Le 124 Spider se décline désormais dans une version sportive signée Abarth, au look nostalgique à souhait. Abarth crée la surprise en s’alliant avec Mazda pour produire un roadster et revenir en rallye. Mais elle ose s'afficher presque 10 000 € plus cher que sa cousine la Mazda MX-5.

Un Meccano Industriel Complexe

Ces derniers temps, Abarth se contentait de commercialiser des versions musclées des Fiat 500. Une monoculture qui touche à sa fin, puisque le préparateur s'occupe désormais également du 124 Spider, le roadster italo-nippon (il s'agit d'une Mazda MX-5 profondément revue) commercialisé depuis le printemps dernier. Mais ce modèle est un véritable Meccano industriel, puisque les moteurs italiens sont envoyés chez Mazda, à Hiroshima au Japon, où les voitures sont assemblées.

Modifications Spécifiques Abarth

Puis ces dernières sont rapatriées à Turin où elles reçoivent les éléments spécifiques Abarth, tels que le capot et le couvercle de malle noirs mat (si vous n'aimez pas, rassurez-vous : ils ne sont pas obligatoires !), l'échappement sport Record Monza, les étriers de freins Brembo, quelques touches d'Alcantara dans l'habitacle ou encore une plaque numérotée vissée entre les dossiers des sièges. Des modifications qui réclament paraît-il trois jours de travail et expliquent une addition plutôt salée : 40 000 €, soit... 9 300 € de plus que la Mazda MX-5 équivalente !

Et il faudra encore rajouter au panier pour s'offrir la climatisation automatique, le Bluetooth, l'écran tactile, le GPS, le radar de recul ou encore l'allumage automatique des phares ou des essuie-glaces. Au final, l'exemplaire qui nous a été confié - habillé d'une teinte « Rouge Costa Brava 1972 » - revenait à 45 000 €. Dur !

Design et Style Néo-Rétro

L'Abarth 124 Spider joue à fond la carte du néo-rétro, en singeant le look du modèle qui écuma les rallyes du monde entier dans la première moitié des années 70.

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Par rapport à la plume japonaise, les Italiennes paraissent hypertrophiées en raison de gros porte-à-faux, surtout à l’arrière au bénéfice du volume de coffre. Entre la musculature et le changement de mécanique, la mutation génère un surpoids d’une quarantaine de kilos.

Expérience de Conduite

Il suffit d'actionner le démarreur pour comprendre que cet Abarth 124 Spider a son caractère bien à lui. L'échappement émet un son rauque tout sauf discret, signature phonique des Abarth contemporaines ! S'il est amusant, ce bruit finira cependant par indisposer sur les longs trajets, tant ce bourdonnement devient envahissant à la longue.

En réalité, ce 124 Spider-là est taillé pour les excursions sur petites routes, et donne envie « d'attaquer » à la moindre occasion.

Moteur et Performances

Le moteur 1.4 MultiAir de 170 ch n'est pas un grand amateur de hauts régimes, mais son turbo offre un couple généreux (jusqu'à 250 Nm en mode Sport), si bien qu'il se rit du poids-plume de la bête (1 060 kg à vide). L'Abarth 124 Spider revendique ainsi un 0 à 100 km/h en 6,8 s, soit une demie-seconde de mieux que la Mazda MX-5 2.0 de 160 ch.

DopéeL’évolution majeure se trouve sous le capot. Les blocs atmosphériques Mazda (maxi 160 ch) sont remplacés par le 1,4 litre de 170 ch via une pression de turbo portée à 1,5 bar maxi. L’apport de la suralimentation se fait bien sentir à partir de 3 000 tr/mn, mais génère un creux sous 2 000 tr/mn et de la paresse au-delà de 5 500 tr/mn.

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Le gain d’une demi-seconde annoncé de 0 à 100 km/h par rapport à la MX-5 2.0 paraît tout à fait plausible, mais nous n’avons jamais eu l’occasion de le vérifier.

Boîte de Vitesses et Transmission

La boîte à l'étagement resserré permet en outre d'exploiter au mieux la mécanique, en évitant de retomber sous les 2 000 tr/min, zone où le bloc Fiat est moins à l'aise. Cette transmission provient de la banque d'organes Mazda, mais n'est pas celle des MX-5 (elle n'encaissait pas le couple). Elle n'offre pas les débattements ultra-courts de celle-ci, mais se révèle rapide, bien guidée et dotée de verrouillages précis.

Heureusement, l’excellente boîte manuelle est toujours de la partie et régale par ses changements rapides et précis. Le couple supérieur a toutefois exigé un étagement spécifique ainsi qu’un renfort de pignonnerie. Il existe également un convertisseur optionnel, à éviter en raison de sa lenteur et de son manque de réactivité.

Tenue de Route et Agilité

Quand il est nécessaire de cravacher le bloc atmosphérique de la MX-5 si l'on veut espérer déclencher un déhanchement du train arrière, le 1.4 MultiAir turbo de la 124 Spider se fait un plaisir d'engendrer des glissades d'une simple flexion du pied droit ! Sur le mouillé, les limites d'adhérence des pneus Bridgestone Potenza RE050 sont rapidement atteintes, ce qui incite à une certaine retenue. En revanche, sur le sec, quel plaisir !

Le roadster Abarth joue les ballerines, valsant de virage en virage avec délice. La direction est douce mais précise et suffisamment informative, tandis que la position de conduite très reculée permet de sentir au mieux les déhanchements du train arrière. L'Abarth 124 Spider s'apprécie alors pour ce qu'il est : un délicieux jouet pour adultes.

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Abarth se charge pourtant de la gestion, comme celle de l’assistance de direction et de l’accélérateur. Plus sportiveLe constructeur s’est également penché sur la suspension : ressorts, amortisseurs et barres antiroulis. Cela se ressent dans les enchaînements avec des mouvements de caisse atténués par rapport à la Japonaise. En contrepartie, le confort régresse et les occupants sont davantage remués.

Étonnamment, le punch supplémentaire ne rend pas la 124 plus survireuse que la Nippone et elle nécessite d’accentuer les transferts de charge. La monte pneumatique et l’autobloquant sont identiques, mais les freins sont pincés par des étriers Brembo plus costauds. Si la force progresse, l’endurance reste décevante dans le cadre d’un usage piste. Il ne s’agit toujours pas d’un terrain de jeu adapté à ce type de roadster, toutefois très équilibré, progressif et plaisant.

Compromis et Défauts

À condition de tolérer un roulis encore assez marqué, malgré des barres stabilisatrices au diamètre augmenté et des ressorts et amortisseurs raffermis. On pourra également aussi reprocher à la pédale de frein sa dureté et son manque de mordant à l'attaque.

Ils sont également moins bien maintenus par la sellerie et le conducteur ne peut régler le volant en profondeur, contrairement à la phase 2 de la génération ND.

Performances sur Piste

La 124 creuse un bel écart avec la MX-5 2.0 sur notre piste de référence Magny-Cours Club : plus de 4’’ en signant un chrono de 1’30’’15. Celui-ci reste toutefois modeste, tout juste au niveau d’une Fiesta ST de 2013. Cette Abarth se positionne ainsi un cran au-dessus de sa sœur japonaise en matière de performances et d’efficacité pure.

Conclusion Partielle

Dans cette version Abarth, le 124 Spider affiche un caractère très attachant. Léger et agile, il renforce son tempérament grâce à un moteur généreux et un échappement très vocal. L’italienne ajoute une dose de rigueur et de panache mécanique appréciable.

Prix et Positionnement

Reste qu'il sera difficile de faire abstraction de son tarif élevé, qui le met en concurrence avec des modèles de marques premium au blason plus recherché. Le principal défaut de ce roadster a toujours été son prix avoisinant les 40 000 €. Abarth a corrigé le tir tardivement en proposant une version à 34 500 €.

Tableau Récapitulatif des Caractéristiques

Caractéristique Valeur
Moteur 1.4 MultiAir Turbo
Puissance 170 ch
Couple 250 Nm
Poids 1060 kg
0-100 km/h 6.8 s
Prix de base (approximatif) 40 000 €

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