Cela fait bien longtemps que Renault n’a pas proposé de coupé (un vrai coupé avec deux portes). Et ça faisant également longtemps que ce n’était pas arrivé quand nos deux autos du jours, les Renault 15 et Renault 17 ont débarqué. Avant de parler des deux protagonistes, intéressons-nous brièvement à la Renault 12, la berline moyenne gamme de la régie Renault apparue en 1969. En plus d’être une traction à moteur en porte à faux avant, elle possède un train arrière rigide.

Cependant, il n’est pas rare que dans les gammes adverses se trouve un coupé dérivé d’un modèle existant ou qu’une version de ce type soit dans les cartons. La firme Américaine à l’ovale bleu Ford a ainsi sortie courant 1969, dérivé de sa berline Taunus, un coupé nommé Capri. Le Blitz Opel quant à lui fît de même en 1970 avec son Ascona de laquelle découlera l’Opel Manta. Chez Renault, on a pas développé de Coupé depuis très longtemps.

Quand Peugeot a habitué le conducteur à proposer une gamme complète, quand Citroën s’y est mis avec l’appui des carrossiers, les seuls coupés de la marque au losange sont en fait les Frégates revues par Chapron. On va charger Gaston Juchet de dessiner ces nouvelles autos au losange. Ces ? Son chiffre l’indique et ça se confirmer dans sa description. L’entrée de gamme, c’est la Renault 15.

Le renouveau de Renault

Pour donner corps à ces deux coupés et se démarquer de la Renault 12 dont ils découlent, c’est bien entendu Gaston Juchet qui s’y collera : le styliste, qui travaille pour Renault depuis 1958, a révolutionné le design de la régie dans le haut de gamme avec notamment la Renault 16, sa modularité et sa ligne deux volumes à hayon. Une patte stylistique que Juchet gardera avec la 14, la 20, la 30, la 25 et la Fuego, mais aussi évidemment nos deux 15 et 17 (sans hayon) mais aussi avec l’Alpine A310.

Car oui, en y regardant bien, le duo losangé possède un popotin pouvant se rapprocher de la nouvelle dieppoise sortie la même année. L’avant, en revanche, tend à garder une certaine unité de style avec la mère 12, mais la 17 prend quelques libertés avec des doubles phares ronds à l’américaine. Les Renault 15 et 17 seront d’ailleurs vendue aux Etats-Unis pendant quelques temps, sans marquer les esprits (la Fuego, son héritière, connaîtra en revanche un certain succès outre-Atlantique). Une Renault 15 GTL « américaine » avec ses phares ronds comme ceux des 17.

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Une chose était sûre cependant : Renault comptait bien faire des années 70 sa décennie, profitant des déboires de Citroën et de la prudence stylistique de Peugeot. Avec l’ingénieuse 4, la pétillante 5 (et son hispanique dérivé trois volumes 7/Siete), la moderne 12, la certes vieillissante mais toujours dans le coup 16 et les amusantes 15 et 17, Renault commençait la décade en fanfare, pour la terminer dans la modernité avec les 20 et 30 en haut, la 14 au milieu et pour finir la 18 remplaçant la 12. Dans la foulée, la Fuego prenait la place des 15 et 17.

Les Renault 15 se veulent plus accessibles et plus familiales.

Des coupés très seventies

D’une certaine manière, les 15 et 17, fabriquées de 1971 à 1979, sont des voitures terriblement “seventies” : modernes et ringardes à la fois, sportives d’allure mais placides en réalité (même en version Gordini, pourtant dotée de 108 chevaux). Le nuancier était lui aussi bien de son époque, privilégiant les vert, jaune, rouge ou orange si prisés en ces temps-là (rappelez-vous les papiers-peints ou les serviettes de table). La 17 se présente plus sportive et plus haut de gamme (avec son toit ouvrant optionnel).

Dans l’organisation de la gamme, la 15 représentait les modèles accessibles, avec des moteurs plus petits (Cléon-fonte de 1 289 cc et 60 chevaux, Cléon-alu de 1 1565 ch et 90 ch), un look moins agressif et une surface vitrée plus grande : un coupé familial en somme. La 17, elle, se voulait plus exclusive, avec ses doubles phares, sa custode en plastique noir, ses sièges “pétales”, l’option “découvrable” et ses moteurs plus puissants (Cléon-alu de 90 chevaux à carbu ou 108 chevaux à injection, 1 647 cc de 98 chevaux un peu plus tard, voire 1 605 cc de 108 chevaux aussi pour les Gordini).

Les modèles et leurs caractéristiques

La plus petite version de la Renault 15 se nomme TL. C’est un coupé 4 places (ou un coach si vous voulez être tatillon) possédant un moteur Cléon-Fonte de 1289cm³ (type R1300). Les aficionados de la puissance seraient déçus puisque l’on parle d’une bagatelle de 60 chevaux pour 5500 trs/min pour mouvoir cette automobile avec un couple de 93 Nm disponible à 3500 Tr/min. Malgré tout, ce coupé dispose déjà d’un carburateur double corps. La boîte de vitesse à 4 rapports est de la partie ce qui, par contre, en fait une voiture de 7 chevaux fiscaux.

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La plus grosse versions de la Renault 15 se nomme quant à elle TS. C’est toujours un coupé 4 places mais qui, par logique de grade, possède un moteur Cléon-Alu de 1565cm³ (type R1302). En tout cas, chez Renault, passer du L au S ne réduit ni la taille du moteur, ni la puissance et le couple délivrés, bien au contraire ! La puissance fait un bond de la moitié de celle existante sur la R15 TL c’est-à-dire 90 chevaux (délivrés à 5500Tr/min) et le couple devient intéressant (125Nm à 3000 trs/min). Les 170 km/h s’atteignent toujours avec la boîte à 4 rapports.

Les monogrammes TL et TS sont toujours présents. Ainsi, la Renault 17 TL, plus petit modèle de cette gamme, est toujours un coupé (qui deviendra par la suite découvrable). Le moteur disposé devant le conducteur est le même que la Renault 15 TS c’est-à-dire un 1565cm³ (type R1322).

La meilleure de toute pour celui qui veut de la performance sera donc la Renault 17 TS. Au programme, toujours la même cylindrée de 1565cm³ (type R1323). La grosse évolution qui différencie cette TS des deux autres est l’ajout de l’injection électronique D-Jetronic Bosch. Cette optimisation dernier cri permet ainsi de tirer 108 chevaux à 6000Tr/min et 137Nm de couple à 5500Tr/min. La Renault 17 TS entre dans une nouvelle ère de motorisation mais l’on s’égare du sujet. En dépit de ces beaux chiffres, elle se voit greffer une boîte 5 vitesses et reste à une puissance fiscal de 9 chevaux fiscaux.

Différences visuelles

La première chose qui frappe entre ces deux coupés, hormis leur ligne, ce sont leurs faces avant et surtout les optiques. D’un côté nous avons les blocs optiques rectangulaires aux bords arrondis, classiques et déjà connus dans la gamme puisque provenant directement de la Renault 12, je vous parle bien de la Renault 15. De l’autre nous avons quatre beaux optiques ronds (ah le charme des phares ronds… Merci la France pour les globes jaunes !). Ce n’est ni une Ford Capri ni une Alfa Romeo GTV, c’est bien la Renault 17.

Le premier détail qui fait mouche sur la Renault 15 est sa grande surface vitrée comme seule les anciennes possèdent. La Renault 17 quant à elle possède des grilles de custodes arrière ce qui fait que les vitres arrière latérales sont beaucoup plus courtes et biseautées. Ces différences latérales permettent encore plus de hiérarchisé le coté simple de la Renault 15 et le côté sportif de la Renault 17.

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L'intérieur

Intérieurement, à cette époque, les stylistes osent. Vous n’êtes pas sans savoir que très régulièrement dans le monde automobile les concepts qui préfigurent les séries sont assez extravagants. Le duo Renault 15 & 17 n’y fait pas exception puisque le styliste en charge de ce projet, Jacques Ousset, eu la grandiose idée d’implanter une visière de combiné d’instrumentation amovible dans la planche de bord. Pour faire simple, elle était sortie lorsqu’il faisait jour et rentrée lorsqu’il faisait nuit. Malheureusement, comme toute idée belle et géniale, son coût de fabrication et de faisabilité était tel qu’il a fallu se rentre à l’évidence, la visière restera fixe !

Cela dit, la planche de bord des Renault 15/17 propose quatre beaux cadrans ronds. Les plus imaginatifs et caricaturaux d’entre vous y verrons quatre réinterprétations des casquettes et verres de feux tricolores. Ombre à ce tableau prometteur, la Renault 15 pourvue d’un volant à l’allure sportive (qui ne rêve pas d’un volant aluminium à trous ?) n’est en fait qu’une pâle copie. Ce n’est autre que du plastique qui est utilisé. Le début du m’as-tu vu ?

Évolutions des modèles

Les quatre modèles décrits précédemment sont donc la gamme de lancement. Mais les autos vont vite évoluer. Dès Mars 1972, les Renault 15 TS et Renault 17 TL peuvent compter sur l’agrément d’une boîte de vitesse automatique disponible en option ! En Septembre 1972, les deux coupés Renault arborent fièrement le tout nouveau logo Vasarely, en remplacement du « logo interdit« , qui perdurera pendant plus de vingt ans.

Les conducteurs et passagers des Renault 17 ne sont pas délaissés puisqu’ils pourront voir le ciel leur tomber sur la tête. Plus sérieusement, la version découvrable fait son apparition ! Au millésime 73, l’éclairage intérieur voit triple puisque les spots lumineux sont dorénavant trois pour éclairer l’habitacle. Deux sur le plafonnier et un à l’arrière au centre. Le millésime suivant fait un grand pas dans l’ergonomie ! Tout y passe aussi bien l’accroche de ceinture de sécurité qui se voit améliorée ainsi que la boîte à gant, plus volumineuse.

Au millésime 74, le monogramme migre sur la gauche du hayon et il arbore le nouveau code couleur : lettrages chromés sur fond noir mat. Les plus avertis noteront l’apparition du monogramme « RENAULT 17 TS INJECTION ». Les trois premières années de production, les deux autos restent inchangées mécaniquement parlant. Ce n’est qu’à partir de 1974 que des changements s’opèrent dans la gamme puisque la Renault 17 TS voit sa cylindrée passée de 1565cm³ à 1605cm³ toujours avec le bloc Cléon-Alu. Les caractéristiques techniques n’évoluent pas, les codes moteurs si : le coupé R1313 devient R1317 et le R1323 devient R1327.

En 1975, la Régie décide également de commercialiser un coupé au nom plus évocateur que celui de Renault 17 TS. La phase 2 prend place après quatre années de commercialisation, elle est lancée le 1er Mars 1976. Il est donc l’heure de faire le point ! Personne n’est sans savoir les conséquences du premier choc pétrolier de 1973, la Citroën SM en témoigne. Cette période a profité à la Renault 15 qui domine alors les ventes des coupés chez Renault atteignant les 74% en 1975 (la version TL peut se targuer de représenter la moitié des ventes totales). La Renault 17, en somme la mieux motorisée, n’était pas de taille à affronter ces épreuves face à une Renault 15 modestement motorisée et de surcroît plus abordable.

Restylage de 1976

Extérieurement, cette deuxième phase de la Renault 15 et de la Renault 17 se distingue par des détails légers et plus modernes. En premier lieu la calandre qui ne fait plus tout l’entourage des phares. L’arrière se voit greffer d’un bandeau rouge rejoignant les deux feux et il y est assorti un becquet qui sera présent sur toutes les versions sauf sur les Renault 15 TL.

Intérieurement, le très grand changement vient des sièges surnommés « Pétales ». Le bureau d’étude de Renault s’est fait plaisir puisque le mot d’ordre a surement été la qualité perçue ainsi qu’un gros zeste d’originalité. Son dessin fait penser à la légèreté et à la sensation de flotter dans l’habitacle. Une fois installé dans ces sièges, le conducteur pourra découvrir face à lui une planche de bord modernisée et moins extravagante.

Mécaniquement parlant, cette deuxième phase voit le doublement d’une version : la Renault 15 TL devient Renault 15 TL ou GTL selon les équipements que veut le client. La version GTL étant la plus équipée. Le code moteur est inchangé puisqu’il restera R1300 pour les deux finitions.

Dernière modification improbable et rare, la Renault 15 gagne en accessoire les doubles optiques ronds sur sa face avant pour les modèles Français. Les versions export comme en témoigne une publicité étrangère (cf publicité Renault 15 Coupé ci -après) ont pour certaines eux à priori cette configuration d’origine. La R15 TS et la R17 TL disparaissent, il faut bien dire que ces deux versions se cannibalisent. De fait la Renault 17 TL est remplacée par la Renault 17 TS. En réalité, ce n’est que l’appellation qui fait son retour.

La fin de ce duo prendra effet en Juin 1979 puisque la Renault 18 qui remplace la Renault 12 dont elles sont issues prendra la relève de cette dernière.

Anecdotes

Pour ceux qui ne le sauraient pas, en France nous avons le numéro 13, le nombre qui porte à coup sûr malheur. Du côté des Italiens c’est le nombre 17 qui tient ce mauvais rôle. La Régie, ne voulant froisser aucun client potentiel de l’autre côté des Alpes, trouva bon de renommer sa Renault 17 en Renault 177. Vous avez dit malin ?

Les Italiens ont eu la Renault 177 et le reste du monde dans tout ça ? Et bien il a pu goûter aux joies de ces coupés très facilement puisqu’ils ont étés distribués un peu partout notamment aux USA mais sans connaitre de réel succès.

Malgré tout, Renault a eu pour envie de promouvoir ces coupés et quoi de mieux que le sport automobile ? En 1974, la régie engagea trois Renault 17 Gordini à moteur 1774cm³ de 170 chevaux et pesant 1 tonne pour disputer le « Rallye Press On Regardless », la sixième manche du Championnat du Monde des Rallyes 1974. Elles étaient homologuées en Groupe 2. Trois pilotes furent engagés : Jean-Luc Therier, Jean-Pierre Nicolas et Bernard Darniche. Therier a remporté ce rallye, Nicolas finit 3ème et Darniche 6ème. Le coup fût réussi !

Renault 15 et Renault 17 aujourd'hui

La Renault 15 et la Renault 17 sont donc deux autos quasiment jumelles mais possédant leurs personnalités propres. Chacun y trouvera son bonheur pourvu qu’il aime la sonorité du moteur Cléon. C’est logique de trouver plus de Renault 15 que de 17 sur le marché puisqu’elle a été bien plus largement diffusée ! Pour ce qui est de la R17, seules les versions Gordini, coupé et découvrables dépassent les 6000 € et vont chercher jusqu’à 7500/8000 €. Les autres sont à peine plus chères que les R15.

Les Renault 15 et 17 sont désormais disponibles au 1/18ème. Une information qui ravira sans aucun doute les fans de la marque au losange. Fidèle à son habitude, Norev nous présente non pas une mais plusieurs déclinaisons de ses toutes nouvelles Renault 15 et Renault 17. Le fabricant a choisi de décliner sa Renault 15 dans la finition TL et sa Renault 17 dans les finitions TS et Gordini.

Rien à redire, Norev a réalisé une copie parfaite des Renault 15 et 17. Réalisées en métal, ces coupés bénéficient d’une bonne qualité de fabrication. Les amateurs des voitures des années 70 retrouveront avec plaisir sur ces coupés les teintes jaune, orange et rouge typiques des seventies. Un seul défaut majeur à signaler, Norev a peint les bas de caisse de ses coupés de la même couleur que la carrosserie. Cette Renault 15 bénéficie de bas de caisse noir mat, conformément aux modèles à l’échelle Un. Le principal défaut de la miniature est ainsi corrigé.

De nombreuses pièces rapportées viennent compléter les carrosseries des Renault 15 et 17 de Norev. Les plus visibles sont les célèbres pare-chocs gris, noirs et chromés que l’on retrouve à l’avant et à l’arrière des deux coupés. Toutes les pièces rapportées sont correctement assemblées sur la carrosserie. La direction des Renault 15 et 17 de Norev est fonctionnelle. Elle est solidaire du volant. Bien que réalisées en métal, ces deux Renault ne bénéficient pas d’ouvrants fonctionnels. La Renault 17 est présentée dans sa version découvrable, toile ouverte. Chacune de ces réalisations présente un habitacle fidèle à la réalité. Norev a par ailleurs apporté beaucoup de soin à la reproduction des jantes.

En 2024, Renault rend hommage à la R17 avec le concept R17 Electric Restomod.

Tableau récapitulatif des modèles et motorisations

Modèle Moteur Cylindrée Puissance
Renault 15 TL Cléon-Fonte 1289 cm³ 60 ch
Renault 15 TS Cléon-Alu 1565 cm³ 90 ch
Renault 17 TL Cléon-Alu 1565 cm³ 90 ch
Renault 17 TS Cléon-Alu (Injection) 1565 cm³ 108 ch

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