L'année 2025 marque un tournant significatif pour les propriétaires de véhicules en France. En effet, la carte grise pour les véhicules électriques deviendra payante partout en France à partir du 1ᵉʳ mai 2025, sauf en Hauts-de-France !
Cette décision s’inscrit dans le cadre de l'article 119 de la loi de finances n°2025-127, promulguée le 14 février 2025. Cette évolution s'inscrit dans le cadre de l'article 119 de la loi de finances n°2025-127, promulguée le 14 février 2025. Ce texte modifie les conditions fiscales d'immatriculation des véhicules propres, notamment ceux à motorisation électrique, à hydrogène ou combinée de ces deux sources d'énergie.
Le contexte de cette réforme
Jusqu'à présent, les véhicules électriques bénéficiaient d'une exonération totale de la taxe régionale sur la carte grise, inscrite dans le Code des impositions sur les biens et services. Cette mesure avait pour objectif d'encourager l'adoption de véhicules plus respectueux de l'environnement en réduisant les coûts initiaux liés à leur acquisition.
Cependant, la loi 2025-127 du 14 février 2025 a modifié l'article L421-49. A compter du 1er Mai 2025, les régions pourront décider elles-mêmes si le tarif régional pour les véhicules dont la source d'énergie est exclusivement l'électricité, l'hydrogène ou une combinaison des deux, est réduit de moitié ou porté à 0 €. Cette modification marque une nouvelle ère pour les propriétaires de véhicules électriques, qui devront désormais compter sur les décisions des régions pour bénéficier d'une réduction ou d'une exonération de la taxe régionale.
Avec cette modification législative, le Gouvernement cède au cri d’alerte des régions. En effet, la taxe régionale sur les immatriculations reste une des dernières sources de revenus des régions. Elles considéraient cette exonération légalement imposée comme atteinte à leur liberté de décision.
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Les raisons derrière cette décision à contre-courant
Selon les données compilées par AutoPlus, 12 régions métropolitaines sur 13 ont confirmé la fin de l'exonération à compter du 1er mai. En cause : la pression budgétaire croissante. Constatant une baisse de leurs recettes fiscales depuis plusieurs années, de nombreuses collectivités justifient leur décision par un besoin accru de financement pour les infrastructures, les transports publics et la transition écologique elle-même.
Le retour à la taxation représente pour elles une source de revenus importante, à l'heure où les budgets régionaux sont mis à rude épreuve. Par ailleurs, le marché de l'électrique a évolué très vite depuis 2019 et provoque par conséquent des ajustements dans la fiscalité automobile.
Impact sur les automobilistes
Pour les automobilistes, la fin de l'exonération systématique de la carte grise pour les véhicules électriques entraînera une augmentation des coûts d'immatriculation. En effet, ils devront désormais vérifier les décisions de leur région pour connaître le montant exact de la taxe régionale applicable à leur véhicule électrique.
Le marché des voitures électriques, déjà en difficulté depuis la deuxième moitié de l’année 2024, risque de s’effondrer en 2025 avec la fin de l’exonération totale systématique des immatriculations de véhicules électriques.
À compter du 1er mai 2025, le propriétaire d'un véhicule électrique de 4 CV fiscaux, immatriculé dans une région ayant mis fin à l'exonération, devra s'acquitter d'environ 240 € de taxe régionale alors qu'auparavant la carte grise était quasiment gratuite. De plus, les véhicules « dits-propres » fonctionnant au GPL, GNV, E85 ou hybrides sont également soumis à la taxe régionale à taux plein depuis le 1er mars 2025, mettant fin à toute forme de traitement fiscal préférentiel.
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Les acquéreurs d'une Tesla Model 3 ou d'une Renault 5 E-Tech devront désormais multiplier leur puissance fiscale par le tarif du cheval fiscal de leur région. Par exemple, pour une voiture de 5 CV en Normandie, comptez 300 € de taxe régionale, contre 275 € en Île-de-France.
Les spécificités à connaître avant de payer
La mention EL (électrique) figure dans la case P.3 de votre certificat. Cette indication est utilisée par :
- Les autorités, pour vérifier la motorisation lors des contrôles
- Les services fiscaux, pour appliquer ou non l’exonération
- Les assureurs, pour identifier votre type de véhicule et calculer les primes
Si vous changez de motorisation (conversion thermique -> électrique), cette case doit être mise à jour via une demande de modification de carte grise.
Disparités régionales
Désormais, elles auront la possibilité de décider du niveau de réduction ou d'exonération de la taxe régionale pour les véhicules électriques. Certaines régions pourraient choisir de maintenir une exonération totale pour continuer à encourager l'adoption de véhicules propres, tandis que d'autres pourraient opter pour une réduction partielle afin de générer des revenus supplémentaires.
Cette décentralisation de la décision pourrait entraîner des disparités entre les régions, avec des impacts variés sur le marché des véhicules électriques. Les régions qui choisiront de maintenir une exonération totale pourraient voir une augmentation des immatriculations de véhicules électriques, tandis que celles qui appliqueront une réduction partielle pourraient observer une stagnation ou même une baisse des ventes.
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Depuis mai 2025, seule la région Hauts-de-France maintient une exonération totale de taxe régionale, alors que toutes les autres régions taxent désormais les véhicules électriques au tarif normal, entre 30 et 60 € par cheval fiscal selon les territoires.
Les Hauts-de-France, seul bastion de l'exonération
Dans ce contexte économique, la région Hauts-de-France fait figure d'exception. Elle est la seule à avoir confirmé vouloir prolonger l'exonération totale pour les véhicules électriques au-delà du 1er mai 2025. Ce choix pourrait engendrer un afflux d'immatriculations dans la région, notamment de la part de particuliers ou de professionnels domiciliés ailleurs mais songeant à un éventuel changement de domicile.
Augmentation du plafond du cheval fiscal
En parallèle, le gouvernement a décidé d'augmenter le plafond légal de la taxe régionale de la carte grise, passant de 60 € à 65 € par cheval fiscal. Cette mesure, qui entre en vigueur en 2025, vise à donner une plus grosse marge de manœuvre aux régions, confrontées à une baisse des dotations de l'État et à une augmentation des coûts d'investissement.
L'augmentation du plafond du cheval fiscal pourrait avoir un impact direct sur le coût d'immatriculation des véhicules si les régions décidaient à l’appliquer. Par exemple, pour un véhicule d'une puissance fiscale de 4 CV, le coût de la taxe régionale passera de 240 à 260 euros si une région comme la Normandie, la Bretagne ou le Grand-Est (actuellement à 60 euros/cheval fiscal) adoptait le nouveau plafond, soit une hausse de 20 €.
2025 : l'année de toutes les augmentations
L'année 2025 se distingue par une vague d'augmentations du prix du cheval fiscal dans plusieurs régions. Au total, 10 régions métropolitaines ont augmenté ou prévu d'augmenter le prix de leur cheval fiscal. Cette tendance généralisée reflète les contraintes budgétaires auxquelles les régions sont confrontées, ainsi que leur besoin de générer des revenus supplémentaires pour compenser la baisse des dotations de l'État.
Par exemple, la région Normandie a augmenté son tarif de 30,4 %, passant de 46 € à 60 €, tandis que la Nouvelle-Aquitaine a vu son prix du cheval fiscal passer de 45 € à 53 €, soit une hausse de 17,8 %. La région Centre-Val de Loire a également atteint le plafond autorisé de 60 €, contre 55 € auparavant. Ces augmentations significatives auront un impact direct sur le prix de la carte grise pour les automobilistes de ces régions.
Comment calculer le prix de la carte grise ?
Le calcul exact est le suivant :
Prix = Puissance fiscale (P.6) x Tarif régional du CV + 13,76€
Où 13,76 € = 11 € de taxe fixe + 2,76 € de redevance d’acheminement.
Exemple : 5 CV en Nouvelle-Aquitaine (53 €/CV) -> (5 x 53) + 13,76 = 278,76 €
La puissance fiscale est calculée avec la formule : 0,00018 × (P²) + 0,0387 × P + 1,34, où P est la puissance en kW. Ce calcul aboutit à un nombre de CV fiscaux plus faible que sur un moteur thermique équivalent.
Démarches pour immatriculer une voiture électrique
Le site ANTS vous permet de réaliser toutes les démarches. Voici les étapes :
- Créer un compte ou se connecter via FranceConnect
- Choisir “Demander un certificat d’immatriculation”
- Remplir le formulaire en ligne
- Télécharger les documents : certificat de conformité, justificatifs d’identité et de domicile, ancienne carte grise barrée (si véhicule d’occasion), contrôle technique valide (si > 4 ans)
- Payer en ligne et suivre le traitement via votre espace ANTS
Temps moyen : 7 jours ouvrés (hors période de forte demande).
Le gouvernement a mis en place un simulateur officiel pour estimer le coût de votre carte grise, en fonction de votre véhicule et de votre lieu de résidence : immatriculation.ants.gouv.fr.
Avantages fiscaux maintenus
Malgré les changements de la carte grise, certains avantages fiscaux restent accessibles aux propriétaires de véhicules électriques. Le malus écologique est une taxe appliquée lors de l’immatriculation d’un véhicule neuf émettant plus de CO₂ que le seuil fixé par l'État. La taxe sur le poids reste également suspendue pour les modèles électriques dépassant 1800 kg.
Les véhicules électriques conservent par ailleurs leur dispense de la taxe annuelle sur les émissions de CO2, représentant une économie moyenne de 160 € par an pour nos clients Hess Automobile.
Tableau récapitulatif des tarifs régionaux du cheval fiscal en 2025
| Région | Tarif du cheval fiscal (en €) |
|---|---|
| Normandie | 60 |
| Nouvelle-Aquitaine | 53 |
| Centre-Val de Loire | 60 |
| Île-de-France | 54.95 |
| Occitanie | Variable |
| Martinique | 53 |
| Corse | 43 |
| Hauts-de-France | 0 (exonération totale) |
| Autres Régions | Entre 30 et 60 |
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