, c’est souvent une catastrophe). Au niveau de l’entretien, si par exemple, les 4x4 Japonais avaient la réputation d’être plus solides, à l’heure de changer les pièces d’usure (moins souvent il est vrai), la note était plus salée. A ce sujet, attention à la qualité des pièces qu’on achète aujourd’hui, lorsque l’on restaure ou que l’on répare un Land Rover.
Là on trouve de tout. De la ruine complète ayant séjourné 15 ans dans un jardin au rutilant Defender entretenu avec amour. Si le nombre d’années fait souvent la valeur d’un Land, il ne faut pas exagérer.
Aujourd’hui avec le contrôle technique renforcé, il faut bien observer la carte grise et sa correspondance entre le VIN (n° de série), la motorisation, la carrosserie (fourgon, bâché...), la provenance et aussi le nombre de places (9 maxi en France).
Aujourd’hui après la vague des Serie (I, II et III), on restaure de plus en plus de 90 et 110 de la première génération (2,5L diesel et Turbo diesel) et les Tdi arrivent. A l’aube des premières livraisons du descendant du Defender qui semble rencontrer un franc succès auprès des amateurs de la marque au sens large (Bien moins chez les irréductibles fans du Defender 1), on ne peut que constater une fois encore que tout à un prix du moment que l’on a un client... Même le Defender. La preuve ? Ce Defender 90 “Autobiography“ de 2015 vendu à Rétromobile 2020 aux enchères Artcurial pour 88 208 €.
Le Moteur TD5 en Détail
Le moteur TD5, qui équipe le célèbre Land Rover Defender, représente une étape marquante dans l'évolution des moteurs diesel. Cet article se propose d'explorer en profondeur l'origine, l'histoire et les caractéristiques de ce moteur emblématique, tout en abordant son impact sur le marché automobile et sa place dans l'héritage du Defender.
Contexte Historique
Le Land Rover Defender, introduit dans les années 1980, a toujours été synonyme de robustesse et de capacité tout terrain. Cependant, avec l'évolution des normes environnementales et des attentes des consommateurs, Land Rover a dû adapter ses moteurs pour rester compétitif. C'est dans ce contexte que le moteur TD5 a été développé dans les années 1990.
Avant l'introduction du TD5, le Defender était équipé de moteurs plus anciens, comme le moteur diesel 2,5 litres. Bien que ces moteurs aient bien fonctionné, ils manquaient de puissance et d'efficacité par rapport aux standards modernes.
Développement du Moteur TD5
Le TD5 (Turbo Diesel 5 cylindres) a été lancé en 1998. Il a été conçu par Land Rover en collaboration avec BMW, qui possédait une part de la société à l'époque. Ce moteur a été conçu pour offrir une meilleure performance, une efficacité accrue et une réduction des émissions polluantes.
Caractéristiques Techniques
- Configuration : 5 cylindres en ligne
- Cylindrée : 2495 cm³
- Puissance : environ 136 chevaux (100 kW)
- Couple : 300 Nm à 2000 tr/min
- Turbo : Turbo à géométrie variable
- Injection : Système d'injection directe électronique
Innovations Technologiques
Le TD5 a introduit plusieurs innovations qui ont amélioré ses performances :
- Utilisation d'un turbo à géométrie variable pour une meilleure réponse à bas régime.
- Système d'injection électronique pour un contrôle précis de l'alimentation en carburant.
- Conception légère, permettant une meilleure efficacité énergétique.
Performance et Fiabilité
Le moteur TD5 a été salué pour ses performances sur et hors route. Il offre une puissance suffisante pour les terrains difficiles et une bonne capacité de remorquage. Cependant, des préoccupations ont été soulevées concernant sa fiabilité à long terme, en particulier au niveau du système électrique et des injecteurs.
Les utilisateurs du Defender TD5 ont partagé des expériences variées. Pour beaucoup, la combinaison de puissance et de couple a permis des aventures tout terrain sans précédent. D'autres, cependant, ont signalé des problèmes mécaniques, ce qui a conduit à un certain scepticisme quant à la durabilité du moteur.
Impact sur le Marché Automobile
Le TD5 a non seulement renforcé la réputation du Defender, mais a également influencé le marché des SUV et des véhicules tout-terrain. Avec la montée des préoccupations environnementales, Land Rover a dû faire face à la pression pour réduire les émissions des moteurs diesel. Cela a conduit à la recherche de technologies alternatives et à la mise en œuvre de moteurs plus propres et plus efficaces.
Avec l'essor des moteurs à faibles émissions, Land Rover a progressivement remplacé le TD5 par des moteurs plus modernes, tels que le moteur 2,2 litres et les nouvelles options à essence et hybrides. Cette transition a été essentielle pour répondre aux normes de plus en plus strictes et aux attentes des consommateurs.
Héritage du Moteur TD5
Bien que le moteur TD5 ait été remplacé, il conserve une place spéciale dans le cœur des passionnés de Land Rover. Son mélange de puissance, de robustesse et de caractère en a fait un moteur emblématique pour le Defender. Les modèles équipés de ce moteur sont souvent recherchés sur le marché de l'occasion, témoignant de leur durabilité et de leur attrait.
La communauté des propriétaires de Defender TD5 est active et passionnée. De nombreux forums et groupes de discussion se consacrent à la maintenance, à l'amélioration et à l'échange d'expériences liées à ce moteur. Cela témoigne de l'engagement des utilisateurs envers leur véhicule et leur moteur.
Évolution des Moteurs du Defender
Voici un aperçu de l'évolution des moteurs du Defender :
- Première variante (1983) : Moteurs hérités des séries (2,25 Diesel) ou V8 Rover (3,5 litres)
- 1986 : 2,5 Diesel turbo (85 ch)
- Remplacement du 2.5TD par le 200 Tdi (Turbo diesel intercooled)
- Évolution du 200Tdi vers le 300 Tdi
- 1999 : Introduction du moteur TD5 (2,5 litres, 5 cylindres)
- 2007 : Remplacement du TD5 par le moteur 2,4 L turbo Diesel (Ford Transit)
- 2012 : Remplacement du 2,4 L par sa version 2,2 L (Ford Transit)
Tableau Récapitulatif des Moteurs du Land Rover Defender
| Moteur | Années de Production | Cylindrée | Puissance | Notes |
|---|---|---|---|---|
| 2,25 Diesel | Avant 1986 | 2,25 L | N/A | Moteur hérité des séries précédentes |
| V8 Rover | Avant 1986 | 3,5 L | N/A | Essence |
| 2,5 Diesel Turbo | 1986 | 2,5 L | 85 ch | Introduction du turbo |
| 200 Tdi | Fin des années 1980 | 2,5 L | N/A | Turbo diesel intercooled |
| 300 Tdi | Années 1990 | 2,5 L | N/A | Évolution du 200 Tdi |
| TD5 | 1999-2007 | 2,5 L | 136 ch | 5 cylindres, turbo diesel |
| 2,4 L Turbo Diesel (Ford) | 2007-2012 | 2,4 L | N/A | Issu du Ford Transit |
| 2,2 L Turbo Diesel (Ford) | 2012-2016 | 2,2 L | N/A | Issu du Ford Transit |
Les vieux Defender resteront la monture idéale pour vrais amateurs. Si les prix ont flambé, ils ont atteint leur niveau maximum ces derniers mois.
tags: #defender #td5 #moteur #bmw