En 1978, BMW Motorrad a continué le grand renouvellement de sa gamme avec la nouvelle série 7. La marque allemande a sorti dans la foulée des modèles beaucoup plus accessibles afin d'élargir sa gamme vers le bas.
Cette semaine, j'ai essayé une BMW R 100 RT de 1979. On l'identifie spontanément à une moto de flic et, de fait, la BMW R 100 RT suscite une certaine réserve.
BMW R 100 RT : Son Histoire
Chez BMW, on n'a pas de complexes : à son arrivée sur le marché, en 1979 (techniquement parlant, elle s'inscrit dans la famille des BMW Série 7, lancée en 1977), la R 100 RT est plus chère (et moins puissante, évidemment) que le fleuron japonais de l'époque : comptez 27000 F contre 24120 F demandés pour une Yamaha 1100 XS ou même 22250 F pour une Honda GL 1000 GoldWing.
À l'époque, la technologie de l'engin n'a rien de faramineux. BMW maîtrise le flat-twin depuis belle lurette, mais livre une machine aussi simple qu'éprouvée.
BMW commence tout juste à appliquer aux motos le fruit de ses travaux en soufflerie. Après les R 90 S et R 100 RS, la R 100 RT va plus loin et offre le premier grand carénage intégral de série.
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La RT est aussi une machine incroyablement homogène : moins puissante que ses rivales, mais aussi moins lourde, elle garantit un confort et une facilité de conduite en toutes circonstances. Elle aura une longue carrière, jusqu'en 1995, avec une grosse évolution en 1987 (en adoptant la suspension arrière Monolever). Une version R 80 RT a aussi existé, à partir de 1982.
En dépit de son allure austère, voire un rien martiale, rouler en BMW R 100 RT reste un moment agréable. La protection est impeccable : la bulle est une véritable pelle à tarte qui vous protège du vent et des intempéries. La tenue de route n'a rien de tranchant, mais elle est sûre.
Caractéristiques Techniques et Évolutions
Les premières R100RS et RT avaient un moteur développant 70 cv, ramené au fil des versions à 60 cv par diverses modifications, cette perte de puissance maxi s'accompagnant d'un gain de puissance et de couple aux régimes usuels. L'une ou l'autre des versions est néanmoins capable de rouler beaucoup plus vite que 140 km/h.
Les toutes premières R100RT sont apparues en 1978, homologuées en novembre, certaines ayant auparavant été vendues sous l'homologation R100RS mais dans une configuration RT avec le grand guidon et le carénage spécifique. Hormis ces points, ce sont strictement les mêmes motos, avec le même moteur produisant 70CV, à grosses soupapes d' admission (44mm) et tubes d'échappement de 40mm.
On trouve aussi dans la gamme des R100S et R100t de 65CV, la R100S adoptant en 79 le même moteur de 70CV que la RS/RT, et des R100/7 de 60CV, qui grimpe à 67cv en 1980. Les différences portent sur la forme des pistons, le taux de compression, la taille des soupapes d'admission, des tubes d'échappement, les carburateurs.
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Puis...fin des R100 en 84, BMW arrête la production des 1000cc afin de laisser le champ libre à la gamme K100.
La R100 renait en 87 sous forme de R100GS et en 1988 sous forme de R100RT monolever. Le moteur est celui de la R100GS, avec une puissance maxi de 60cv mais surtout une couple maxi quasi identique à la 1e version, mais obtenu à 3000t/m au lieu de 6000. Au final, les performances sont quasiment identiques, mais le caractère diffère. Perso je préfère grandement la version 60cv beaucoup plus agréable sur la route, coupleuse à bas régime, la version 70cv oblige à rouler à haut régime pour profiter des quelques poneys supplémentaires qui ne seront utilisés que quelques minutes dans la vie de la moto.
A priori il n'a jamis existé de R100RT avec allumage à rupteurs dans le carter, les premières ont été mises sur le marché en même temps qu'apparaissait l'allumage à canette, passé en électronique en 81, en même temps qu'apparaissait le volant allégé, le deuxième tube d'équilibrage et les cylindres nykasil.
Le moteur flat-twin était partagé avec la R100 RS ( sans radiateur d’huile de 1979) comme la base de la partie cycle. La R100 RT comme la R100RS bénéficièrent de nouveaux carters ( refusés aux autre « /7 »), mais toute la série « /7 » reçut un nouveau vilebrequin muni de masses d’équilibrage rivetées sur la face interne des flasques au lieu des bouchons de tungstène. Une des plus notables révisions concerna l’allumage.
Autre modification efficace, l’arbre de transmission reçut un amortisseur hydraulique de vibrations en torsion. Le carter de boite reçut extérieurement des nervures de renfort verticales pour améliorer la solidité et dissiper mieux la chaleur.
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Le carénage étudié en soufflerie de la R100 RT comprenait un pare-brise réglable, des aérations réglables de type automobile et deux grands rangement fermant à clé.
BMW R 100 RT Aujourd'hui
Elle a été produite à plus de 57 000 exemplaires tout au long de sa carrière : elle n'est donc pas rare, mais le problème, c'est que comme elle est solide, de nombreux propriétaires se sont dispensés du minimum d'entretien. Et on ne parle même pas de ceux qui ont sorti la scie sauteuse et les rouleaux de bande thermique pour aller aux Wheels & Waves.
Sur un modèle fortement kilométré, on verifiera l'état de la boîte et de la transmission, ainsi que les sièges de soupapes et les bons réglages du carburateur Bing (dont la membrane peut percer avec le temps).
Comptez ainsi moins de 3000 € pour une moto dans son jus, un peu plus de 6000 € pour un très bel exemplaire...
Tableau Récapitulatif des Versions et Puissances
| Modèle | Années | Puissance (ch) |
|---|---|---|
| R100RS / RT | 1978-1979 | 70 |
| R100S | 1979 | 70 |
| R100S / R100T | 1978 | 65 |
| R100/7 | 1978-1979 | 60 |
| R100/7 | 1980 | 67 |
| R100GS / R100RT Monolever | 1987-1988 | 60 |
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