L'Italie, un pays renommé pour sa gastronomie, sa culture historique et, bien sûr, ses voitures emblématiques, a une histoire riche et fascinante dans le domaine de l'automobile. Cet article explore l'évolution de l'industrie automobile italienne, des pionniers aux marques de renommée mondiale.

Les pionniers de l'automobile italienne

Vous avez été nombreux à nous demander un article sur les frères Ceirano qui sont qualifiés de pionniers, que nous préférons qualifier d’entrepreneurs. Il faut reconnaître que leurs actions furent, à la fois, complexes et déterminantes. Nous remercions les passionnés britanniques et allemands qui nous ont communiqué leurs documents sur ces marques italiennes, fruits du travail et de l’implication des frères Ceirano. Il s’agit de l’histoire de quatre frères, Giovanni Battista Ceirano (1860-1912), Giovanni Ceirano (1865-1948), Matteo Ceirano (1870-1941) et Ernesto Ceirano (1873-1953). Avoir avoir travaillé avec leur père dans l’horlogerie et effectuer un parcours initiatique, ils louèrent un atelier situé au rez-de-chaussée d’un immeuble situé au 9, Corso Vittorio Emanuele II à Turin, appartenant au marchand Giuseppe Lancia. Ils débutèrent leurs activités en 1888, en réparant des bicyclettes. En 1894, ils se reconvertirent en constructeur de bicyclettes dénommées Welleyes, pour donner une connotation commerciale britannique car les bicyclettes réalisées au Royaume-Uni bénéficiaient d’une belle image de marque. En 1895, débuta la production des motocyclettes. Bien entendu, pour assurer la promotion, les frères Ceirano s’engagèrent dans toutes les compétitions qui s’offraient dans le Piémont. Vincenzo Lancia (1881-1937) supplia son père, Giuseppe Lancia, pour qu’il devînt l’apprenti de Giovanni Battista Ceirano. En 1898, l’atelier fabriqua une voiture conçue par Aristide Faccioli (1848-1920), ingénieur de l’Ecole Polytechnique de Turin.

En 1888, Giovanni Battista Ceirano construit des vélos Welleyes et, en 1898, il cofonde avec ses frères la société Ceirano GB & C pour produire l’automobile Welleyes. Face à des difficultés, en juillet 1899, l’entreprise est rachetée par Fiat SpA, dirigée par Giovanni Agnelli.

Bien que nous pensions souvent que Fiat est la marque automobile italienne qui a inventé la roue, il a fallu attendre 15 ans entre la commercialisation du premier véhicule italien et la fondation de Fiat. En effet, la première voiture conçue et vendue en Italie le fut par Enrico Bernardi. La première création italienne ayant les caractéristiques d’une voiture moderne, c’est à dire avec quatre roues, est la Stefanini-Martina.

La naissance de FIAT

Equipée d’un bicylindre implanté à l’arrière, muni de soupapes d’admission et d’échappement automatiques, refroidi par eau, accouplé à une boîte à vitesses 2 rapports, cette nouveauté fit sensation. Giovanni Agnelli (1866-1945) fut très intéressé. Le 1er juillet 1899 à Turin, Giovanni Battista Ceirano, Cesare Goria Gatti et Emanuele di Bricherasio signèrent un compromis d’intérêts pour créer la future Fabbrica Italiana Automobili Torino (FIAT) avec cession des brevets. Le 11 juillet 1899, la société naquit avec 30 actionnaires parmi lesquels figuraient Giovanni Battista Ceirano, Aristide Faccioli, Felice Nazzaro et Vincenzo Lancia. La présidence fut confiée à Lodovico Scarfiotti, reprise en 1902 par Giovanni Agnelli. La production déménagea dans la nouvelle usine du Corso Dante Alighieri en 1900. La Welleyes fut améliorée, devint la FIAT 3½hp, puis la FIAT 4hp.

Lire aussi: Le marché automobile indien : comprendre les tendances

FIAT a été fondée en 1899, à Turin, par un groupe d’industriels, dont Giovanni Agnelli. En 1900, la première voiture, la 3½ HP, est produite en seulement 24 exemplaires. Au début du XXe siècle, l’entreprise devient un leader en Italie et commence à exporter ses véhicules dans toute l’Europe.

Dès que les premières créations automobiles commencèrent à capter l’attention du public, de grands noms se sont mis à concevoir et commercialiser des voitures. Basée à Turin d’où son nom, Fabbrica Italiana Automobili Torino, la marque Fiat commercialisa la 4HP ainsi nommée d’après la puissance sortant du moteur. Dès la sortie de cette voiture rudimentaire, le public italien fut conquis de même que les acheteurs au niveau international. La population italienne venait de goûter à la modernité pour ses déplacements et elle voulut davantage.

Les défis initiaux

Giovanni Battista Ceirano avait une parfaite connaissance des difficultés à surmonter : absence de mines de charbon et de fer sur le sol italien, absence de colonie, matières premières onéreuses, concurrence abondante en Italie et à l’étranger, clientèle restreinte constituée par les riches marchands et la noblesse, productivité faible (une automobile par salarié et par an). Il ne pouvait compter que sur le capital humain et l’innovation.

Expansion et diversification

L’entreprise Isotta fut lancée en 1900 afin de revendre des modèles Renault importés depuis la France et, parallèlement, la liste des marques italiennes grandit de façon exponentielle. C’est autour de 1900 que de grandes marques, toujours connues aujourd’hui, sont nées comme Lancia et Alfa Romeo sous l’égide de Darracq ou la Società Anonima Italiana Darracq. Passer d’un marché inexistant a un secteur très actif en si peu de temps a rendu l’industrie automobile italienne très dense.

Au fil des années, vers le début du XXe siècle, d'autres prestigieux noms tels que l'Alfa Romeo et le Lancia se distinguèrent et ont rendu l'industrie automobile de l'Italie plus dense.

Lire aussi: Véhicules Automobiles

Les courses automobiles : un tremplin pour l'industrie

Selon Henry Ford: “le sport automobile a débuté cinq minutes après la construction de la deuxième voiture”. C’est une citation qui s’applique parfaitement à l’industrie automobile italienne. L’organisation de nombreuses courses comme le Mille Miglia a aidé et encouragé la création de modèles dédiés à la course. Cependant, une des plus anciennes courses italiennes est le Targa Florio datant de 1906. En effet, que ce soit pour les courses italiennes ou étrangères, l’Italie fut, au début du 20eme siècle, la référence pour tous les autres pays cherchant le succès dans le sport automobile.

L’essor de l’automobile italienne est favorisé par les courses automobiles. Les écuries italiennes se positionnent alors comme leaders sur les circuits et participent au rayonnement du savoir-faire italien.

Les marques emblématiques

Aujourd'hui, différentes enseignes italiennes telles que Fiat, Alfa Romeo, Lancia, Lamborghini et bien d'autres dominent le marché.

Alfa Romeo

Depuis plus d’un siècle, Alfa Romeo incarne l’excellence automobile italienne, alliant performance, design et innovation. Son histoire débute au début du XXᵉ siècle, au moment où l’industrie automobile est encore naissante. 1. En 1906, l’industrie automobile est en plein essor, et les constructeurs européens cherchent à s’étendre à l’international. La célèbre entreprise française Darracq, dirigée par Alexandre Darracq, décide de s’implanter en Italie via sa filiale londonienne. Cependant, le besoin d’une infrastructure plus moderne pousse rapidement la société à déménager à Milan, dans le quartier du Portello. Malgré ces efforts, la marque ne rencontre pas le succès escompté. Face aux difficultés financières, l’administrateur délégué de la société, Ugo Stella, comprend qu’un changement radical est nécessaire. 2. Le 24 juin 1910, une nouvelle société est fondée sous le nom A.L.F.A.

L’un des premiers défis d’A.L.F.A. est de concevoir des véhicules en rupture avec l’héritage Darracq. La 24 HP, qui tire son nom de sa puissance fiscale.

Lire aussi: Solutions Anticorrosion France

Ferrari

L’histoire de Ferrari commence d’abord par celle de la Scuderia Ferrari. En 1929, à Modène (Modena), Enzo Ferrari fonde la Scuderia Ferrari, qui est encore aujourd’hui la principale division du département Courses de Ferrari. Jusqu’en 1932, la Scuderia était une branche technico-compétitive d’Alfa Romeo. Toutefois, à partir de 1933, elle devient pratiquement le département Courses semi-officiel. Après avoir quitté ce poste en 1939, Enzo Ferrari fonde la même année une entreprise automobile à Modène, appelée Auto Avio Costruzioni. Le nom Ferrari n’a pas été utilisé en raison de clauses contractuelles qui liaient Ferrari à Alfa Romeo et qui l’empêchaient d’utiliser son nom sur les voitures qu’il produisait jusqu’à la fin de 1944.

En 1947, une fois les clauses expirées, Enzo Ferrari commence à construire des voitures sous sa propre marque. La première voiture à porter ce nom est la 125 S. Elle est conduite par Franco Cortese à la course de Plaisance le 11 mai 1947. Lors de la deuxième course, organisée à Rome deux semaines plus tard, Cortese a remporté la première victoire historique de Ferrari.

Lamborghini

La création d’autres grandes marques comme De Tomaso, Abarth et Lamborghini ont aidé l’Italie à devenir le pays de référence dans la création de voitures étonnantes.

Ayant rencontré le succès avec la création et la vente de tracteurs agricoles, Feruccio Lamborghini a décidé de s’acheter une Ferrari. Cependant, lorsqu’il rencontra des difficultés avec sa voiture, qui pourtant furent niés par Enzo Ferrari, il se montra très énervé contre le fabricant de voitures sportives. Il s’est alors consacré à la production d’une voiture de sport qu’il voulait meilleure que Ferrari.

Autres marques

Les fabricants les plus connus étaient Aquila Italiana, Fratelli Ceirano, Diatto, Itala, Junior, Lancia, Società Ceirano Automobili Torino, STAR Rapid, SPA et Zust.

Les défis et transformations

Comme l’histoire nous le dit, le 20eme siècle fut, au moins durant sa première moitié, affecté par des conflits mondiaux. Les deux guerres mondiales ont impacté les industries automobiles de tous les pays et celle de l’Italie n’y a pas échappé.

Impact des guerres mondiales

Avant le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il existait une grande diversité de l’industrie automobile italienne qui s’est trouvée restreinte une fois la paix retrouvée en 1945. Dans un premier temps, la fermeture des usines et l’arrêt des ventes entre 1914 et 1918 a sévèrement impacté les petites marques comme Aquila Italiana et Zust. Toutes deux sont l’exemple de marques qui ont fait faillite vers la fin de la guerre.

L'ère fasciste

En 1922, Benito Mussolini et son parti politique, le Parti Nationaliste Fasciste, ont pris le pouvoir dans le pays. Tout comme avec le parti Nazi en Allemagne quelques années plus tard, le fascisme eut un impact majeur sur le développement de l’industrie automobile italienne.

Par la suite, l’industrie automobile a connu un essor sous le régime fasciste de Mussolini. Les usines étaient placées sous contrôle du gouvernement, dont le but était de démocratiser la voiture en proposant des modèles à bas prix accessibles aux familles. C’est à cette période là que le mythique modèle de la Fiat 500 a été inventé.

Crises économiques et restructurations

Si les chocs pétroliers de 1973 puis de 1979 ont impacté le secteur automobile, la filière italienne s’est maintenue autant sur le territoire national qu’à l’étranger grâce à sa renommée. Toutefois, cette ère dorée semble révolue et l’industrie automobile italienne est aujourd’hui en crise.

A partir du milieu des années 1970, les modèles typiques de l’Italie ont commencé à souffrir des transformations du monde économique. Le premier choc pétrolier de 1973 a découragé l’achat de véhicules aux moteurs puissants comme les sportives du pays. Les années 1980 furent alors la seconde extinction de masse dans l’univers de l’automobile italienne.

Le rôle de l'Italie sur le marché mondial

Sur la scène internationale, les industries automobiles de l'Italie occupent une place importante. Dans les années 1990, l'industrie automobile du pays occupait le troisième rang du marché européen et le cinquième rang au niveau national.

L'automobile tient un rôle essentiel dans le développement de l'économie italienne. Depuis plusieurs décennies, il représente une part considérable du PIB du pays. Les constructeurs italiens demandent des milliers d'employés et créent un chiffre d'affaires important chaque année.

Données sectorielles pour 2022 :

Secteur Nombre d'entreprises Nombre d'employés Chiffre d'affaires total Exportations
Mobilier Environ 21 750 140 300 29 milliards d'euros Environ 21 milliards d'euros

Avec des milliers de productions et de ventes annuelles, les enseignes du pays contribuent principalement au développement de l'économie mondiale et influencent le marché international.

Aujourd’hui, FIAT reste reconnue pour ses petites voitures, comme la Panda et la nouvelle 500 électrique.

tags: #industrie #automobile #en #italie #histoire

Articles populaires: