L'histoire de Fernando Alonso avec Renault est une saga marquante dans le monde de la Formule 1, jalonnée de succès, de défis et de moments inoubliables.
Les Débuts Prometteurs
Fernando Alonso n'a que quatre ans lorsqu'il commence le karting, sur une machine construite par son père deux ans auparavant. Très vite, le pilote espagnol montre son excellente maîtrise du volant. Dès 1988, il aligne les trophées en compétition, parmi lesquels le championnat des Asturies en 1990, qu'il remporte en réalisant le grand chelem en triomphant lors des huit épreuves de la saison. Il décrochera ensuite les titres de cadet en 1991, de junior espagnol en 1993 et 1994. En 1995, il remporte le championnat espagnol et termine troisième du championnat du monde, qu'il remportera en 1996.
Repéré par Flavio Briatore, le directeur sportif italien devient son manager et place Fernando dans un baquet de l'équipe de Formule 1 Minardi. D'abord pilote essayeur, il obtient un baquet de titulaire pour la saison 2001, alors qu'il n'a que dix-neuf ans et sept mois. Il devient ainsi le cinquième pilote de moins de vingt ans à courir en F1.
Ainsi, au volant d'une monoplace loin d'être compétitive, Fernando tente de faire de son mieux, un mieux qui, s'il n'amène à aucun classement dans le top 10, ravit Briatore qui le nomme dès la fin de la saison pilote essayeur pour l'écurie française Renault, qui vient de racheter Benetton.
L'Ascension Fulgurante avec Renault
Chose promise, chose due : l'Espagnol fait son grand retour dans le championnat du monde. Et déjà, les résultats sont au rendez-vous : lors de la deuxième épreuve, en Malaisie, il devient le plus jeune poleman de l'histoire et termine la course en troisième position. Les bonnes performances se succèdent, avec en apothéose la victoire sur le tracé du Hungaroring. Il devient alors, à vingt-deux ans, le plus jeune vainqueur de l'histoire de la F1. Il s'offre même le luxe de mettre un tour à Michael Schumacher !
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En 2004, Fernando est prêt à remettre ça. Même s'il ne décroche pas de deuxième victoire, les Ferrari étant très compétitives, il termine régulièrement dans les points et se classe finalement quatrième au championnat du monde.
En 2005, Fernando prend sa revanche. Dès le début de la saison, il assomme ses concurrents. Après une troisième place en Australie, il aligne trois victoires consécutives. Les Ferrari étant beaucoup moins compétitives qu'à leur habitude, son plus grand rival est Kimi Räikkönen, qui pilote pour McLaren-Mercedes. Face à la détermination du Finlandais, Fernando impose sa régularité grâce à la fiabilité de sa monoplace, le principal défaut de la McLaren. Finalement, lors du Grand Prix du Brésil, il devient le plus jeune champion du monde de l'histoire de la F1, à l'âge de vingt-quatre ans un mois et vingt-sept jours.
Au cœur de l'hiver 2005-2006, Fernando surprend le monde de la F1 en annonçant son départ chez McLaren-Mercedes en 2007, ce qui est évidemment peu apprécié par Flavio Briatore.
En 2006, Fernando arbore donc le numéro 1 sur sa Renault, avec comme mission de conserver son titre mondial. Tout se passe très bien pour le pilote espagnol, qui sur la moitié de la saison, termine six fois vainqueur et trois fois deuxième, surclassant son rival Schumacher. En revanche, la suite est plus délicate: la FIA décide d'interdire les mass dampers utilisé par Renault. Avec un écrou mal vissé en Hongrie et une casse moteur à Monza, Schumacher revient fort sur le pilote espagnol. Tous deux sont à égalité de points à l'issue du Grand Prix de Chine. Mais, au Japon, lors de l'avant-dernière course, Fernando gagne la course quand Schumacher voit son moteur exploser.
À trois Grands Prix de la fin, les deux pilotes étaient à égalité, mais une panne moteur pour le pilote Ferrari au Japon a facilité la tâche à Alonso, qui a finalement été couronné avec 13 unités d'avance.
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Alonso a ainsi décroché son premier titre mondial avec 16 podiums dont sept victoires en 19 Grands Prix.
| Saison | Équipe | Championnat |
|---|---|---|
| 2005 | Renault | Champion du Monde |
| 2006 | Renault | Champion du Monde |
Le Retour Difficile chez Renault
Après cette saison cauchemardesque, Fernando décide de quitter McLaren. Après avoir été peut-être tenté par l'aventure Red Bull, il revient « à la maison », c'est-à-dire chez Renault. Flavio Briatore accueille de nouveau à bras ouverts ce « fils prodigue » quelque peu ingrat. Hélas pour lui, la R28 se montre d'emblée très décevante et la première partie de saison est plus que médiocre. Après une encourageante quatrième place à Melbourne, l'Espagnol a bien du mal à extraire la Renault du ventre mou du peloton et à grappiller quelques points. Contraint de surpiloter pour arracher de bons résultats, Fernando commet même des erreurs inhabituelles chez lui, comme finir dans le mur à Montréal. A la mi-saison, Fernando n'est que neuvième au classement général avec treize points.
Mais la R28 progresse tout de même peu à peu et un réel regain de performance a lieu à la fin de l'été. Ainsi Fernando parvient à terminer dans les quatre premiers lors des six dernières courses de la saison. A Singapour, il profite d'une voiture de sécurité qui survient alors qu'il est le seul avec Nico Rosberg et Robert Kubica à avoir déjà ravitaillé pour passer tous ses adversaires, et finalement remporter la victoire. Victoire chanceuse, uniquement due à l'accident volontaire provoqué par son équipier Piquet sur ordre de Flavio Briatore, ce que l'on apprendra un an plus tard. Toutefois, Fernando remporte un deuxième succès éclatant au Japon, où il réalise une véritable démonstration en tête de l'épreuve après avoir dépassé Kubica. Avec un peu plus de chance, il aurait pu aussi l'emporter au Brésil, mais termine bon deuxième derrière Massa.
La Fin d'une Époque et un Nouveau Départ
Alors qu'il a songé à quitter Renault, Fernando accepte finalement de rester une saison supplémentaire. Mais R29 se montre bien inférieure aux nouvelles monoplaces de pointe, les Brawn et les Red Bull, et après trois courses Fernando n'a que quatre unités au compteur. En Hongrie, sa monoplace connaît une embellie et il en profite pour signer une surprenante pole position. Il mène parfaitement le début de la course, mais lors de son premier arrêt son équipe fixe mal sa roue avant-droite, qui s'envole au tour suivant ! La suite de la saison le voit sombrer dans l'anonymat du peloton tandis qu'éclate l'Affaire Piquet. Après avoir été renvoyé par Briatore, le pilote brésilien révèle la tricherie ordonnée lors du Grand Prix de Singapour 2008, au profit de l'Espagnol. L'affaire finit devant le tribunal de la FIA, qui exclut à vie Briatore du monde de la F1, mais blanchit le pilote Espagnol, qui a juré ne rien savoir de ce coup monté. Ironie du sort, c'est à Singapour qu'il réalise le meilleur résultat de la saison pour Renault, avec une troisième place.
Pour Fernando, il est évident que Renault ne peut plus lui apporter de succès. Après des mois de rumeurs incessantes, il officialise en septembre 2009 son passage chez Ferrari pour 2010.
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Retour chez Renault en 2021
Après deux saisons dans d'autres disciplines, Alonso a créé la surprise en faisant son retour en F1 pour la saison 2021, ravivant sa relation avec le constructeur Renault, qui l'avait mené aux titres mondiaux 2005 et 2006. L'A521 n'avait pas le rythme des top teams, mais Alonso a marqué des points lors de 16 courses sur 22 et a signé son premier podium depuis 2014 au Grand Prix du Qatar.
Renault DP World F1 Team confirme l’arrivée de Fernando Alonso
Renault DP World F1 Team est heureux de confirmer l’arrivée de Fernando Alonso aux côtés d’Esteban Ocon, comme pilote titulaire à partir de la saison 2021. Avec 314 départs en Grand Prix, 32 victoires, 97 podiums, Fernando rejoint Renault DP World F1 Team pour les prochaines saisons. Renault est un grand nom de la Formule 1 avec des valeurs. Fernando est un immense pilote qui revient sur les circuits de F1 enrichi d’autres expériences, qu’il souhaite apporter à son écurie de cœur. Les valeurs de travail, de dépassement et d’ingéniosité, mais aussi l’ADN de Fernando défini par la ténacité et le talent pur, font de cette association une évidence. Il sera un atout pour concrétiser les nombreux efforts de reconquête et donnera du sens à l’engagement de Renault dans la discipline reine du sport automobile.
La volonté est de construire une équipe autour de deux pilotes complémentaires, alliant expérience et jeunesse, et mettant en commun leurs valeurs et leur talent au service du projet. L’arrivée de Fernando s’inscrit dans le projet du Groupe Renault de poursuivre son engagement en Formule 1 et de progresser vers le sommet de la hiérarchie. Sa présence dans notre équipe est un formidable atout sur le plan sportif mais aussi pour la marque à laquelle il est très attachée. La force du lien entre lui, l’écurie et les fans en fait un choix naturel. Au-delà des succès passés, c’est un choix mutuel audacieux ainsi qu’un projet pour écrire l’avenir. Son expérience et sa détermination vont nous permettre de tirer le meilleur de chacun pour amener l’équipe vers l’excellence que la Formule 1 moderne exige. Il va également apporter à notre équipe qui a connu une croissance très rapide une culture de la course et de la gagne pour surmonter ensemble les obstacles.
Renault c’est ma famille, ce sont mes meilleurs souvenirs en Formule 1 avec mes deux titres de Champion du Monde, mais je regarde devant. C’est pour moi une immense fierté mais aussi une grande émotion que de retrouver cette équipe qui m’a donné ma chance au début de ma carrière et qui me donne aujourd’hui l’opportunité de revenir au plus haut niveau. J’ai des convictions et des ambitions en ligne avec le projet de l’écurie. Leur progression de cet hiver crédibilise les objectifs de la saison 2022, et de mon côté, j’apporterai toute mon expérience de la course pour la partager avec chacun, ingénieurs, mécaniciens, co-équipiers. Grand passionné d’automobile depuis mon enfance, mon objectif au quotidien était de trouver le moyen d'arracher le volant à mon père. Très peu de gens ont la possibilité de transformer leur passion en une carrière, et il se trouve que je suis l'un de ces quelques privilégiés.
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