La Série 3 E21 fait son apparition en pleine crise économique, 1975 étant une année difficile marquée par les conséquences du premier choc pétrolier de 1973. C'est au salon de Münich que BMW dévoile en juillet 1975 sa "série 3" sous le code modèle e21.
Contexte et Design
Dans la continuité de sa devancière, la série 02, la série 3 utilise des moteurs quatre cylindres en ligne, performants, économiques et fiables. Elle s'inspire aussi du design extérieur de sa grande soeur, la Série 5 E12. Pour commencer la nouvelle petite Béhème change de dénomination en adoptant le patronyme série 3, afin de se conformer à la nouvelle nomenclature du constructeur bavarois.
Objectifs de Conception
Le cahier des charges est simple : créer une petite berline économique au tempérament sportif, dans le but de séduire la classe moyenne. La nouvelle venue progresse grandement en termes de sécurité active et passive. Les moteurs sont repris de la série 02 avec un rendement amélioré pour offrir des performances optimales et une consommation réduite.
Évolution et Motorisations
C’est en septembre 1975 que l’auto est lancée. On la retrouve exclusivement équipée de moteurs 4 cylindres M10 repris directement de la série 02. Au programme 316-318-320 de respectivement 90-98-109ch. Tous sont équipés au choix d’une boite 4 ou 5 type overdrive. L’accueil général est bon, l’auto semble réussie mais la presse et la clientèle la plus sportive regrettent l’absence d’une version vraiment radicale. En réponse BMW lance la 320i toujours équipée du 4 cylindres M10 dans sa configuration 1990 cm3, mais cette fois ci en injection.
En 1977 le salon de Francfort marque l’arrivée du 6 en ligne sous le capot de la petite berline bavaroise. Dans un premier temps il s’agit d’un 2.0L qui vient remplacer le 4 cylindres existant. On parle désormais de 320/6 et non plus de 320/4. Cette nouvelle version propose 122ch, c’est bien mais toujours pas suffisant. Les afficionados de la 2002tii restent toujours sur leur faim.
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L'arrivée des 6 cylindres
L’image de la Série 3 E21 bondit avec le montage audacieux d’un nouveau moteur 6 cylindres en ligne à la fin de l’année 1977. La réputation sportive de la voiture n’est alors plus à faire, tandis que l’étendard du plaisir de conduire par BMW s’impose face à la concurrence. Cette version sportive attendue depuis 2 ans s’appelle 323i. Elle reprend le 6 cylindres M20 mais porté à 2.3L pour une puissance de 143ch. Équipée en option d’un autobloquant et d’une boite 5 type sport à grille inversée (1ere en bas à gauche). Les critiques sont sans voix, 190km/h en pointe, 31s au km départ arrêté pour l’époque ça décoiffe. L’arrivée des 6 cylindres dans la gamme e21 marque aussi un changement esthétique.
Autres motorisations et évolutions
En 1979 et 1980 BMW opère quelques changements sur sa série 3. Tout d’abord en 1979 la 318 passe à l’injection et devient 318i, la puissance augmente de 98 à 105ch afin de combler l’écart creusé par les 6 cylindres. En 1980 la série 3 a le droit à un lifting. 1980 voit aussi l’arrivée de la BMW 315, notre star du jour. Cette version fait face à la récession entamée suite au choc pétrolier de 1979, pour BMW le but est de proposer une entrée de gamme plus accessible que la 316. La 315 reprend le M10 de la 316 mais avec une puissance de seulement 75ch.
BMW 315 : L'entrée de gamme
Après l’essai de la virulente Dodge Viper GTS dans les Alpes, nous voici de retour sur les routes Auboise pour essayer la plus boudée des séries 3 e21, je nomme la BMW 315. Pourquoi cette auto ? Et bien par contradiction, à une époque où l’on s’arrache à prix d’or les modèles les plus performants et les mieux équipés d’une génération, pourquoi ne pas regarder du côté de l’entrée de gamme ?
Caractéristiques Techniques de la 315
Sous le capot ce n’est pas un 6 en ligne qui opère mais un petit 4 cylindres. Son nom de code : M10b16. En dehors de la longueur de sa carrière ce bloc est réputé pour sa fiabilité, sa conception ingénieuse et économique, mais aussi pour avoir animé la célèbre 2002 Turbo et pour sa présence en Formule 1 sous le nom M12/13. Son architecture est des plus classique, culasse à 8 soupapes actionnées par un simple arbre à came en tête et distribution par chaîne. Le M10 respire la robustesse. Coiffé par un carburateur Pierburg réputé pour être une horreur à régler notre M10B16 affiche la bagatelle de… 75ch à 5800 tours/min. L’annonce de ce chiffre n’a rien de vraiment excitante et il en est de même pour le couple avec seulement 111nm à 3.200tours/min. Un avantage en ville et sur petite routes, mais notre BMW 315 plafonne à tout juste 154 km/h. Le châssis et les trains roulants sont des plus classiques, caisse autoporteuse, suspension type McPherson avec barre stabilisatrice à l’avant, indépendantes à bras triangulés à l’arrière. Le freinage est assuré par deux disques à l’avant et deux tambours à l’arrière. D’autant qu’avec 1011kg sur la balance notre e21 n’est pas franchement lourde.
Expérience de conduite
La direction est… sans assistance donc dure dans les manœuvres, mais tout à fait gérable en ville. Le moteur se montre souple, silencieux et ne vibre pas dans tous les sens. Il faut dire qu’il est bien épaulé par la boîte de vitesse qui est franchement courte mais excellente à manipuler. Sur les pavés du centre-ville l’amortissement est souple et confortable. Une fois extrait du centre-ville la BMW 315 se montre là encore plaisante à conduire. En effet à partir de 90 l’auto devient clairement bruyante, la faute aux rapports courts. La direction est vraiment impeccable pour une auto de cette génération, c’en est même surprenant. Précise, directe, ni trop lourde ni trop légère et sans jeu.
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Versions Spéciales et Prototypes
La Série 3 E21 inaugure un nouveau moteur 6 cylindres en ligne : le M20 ce qui constitue une première dans ce segment chez BMW. BMW développe une voiture de course sur la base d’une 320 4 cylindres. Elle remplace le coupé 3.0 CSL à partir de 1977. Son moteur est un 4 cylindres deux litres turbo de 300 ch issu de la Formule 2. Il emmène la 320 Groupe 5, qui pèse 760 kg, à 260 km/h. Vingt exemplaires sont construits. La voiture remporte sa première victoire sur le circuit de Zolder en 1977.
- Version Cabriolet : Au cours des années 1980, plusieurs artisans allemands ont transformé en cabriolet sans arceau la berline Série 3 E21. Il s’agit de Reinhard Peters et de Lumma Design. En 1982 et 1983, le carrossier américain Coach Builders a aussi converti des berlines Série 3 E21 en cabriolet sans arceau.
- Version Break : En 1976, le concessionnaire BMW Faigel de Saulgau dans le Bade-Würtemberg fait carrosser trois Série 3 E21 avec un hayon arrière et un profil fastback.
- Prototype Turbo Diesel : En 1978, BMW construit un prototype de Série 3 E21 doté d’un moteur six cylindres turbo diesel. Cette voiture sert au développement de la mécanique qui équipera les 524td E28 et les 324td E30.
Production et Héritage
Au cours de sa carrière, la première génération de la Série 3 n’a été disponible qu’en berline tricorps à deux portes ce qui ne l’a pas empêchée de connaître un franc succès avec une production supérieure à 1,3 million d’unités, dépassant de près de 60 % celle de sa devancière. C'est en 1983 après 8 ans de service que les dernières série 3 e21 sortent des usines BMW. Le bilan est plus que positif avec 1.354.961 unités vendues.
Conseils d'achat d'une BMW 315
Avant d’acheter une BMW 315 la première étape est de la trouver ! Cela peut sembler aberrant pour le modèle le plus accessible de la gamme mais c’est l’une des e21 les plus rares. On compte 107.298 voitures sorties des chaines de fabrication contre 137.107 323 et 337.034 316. Surprenant non ? A l’achat traquez la rouille, elle se loge souvent sur les têtes d’amortisseurs, dans les ailes, bas de caisses, longerons. A moins d’avoir un bon portefeuille il ne faut jamais acheter une auto rouillée et les BMW de cette époque semblent avoir des gènes italiens ! Une BMW 315 en bon état s’échange aujourd’hui autour de 10.000€ (6-12000€ pour faire large). Ce qui témoigne d’un véritable engouement pour les auto entrée de gamme.
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