Après le cuisant échec de la Frégate dans les années 1950, la Régie conçoit une voiture entièrement nouvelle, la Renault 16, pour combler le vide existant en haut de la gamme du constructeur. Aussi, ce modèle porte-t-il de grands espoirs pour la marque, alors dirigée par Pierre Dreyfus. Ce dernier se révèle être l’homme de la situation pour mener à bien un projet aussi ambitieux.

Genèse et Conception

En 1958, il décide de lancer le projet 114 pour une nouvelle voiture haut de gamme motorisée par un six cylindres, qui complèterait parfaitement la gamme en Amérique du Nord. Cependant l’échec de la Dauphine aux États-Unis, combiné à l’étroitesse du marché du haut de gamme en France, conduit à l’abandon du projet en 1961. Pourtant, il faut faire vite : la Frégate quitte le catalogue en 1960 sans remplaçante. Malgré cette contrainte de temps, les travaux à accomplir sont colossaux : une voiture inédite, un nouveau moteur et même une nouvelle usine, que Renault érige à Sandouville, dans la région du Havre, et uniquement destinée à la fabrication de la 16.

Renault n’hésite pas à transposer le concept de voiture fonctionnelle introduit par la Renault 4 sur son futur haut de gamme. Sa carrosserie à hayon arrière et son habitacle modulable apparaissent dès lors réellement innovants dans cette catégorie. La 16 se positionne en effet comme une routière de taille intermédiaire, placée entre les moyennes et les grandes voitures.

Innovations Techniques et Design

Outre sa carrosserie munie d’un hayon arrière, la Renault 16 se veut moderne, en recourant à la traction avant et aux quatre roues indépendantes, tout en introduisant de nombreuses innovations (moteur entièrement en aluminium avec un circuit de refroidissement scellé comme sur la R4, système électrique alimentée par un alternateur, système de chauffage en nappes, boîte automatique à gestion électronique).

La forme de la carrosserie est l’élément le plus marquant sur la Renault 16, première berline à hayon de sa catégorie. Dès lors, on emploie au lancement le terme de mi-berline, mi break, une appellation officiellement utilisée aux États-Unis par Renault pour la 16, qui est là-bas une « sedan-wagon ». Renault parle même de limousine en faisant référence aux six glaces latérales de la carrosserie.

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Succès Commercial et Reconnaissance

Malgré ou grâce à cette originalité, la 16 séduit d’emblée dès sa présentation et connaît un joli succès en France, mais aussi partout en Europe. Elle est d’ailleurs élue « Voiture européenne de l’année 1966 ». Au terme d’une carrière de 15 ans, sa production dépasse les 1,8 million d’exemplaires.

Évolutions et Versions

L’usine de Sandouville commence à fabriquer les premières Renault 16 de présérie. La boîte de vitesses est améliorée au niveau des synchros de première et de seconde. La R16 reçoit un starter automatique à eau chaude et un conduit de retour d’essence au réservoir dans le but d’améliorer les départs à chaud.

  • Nouvelle planche de bord qui se présente désormais en simili perforé avec une grille d’aération sur sa partie supérieure en remplacement des volets d’aération.
  • Nouvelle commande de vitesses, la marche arrière se passe en poussant le levier vers le bas (et non plus vers le haut).
  • Planche de bord en simili givré et non plus perforé.

Apparition de la version COMMERCIALE, équipée de pneus 155 x 355 au lieu de 145 x 355, d’un rétroviseur extérieur de série. La banquette AR est munie de plaque de protection. Commercialisation aux États-Unis de la 16 Sedan Wagon avec un moteur 1565 cc de 70 ch SAE.

Présentation de la R16 TS type R1151 dotée d’un nouveau moteur à culasse hémisphérique et carburateur double corps. La cylindrée passe de 1470 cc à 1565 cc. Elle se reconnait extérieurement aux projecteurs additionnels Cibié 45 sur le pare-chocs avant et à ses monogrammes « 16TS » sur le hayon et « Renault 16 TS » sur les ailes arrière. Les 16 normale et super reçoivent des essuie-glaces à 2 vitesses, l’éclairage du coffre commandé par l’ouverture du hayon et une surface des freins AV augmentée. Le circuit électrique intègre un câblage pour feux de recul. Toutes les Renault 16 sont équipées de ceintures de sécurité à l’avant.

Nouveaux feux arrière et barrette décorative remodelée à la base du hayon. Sur les L et TL : tableau de bord modernisé, enjoliveur central du volant noir et non plus imitation bois. Sur la L, l’allume-cigare ainsi que l’éclairage du coffre et du vide-poches ont été supprimés.

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Présentation de la R16 TX qui se place au-dessus de la TS. C’est la première voiture française à être équipée de série d’une condamnation électromagnétique des portes. La lunette arrière dégivrante est équipée d’un essuie vitre/lave-vitre. Le pare-brise est en verre feuilleté. Le tableau de bord est celui de la TS avec un encadrement chromé des compteurs, des aiguilles en tôle blanches et un volant spécifique, typé sport. Les ceintures de sécurité sont à enrouleurs à l’avant.

Renault 16 en Compétition

N’étant pas une sportive, la Renault 16 a participé à peu de compétitions. Côte d’Ivoire (Bandama) en 1971 : participation de plusieurs 16 TS à cette épreuve, gagnée cette année-là par Bob Neyret sur Peugeot 504, qui se classent 3e (Claudine Trautmann), 6e (Philippe Bertrand), et 7e (Kosler).

Projets Abandonnés et Dérivés

Renault étudie un prototype de coupé et d’un cabriolet deux portes, susceptible d’apporter un parfum de dynamisme au modèle. La plupart des éléments de carrosserie étant spécifiques, il est rapidement (et heureusement) abandonné.

En 1966, Philippe Charbonneaux, qui est alors un styliste indépendant ayant participé à la conception de la Renault 16, imagine une version 3 volumes pour les clients qui préféreraient une automobile plus classique. Elle adopte un toit plat, dépourvu des bordures si typiques de la R16, une grande lunette et un coffre classique. Le prototype est réalisé par le carrossier Augereau à Brou (28).

Influence et Utilisations Diverses

La mécanique de la Renault 16 est utilisée par la Lotus Europe entre 1966 et 1971, mais aussi par l’Alpine A110 à partir de 1968, et le petit constructeur lyonnais Marsonetto pour un coupé produit entre 1968 et 1969 en quatre exemplaires seulement. Enfin, le spécialiste de l’amélioration des mécaniques Renault, Autobleu, propose dès 1966 un kit moteur nommé « Veloce 16 » qui fait gagner environ 10 km/h et deux secondes sur le kilomètre départ arrêté à la Renault 16. Ce kit comporte une tubulure de plus forte section avec un carburateur Weber double-corps, un filtre à air spécial et un pot d’échappement à double sortie. Il est vendu 1023 francs en 1967 à mettre en relation avec un tarif catalogue de 11 530 francs pour la 16 Super.

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