Si vous prévoyez de vous rendre en Suisse et d'y conduire, cet article vous fournira des informations utiles pour éviter les mauvaises surprises sur la route.

Règles générales de conduite

Même si le Code de la route suisse est très proche de celui appliqué en France, il existe néanmoins quelques différences qu’il est important de souligner.

Feux de croisement

Il est obligatoire depuis 2014 de rouler avec les feux de croisement, de jour comme de nuit.

Alcoolémie

En ce qui concerne le taux d’alcoolémie, la limite à ne pas dépasser en Suisse est de 0,05 %. Au-delà, des sanctions sévères sont prévues, à la fois financières et carcérales. En cas de requête, vous êtes obligé de procéder à un test d’alcoolémie ou de dépistage de drogue. Veuillez noter que les jeunes conducteurs de moins de 24 ans doivent s’abstenir. La loi prévoit un seuil de tolérance de 0,01 %, mais uniquement car la digestion de certains aliments peut entraîner de la production d’alcool dans le corps.

Équipement obligatoire

Si vous traversez la frontière avec votre propre véhicule, assurez-vous d’emporter un triangle de sécurité, qui doit être aisément accessible (il ne peut pas être dans le coffre, par exemple).

Lire aussi: Interdiction de fumer en voiture (France)

Permis de conduire

Pour les séjours de moins de 12 mois, vous pouvez conduire avec votre permis de conduire français ou national en Suisse. Si le permis n’est pas rédigé en français, anglais, allemand ou italien, il vous faudra obtenir un permis de conduire international.

Vignette autoroutière

Conduire sur autoroute impose l’achat d’une vignette. Votre voiture de location en sera bien entendu dotée. Par ailleurs, alors que chaque trajet est payant en France -coût proportionnel à la distance parcourue avec un paiement à l’entrée ou à la sortie de l’autoroute-, l’utilisation des autoroutes suisses est soumise à une redevance de 40 francs suisses (un peu plus de 40 €) qui se présente sous la forme d’une vignette à apposer sur le pare-brise (il n’y a pas de péage aux autoroutes suisses). Il est possible de l’acheter auprès des points de vente tels que les postes de douane, bureaux de poste, stations-service, garages et autres offices cantonaux d’immatriculation, la vignette autoroutière étant valable du 1er décembre au 31 janvier de l’année suivante (la vignette 2023 est valable du 1er décembre 2022 au 31 janvier 2024). Elle s’avère obligatoire dès l’entrée sur les autoroutes et semi-autoroutes suisses des voitures, motos, remorques, caravanes, camions ou camping-cars jusqu’à 3.5 tonnes (les véhicules lourds de plus de 3.5 tonnes en sont exemptés et paient une redevance sur le trafic des poids lourds). Outre l‘acquittement de la redevance, une amende de 200 francs suisses (203.70 €) est appliquée aux automobilistes qui empruntent les autoroutes en Suisse sans vignette. Prévoyez deux vignettes si vous avez une remorque.

Chaînes à neige

Lorsque des panneaux spécifiques le signalent, il est obligatoire d’avoir des chaînes au minimum sur le train propulseur.

Limitations de vitesse

Conduire en Suisse implique de connaître la législation helvétique en matière de limitations de vitesse. Si elles sont identiques pour les voitures et motos en ville (50 km/h) et sur les routes nationales (80 km/h dans les deux pays et 90 km/h en France en cas de présence d’un séparateur central), les voies express sont limitées à 80 km/h en Suisse et 110 km/h en France, tandis que la vitesse maximale sur autoroute est fixée à 120 km/h sur le territoire helvétique et à 130 km/h dans l’Hexagone.

Radars

Des radars fixes et mobiles traquent les excès de vitesse. En cas de gros excès de vitesse, l’amende est adaptée aux revenus du contrevenant. Attention : en Suisse, tous les systèmes permettant de localiser les radars ou de détecter les signaux sont strictement interdits. Les forces de l’ordre pourront vous chercher des noises même si votre Coyote est éteint ou votre portable (ici, on dit votre Natel) est éteint. Même votre GPS doit être reconfiguré dès le passage de la frontière pour ne plus permettre l’alerte à l’approche d’une zone de danger.

Lire aussi: Conséquences de l'interdiction des C3 et DS3

Le barème change un peu hors agglomération où un excès de 16 à 20 km/h coûte 240 CHF. Au-delà de 15km/h en ville, 20 km/h hors agglomération et 25 km/h sur autoroute, il y a « dénonciation » assortie d’un passage au tribunal, avec à la clé amende très salée et retrait de permis qui, dans les cas les plus graves et en récidive, peut atteindre les… 12 ans !

Stationnement

En cas de non-respect des règles de stationnement, vous risquez une amende, mais aussi la mise à la fourrière de votre véhicule. Les couleurs du marquage au sol vous aideront à savoir où vous vous parquez. Si vous voyez des croix jaunes ou une ligne jaune, cela signifie que le stationnement est interdit.

Les zones de stationnement suisses sont enfin classées par couleur.

  • Zone blanche : il s’agit de places payantes.
  • Zone bleue : zones de stationnement gratuit du lundi au samedi de 8 heures à 18 heures pendant une heure (mettre un disque de stationnement bleu ou européen derrière le pare-brise). Comme en France, la zone bleue exige le placement d’un disque de stationnement derrière le pare-brise.
  • Les zones rouges et vertes correspondent à un stationnement payant (en ville ou en parking).

Autres règles

  • En Suisse, les piétons ont également la priorité, qu’ils soient engagés sur la route ou qu’ils attendent sur le trottoir.
  • L’utilisation du téléphone en voiture est interdite des deux côtés de la frontière.
  • Conduire une voiture et personnaliser sa plaque d’immatriculation en collant par exemple le drapeau d’un département à la place de la région est considéré comme non-réglementaire en Suisse.

Spécificités pour les motards

Déjà, ceux qui conduisent une 125 cm³ avec un permis B après avoir effectué un stage de 7 heures en France ne doivent pas passer la frontière : l’équivalence entre un permis voiture et un permis moto n’est pas reconnue en Suisse, et en cas de contrôle, une conduite sans permis sera retenue contre vous. La Confédération helvétique ne reconnaît pas non plus les permis A1 obtenus en « EQUI ». Reste alors le problème des nouveaux permis pour anciens automobilistes. Ceux-ci peuvent avoir le permis A1 validé à la date de leur permis B, sans qu’il ne soit précisé s’il s’agit d’un permis obtenu par équivalence (ce qui semble logique) ou par examen.

Dès le 1er janvier 2020 un barème fédéral de taxes sera mis en place pour les deux-roues, destiné à être dissuasif contre les motos les plus polluantes et surtout les plus bruyantes. Le calcul sera le suivant : puissance en kW selon la carte grise + le niveau sonore d’homologation inscrit sur le châssis multiplié par 3. [kW + 3x dB] Autant dire que ça va piquer ! Si cette taxe ne concerne que les motards Suisses, la chasse aux motos bruyantes est assez répandue dans les villes comme Genève ou Lausanne. A Genève, il est même question d’installer un radar de bruit (un rapport a été présenté en ce sens à la municipalité le 27 novembre 2018), tandis qu’à Lausanne, au-dessus de 80 Db, les amendes pleuvent.

Lire aussi: Restrictions VTM

Cela pourra surprendre les motards Français roulant en Suisse, mais se faufiler dans le trafic à moto, dans les bouchons ou aux feux rouges est passible d’une amende, et peut même valoir un retrait de permis. À moto comme en voiture, les règles sont les mêmes : dans une file de véhicules, tout usager de la route est tenu de rester à sa place. Il est également strictement interdit aux motos d’emprunter les bandes cyclables et les voies de bus, avec une tolérance pour les bandes cyclables si le motard ne gêne pas les cyclistes. Le non-respect d’une piste cyclable est puni d’une amende de 100 CHF. Pour la circulation dans une voie réservée aux bus, cela coûte 60 CHF.

Non, non, non. On ne fait pas « l’intérieur » du Papy qui se traîne et se déporte dans les lacets de Saint-Cergue.

Il est interdit de laisser tourner le moteur ou le préchauffer à l’arrêt, si cela n’est pas nécessaire. A moto, les enfants de moins de sept ans doivent être installés sur un siège spécial admis par l’autorité d’immatriculation. Mieux vaut éviter de rouler alcoolisé à moto. Et en Suisse, l’amende tombe dès que le seuil de 0,5 pour mille est dépassé (0 pour les nouveaux conducteurs). Le port du casque est obligatoire en Suisse, sous peine d’une amende de base de 60 CHF.

Un motard qui pousse son deux-roues est considéré comme un piéton en Suisse. On peut donc envisager de pousser sa moto dans une zone interdite aux véhicules motorisés.

Les excès de vitesse sont sans doute l’infraction la plus commune pour les motards, quelle que soit leur nationalité.

Interdictions de circulation pour les poids lourds

Les poids lourds de + 7,5t de même que les semi-remorques, même à vide, n’ont pas le droit de circuler de 00h à 22h les dimanches et jours fériés. Interdiction générale de dépasser pour les véhicules de plus de 3,5t lorsque seules 2 voies de circulation sont disponibles.

Seuls les transports urgents (qui doivent absolument s’effectuer le dimanche ou de nuit) peuvent faire l’objet de dérogations. Pour les véhicules en provenance de l’étranger, le transport soumis à autorisation débute dans le premier canton touché à l’entrée en Suisse. C’est en général le service des automobiles (www.asa.ch) qui est compétent pour délivrer la dérogation.

Ce service Internet de l’Office fédéral des routes est destiné aux transporteurs routiers et constitue une aide à la gestion du trafic poids lourds en promouvant le transfert modal.

Les véhicules transportant des personnes et des marchandises sont soumis à des taxes pour circuler.

Les véhicules transportant des personnes et des marchandises sont soumis à la redevance sur le trafic des poids lourds liée aux prestations (RPLP), perçue en fonction du poids total du véhicule, de sa catégorie d’émission et des kilomètres parcourus en Suisse et dans la principauté du Liechtenstein. Elle s’applique aussi bien aux poids lourds immatriculés en Suisse que ceux à l’étranger.

Villages sans voiture en Suisse

Pour profiter pleinement de la quiétude des montagnes, plusieurs localités suisses ont interdit la circulation automobile de façon permanente. Visiteurs et locaux doivent laisser leurs véhicules dans des parkings et poursuivre le plus souvent en téléphérique ou en funiculaire.

  1. Zermatt s'impose comme le plus grand village sans voiture de Suisse. Cette destination très exclusive offre un face-à-face de toute beauté avec le Cervin : le pic de 4478 mètres domine la vallée de sa forme pyramidale. Le domaine skiable est l’un des plus réputés d’Europe et l’on y glisse en toute saison. Zermatt est accessible en train.
  2. Situé en Valais dans une vallée parallèle à celle de Zermatt, Saas-Fee jouit d'un cadre impressionnant. La station est située à 1800 mètres d'altitude et elle est encerclée par 13 sommets dépassant les 4000 mètres, dont le Dom (4545 mètres). Été comme hiver, empruntez le « métro alpin » pour rejoindre le glacier de Fee, à 3445 mètres d'altitude. La route qui serpente jusqu'à Saas-Fee s'arrête à l'entrée du village par un grand parking couvert.
  3. Aux confins du Valais, la station de Bettmeralp surplombe le glacier d'Aletsch, le plus grand glacier des Alpes. Un géant impressionnant, classé sur la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Des sentiers de randonnée permettent de longer la mer de glace et plusieurs points de vue sur le glacier ont été aménagés, dont le belvédère du Bettmerhorn. Pour rejoindre Bettmeralp, déposez votre véhicule dans le parking de Betten, au pied des montagnes.
  4. À une heure de randonnée de Bettmeralp, Riederalp partage son domaine skiable avec les stations de Bettmeralp et Fiescheralp. Riederalp se distingue de ses voisines par son spectaculaire golf de 9 trous, un parcours parmi les plus hauts d'Europe. Sur les cimes, vous pourrez également visiter le chalet «Nagulschbalmu», converti en musée de l'alpage. Après avoir passé Brig, garez-vous dans le parking de Mörel.
  5. Chaque année, Wengen constitue l'une des étapes les plus attendues de la coupe du monde de ski alpin, avec la mythique descente du Lauberhorn. Les vacanciers pourront eux dévaler les 110 km de pistes du domaine de Kleine Scheidegg-Männlichen. En été, les chemins de randonnée ménagent des perspectives grandioses sur les sommets de l'Eiger, du Mönch et de la Jungfrau, tout proches.
  6. Posé sur une falaise qui domine la vallée de Lauterbrunnen du haut de ses 1650 mètres, Mürren offre un spectaculaire face-à-face avec l'Eiger, le Mönch et la Jungfrau. La petite station compte 53 km de pistes en hiver et plus de 200 km de chemins de randonnée en été. Rejoindre Lauterbrunnen en voiture ou en train, via la compagnie Berner Oberland Bahn.
  7. Niché au cœur de la Suisse centrale, à environ 2000 mètres d'altitude, le plateau de Melchsee-Frutt s'étire entre lac et montagnes. Le lac est l'occasion d'activités inédites pour une station de montagne. En été, élancez-vous en pédalo ou initiez-vous à la pêche en louant votre matériel à l'office du tourisme. En hiver, découvrez la pêche blanche ou chaussez des patins à glace. Melchsee-Frutt se trouve à 1 heure de route au sud de Lucerne.
  8. À l’écart des flux touristiques, Quinten n'est pas une station de montagne mais un village qui subit son isolement, entre le lac de Walenstadt et la falaise. Une quarantaine d'habitants vivent encore dans le village et une fondation a été créée pour redynamiser le hameau. Le week-end, nombre de promeneurs viennent profiter de la « Riviera de la Suisse orientale ». Depuis la rive sud du lac de Walenstadt, prendre le bateau à Murg ou à Quarten. Autre possibilité : suivre le chemin de randonnée qui part de Walenstadt, à l'Est du lac.
  9. À 1h30 de Zürich en voiture, Braunwald est une station familiale qui attire surtout une clientèle locale. Le village est accroché au massif des Alpes glaronaises, à 1300 mètres d'altitude. En hiver, la diversité des pistes permet de s'adresser à tous les niveaux, avec un accent mis sur l'apprentissage pour les enfants. La station impose de déposer sa voiture au parking de Linthal.
  10. Surplombant la vallée des Centovalli, Rasa se présente comme le seul village sans voiture du canton italophone du Tessin. Le hameau de maisons en pierre s'organise autour de sa charmante petite église du XVIIe siècle.

Excès de lenteur : un nouveau danger sur les routes suisses ?

Ah, la Suisse… Ce pays où, paraît-il, la montre est reine et les chocolats délicieux, mais où les automobilistes semblent avoir tout leur temps ! Et, je peux vous dire, pour y avoir conduit, que la légende a du vrai. Ici, pas de klaxon intempestif, pas de course effrénée au feu vert. L’ambiance est bien loin du stress parisien, où tout le monde joue au plus rapide.

Mais, voilà qu’un élu suisse, Walter Gartmann, veut bousculer ces habitudes. Ce conseiller national UDC propose d’amender les conducteurs… trop lents ! Oui, vous avez bien lu : fini les balades tranquilles à 50 km/h sur l’autoroute. L’idée ? Sanctionner ceux qui ralentissent exagérément le trafic, quitte à les envoyer en stage de sécurité routière, comme pour les excès de vitesse. Une initiative qui fait débat, même dans ce pays réputé pour sa lenteur assumée.

Walter Gartmann, élu du canton de Saint-Gall, ne mâche pas ses mots : pour lui, les « escargots » de la route mettent en danger les autres conducteurs. Ceux qui roulent à 40 ou 60 km/h sur les autoroutes ou grandes nationales seraient responsables de bouchons, de nervosité au volant, et même d’accidents. Sa solution ? Modifier la loi pour sanctionner ce qu’il considère comme un vrai problème de sécurité.

Pourtant, la législation suisse prévoit déjà une obligation de rouler à une vitesse adaptée. L’article 4 de l’Ordonnance sur les règles de la circulation routière (OCR) stipule que tout conducteur doit veiller à ne pas gêner la fluidité du trafic sans raison valable. Et, sur autoroute, seuls les véhicules capables de dépasser 80 km/h ont le droit d’y circuler. En clair, rouler trop lentement, sans justification, peut déjà être sanctionné. Alors, faut-il vraiment une nouvelle loi ?

Dans la rue, certains Suisses interrogés applaudissent l’idée. Selon les autorités, rouler trop lentement peut provoquer des embouteillages, du danger et du stress.

La Suisse n’est pas la seule à surveiller la lenteur excessive. En France aussi, cela peut coûter cher. Souvenez-vous de Bernadette, une retraitée suisse, verbalisée en 2022 pour avoir roulé à… 20 km/h sur une route de montagne avec sa remorque à chevaux. Résultat ? Eh bien, 175 voitures bloquées derrière elle, un appel à la police et une amende de 2 650 € après procédure !

Rouler trop vite ou rouler trop lentement peut être sanctionné par les forces de l’ordre.

Que ce soit en Suisse ou en France, conduire trop doucement peut vous coûter cher. Prudence ne rime pas toujours avec indulgence sur la route, et la lenteur peut vite être assimilée… à un excès de danger.

Tableau récapitulatif des limitations de vitesse en Suisse

Type de voie Voitures et motos
En ville 50 km/h
Routes nationales 80 km/h
Voies express 80 km/h
Autoroutes 120 km/h

Que ce soit pour la saison du ski, un week-end en Suisse ou des vacances prolongées, un séjour dans ce pays magnifique ne vous décevra pas. Un moyen de locomotion privé est recommandé pour en profiter au maximum.

tags: #interdiction #circulation #automobile #Suisse

Articles populaires: